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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
	<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/</link>
	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>Gr&#233;gory Cuquel - From Beyond&#160;: Deux mani&#232;res de baiser</title>
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		<dc:date>2017-02-13T14:08:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Benjamin Bianciotto</dc:creator>



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&lt;p&gt;Lorsque l'on &#233;voque le baiser, deux images peuvent vous venir &#224; l'esprit. Celle de la splendeur des corps &#224; la blancheur pure du marbre d'Auguste Rodin (Le Baiser, 1898), ou celle de la t&#234;te de vieillard coup&#233;e en deux et aux profils assembl&#233;s l'un contre l'autre de Joel-Peter Witkin (Le Baiser, 1982). Splendeur et d&#233;cadence, ou inversement&#160;: tout d&#233;pend de votre point de vue et de vos go&#251;ts en la mati&#232;re. Les deux parlent pourtant de la m&#234;me chose&#160;: trahison, adult&#232;re, et mort aux portes de&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-26631" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lorsque l'on &#233;voque le baiser, deux images peuvent vous venir &#224; l'esprit. Celle de la splendeur des corps &#224; la blancheur pure du marbre d'Auguste Rodin (&lt;i&gt;Le Baiser,&lt;/i&gt; 1898), ou celle de la t&#234;te de vieillard coup&#233;e en deux et aux profils assembl&#233;s l'un contre l'autre de Joel-Peter Witkin (&lt;i&gt;Le Baiser,&lt;/i&gt; 1982). Splendeur et d&#233;cadence, ou inversement&#160;: tout d&#233;pend de votre point de vue et de vos go&#251;ts en la mati&#232;re. Les deux parlent pourtant de la m&#234;me chose&#160;: trahison, adult&#232;re, et mort aux portes de l'Enfer, entre amour interdit et damnation. Les deux sont &#8220;romantiques&#8221;, au sens premier ou extrapol&#233; du terme. Les deux sont des visions de ruine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exposition &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/From-Beyond' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;From Beyond&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gr&#233;gory Cuquel, From Beyond pr&#233;sent&#233;e &#224; la galerie Olivier Robert curat&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; de Gr&#233;gory Cuquel est fond&#233;e sur cette notion de ruine. Sans doute Jean Clair y verrait m&#234;me une ruine de l'art, l'expression de sa d&#233;cadence, voire de son ignominie. A raison&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ce n'est ni &#224; exclure, ni &#224; consid&#233;rer comme inimaginable par l'artiste. Parce que justement Gr&#233;gory Cuquel se place dans une tradition de l'anti-tradition. Cette fameuse lign&#233;e n&#233;e de l'underground pour bouleverser les r&#232;gles et renverser les codes moraux et esth&#233;tiques avant d'&#234;tre, &#224; coup s&#251;r, r&#233;cup&#233;r&#233;e, dig&#233;r&#233;e, adul&#233;e par une soci&#233;t&#233; extr&#234;mement r&#233;sistante &#224; toute tentative parasite. Pas besoin de dresser l'arbre g&#233;n&#233;alogique, racines en l'air &#224; la mani&#232;re des &lt;i&gt;Upside-down trees&lt;/i&gt; de Robert Smithson, de ces rebelles en herbe. Le trac&#233; Dada-situationnistes-punks a &#233;t&#233; fait de mani&#232;re ind&#233;passable par Greil Marcus &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lipstick Traces, a secret history of the 20th century, 1989, Cambridge, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Tous d&#233;sormais market&#233;s, vendus, absorb&#233;s, mus&#233;ifi&#233;s, &#224; la pens&#233;e d&#233;form&#233;e, r&#233;duite &#224; un format consommable. Mais l'on pourrait continuer la ligne. La g&#233;n&#233;ration am&#233;ricaine des Dash Snow, Dan Colen, Ryan McGinley, etc, illustre parfaitement cette g&#233;n&#233;ration de non-conformistes. Seulement, cette derni&#232;re a &#233;t&#233; dress&#233;e pour &#234;tre assimil&#233;e par le march&#233;. Premier exemple peut-&#234;tre d'une r&#233;volte consciente de son potentiel commercial. Ce qui ne signifie pas une r&#233;volte fabriqu&#233;e. Mais une r&#233;volte d&#233;sireuse d'&#234;tre exhib&#233;e (la mort/suicide de Dash Snow &#233;tant la pierre d'achoppement du syst&#232;me). Gr&#233;gory Cuquel est-il pour autant leur &#8220;cousin d'Am&#233;rique&#8221;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disons plus s&#251;rement qu'il fait le lien entre le &lt;i&gt;Merzbau&lt;/i&gt; de Schwitters et le Merzbow d'Akita. Il fait de sa propre &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;cath&#233;drale de la mis&#232;re &#233;rotique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; un temple noise. A premi&#232;re vue, son &#339;uvre est une provocation faite &#224; nos certitudes, &#224; nos rep&#232;res, au bon go&#251;t m&#234;me. Pourtant, comme on l'a vu, il a derri&#232;re lui toute une famille d'artistes en marge devenus point de rep&#232;res historiques. Comment d'ailleurs ne pas envisager les r&#233;unir autour d'une table de Spoerri&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Celui qui a &#233;lever le rebut au rang d'art, en compagnie de nouveaux r&#233;alistes soutenus de main de ma&#238;tre par Pierre Restany, et qui ont ensemble une fois de plus rebattu les cartes de l'ordre et de la morale. Finalement Cuquel s'inscrit dans cette d&#233;marche de faire de l'art &#224; partir de rien, de ce que l'on trouve. Mais ce sont pr&#233;cis&#233;ment les racines m&#234;me de l'acte cr&#233;ateur. De sa naissance caverneuse &#224; la dimension sacralis&#233;e de la peinture, des pigments sur de la pierre puis sur un bout de tissu, l'art se cr&#233;e sans moyens. Bien loin &#233;videmment des d&#233;penses somptuaires et ostentatoires de l'art contemporain dans sa dimension la plus visible et la plus critiqu&#233;e (Koons, Hirst, Murakami, etc). R&#233;cup&#233;r&#233; ce que les autres ne veulent pas pour en faire une &#339;uvre peut donner l'illusion baudelairienne de la transformation de la boue en or. Comme elle pourrait &#233;voquer la destruction cr&#233;atrice schumpeterienne. Mais l&#224; n'est pas forc&#233;ment le propos. Car on retrouve dans son travail d'&#233;videntes r&#233;sonnances avec un certain classicisme. Ses sculptures par exemple sont de parfaites d&#233;monstrations de recherches sur la notion d'&#233;quilibre, d'association de la couleur &#224; la forme. Comme toute sculpture le devrait. Comme sa &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;peinture&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; rappelle les exp&#233;rimentations des premiers collages cubistes&#160;: r&#233;cup&#233;ration, assemblage et jeux de mati&#232;res. On ne compare pas. On reconna&#238;t les traces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a en fait une &#233;trange singularit&#233; qui se d&#233;gage de son travail. Celle-l&#224; m&#234;me qui vous repousse au premier abord, une alt&#233;rit&#233; qui ne se laisse pas r&#233;duire, un v&#233;ritable d&#233;fi. C'est tr&#232;s exactement cet entre-deux, ce balancement entre Rodin et Witkin. On se retrouve devant ses &#339;uvres entre classicisme et modernit&#233;, extr&#234;me finition et art brut, s&#233;rieux et d&#233;sinvolture, r&#233;f&#233;rentialit&#233; assum&#233;e et &lt;i&gt;tabula rasa&lt;/i&gt;. Cela peut appara&#238;tre g&#234;nant, comme un flou&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cela peut appara&#238;tre fascinant, comme un trouble. Pour mieux vous en assurer, il suffit de pr&#234;ter attention, face &#224; l'amas (in)formel qui vous fait face, aux multiples d&#233;tails significatifs qui trahissent la sensibilit&#233; de son approche&#160;: le nom du groupe Death, un ensemble de cigarettes, un radis noir, un fil qui pend d'un t-shirt de Carcass, un serpent esquiss&#233;. Gr&#233;gory Cuquel cherche &#224; maitriser le chaos, comme nombre d'alchimistes avant lui. La qu&#234;te de la transmutation, c'est tenter de r&#233;unir les oppos&#233;s, c'est embrasser ce r&#234;ve fou de l'&#233;tat transitoire, du passage. Celui qui se d&#233;roule au creuset de l'atelier et qu'il expose sous une forme encore mouvante. Un baiser qui scelle l'irr&#233;conciliable, comme Judas et le Christ, Brejnev et Honecker, soi avec soi, l'art contemporain et Pungent Stench &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pungent Stench, groupe autrichien de Death Metal dont la pochette de l'album (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;Texte publi&#233; le 16&#160;juillet 2012 sur dust-distiller.com&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Gr&#233;gory Cuquel, &lt;i&gt;From Beyond&lt;/i&gt; pr&#233;sent&#233;e &#224; la galerie Olivier Robert curat&#233;e par J&#233;r&#244;me Lef&#232;vre. Exposition du 21&#160;juin au 28&#160;juillet 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;i&gt; Lipstick Traces, a secret history of the 20th century,&lt;/i&gt; 1989, Cambridge, Harvard University Press (traduction fran&#231;aise&#160;: 1998, Paris, &#233;d. Allia).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Pungent Stench, groupe autrichien de Death Metal dont la pochette de l'album &lt;i&gt;Been caught buttering&lt;/i&gt; (1991, Nuclear Blast) reproduit &lt;i&gt;Le Baiser&lt;/i&gt; de Joel-Peter Witkin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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