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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>Le d&#233;sir d'horizon</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Poivert</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les &#339;uvres de Fr&#233;d&#233;rique Bretin sont calmes et complexes. L'image se donne dans l'apparence de son &#233;vidence pour vous confronter ensuite au doute sur la nature m&#234;me de l'espace que vous contemplez. L'artiste a d&#233;couvert de fa&#231;on intuitive dans la ligne d'horizon - ce qui marque une limite et sugg&#232;re un infini, ce qui est donc une pure contradiction entre la fonction et l'&#233;vocation - la puissance d'un oxymoron visuel dont elle fait l'instrument po&#233;tique de son univers. L'organisation des&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#339;uvres de Fr&#233;d&#233;rique Bretin sont calmes et complexes. L'image se donne dans
l'apparence de son &#233;vidence pour vous confronter ensuite au doute sur la nature m&#234;me de
l'espace que vous contemplez. L'artiste a d&#233;couvert de fa&#231;on intuitive dans la ligne d'horizon - ce qui marque une limite et sugg&#232;re un infini, ce qui est donc une pure contradiction entre la fonction et l'&#233;vocation - la puissance d'un oxymoron visuel dont elle fait l'instrument po&#233;tique de son univers. L'organisation des photographies repose sur un go&#251;t pour la ligne, non pas de celle qui d&#233;limite un motif, mais plut&#244;t qui signale une d&#233;marcation&#160;: ce qui vient, dans le plan de fa&#231;on frontale ou bien axiale, structurer l'espace. Il ne s'agit pas d'une ossature optique sur laquelle viendrait s'organiser une sc&#232;ne ou prendre place les indices d'un lieu, mais plut&#244;t d'une conversion de ce qu'est la ligne d'horizon dans la repr&#233;sentation classique en un r&#233;pertoire de motifs jouant la partition du monde&#160;: mur, haie, porte, v&#233;g&#233;tation, pont&#8230; Peu importe le motif, c'est l'horizon qui partout est rejou&#233;, le partage op&#233;r&#233; de l'espace hisse la structure au rang de sujet m&#234;me de l'image. Il y a, dans cette mani&#232;re de faire, quelque chose de la grille de Pietr Mondrian, des carr&#233;s de Josef Albers ou bien encore du zip de Barnett Newman - quelque chose donc de tous ces artistes qui ont r&#233;investi la question de l'espace d&#233;volu traditionnellement au genre du paysage pour en faire une &#233;criture en soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux fa&#231;ons d'envisager la logique d'un espace lorsque celui-ci se construit &#224; partir d'un syst&#232;me perspectif tel que le propose l'appareil photographique. La premi&#232;re est de consacrer la profondeur au moyen de l'optique. La seconde est de laisser au plan le privil&#232;ge de s'imposer, qu'il soit opaque ou transparent. Pour Fr&#233;d&#233;rique Bretin ce sont ces deux propositions qu'il faut traduire en une dialectique, et &#224; la mani&#232;re d'un syst&#232;me oscillobattant, de faire en sorte que la fen&#234;tre &#8211; cette fen&#234;tre ouverte sur le monde qui reste la m&#233;taphore commune de la repr&#233;sentation artistique&#160;-, que cette fen&#234;tre donc s'ouvre en faisant basculer le plan vers le regardeur. Vous verrez alors se confondre surface et profondeur dans l'exp&#233;rience du regard. En ne sachant plus o&#249; se situe la fronti&#232;re optique, l'imaginaire adh&#232;re, pourrait-on dire, &#224; la vision. C'est la marque des photographies de Fr&#233;d&#233;rique Bretin&#160;: ce que l'on voit n'est autre chose que ce que l'on distingue. Votre &#339;il, pour le dire autrement, distingue et regarde en m&#234;me temps. Dans ces conditions, ce que l'on appelle l'inconscient optique (ce qui passe dans votre champ de vision et qui s'inscrit dans votre esprit sans que vous n'ayez d&#233;cid&#233; de le regarder), se situe sur le m&#234;me plan que la conscience de la perception. On pourrait nommer cette combinaison le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d&#233;sir d'horizon&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#160;: distinguer une limite qui exprime l'absence de limite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de sujet proprement dit, si ce n'est cette qu&#234;te d'espace qu'exprime tout un
vocabulaire de l'apparition et de la dissolution. Soit sur un mode purement sensible, o&#249;
l'horizon est trait&#233; comme un fond, soit sur un mode cursif, en proposant au regardeur de
s'attacher &#224; des motifs fronti&#232;res qui satisfont &#224; leur mani&#232;re notre besoin de distinguer les
choses des surfaces sur lesquelles elles se d&#233;tachent. C'est ainsi un monde o&#249; les limites, les franges, le dedans et le dehors ne cessent de jouer. La titrologie de l'artiste ne parle que ce langage de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;surfaces&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;lieux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;hors-champs&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;suites&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et autres &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;littoral&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou bien encore &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;in situ&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, plus rarement &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;paysages&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; car le genre ne suffit qu'&#224; peine &#224; dire ce que concentre mieux le vocable&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;dispositions&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute une partie des photographies de Fr&#233;d&#233;rique Bretin nous interroge ainsi sur notre d&#233;sir d'horizon. Comment atteindre ce fond qui se d&#233;robe &#224; chaque avanc&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? En prenant la
position de l'attente, il y a le secret espoir dans chaque image que ce soit lui, le fond, qui nous rejoigne. C'est ainsi que la po&#233;sie de Fr&#233;d&#233;rique Bretin renverse de fa&#231;on sensible et
empirique le syst&#232;me spatial que dicte la photographie&#160;: alors qu'on la con&#231;oit comme une
fen&#234;tre ouverte et une trajectoire vers l'horizon, ses images sont au contraire l'exp&#233;rience
d'un retournement de cette perspective. Rien mieux que la vague qui fascine tant l'artiste ne traduit cette esth&#233;tique d'un espace qui vient &#224; vous, comme le chemin m&#234;me de la lumi&#232;re qui vient traverser l'optique et se diffracter sur la surface sensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout aussi empirique que sp&#233;culative, la m&#233;thode de Fr&#233;d&#233;rique Bretin s'applique aussi &#224; la
repr&#233;sentation des int&#233;rieurs. Comment y faire jouer l'oxymore de l'horizon qui caract&#233;rise
ces vues d'ext&#233;rieur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? L'iconographie de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'int&#233;rieur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'ext&#233;rieur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; n'est pas une
question de genres mais de registre expressif. &#192; quelle intensit&#233; d'espace est-on alors
soumis&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Circule dans ces lieux seulement la lumi&#232;re. Ce que portes et fen&#234;tres laissent
p&#233;n&#233;trer. Les mati&#232;res peuplent ainsi l'espace, textiles et pl&#226;tres, moquette et lino, rien n'est ruine tout &#224; fait, seulement abandonn&#233; peut-&#234;tre, livr&#233; &#224; la contemplation. La construction d'espaces int&#233;rieurs &#233;voque des images mentales. Il n'est pas indiff&#233;rent que Fr&#233;d&#233;rique Bretin ait consacr&#233; du temps &#224; r&#233;fl&#233;chir aux espaces traumatiques, &#224; la question de la m&#233;moire, aux lieux de m&#233;moire comme &#224; la m&#233;moire des lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;rieur est donc l'espace mental o&#249; joue &#224; plein la contradiction de la limite comme forme expressive de l'infini. Embl&#233;matique, cette photographie&#160;: le bouquet de tulipes &#224; contre-jour. Une lumi&#232;re opalescente vient de deux fen&#234;tres qui s'ouvrent respectivement en bascule et en battant et r&#233;sume la combinaison du plan et de l'&#233;chapp&#233;e en profondeur. Les vitres sont stri&#233;es de lignes horizontales qui multiplient l'horizon th&#233;orique et forment une partition musicale silencieuse. L'ornement floral d'un papier peint r&#233;p&#232;te le motif v&#233;g&#233;tal et encaisse l'espace au plafond bas. Nous sommes l&#224;, dans la niche d'une cellule monacale, dans l'ombre, habit&#233;s du pur exercice de perception&#160;: face au r&#233;duit comme &#224; la promesse du regard. L'oxymore de l'horizon est le besoin exprim&#233; de transcendance traduit dans l'exp&#233;rience visuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artiste s'interrogeait r&#233;cemment sur notre capacit&#233; &#224; r&#233;sister &#224; la sid&#233;ration, c'est-&#224;-dire &#224; la suspension de la pens&#233;e face &#224; l'horreur. Mais que l'on peut aussi exprimer par&#160;: comment traduire aujourd'hui notre besoin de transcendance&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? La proposition contenue dans l'&#339;uvre de Fr&#233;d&#233;rique Bretin est celle de la submersion optique. Consacrer le voir jusqu'&#224; ce qu'il vous englobe compl&#232;tement &#8211; penser l'espace comme d&#233;versement. Le vide qui peuple les photographies est ainsi la mat&#233;rialisation d'un espace disponible &#224; la pens&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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