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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>Une exploration commune</title>
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		<dc:date>2021-08-30T13:05:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Dourthe</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt; La continuit&#233; d'une &#339;uvre permet de prendre la mesure des enjeux qui l'engagent. Quelle que soit la diversit&#233; de ses pratiques, elle doit &#233;tablir progressivement l'ambition de son projet. Je cherche &#224; examiner, pour ma part, avec cette contribution qui ne se veut pas une analyse d&#233;taill&#233;e mais une pr&#233;sentation g&#233;n&#233;rale, les liens qui s'instaurent entre une d&#233;marche photographique de nature conceptuelle et les motifs temporels qu'elle transpose ou qui s'impriment en elle. Ce sont les&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-26687" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La continuit&#233; d'une &#339;uvre permet de prendre la mesure des enjeux qui l'engagent. Quelle que soit la diversit&#233; de ses pratiques, elle doit &#233;tablir progressivement l'ambition de son projet. Je cherche &#224; examiner, pour ma part, avec cette contribution qui ne se veut pas une analyse d&#233;taill&#233;e mais une pr&#233;sentation g&#233;n&#233;rale, les liens qui s'instaurent entre une d&#233;marche photographique de nature conceptuelle et les motifs temporels qu'elle transpose ou qui s'impriment en elle. Ce sont les structures temporelles qui relient les formes de la repr&#233;sentation d&#233;ploy&#233;es par le proc&#233;d&#233; de l'enregistrement photographique. Il est s&#251;rement difficile d'aborder l'ensemble de la production par une interpr&#233;tation depuis une perspective temporelle g&#233;n&#233;rale, quand chaque image est une proposition spatiale et perceptuelle. Je porte une attention particuli&#232;re au temps, non dans sa dimension de m&#233;moire, ni de suspens, mais comme &#233;tant au principe d'un jeu de r&#232;gles, qu'il s'agit de perturber afin de les mettre en valeur. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir constitu&#233; une collection de centaines de clich&#233;s num&#233;riques, il fallait pour Pierre-Lin Reni&#233; lui donner une efficacit&#233;, qui impliquait l'invention de r&#232;gles. La r&#232;gle ne pr&#233;c&#232;de pas l'op&#233;ration photographique. Elle se pr&#233;sente essentiellement comme une mise en perspective du travail en cours, en m&#234;me temps qu'un moyen pour nous d'acc&#233;der &#224; une partie de la collection. La r&#232;gle d&#233;finit le dispositif par lequel la pratique se fait r&#233;flexion&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle est le lieu de son actualisation et le moment dans lequel s'affirme l'id&#233;e de ce que l'&#339;uvre doit &#234;tre. Les publications qui encadrent le travail men&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent par Pierre-Lin Reni&#233; proposent, malgr&#233; des diff&#233;rences, un dispositif commun de recomposition temporelle. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Saisons 1, 2, 3 &lt;/i&gt; (publication annuelle, 2011, 2012, 2013) &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;r&#233;unissent 144 photographies prises entre le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt;&#160;janvier 2004 et le 31&#160;d&#233;cembre de l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dant la parution.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;D'autres jours&lt;/i&gt; (2016) est la reprise sous forme de livres d'un &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;almanach r&#233;trospectif dans lequel &#233;tait publi&#233;e chaque jour une photographie prise le m&#234;me jour de l'une des dix (en 2014) ou onze (en 2015) ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes. Si aucune photographie n'avait &#233;t&#233; prise ce jour-l&#224;, un simple rectangle blanc rempla&#231;ait l'image.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dispositif est reconduit selon un principe variant dans un ouvrage qui a paru entre temps, &lt;i&gt;Ciel_Rome&#8211;Assise_25.08.2012&#8211;01.09.2012_09:12&#8211;20:15&lt;/i&gt; (2012), dans lequel les photographies prises dans deux lieux diff&#233;rents (Rome et Assise), tout au long des jours d'une semaine d'&#233;t&#233;, sont pr&#233;sent&#233;es en tenant compte de l'horaire de prise de vue, mais ni du lieu ni du jour. Quant &#224; la s&#233;quence des clich&#233;s de &lt;i&gt;Objects In Mirror Are Closer Than They Appear (36 photographs taken during a drive from New York City to Hartford, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CT&lt;/span&gt;, 26 June 2004)&lt;/i&gt;, publi&#233;e en 2014, elle respecte le d&#233;roulement chronologique. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend, &#224; la lecture de &lt;i&gt;Saisons&lt;/i&gt;, que la revue propose une fausse chronologie. Seuls les jours et mois des prises de vues sont pris en compte dans le classement en grille, et non l'ann&#233;e. Dans chacune des Saisons, les douze mois de l'ann&#233;e calendaire sont &#233;tir&#233;s sur plusieurs ann&#233;es, tandis que les ann&#233;es de prises de vues sont comprim&#233;es en une seule. De m&#234;me, la chronologie qui r&#233;git &lt;i&gt;D'autres jours&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Ciel&lt;/i&gt; est biais&#233;e &#233;galement, dans la mesure o&#249; les s&#233;quences ne suivent pas l'ordre chronologique, mais un ordre, tel qu'il est donn&#233; par la r&#232;gle choisie. Malgr&#233; des constantes, les proc&#233;d&#233;s se diff&#233;rencient suffisamment entre eux pour qu'on s'occupe d'explorer les conditions nouvelles qu'ils procurent &#224; la configuration de donn&#233;es temporelles diverses dans la mise en forme des livres et les relations entre les images. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pratique photographique est le plus souvent pens&#233;e comme m&#233;ditation du temps, dont l'enjeu ne peut pas &#234;tre simplement th&#233;orique. Il faut envisager ici conjointement la question des agencements formels et les diverses exp&#233;riences de la dur&#233;e pour ressaisir la succession des images, afin, &#233;ventuellement, de reconna&#238;tre une orientation qui travaillerait le projet en cours. Quels types de temporalit&#233;s peut-il pr&#233;senter&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? On a vu que les collections d'images sont rassembl&#233;es selon certaines lois chronologiques, mais elles le sont aussi selon un travail sp&#233;cifique de mise en page. Il me semble que la d&#233;marche g&#233;n&#233;rale de ce travail favorise la logique de l'agencement temporel, logique qui par ailleurs s'autorise ses propres &#233;carts. Chacun des livres tente d'inventer sa propre temporalit&#233; &#8211; nous verrons jusqu'&#224; quel point cela est possible &#8211; selon une approche chronologique qui voudrait cr&#233;er, c'est le cas de &lt;i&gt;Saisons&lt;/i&gt;, une dynamique d'expansion/compression par la concentration ou l'allongement des intervalles de temps, ou dans une tentative de juxtaposition des temps en liant lieux et moments dans &lt;i&gt;Ciel&lt;/i&gt;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en s&#233;quence photographique op&#232;re &#8211; ou voudrait op&#233;rer &#8211; une recomposition du temps. Mais produire une temporalit&#233; &#224; partir d'assemblages d'images ne va pas de soi, comme le laisserait &#224; penser pourtant aussi bien les d&#233;clarations d'intention des artistes que l'&#233;valuation formelle des &#339;uvres que nous pratiquons nous-m&#234;mes. On ne r&#233;investit pas les images de temps en cr&#233;ant des relations ou des analogies entre elles, en les combinant et en les redisposant sur la page. Il me semble que seule peut surmonter cette difficult&#233; une confrontation entre le pr&#233;sent de la prise de vue et le pr&#233;sent de l'agencement. C'est cette relation dialectique de deux pr&#233;sents qui, associ&#233;e &#224; la forme pens&#233;e du livre, doit livrer &#224; tout le moins l'ambition th&#233;orique de l'&#339;uvre. Il n&#233;cessite une efficience conceptuelle (le choix et la mise en place de ses r&#232;gles) afin de rendre compte de multiples dur&#233;es qualitativement distinctes. C'est &#224; cette condition que devient pensable la question de la temporalit&#233; d'une image, de son association avec d'autres images au sein du corpus, de la possibilit&#233; par des agencements appropri&#233;s de faire appara&#238;tre quelque chose de nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est toujours en droit de s'interroger sur la l&#233;gitimit&#233; d'un choix. Mais il est plus fond&#233; de d&#233;placer la question de la l&#233;gitimit&#233; vers celle de la cr&#233;ation d'un champ de sens. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le sujet et la construction formelle des photographies de Pierre-Lin Reni&#233; ne sont pas mon propos, j'&#233;voque sans les penser ici le go&#251;t pour un enregistrement direct et frontal, dans la lign&#233;e du style documentaire, l'int&#233;r&#234;t marqu&#233; pour le caract&#232;re descriptif de l'image, l'indiff&#233;rence des genres et l'absence de hi&#233;rarchie entre eux. Il s'agit d'aborder maintenant plus pr&#233;cis&#233;ment l'organisation des images et leur source. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme a &#233;t&#233; pens&#233;e en renouant avec l'&#233;dition photographique en planches, issue de la tradition de l'estampe. Comme il l'a indiqu&#233; lui-m&#234;me, Pierre-Lin Reni&#233; s'est attach&#233; &#224; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d&#233;finir des surfaces imprimables, caract&#233;ris&#233;es par des formats, des possibilit&#233;s d'agencements d'images et des marges. Je voulais une formule susceptible d'accueillir n'importe laquelle de mes images.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Il est ainsi conduit &#224; cr&#233;er &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;des grilles de mise en page, dont le caract&#232;re norm&#233; renvoie &#224; l'id&#233;e de collection, au sens &#233;ditorial du terme.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Valable surtout pour &lt;i&gt;Saisons&lt;/i&gt; et les premiers dispositifs d'exposition, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;une mise en page standardis&#233;e singularise les images, ou les organise par deux, quatre ou six. Chacune d'entre elles est r&#233;utilisable&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle peut appara&#238;tre sous diff&#233;rents formats et dans plusieurs planches, induisant une dynamique potentielle entre tout le corpus, m&#234;me si chaque planche reste autonome.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur organisation, les planches s'agencent donc par montage. Le dispositif de la grille (&lt;i&gt;Saisons&lt;/i&gt;), ou la succession r&#233;gl&#233;e d'images uniques (&lt;i&gt;D'autres jours&lt;/i&gt;), la proc&#233;dure chronologique, chacune de ces instances fournit un cadre permettant le d&#233;placement. Cadrer, c'est d&#233;placer. Pourtant, une tension peut bien parcourir l'ensemble des images ainsi dispos&#233;es et combin&#233;es, elle ne peut contribuer &#224; elle seule &#224; cr&#233;er les conditions d'une temporalit&#233; v&#233;ritablement propre au livre. De m&#234;me, la r&#232;gle ne peut pr&#233;tendre &#224; elle seule &#234;tre constitutive d'un sens g&#233;n&#233;ral. La r&#232;gle n'est justement qu'une r&#232;gle. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ignore pas l'importance de la logique du montage, proc&#233;d&#233; mis en &#339;uvre en particulier dans la majorit&#233; des livres d'artistes constitu&#233;s de photographies, ni celle du double r&#233;gime temporel de l'image, de la possibilit&#233; d'une connaissance plus complexe du temps, pas plus que la fortune du lien ind&#233;fectible entre montage et discontinuit&#233;. Combinant les mat&#233;riaux, le montage les replace dans un contexte nouveau pour les r&#233;v&#233;ler porteur d'une autre signification. Cette op&#233;ration implique, de mani&#232;re essentielle, une pertinence des rapports entre les &#233;l&#233;ments du corpus, leur ordonnance, succession et agencement relevant d'une causalit&#233; int&#233;rieure. En toute rigueur, cette ambition est rarement atteinte, pour deux raisons principales&#160;: l'agencement des images peine le plus souvent &#224; s'effectuer selon leurs seules qualit&#233;s propres, et dans ce cas de figure le lecteur est confront&#233; &#224; une certaine confusion (intellectuelle et mat&#233;rielle)&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le souci de produire une temporalit&#233; s'&#233;labore le plus souvent aussi dans l'impens&#233; de la multiplicit&#233; des exp&#233;riences du temps. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;alisation du livre chez Pierre-Lin Reni&#233;, on constate la pr&#233;&#233;minence de la r&#232;gle, comme protocole de travail, sur le montage. Le livre est construit, plut&#244;t que mont&#233;. L'exercice existe bien d'abord dans sa r&#233;alit&#233; photographique, et la relation entre les images dans la succession s&#233;quentielle ne doit pas faire l'objet d'une insistance interpr&#233;tative (le choix entre plusieurs clich&#233;s reste toujours possible). Mais c'est la r&#232;gle, dont l'usage implique une subjectivit&#233; moindre que le montage, qui d&#233;termine la structure de l'&#339;uvre et en &#233;nonce les sens possibles. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit une pens&#233;e visuelle qui se structure par la pratique photographique, pour trouver dans le livre (et l'exposition) sa forme. S'il ne s'agit pas de minimiser le cadre, plut&#244;t ind&#233;termin&#233;, de l'enregistrement, il faut donner leur place aux d&#233;cisions th&#233;oriques de Pierre-Lin Reni&#233;. La r&#232;gle comme mode de relation entre les id&#233;es et les images s'av&#232;re &#234;tre la condition de possibilit&#233; d'une tension cr&#233;atrice de dispositions nouvelles&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ces derni&#232;res permettent de proposer un contexte ouvert, dans lequel les images&#160;peuvent se r&#233;v&#233;ler porteuses d'une autre signification&#160;que celle qui nous apparaissait &#233;vidente, dans le souci de temporalit&#233;s recompos&#233;es partiellement par la mise en jeu de proc&#233;dures fond&#233;es sur des r&#232;gles appropri&#233;es. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Dourthe&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;Juillet 2016&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'&#339;uvre d'art - dans son historicit&#233; - pose... </title>
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		<dc:creator>Pierre Dourthe</dc:creator>



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&lt;p&gt;L'&#339;uvre d'art &#8211; dans son historicit&#233; &#8211; pose la question de la repr&#233;sentation et de son rapport &#224; la v&#233;rit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle interroge de fait sa n&#233;cessit&#233;. Pour quelle raison repr&#233;sente-t-on&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pourquoi faisons-nous des images&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? L'enjeu de la photographie, ce sont les images&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le propre de la photographie, c'est la pr&#233;sentation des images. Il s'agit, dans le geste de leur production, de leur garantir un statut. Le photographe est conduit &#224; se donner un langage, qui est, comme tout jeu, guid&#233; par des&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-26687" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#339;uvre d'art &#8211; dans son historicit&#233; &#8211; pose la question de la repr&#233;sentation et de son rapport &#224; la v&#233;rit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle interroge de fait sa n&#233;cessit&#233;. Pour quelle raison repr&#233;sente-t-on&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pourquoi faisons-nous des images&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? L'enjeu de la photographie, ce sont les images&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le propre de la photographie, c'est la pr&#233;sentation des images. Il s'agit, dans le geste de leur production, de leur garantir un statut. Le photographe est conduit &#224; se donner un langage, qui est, comme tout jeu, guid&#233; par des r&#232;gles qui d&#233;terminent ce qui fait sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Pierre-Lin Reni&#233;, la photographie est une activit&#233; (dans le sens o&#249; elle ne se suffit pas d'une th&#233;orie). La photographie est pens&#233;e comme image de la r&#233;alit&#233; &#8211; une r&#233;alit&#233; que comme tout langage elle recompose. &#192; la prise de vue et &#224; la forme qui la restitue, il fallait donc procurer une efficacit&#233;, qui impliquait l'invention de r&#232;gles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre-Lin Reni&#233; produit une collection photographique de caract&#232;re descriptif, dans la libert&#233; de sujets qui ne sont li&#233;s ni par un r&#233;cit qui constituerait un tout, ni par une relation qui pourrait &#234;tre per&#231;ue comme l'indice d'une hi&#233;rarchie. La grammaire de cette collection se caract&#233;rise par l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des registres, une description priv&#233;e d'ampleur lyrique, &#224; distance de la tentation psychologisante. La construction prime sur l'&#233;vocation pour l'ensemble des modalit&#233;s de pr&#233;sentation choisies (livre d'artiste, exposition, publication en ligne). La d&#233;marche g&#233;n&#233;rale du travail s'appuie sur une attention au temps comme principe d'un jeu de r&#232;gles, dont il faut expliciter la raison d'&#234;tre et l'int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les suites photographiques, qu'elles soient imprim&#233;es dans le corps d'un livre, expos&#233;es dans un lieu ou &#233;mises par le canal de terminaux num&#233;riques, sont r&#233;gies par un dispositif de recomposition temporelle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est dans ce principe, ainsi que dans celui &#233;quivalent du montage, que doit &#234;tre d&#233;crypt&#233;e la loi de la forme de l'&#339;uvre. L'articulation particuli&#232;re de ces deux types d'association est cette d&#233;marche probl&#233;matique qui constitue l'&#339;uvre. Une simple variation des param&#232;tres temporels, une grille de montage r&#233;pondant &#224; des crit&#232;res autres, proposerait une appr&#233;hension diff&#233;rente de la r&#233;alit&#233;. Chaque livre d'artiste, chaque exposition poss&#232;de son rythme propre. Puis&#233;es dans le corpus, les images sont r&#233;utilisables. Le plus souvent, la relation des images entre elles est con&#231;ue de telle mani&#232;re qu'existent plusieurs temps &#224; la fois, dans le processus de d&#233;construction d'un r&#233;cit possible et de sa qualit&#233; temporelle.Les choix d'une temporalit&#233; singuli&#232;re associ&#233;s &#224; la libert&#233; des combinaisons sont des d&#233;cisions essentielles &#224; l'&#233;laboration de l'&#339;uvre et &#224; ses significations. S'y ajoutent aussi une r&#233;flexion sur des modes sp&#233;cifiques de production et de diffusion pour les livres d'artiste, et des projets qui privil&#233;gient des supports alternatifs dans la pr&#233;sentation du mat&#233;riau collect&#233; (drapeaux, affiches, usages divers de l'internet).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail photographique de Pierre-Lin Reni&#233; est conceptuel dans sa construction et dans la forme de sa pr&#233;sentation, mais il ne produit pas de th&#232;se&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sa perspective est celle de quelqu'un qui se trouve &#224; l'&#233;cart. Son activit&#233; se caract&#233;rise par le souci de d&#233;crire et non d'expliquer. Si la fa&#231;on dont l'artiste utilise les images est au c&#339;ur de la question du rapport de la repr&#233;sentation au r&#233;el, la pr&#233;cision avec laquelle il &#233;tablit des r&#232;gles pour soutenir sa pratique est la garantie que s'exerce une pens&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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