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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title></title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/article44640</link>
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		<dc:date>2016-11-18T14:43:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne-Lou Vicente</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Apparition et disparition, pr&#233;sence et absence, paroles et non-dits se combinent et se succ&#232;dent au sein des &#339;uvres de Nina Laisn&#233;, dans un subtil jeu d'artifices duquel &#233;mergent des situations &#224; la fois &#233;tranges et famili&#232;res suscitant le trouble chez celui qui les regarde. Le spectateur devient le t&#233;moin de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;sc&#232;nes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; o&#249;, s'ils se r&#233;v&#232;lent manifestement palpables, malaise et tension font l'objet d'un certain myst&#232;re &#8212; l'image, bien que souvent &#233;loquente, ne disant pas tout, et donnant&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-26542" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apparition et disparition, pr&#233;sence et absence, paroles et non-dits se combinent et se succ&#232;dent au sein des &#339;uvres de Nina Laisn&#233;, dans un subtil jeu d'artifices duquel &#233;mergent des situations &#224; la fois &#233;tranges et famili&#232;res suscitant le trouble chez celui qui les regarde. Le spectateur devient le t&#233;moin de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;sc&#232;nes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; o&#249;, s'ils se r&#233;v&#232;lent manifestement palpables, malaise et tension font l'objet d'un certain myst&#232;re &#8212; l'image, bien que souvent &#233;loquente, ne disant pas tout, et donnant alors l'occasion de se raconter des histoires et se (re)faire le film.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, en tant qu'image fixe, la photographie arr&#234;te le mouvement, il s'agit le plus souvent pour Nina Laisn&#233; de saisir et montrer l'immobilit&#233; de corps et de lieux fig&#233;s, en suspens, voire temporairement d&#233;laiss&#233;s comme dans le cas de &lt;i&gt;Station,&lt;/i&gt; une s&#233;rie de photos r&#233;alis&#233;e dans un gymnase au repos desquelles sourdent les membres fant&#244;mes. Ici ou l&#224;, quelque chose s'est pass&#233;, se passe ou va se passer, dont on ne saura jamais l'enti&#232;re v&#233;rit&#233;, qu'il nous reste &#224; recomposer. Comme autant d'instants suspendus au comble d'une tension dramatique qui les fait vaciller, ces images, savamment orchestr&#233;es &#8212; une orchestration toute cin&#233;matographique&#160;&#8212;, mettent en sc&#232;ne des personnages, souvent esseul&#233;s, perdus dans leurs pens&#233;es, dans des situations mutiques bien qu'impliquant parfois explicitement la parole en creux, o&#249; l'expression des regards et des corps en dit long&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel un &#233;loge de la lenteur, &lt;i&gt;Un Instant,&lt;/i&gt; premier film de l'artiste dressant le portrait silencieux d'une femme dont l'&#226;ge relativement avanc&#233; peut se lire sur son visage, &#233;pouse du regard les gestes en apparence quotidiens de cette femme qui, &#224; t&#226;tons, se pare pour mieux se (re)d&#233;couvrir, sous un nouveau jour. Avec &lt;i&gt;1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; &#233;tage&lt;/i&gt; (2008) et &lt;i&gt;Ronde de nuit&lt;/i&gt; (2011), ce que nous voyons se r&#233;v&#232;le &#234;tre ceux qui, par la fen&#234;tre, nous regardent litt&#233;ralement de haut, comme autant de silhouettes &#224; taille humaine sortant de l'ombre &#224; la tomb&#233;e de la nuit et se d&#233;coupant &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;int&#233;rieurement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sur la lumi&#232;re artificielle. Conjuguant transparence et opacit&#233;, l'installation &lt;i&gt;Une disparition&lt;/i&gt; (2012) consiste en la projection derri&#232;re un &lt;i&gt;bow-window&lt;/i&gt; d'une vid&#233;o montrant un homme qui dispara&#238;t progressivement derri&#232;re un nuage de fum&#233;e venant faire &#233;cran&#160;: une lente prestidigitation qui constitue une autre preuve des talents de Nina Laisn&#233; en artiste illusionniste et de ses petits arrangements avec le r&#233;el et autres &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;grands trucs&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; susceptibles de tromper l'&#339;il, l'espace d'un instant. Qui regarde qui, quoi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Telle est la question, laquelle se pose &#224; nouveau avec &lt;i&gt;Touristes&lt;/i&gt; (2014), une s&#233;rie de photomontages montrant gazelles, yacks, aigles et autres esp&#232;ces d'animaux sauvages immortalis&#233;es dans les dioramas d'un mus&#233;e genevois qui nous scrutent en m&#234;me temps qu'elles s'incrustent dans le paysage urbain&#160;: dispos&#233;e sur la face ext&#233;rieure de panneaux d'affichage de lignes de tramway, chaque image capture un personnage &#224; &#233;chelle r&#233;elle qui les observe, de dos, &#224; l'instar des usagers attendant leur rame et passant ainsi litt&#233;ralement &#224; c&#244;t&#233; de ces clins d'&#339;il &#224; l'effet pour le moins inattendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nina Laisn&#233; use avec doigt&#233; du truchement de l'image pour mieux nous faire prendre le recul n&#233;cessaire &#224; un changement de perception, en vue de faire &#233;voluer le regard sur l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Os convivados&lt;/i&gt; marque un tournant dans le travail de l'artiste. &#192; une photographie pr&#233;sent&#233;e dans un caisson lumineux, elle ajoute une bande-son qui vient apporter une autre piste de lecture &#224; l'image. Ce que l'on entend (&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Saudosa Maloca&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, une chanson traditionnelle br&#233;silienne des ann&#233;es 1950 relatant l'histoire d'un homme expuls&#233; de sa pr&#233;caire habitation) est ce que l'on voit &#8212; du moins ce que l'on croit voir&#160;: un homme de couleur qui, sous des faux airs de major d'homme au service de riches gens, se l&#232;ve et se met &#224; chanter autour d'une tabl&#233;e de convives &#224; laquelle, selon toute vraisemblance, il si&#232;ge. Nina Laisn&#233; joue des faux-semblants de l'image, parfois trompeuse, en m&#234;me temps qu'elle en amplifie la r&#233;sonance culturelle et sociale au moyen du son et, en l'occurrence, du chant, charg&#233; d'histoire(s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un registre et un contexte tr&#232;s diff&#233;rents, la vid&#233;o &lt;i&gt;Folk Songs,&lt;/i&gt; r&#233;alis&#233;e lors d'une r&#233;sidence &#224; Chypre en 2014, donne la parole &#224; un ensemble d'immigr&#233;s clandestins et de victimes de &lt;i&gt;trafficking&lt;/i&gt;. Tour &#224; tour, le visage camoufl&#233; par les feuilles d'une plante &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;mondialis&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; pour avoir la facult&#233; de s'enraciner partout, chacun expose sa situation et entonne spontan&#233;ment un chant traditionnel a cappella, d&#233;voilant ainsi un r&#233;el attachement &#8212; par c&#339;ur &#8212; &#224; la culture de son pays d'origine dont il se trouve, sous la contrainte, physiquement &#233;loign&#233;.C'est selon un autre point de vue que Nina Laisn&#233; aborde la question du d&#233;racinement dans l'installation vid&#233;o &lt;i&gt;Esas l&#225;grimas son pocas&lt;/i&gt; (2015) donnant &#224; voir, sur deux grands &#233;crans plac&#233;s en vis-&#224;-vis, des images tourn&#233;es lors d'un casting d'enfants issus de familles d'immigr&#233;s hispanophones n'ayant pas ou que tr&#232;s peu connu leur pays d'origine, si ce n'est via la transmission orale de leurs parents, grands-parents, etc. Dans un double jeu ici accentu&#233; par le dispositif, chaque enfant y interpr&#232;te deux chansons traditionnelles de son choix, la premi&#232;re de mani&#232;re &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;naturelle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, la seconde de mani&#232;re artificielle, dirig&#233;e selon les instructions de l'artiste les incitant &#224; surjouer l'&#233;motion, en &#233;cho aux nombreuses com&#233;dies musicales qui, dans les ann&#233;es 1960, mettaient en sc&#232;ne des enfants dont le succ&#232;s &#233;tait &#224; la mesure des flots de larmes qu'ils versaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;f&#233;rence clairement explicite &#224; travers l'&#339;uvre &lt;i&gt;Marisol / Mariluz&lt;/i&gt; (2015), s&#233;rie de disques vinyles de l'enfant star Marisol sur lesquels l'artiste a fait s&#233;rigraphier des extraits de dialogues en espagnol dits par la jeune actrice dans ses premiers films et renvoyant tacitement &#224; la pol&#233;mique selon laquelle celle-ci aurait &#233;t&#233; remplac&#233;e par une autre &#224; l'insu du public, apparue suite aux r&#233;v&#233;lations en 2011 de la pr&#233;tendue premi&#232;re Marisol. Soulevant ici la question de la fiabilit&#233; du sentiment comme de la parole, l'artiste fait ici s'entrem&#234;ler r&#233;alit&#233; et fiction comme pour mieux refl&#233;ter, sur la surface miroitante du vinyle, un tel brouillage des pistes qui, par un subtil jeu d'&#233;change, confine &#224; la confusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'ambigu&#239;t&#233; est de mise &#224; diff&#233;rentes reprises dans le travail de Nina Laisn&#233;, c'est sur le terrain du genre qu'elle appara&#238;t &#224; double titre dans la vid&#233;o &lt;i&gt;En pr&#233;sence (piedad silenciosa)&lt;/i&gt; r&#233;alis&#233;e en 2013. Sur la sc&#232;ne d'un th&#233;&#226;tre d&#233;peupl&#233;, deux musiciens, une guitare baroque et un th&#233;orbe, accompagnent un chanteur &#224; la voix f&#233;minine. Bien que discr&#232;te, l'irruption dans la salle d'une femme aux traits masculins fait basculer le film, qui se pr&#233;sente dans un premier temps comme une captation en bonne et due forme de la r&#233;p&#233;tition d'une performance musicale, dans la fiction. Observant en silence la sc&#232;ne dont elle est l'unique spectatrice, elle tourne les talons, vraisemblablement troubl&#233;e par les paroles de cette chanson populaire v&#233;n&#233;zu&#233;lienne &#233;voquant une jeune fille tomb&#233;e enceinte du vent. La musique, arrang&#233;e par l'artiste &#233;galement musicien, fait ici office de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;passeur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, tant au niveau du trouble &#233;motionnel qui gagne le personnage f&#233;minin que dans le glissement qui s'op&#232;re d'un registre filmique &#224; un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chanson traditionnelle espagnole datant du Moyen-&#194;ge ayant donn&#233; lieu &#224; de multiples interpr&#233;tations et transformations &#224; travers les &#233;poques et les cultures, la Tarara donne son nom &#224; une performance de l'artiste cr&#233;&#233;e en 2014 mettant en sc&#232;ne le danseur et chor&#233;graphe Fran&#231;ois Chaignaud, guid&#233; par un solo de th&#233;orbe recompos&#233; par l'artiste. Incarnant l'ambivalence de sa/son protagoniste, une gitane au c&#339;ur meurtri qui, selon certaines versions, se r&#233;v&#233;lerait &#234;tre un homme, Fran&#231;ois Chaignaud appara&#238;t travesti en Andalouse, tombant successivement jupe et ch&#226;le au profit d'un pantalon &#224; bretelles &#233;voquant la tenue d'un viril matador, tout en conservant talons hauts, boucles d'oreilles, chignon et maquillage. Ne pourrait-on d'ailleurs pas, finalement, qualifier l'&#339;uvre de Nina Laisn&#233; &#8212; entre photographie, vid&#233;o, installation et performance, th&#233;&#226;tre, musique et cin&#233;ma &#8212; de &lt;i&gt;transgenre&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? En arrangeur de formes (&#233;)mouvantes volontiers hybrides dans lesquelles le jeu et l'interpr&#233;tation (de la part de celui qui joue comme de celui qui regarde et &#233;coute), Nina Laisn&#233; d&#233;voile en douceur l'impermanence et l'identit&#233; multiple des &#234;tres, des mots et des choses, port&#233;s par des airs familiers qui nous font n&#233;anmoins entendre le r&#233;el autrement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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