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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
	<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/</link>
	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
	<language>fr</language>
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<item xml:lang="fr">
		<title>Exercice pour l'&#233;v&#233;nement d'une &#339;uvre</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Exercice-pour-l-evenement-d-une-oeuvre</link>
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		<dc:date>2024-09-30T13:20:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Coadou</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Texte extrait de l'&#233;dition monographique sur l'&#339;uvre de Thomas Lanfranchi &#201;ditions Dilecta, Paris, 2020 Pourquoi faudrait-il en parler&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? L'&#339;uvre de Thomas Lanfranchi se passe fort bien des mots. Qu'il s'agisse de ses sculptures, ces formes qu'il r&#233;alise avec des sacs en plastique assembl&#233;s &#224; l'aide de scotch, et puis qu'il fait voler, ou qu'il s'agisse de ses dessins&#160;: tout cela se donne dans une esp&#232;ce d'&#233;vidence. &#192; moins qu'en disant cela, on en ait d&#233;j&#224; trop dit. On se souvient&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-26483" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;Texte extrait de l'&#233;dition monographique sur l'&#339;uvre de Thomas Lanfranchi&lt;br class='manualbr' /&gt;&#201;ditions Dilecta, Paris, 2020&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi faudrait-il en parler&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? L'&#339;uvre de Thomas Lanfranchi se passe
fort bien des mots. Qu'il s'agisse de ses sculptures, ces formes qu'il
r&#233;alise avec des sacs en plastique assembl&#233;s &#224; l'aide de scotch, et puis
qu'il fait voler, ou qu'il s'agisse de ses dessins&#160;: tout cela se donne dans
une esp&#232;ce d'&#233;vidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; moins qu'en disant cela, on en ait d&#233;j&#224; trop dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se souvient sans doute de la le&#231;on inaugurale de Roland Barthes
au Coll&#232;ge de France, le 7&#160;janvier 1977 &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Roland Barthes, Le&#231;on, Paris, Seuil, coll. Points, 1978.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, et de ce qu'il fixait alors comme
t&#226;che aux intellectuels&#160;: lutter non pas contre le pouvoir, envisag&#233; un
peu na&#239;vement, parce que seulement dans sa forme la plus apparente,
au singulier, mais contre les pouvoirs, au pluriel. Ces pouvoirs qui,
comme les d&#233;mons de l'&#201;vangile de Marc &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;vangile selon saint Marc, V, 9.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, sont l&#233;gion, et qui, comme
eux, ne se montrent pas d'abord, d&#233;guis&#233;s, diss&#233;min&#233;s qu'ils sont,
partout, jusque dans cette chose peut-&#234;tre la plus fondamentale, celle
que nous manions en ce moment, vous et moi, qui nous rassemble dans
une tentative de nous comprendre&#160;: le langage, ou mieux&#160;: la langue.
Barthes fixait du m&#234;me coup un objectif &#224; la litt&#233;rature, et, sans le dire,
un objectif plus g&#233;n&#233;ralement &#224; l'art, dans la mesure o&#249; il participe
aussi toujours d'une forme de langage&#160;: celui de s'&#233;carter du code qui
le d&#233;termine et par lequel il d&#233;termine, celui de r&#233;sister au pouvoir qui
d'embl&#233;e le traverse. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Donner un sens plus pur aux mots de la tribu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;,
disait un si&#232;cle avant lui Mallarm&#233; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;St&#233;phane Mallarm&#233;, Le Tombeau d'Edgar Poe, 1876.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre faut-il alors nous reprendre. Si tant est que l'&#339;uvre de
Thomas Lanfranchi soit de l'art en ce sens-l&#224; &#8211; ce que je crois&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#8211; peut-
&#234;tre joue-t-elle avec, ou d&#233;joue-t-elle pr&#233;cis&#233;ment ce pouvoir, ces r&#232;gles,
ces normes, qui d&#233;finissent comme discours ce qui s'y tient et qui
d&#233;finissent, simultan&#233;ment, le discours qu'on tient sur lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre faut-il alors proc&#233;der avec elle, comme proc&#232;de avec Dieu
la th&#233;ologie n&#233;gative&#160;: ce qui peut se dire le mieux, ce n'est pas
ce qu'il est, c'est ce qu'il n'est pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car maintenant que nous y r&#233;fl&#233;chissons mieux, nous voyons bien
qu'il ne s'agit pas vraiment de sculptures, ni peut-&#234;tre vraiment
de dessins. Ou du moins qu'il y a, &#224; l'&#339;uvre chez Thomas Lanfranchi,
une singularit&#233; qu'il s'agit malgr&#233; cela d'approcher.
Fruit de plusieurs si&#232;cles d'histoire, l'id&#233;e de sculpture convoque tout de
suite des notions de solidit&#233;, de p&#233;rennit&#233;, voire de noblesse. Les formes
que construit Thomas Lanfranchi s'inscrivent exactement au rebours de
cela&#160;: d'une mati&#232;re pauvre, plastique et scotch, elles sont aussi fragiles
et &#233;ph&#233;m&#232;res. Mais il y a plus. Regardons-les en effet, au point pour le
moment o&#249; nous sommes&#160;: elles sont l&#224;, &#224; nos pieds, presque informes,
inertes, mortes sauf &#224; ce qu'il les m&#232;ne &#224; l'air libre, pour que le vent s'y
engouffre. La sculpture chez Thomas Lanfranchi ne se s&#233;pare pas d'une
esp&#232;ce de performance, qui est autant performance que les formes en
question sont sculpture. Rien d'ostentatoire, en effet, pour reprendre ici
le qualificatif pol&#233;mique propos&#233; par Michel Collet et Andr&#233; &#201;ric
L&#233;tourneau &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Collet et Andr&#233; &#201;ric L&#233;tourneau (dir.), Art performance, man&#339;uvre, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; rien d'un spectacle&#160;: il s'agit d'actions, ou de mises en
action, &#224; peu de t&#233;moins&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de gestes o&#249; ce qui compte c'est de faire vivre
les formes et d'en vivre l'exp&#233;rience soi-m&#234;me ou &#224; quelques-uns.
Mais voil&#224; que, pour en parler, s'impose un champ lexical&#160;: celui du
corps. Corps de l'artiste bien s&#251;r, s'il y a gestes. Mais pas uniquement.
N'ai-je pas, pour d&#233;signer ces formes, commenc&#233; dans les lignes qui
pr&#233;c&#232;dent &#224; employer le vocabulaire du vivant&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? C'est que les formes de Thomas Lanfranchi se donnent elles-m&#234;mes comme des corps.
Elles en explorent le myst&#232;re. Ce sont des enveloppes vides, qui
acqui&#232;rent une dimension charnelle, pleine, corporelle quand un vent
y souffle, d'un souffle dont on se souviendra qu'en grec il se dit &lt;i&gt;pneuma&lt;/i&gt;,
et qu'en latin on l'a souvent traduit par &lt;i&gt;anima&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire &#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en va donc plus, ici, de chanter dans le marbre ou la pierre les
armes et les hommes, d'&#233;terniser dans l'image des h&#233;ros suppos&#233;s,
hi&#233;ratiques, propos&#233;s &#224; l'admiration de ceux qui regardent. Les formes
de Thomas Lanfranchi sont la mati&#232;re d'exp&#233;riences &#224; vivre dans un
lieu et un temps limit&#233;s&#160;: l'exp&#233;rience de corps soudain qui s'animent&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;;
l'exp&#233;rience de la nature comme force cr&#233;atrice, comme &#233;nergie, comme
&#226;me, puisqu'aussi bien, on l'a compris, ce ne sont pas les mains seules
de l'artiste qui entrent pour cela en ligne de compte, mais qu'il y faut
encore et surtout le vent, les conditions atmosph&#233;riques, le climat,
bref qu'il faut, pour qu'elles fassent corps, qu'elles fassent corps avec
le tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlera-t-on, d&#232;s lors, de panth&#233;isme ou d'animisme&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? &#192; tout le moins
ces exp&#233;riences t&#233;moignent-elles d'un d&#233;centrement par rapport &#224;
un certain m&#233;canisme, un certain scientisme, un certain humanisme,
d'un d&#233;centrement par rapport &#224; toutes ces cat&#233;gories et modes
de pens&#233;e caract&#233;ristiques de la modernit&#233; occidentale dont on voit
bien aujourd'hui la faillite, tant &#233;cologique, que politique, morale,
gnos&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce n'est pas l'un des moindres int&#233;r&#234;ts pour nous de l'&#339;uvre de
Thomas Lanfranchi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifestement, c'est dans le m&#234;me sens qu'il convient d'aborder aussi
ses dessins. On sait, en effet, combien le dessin d&#233;pend d'un geste.
Mais ce geste, qu'est-ce ici qui le guide&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Peut-&#234;tre aussi cette fusion,
cette communion avec les forces &#224; l'&#339;uvre de la nature. Il en irait
un peu, en l'occurrence, comme de ces dessins pr&#233;historiques c&#233;l&#232;bres
qui ornent les grottes, dessins dont on n'est pas bien s&#251;r de l'usage, mais
dont il est certain par contre qu'ils n'ont pas d&#251; avoir la fonction de
ce que nous d&#233;finissons aujourd'hui pour &#234;tre du dessin. Tout commeils semblent sortir des murs, exprimer ou chercher &#224; capter l'&#226;me des
corps et l'&#226;me des choses, de m&#234;me les dessins de Thomas Lanfranchi
donnent souvent l'impression de sortir du papier. Formes animales,
organiques, parfois fantastiques qu'il agr&#233;mente d'aplats color&#233;s,
d&#233;coup&#233;s dans des feuilles d'adh&#233;sif, coll&#233;s l&#224;, qui rappellent la mati&#232;re
et la couleur de ses corps c&#233;lestes, ces papiers en sont l'&#233;quivalent &#224; plus
petite &#233;chelle. Ici comme l&#224;, c'est l'exp&#233;rience du geste, c'est l'exp&#233;rience
du souffle qu'il faut y distinguer.&lt;br class='manualbr' /&gt;Tel est le genre d'&#233;v&#233;nement, je crois, qu'offrent &#224; vivre les &#339;uvres
de Thomas Lanfranchi, pour peu qu'on veuille bien mettre de c&#244;t&#233;,
pour s'y rapporter, quelques certitudes, ces &#233;l&#233;ments d'un vocabulaire
artistique et conceptuel bien appris et trop connu qu'on se tromperait
&#224; utiliser ici par habitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu, alors, est de s'acheminer vers elles&#160;: de se rendre disponible,
malgr&#233; tout cela, &#224; l'exp&#233;rience qu'elles proposent. Si ce qu'elles
expriment est d'une simplicit&#233;, d'une imm&#233;diatet&#233; extr&#234;mes
&#8211; pourquoi faudrait-il en parler&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? demandais-je pour commencer &#8211; cette imm&#233;diatet&#233; et cette simplicit&#233; sont &#224; conqu&#233;rir contre nous-m&#234;mes, contre ces discours, ces mots du pouvoir infiltr&#233;s, grav&#233;s en nous. Il y faut un exercice&#160;: ce que les anciens appelaient une &lt;i&gt;ask&#234;sis&lt;/i&gt;,
une asc&#232;se. Une asc&#232;se soustractrice. J'ai parl&#233; tout &#224; l'heure, comme
m&#233;thode, de la th&#233;ologique n&#233;gative. On pourrait maintenant pr&#233;ciser.
Comme chez Spinoza, il faut d'abord une purification de l'intellect
(&lt;i&gt;emendatio intellectus&lt;/i&gt;) avant d'arriver &#224; l'intuition de Dieu. D'un dieu qui
est la nature &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; propos de cette emendatio intellectus, on se r&#233;f&#232;rera au Trait&#233; de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Roland Barthes, &lt;i&gt;Le&#231;on&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, coll. Points, 1978.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&#201;vangile selon saint Marc, V, 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;St&#233;phane Mallarm&#233;, &lt;i&gt;Le Tombeau d'Edgar Poe&lt;/i&gt;, 1876.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Michel Collet et Andr&#233; &#201;ric L&#233;tourneau (dir.), &lt;i&gt;Art performance, man&#339;uvre, coefficients de visibilit&#233;&lt;/i&gt;, Dijon, Les Presses du r&#233;el, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&#192; propos de cette &lt;i&gt;emendatio intellectus&lt;/i&gt;, on se r&#233;f&#232;rera au &lt;i&gt;Trait&#233; de la r&#233;forme de l'entendement&lt;/i&gt;
de Spinoza, 1677&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; propos du &lt;i&gt;Deus sive Natura&lt;/i&gt;, &#224; &lt;i&gt;l'&#201;thique&lt;/i&gt;, 1677.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Thomas Lanfranchi</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Thomas-Lanfranchi-44505</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Coadou</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Thomas Lanfranchi est l'un de ces artistes rares dont on guette avec un int&#233;r&#234;t toujours renouvel&#233; la moindre manifestation. Avec la m&#234;me opini&#226;tret&#233; qu'y mettrait un savant &#8211; ou mieux&#160;: l'un de ces inventeurs en m&#234;me temps dilettantes et obs&#233;d&#233;s qui jalonnent l'histoire des techniques &#8211;, il m&#232;ne depuis des ann&#233;es une m&#234;me recherche, en marge des grands circuits spectaculaires, quelque part aux confins &#8211; et au point instable, sinon m&#234;me improbable o&#249; ils se croisent &#8211; de la sculpture, de la&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-26483" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Thomas Lanfranchi est l'un de ces artistes rares dont on guette avec un int&#233;r&#234;t toujours renouvel&#233; la moindre manifestation. Avec la m&#234;me opini&#226;tret&#233; qu'y mettrait un savant &#8211; ou mieux&#160;: l'un de ces inventeurs en m&#234;me temps dilettantes et obs&#233;d&#233;s qui jalonnent l'histoire des techniques &#8211;, il m&#232;ne depuis des ann&#233;es une m&#234;me recherche, en marge des grands circuits spectaculaires, quelque part aux confins &#8211; et au point instable, sinon m&#234;me improbable o&#249; ils se croisent &#8211; de la sculpture, de la performance et du dessin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partons de la premi&#232;re&#160;: Thomas Lanfranchi r&#233;alise de grandes formes g&#233;om&#233;triques. Nul marbre ici cependant, ni rien qui s'en approche. Il prend au rebours les fantasmes de p&#233;rennit&#233;, de solidit&#233;, de masse qui hantent encore souvent la sculpture. Ces formes, en effet, il les fabrique &#224; partir de sacs plastiques, aux couleurs que lui propose l'industrie. Le geste du sculpteur, chez lui, n'est plus que dans la d&#233;coupe et que dans l'assemblage, &#224; l'aide d'un ruban adh&#233;sif, de cette pauvre et fragile membrane. De sorte qu'il n'est plus qu'un pr&#233;alable &#224; vrai dire &#224; l'&#339;uvre elle-m&#234;me. Il appelle pour qu'elle se r&#233;alise l'apport d'un &#233;l&#233;ment autre&#160;: le vent. Il faut que cela gonfle et s'envole. Et c'est toujours une aventure de voir ses formes s'&#233;lever et se d&#233;couper sur le paysage, &#224; peine retenues &#224; terre par quelques fils. Parfois cela tient &#8211; f&#251;t-ce pour ce temps par d&#233;finition court que dure l'&#233;v&#232;nement &#8211;, parfois cela craque d'embl&#233;e. L'artiste a beau d&#233;ployer de patients calculs pour r&#233;aliser ses pi&#232;ces, elles doivent toujours faire face, en situation, aux al&#233;as des forces naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vid&#233;o ou la photo en conservent certes la trace. Mais l'on comprend que c'est dans le direct de la geste qu'elles se donnent le plus essentiellement et le plus &#233;videmment. En m&#234;me temps qu'elle s'encanaille ainsi avec la performance, la sculpture, r&#233;duite &#224; cette membrane, engage aussi chez Thomas Lanfranchi un rapport essentiel au dessin&#160;: pour d&#233;ployer qu'il soit dans l'espace et quand bien m&#234;me il est de plastique, c'est bien un trait, en effet, qui fait pi&#232;ces. Et c'est par l&#224; que ce premier aspect de l'&#339;uvre &#8211; la sculpture pour le redire vite et employer ce qu'on vient de voir n'&#234;tre qu'une facilit&#233; de langage &#8211; en rejoint un second&#160;: une pratique plus classique du dessin. Plus classique, au double sens o&#249; elle se fait sur le papier et o&#249; elle accompagne, celle-l&#224;, l'artiste tous les jours. Y d&#233;filent des animaux, des personnages, d&#233;coup&#233;s &#8211; point de hasard &#8211; dans les m&#234;mes sacs plastiques, que reprend et compl&#232;te le crayon. Ce sont comme les feuilles &#233;parses d'un journal&#160;: la pens&#233;e &#224; la fois scientifique et magique qui sous-tend la sculpture &#8211; osons y accoler de concert ces deux adjectifs &#8211; s'y donne &#224; voir sous les esp&#232;ces cette fois de l'image. Et ces morceaux-l&#224;, ces fragments d'id&#233;es v&#233;cues, encore qu'ils soient fragiles comme tout dessin, on peut quant &#224; eux les conserver toujours par devers soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.dda-nouvelle-aquitaine.org/IMG/media/docs/Thomas%20Lanfranchi%20vu%20par%20Francois%20Coadou_DDAA.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&gt; T&#233;l&#233;charger le texte&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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