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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>La peinture est sobre, et l'objet...</title>
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		<dc:date>2019-09-04T13:10:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Camille Paulhan</dc:creator>



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&lt;p&gt;La peinture est sobre, et l'objet qu'elle repr&#233;sente myst&#233;rieux, avec ses faux airs d'araign&#233;e cyborg&#160;: Le mus&#233;e des mus&#233;es (microprocesseur) (2007) pourrait servir de point de d&#233;part &#224; l'&#339;uvre de Florent Contin-Roux, lui qui aime tant pi&#233;ger les images sur ses toiles. Des images de toutes sortes d'ailleurs&#160;: chip&#233;es sur Google, d&#233;couvertes au sein d'archives familiales, saisies par lui &#224; l'heure bleue, confi&#233;es par des amis&#8230; Mais son app&#233;tit pour les images n'est pas glouton et irraisonn&#233;.&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La peinture est sobre, et l'objet qu'elle repr&#233;sente myst&#233;rieux, avec ses faux airs d'araign&#233;e cyborg&#160;: &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Museum' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Le mus&#233;e des mus&#233;es (microprocesseur)&lt;/i&gt; (2007)&lt;/a&gt; pourrait servir de point de d&#233;part &#224; l'&#339;uvre de Florent Contin-Roux, lui qui aime tant pi&#233;ger les images sur ses toiles. Des images de toutes sortes d'ailleurs&#160;: chip&#233;es sur Google, d&#233;couvertes au sein d'archives familiales, saisies par lui &#224; l'heure bleue, confi&#233;es par des amis&#8230; Mais son app&#233;tit pour les images n'est pas glouton et irraisonn&#233;. Au contraire, ce sont des choix pr&#233;cieux et pr&#233;cis qui sont &#224; l'origine de son travail, et qui se d&#233;voilent dans des peintures dont les formats r&#233;v&#232;lent le caract&#232;re intimiste. &lt;br class='manualbr' /&gt;En effet, l'&#233;cran d'ordinateur, qui est devenu bien souvent aujourd'hui le premier mode d'acc&#232;s aux &#339;uvres, trahit quelque peu celles de Florent Contin-Roux, si l'on ne prend pas garde &#224; leurs dimensions. &lt;br class='manualbr' /&gt;Certaines ne d&#233;passent pas le format 10x15 cm, les plus grandes exc&#232;dent rarement le m&#232;tre de long. On ne dira plus que la peinture d'histoire se doit d'&#234;tre monumentale&#160;: &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Conflits' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le champignon atomique d'Hiroshima, l'incendie du Zeppelin&lt;/a&gt;, &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Scenes-du-XXe-siecle' class=&#034;spip_in&#034;&gt;l'assassinat de Kennedy, le hissage du drapeau rouge sur le Reichstag&lt;/a&gt; sont consid&#233;r&#233;s par l'artiste comme des ic&#244;nes, et de ce fait trait&#233;s avec minutie et d&#233;vouement. Les paillettes remplacent parfois chez lui le fond d'or, histoire de rappeler que l'&#233;poque s'&#233;loigne du caract&#232;re rassurant d'un Eden uniforme pour aller vers le morcellement des lueurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Florent Contin-Roux accorde d'ailleurs autant d'importance &#224; ces repr&#233;sentations d&#233;sormais c&#233;l&#232;bres dans l'imaginaire collectif, qu'&#224; celles issues de son environnement familial. Lui dit que le point de d&#233;part de sa peinture est toujours le personnel, accepte la dimension conceptuelle du travail mais refuse que l'on en r&#233;fute la part &#233;motionnelle. C'est l'histoire de l'homme qui trouve chez son grand-p&#232;re des photographies qu'il pense sur le moment appartenir aux livres et &#224; la grande histoire, et qui se rend finalement compte que cette derni&#232;re n'existe que par fragments destin&#233;s &#224; n'&#234;tre jamais totalement recompos&#233;s. &lt;br class='manualbr' /&gt;Alors, puisque toute repr&#233;sentation peut potentiellement se m&#234;ler &#224; ce vaste puzzle n&#233;cessairement parcellaire, la tondeuse &#224; gazon, la tente de camping, le jouet Playmobil prennent place dans l'imagerie de Florent Contin-Roux avec la m&#234;me gravit&#233;. R&#233;cemment, l'artiste a cherch&#233; &#224; mettre &#224; distance la photographie, qui l'a tant accompagn&#233;e &#224; ses d&#233;buts, et qu'il a toujours souhait&#233; dissoudre, noyer, fumiger. Le corps, qui apparaissait comme un fant&#244;me dans ses premi&#232;res peintures &#8211; corps en observation depuis la fen&#234;tre d'une voiture ou d'un train en marche, corps contemplant le paysage assis sur une chaise de jardin en plastique&#8230; &#8211; se fraie d&#233;sormais une place. Des ombres p&#226;les aux contours violemment bross&#233;s, parfois macul&#233;es du rose fluo cher &#224; l'artiste, &#233;mergent sur ses toiles. Pas les visages, pas encore. Peut-&#234;tre plus tard, mais pour l'instant sa peinture est trop pudique pour s'y frotter. &lt;br class='manualbr' /&gt;Lui, toutefois, se risque &#224; la performance depuis peu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;risque&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, parce que la peinture est un engagement total. La m&#233;taphore martiale, il l'assume&#160;: peindre, c'est combattre, s'&#233;puiser, chasser. Dans &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/L-acte-de-peindre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;L'acte de peindre&lt;/i&gt; (2019)&lt;/a&gt;, il a perc&#233; d'une fl&#232;che une de ses anciennes &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Nocturnes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Nocturne&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Touch&#233;e au c&#339;ur des nuages bleut&#233;s, &#224; la brunante. M&#234;me pas peur d'attaquer la m&#233;lancolie. Alors oui, pour Florent Contin-Roux, la peinture est sans doute la seule pr&#233;dation qui vaille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.dda-nouvelle-aquitaine.org/IMG/media/docs/Florent-Contin-Roux_vu_par_Camille-Paulhan_12.19.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&gt; T&#233;l&#233;charger le texte (pdf)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Huit personnages en qu&#234;te d'auteure</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Huit-personnages-en-quete-d-auteure</link>
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		<dc:date>2019-03-06T17:04:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Camille Paulhan</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Figurant. Personne charg&#233;e de tenir un emploi secondaire, g&#233;n&#233;ralement muet, et, le plus souvent, dans un groupe tenant le m&#234;me r&#244;le. Par analogie Personne qui, dans la soci&#233;t&#233;, tient un r&#244;le dont l'importance n'est qu'apparente et non effective. Ce qui caract&#233;rise le plus le travail de Julie Chaffort, c'est le refus des figurants. M&#234;me ceux qui nous tournent le dos, ceux qui marchent trop loin pour que l'on distingue leurs traits ou ceux qui se dissimulent derri&#232;re les foug&#232;res, ceux qui&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-27240" rel="directory"&gt;Textes &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Figurant.&lt;/strong&gt; Personne charg&#233;e de tenir un emploi secondaire, g&#233;n&#233;ralement muet, et, le plus souvent, dans un groupe tenant le m&#234;me r&#244;le. &lt;i&gt;Par analogie&lt;/i&gt; Personne qui, dans la soci&#233;t&#233;, tient un r&#244;le dont l'importance n'est qu'apparente et non effective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui caract&#233;rise le plus le travail de Julie Chaffort, c'est le refus des figurants. M&#234;me ceux qui nous tournent le dos, ceux qui marchent trop loin pour que l'on distingue leurs traits ou ceux qui se dissimulent derri&#232;re les foug&#232;res, ceux qui apparaissent masqu&#233;s ou ceux qui conservent le silence, tous ceux-l&#224; sont des personnages et non des figurants. Et m&#234;me le buisson aux reflets roux, qui rampe sous la pluie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Saint Christophe&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on en croit les textes, Christophe est un g&#233;ant plut&#244;t effrayant, mesurant &#8211; si mes conversions hasardeuses sont exactes &#8211; un bon six m&#232;tres de haut. En qu&#234;te d'un prince puissant, il rencontre un roi, avant de se rendre compte que ce dernier craint le diable. Le voil&#224; d&#232;s lors &#224; se mettre en qu&#234;te du diable, avant de se rendre compte que celui-ci craint le Christ. Devenu passeur fluvial, il entreprend un jour d'aider un petit enfant &#224; traverser la rive. Ce dernier sur les &#233;paules, il entre dans l'eau mais la pesanteur de l'enfant se fait intol&#233;rable. Il tient bon, et comprend apr&#232;s &#234;tre amen&#233; son passager &#224; bon port qu'il a transport&#233; le Christ et &#224; travers lui, le poids du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai, le Christophe de Julie Chaffort n'est pas effrayant, tout de noir v&#234;tu et les pieds fermement fich&#233;s dans le sol. Mais on l'entend distinctement souffler &#224; celui qu'il porte&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Tu veux bouger en haut&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Moi je tiens.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Si l'homme ploie l&#233;g&#232;rement, c'est pour mieux permettre &#224; celui qu'il porte sur ses &#233;paules de se mouvoir, sans jamais perdre de vue cette id&#233;e&#160;: porter l'autre, c'est aussi en effet lui interdire de tomber.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cassandre&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'a pas peur de le r&#233;p&#233;ter. Plus de quatre-vingt fois en quelques minutes seulement&#160;: il faut partir, le laisser tranquille, fuir le plus vite possible. Il le r&#233;p&#232;tera sans tr&#234;ve s'il le faut, il ne s'&#233;puisera pas. Trop peur de finir comme Cassandre, qu'on ne croyait pas. On le menace, pourtant&#160;: s'il continue, on le chatouillera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La petite sir&#232;ne&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai cru un temps que cette femme qui chantait une ariette d&#233;licate de Debussy, envelopp&#233;e dans une peau animale, assise sur le sable humide, pouvait incarner pour ce texte la petite sir&#232;ne. Mais &#224; bien relire le conte d'Andersen, je dois me r&#233;soudre &#224; l'&#233;vidence&#160;: les airs m&#233;lodieux sont le fait des filles de l'air. La petite sir&#232;ne, c'est le jeune homme qui se tient en face d'elle, avec sa parka bleue et orange. Car dans le conte, l'h&#233;ro&#239;ne renonce &#224; la cl&#233;mence cruelle de la sorci&#232;re en refusant de tuer le prince&#160;: ce faisant, elle accomplit un v&#233;ritable acte d'amour. Il faut observer le tremblement de la main droite de notre petite sir&#232;ne en parka &#224; l'&#233;coute du chant, l'&#233;change de regards, une certaine pudeur dans le silence qui suit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le buisson ardent&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un dr&#244;le de buisson ardent, dont les flammes que l'on imagine majestueuses auraient brusquement &#233;t&#233; mouill&#233;es par une pluie que l'on devine dans le cr&#233;pitement des feuilles. C'est un buisson ardent modeste, qui se met en qu&#234;te de sortir du cadre, de ne surtout pas attirer l'attention sur lui, de se fondre dans le paysage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Bartleby&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lui, il pr&#233;f&#232;rerait ne pas. Il l'a dit&#160;: il ne veut pas &#234;tre l&#224;, d'ailleurs, il l'avait d&#233;j&#224; dit. Il demande si cela durera encore longtemps, il r&#233;p&#232;te s'il le faut&#160;: non, il ne veut pas &#234;tre l&#224;. Il est poli, pr&#233;cise-t-il. Les moutons, le paysage, il s'en fiche, il ne veut pas participer au film. Non, non, vraiment, il ne coop&#233;rera pas. Trop tard, a-t-on envie de dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les laminak&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne semble s'accorder sur un point pourtant en apparence capital&#160;: ce &#224; quoi ressemblent les laminak du pays basque. Pour certains, ce sont des &#234;tres masculins, semblables &#224; des lutins velus, pour d'autres des &#234;tres f&#233;minins, mi-femme mi-animal, aux pieds de poule ou queue de poisson. La diff&#233;rence est de taille. On conc&#232;de toutefois une caract&#233;ristique commune &#224; tous les laminak&#160;: ils vivent pr&#232;s de l'eau, sortent la nuit des souterrains o&#249; ils vivent et n'appr&#233;cient gu&#232;re la lumi&#232;re du jour, qu'ils fuient le plus possible. Se pourrait-il que l'on tienne l&#224; une d&#233;finition en creux de l'inqui&#233;tant &#233;tat d'adolescence&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;S&#339;ur Anne&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais tellement atterr&#233;e, enfant, de d&#233;couvrir que cette pauvre Anne se trouvait incapable de porter secours &#224; sa s&#339;ur autrement qu'en jetant un &#339;il distrait du haut de la tour. Plus tard, j'ai trouv&#233; ce personnage non agissant plus po&#233;tique que b&#234;tement inactif, en comprenant que le regard &#233;tait aussi une action. Ici, les figures de l'attente ne manquent pas&#160;: droit comme un I, les mains dans les poches derri&#232;re les danseurs, ou post&#233;s tels des vigies face &#224; la mer, ou encore les bottes plong&#233;es dans une mare bien lisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le virevoltant&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le virevoltant, c'est le personnage qu'on oublie syst&#233;matiquement de mentionner dans les g&#233;n&#233;riques de fin des westerns am&#233;ricains. Pourtant, cette petite plante sous forme de boule de poussi&#232;re appara&#238;t sur tant de plans d&#233;sol&#233;s, traversant l'&#233;cran avec lenteur. C'est toute la gr&#226;ce du film de Julie Chaffort de nous rappeler que chaque d&#233;tail est signifiant&#160;: les frottements que les gants des boxeurs produisent quand ils s'entra&#238;nent &#224; ne pas prendre de coups, le rythme doux des gouttes de pluie dans les arbres de la for&#234;t, les gestes de go&#233;land dans les violents rouleaux oc&#233;aniques pour continuer &#224; r&#233;sister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.dda-nouvelle-aquitaine.org/IMG/media/docs/JChaffort-CPaulhan-HUNT-2018.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&gt; T&#233;l&#233;charger le texte (pdf)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'atelier est ce qui me tire debout</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/L-atelier-est-ce-qui-me-tire-debout</link>
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		<dc:date>2017-02-07T09:06:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Camille Paulhan</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je n'y peux rien, les ateliers m'&#233;meuvent&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je voulais proposer pour thankyouforcoming des portraits d'atelier, des propos d'artistes glan&#233;s dans ces lieux, devant leurs &#339;uvres. Il n'y est d'ailleurs pas forc&#233;ment question de ces derni&#232;res, mais plut&#244;t de ce qu'un atelier fait &#224; la production artistique, de comment y travaille-t-on, comment y fl&#226;ne-t-on. Savoir, au juste, si et comment la lumi&#232;re sp&#233;cifique de l'automne sur les carreaux, l'acoustique d&#233;faillante ou les odeurs du restaurant&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-26631" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Je n'y peux rien, les ateliers m'&#233;meuvent&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je voulais proposer pour thankyouforcoming des portraits d'atelier, des propos d'artistes glan&#233;s dans ces lieux, devant leurs &#339;uvres. Il n'y est d'ailleurs pas forc&#233;ment question de ces derni&#232;res, mais plut&#244;t de ce qu'un atelier fait &#224; la production artistique, de comment y travaille-t-on, comment y fl&#226;ne-t-on.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Savoir, au juste, si et comment la lumi&#232;re sp&#233;cifique de l'automne sur les carreaux, l'acoustique d&#233;faillante ou les odeurs du restaurant mexicain au pied de l'immeuble influent sur les &#339;uvres que produisent les artistes.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Savoir, &#233;galement, ce qu'on y &#233;coute comme musique, quelles cartes postales ont &#233;t&#233; punais&#233;es aux murs, si l'on marche sur des b&#226;ches, du papier bulle, des points de peinture ou des chutes de papier. Y voir, aussi, les para-&#339;uvres, les infra-&#339;uvres, les pas-tout-&#224;-fait-&#339;uvres, les plus-du-tout-&#339;uvres, et &#234;tre donc au c&#339;ur du moment du choix.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Je n'avais pas tr&#232;s envie qu'apparaissent mes questions, elles se sont donc effac&#233;es.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#233;gory Cuquel est mon coll&#232;gue, enseignant en volume &#224; l'&#233;cole d'art de Bayonne. Un soir &#8211; tard &#8211; il m'a emmen&#233;e visiter l'atelier temporaire qu'il occupait &#224; l'&#233;cole, dans l'attente d'une exposition personnelle dans les lieux &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171;&#160;Gr&#233;gory Cuquel &#8211; Transhumance de peaux mortes_suc, salive et constance&#160;&#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Dans cette petite salle moquett&#233;e, Gr&#233;gory avait tout dispos&#233; &#224; terre&#160;: ses sculptures, bien s&#251;r, qui ne connaissent jamais de socle, mais s'&#233;largissent plut&#244;t en flaques visqueuses ou s&#232;ches, mais aussi ses dessins, qu'il travaille d'abord au sol, par le biais de frottages au graphite sur des surfaces vari&#233;es. Il devait &#234;tre dans les 23 heures, l'&#233;cole &#233;tait presque vid&#233;e d'&#233;l&#232;ves, on entendait les derniers survivants du cours de peinture babiller en contrebas. Dr&#244;le de moment pour visiter un atelier, sans lumi&#232;re du jour, dans l'urgence de la fermeture imminente de l'&#233;cole. On avait trottin&#233; dans la nuit bayonnaise pour rejoindre l'atelier au plus vite. Quelques mois plus tard, je retournais &#224; l'atelier qu'il occupait cette fois-ci dans une ancienne &#233;cole communale &#224; Bidart, partageant une ex-salle de classe avec une autre artiste. Autre lieu, autres points de vue&#160;: la ligne d&#233;licate de l'horizon sur l'Oc&#233;an atlantique qui parcourt la route qui m&#232;ne &#224; l'atelier, la cour d'&#233;cole encore impr&#233;gn&#233;e de son histoire scolaire, et d&#233;sormais utilis&#233;e comme atelier de sculpture &#224; ciel ouvert, les hauts plafonds, le parquet au sol et les porte-manteaux &#224; taille d'enfants dans les couloirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par modestie peut-&#234;tre, Gr&#233;gory Cuquel se refuse &#224; penser &#224; l'atelier comme un lieu o&#249; l'on produirait des objets &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;finis&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;aboutis&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Il pr&#233;f&#232;re parler de ses sculptures ou de ses dessins comme de s&#233;cr&#233;tions. L'id&#233;e de l'artiste comme intestin gr&#234;le ne me d&#233;pla&#238;t pas. En attendant, &#224; l'atelier, nous avons vaqu&#233; entre les travaux, les dessins qui &#233;taient accroch&#233;s au mur comme ceux qui &#233;taient au sol, les traces de doigts ou de scotch, les sculptures fragment&#233;es, recompos&#233;es, en cours de dilution de l'une d'entre elles dans de nouvelles, &#224; venir. Pas d'accrochage soign&#233; pour t&#226;cher d'&#244;ter les scories, mais un instantan&#233; g&#233;n&#233;reux du travail en cours, de ce qui se passe chaque jour dans l'atelier de Gr&#233;gory Cuquel, o&#249; il semble que les &#339;uvres travaillent &#233;galement seules, la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Quand j'&#233;tais &#233;tudiant aux Beaux-Arts de Lyon, mes travaux &#233;taient tr&#232;s li&#233;s &#224; la musique&#160;: je faisais des flaques de peinture, j'y glissais des paillettes, je me demandais en quoi consistait la perception que l'on pouvait avoir des choses. J'ai commenc&#233; &#224; montrer des &#339;uvres dans des expositions, et je me refusais &#224; y d&#233;placer des pi&#232;ces r&#233;alis&#233;es &#224; l'atelier, je voulais travailler uniquement dans le lieu, ou dans un laps de temps tr&#232;s court. C'est important de travailler sur place, de ne pas avoir des pi&#232;ces habit&#233;es par les gestes qui sont propres &#224; l'atelier. Au d&#233;but, je voulais que mes sculptures soient recycl&#233;es&#160;: elles &#233;taient d'abord montr&#233;es dans un lieu, puis fragment&#233;es, transform&#233;es, d&#233;coup&#233;es, et enfin r&#233;utilis&#233;es pour d'autres &#339;uvres. J'aimais beaucoup cette id&#233;e, mais je ne voulais pas m'enfermer dedans, ce n'est jamais devenu un processus de travail. Pendant longtemps, quand on m'invitait pour une exposition, je faisais tout sur place, j'amenais une visseuse et je r&#233;cup&#233;rais ce qu'il y avait eu autour des expositions pour cr&#233;er mes pi&#232;ces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai par la suite essay&#233; de travailler des objets que j'essayais de ne pas toucher, pour ne pas me complaire dans un dogme du processus de recyclage&#160;: il y en a eu tr&#232;s peu, mais par contre ceux-l&#224;, je les ai jet&#233;s. Ils ont eu une vie et je ne voulais plus les r&#233;utiliser. C'&#233;tait important pour moi de m'en s&#233;parer, pour qu'ils me sortent de la t&#234;te. Un jour, tu regardes la pi&#232;ce que tu viens de faire et tu sais que tu ne peux plus la retoucher, et c'est foutu. Pour moi, quand un travail est fini c'est qu'il est foutu, parce que je n'ai plus &#224; travailler dessus. Or ce qui me tient debout, c'est justement le travail, et pas le fait de le regarder pour savoir s'il est fini. Quand j'ach&#232;ve quelque chose, ce n'est pas grave de m'en s&#233;parer, je me dis toujours que c'est en moi, que je le retrouverai ailleurs. Si &#231;a a &#233;t&#233; l&#224; &#224; un moment donn&#233;, je suis s&#251;r que je vais pouvoir le retrouver, &#231;a doit &#234;tre dans ma gueule. D'ailleurs je dis souvent aux &#233;l&#232;ves de jeter, mais ils n'y arrivent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines contingences mat&#233;rielles ont une influence directe sur mes &#339;uvres&#160;: le fait que je n'aie pas mon permis a fait que j'ai voulu que mes sculptures soient l&#233;g&#232;res, que je puisse les transporter moi-m&#234;me, et qu'elles soient m&#234;me fragiles. Ce qui ne veut pas dire qu'elles sont jet&#233;es sans r&#233;flexion, je dois &#234;tre dans la pr&#233;cision. Je n'ai pas envie qu'on touche mes &#339;uvres, mais en m&#234;me temps je dois reconna&#238;tre faire tout pour. Et je suis sensible &#224; l'accident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes dessins frott&#233;s viennent d'une pratique d'atelier que j'avais&#160;: d'abord, je dessinais sur le mur, mais tr&#232;s vite je n'ai plus eu de place et j'ai commenc&#233; &#224; dessiner au sol, et j'ai vu qu'apparaissaient toutes les traces du parquet. Au d&#233;but, cela m'ennuyait mais j'ai d&#233;cid&#233; de me l'approprier, j'ai voulu frotter partout, dans les toilettes, sur le parquet, sur du papier bulle&#8230; Et je pr&#233;f&#232;re ne pas fixer mes dessins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je suis arriv&#233; ici, apr&#232;s cinq ans pass&#233;s &#224; Lyon &#224; l'issue des Beaux-Arts, j'avais besoin d'un atelier&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est un ami qui joue dans un groupe de Death metal qui m'a pr&#234;t&#233; un garage dans la for&#234;t. Ensuite, quand je suis arriv&#233; dans cet atelier &#224; Bidart, les choses ont &#233;volu&#233; car il y a ici des points de vue tr&#232;s contemplatifs, li&#233;s notamment &#224; la pr&#233;sence de l'oc&#233;an de l'autre c&#244;t&#233; de la route. Le fait d'avoir chang&#233; d'atelier a beaucoup modifi&#233; mon travail. C'&#233;tait encore diff&#233;rent quand j'&#233;tais &#233;tudiant aux Beaux-Arts, parce que je trouvais qu'il fallait savoir sortir de l'&#233;cole pour produire&#160;: au sein de l'&#233;cole, l'enseignant transpire, et les &#233;tudiants travaillent avec son &#233;nergie, c'est une impr&#233;gnation qui est tr&#232;s forte. Cette id&#233;e de l'impr&#233;gnation, de la digestion, c'est tr&#232;s important pour moi&#160;: mes &#339;uvres sont des formes que je dig&#232;re et que je filtre. Je ne cherche pas le sale pour le sale, mais certaines choses sales me paraissent belles, comme l'huile de vidange, qui est magnifique lorsqu'elle coule sur le sol. Tr&#232;s vite, les poussi&#232;res se collent, et c'est exactement comme les cailloux que l'on trouve sur la plage, qui sont tr&#232;s beaux, que l'on r&#233;cup&#232;re et qui ne seront plus jamais aussi beaux qu'au moment o&#249; on les a trouv&#233;s sur la plage. J'esp&#232;re arriver &#224; cet &#233;quilibre entre le moment o&#249; on les trouve et le moment o&#249; on les garde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que j'aime, c'est &#234;tre dans le faire, dans le travail, mais pas forc&#233;ment penser l'atelier comme un lieu de production. Je ne m'attends pas &#224; finir quelque chose, mais plut&#244;t &#224; exp&#233;rimenter, &#224; &#234;tre dans le terreau.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camille Paulhan et Gr&#233;gory Cuquel pour &lt;i&gt;thankyouforcoming,&lt;/i&gt; avril 2016.&#034;L'atelier est ce qui me tire debout&#034;, est le premier volet de portraits d'ateliers r&#233;alis&#233;s par Camille Paulhan &#224; l'invitation de &lt;i&gt;thankyouforcoming,&lt;/i&gt; plateforme de conception, production et diffusion de projets en art contemporain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retrouvez le feuilleton illustr&#233; sur&#160;: &lt;a href=&#034;http://thankyouforcoming.net/paulhan-cuquel/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://thankyouforcoming.net/paulhan-cuquel/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Gr&#233;gory Cuquel &#8211; Transhumance de peaux mortes_suc, salive et constance&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, 11&#160;d&#233;cembre 2015 &#8211; 8&#160;janvier 2016, &#201;cole d'art de Bayonne.&lt;/p&gt;
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