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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>Trebah Garden, Angleterre</title>
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		<dc:date>2015-12-17T12:40:20Z</dc:date>
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		<dc:creator>Manuel Daull</dc:creator>



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&lt;p&gt;Faire l'exp&#233;rience physique du d&#233;placement, pas seulement r&#233;v&#233;ler ce qui est de l'ordre d'un regard particulier, mais permettre que se mat&#233;rialise quelque chose de soi, sorte de mise en sc&#232;ne qui appartiendrait autant au photographe qu'au regard de celui &#224; qui s'adressent ses photographies, voil&#224; peut-&#234;tre une des premi&#232;res pens&#233;es que j'ai eu en regardant le travail de Sabine Delcour, petite sc&#232;ne de notre bestiaire intime et impersonnel &#224; la fois.Combien de jambes ont arpent&#233; ces chemins,&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Faire l'exp&#233;rience physique du d&#233;placement, pas seulement r&#233;v&#233;ler ce qui est de l'ordre d'un regard particulier, mais permettre que se mat&#233;rialise quelque chose de soi, sorte de mise en sc&#232;ne qui appartiendrait autant au photographe qu'au regard de celui &#224; qui s'adressent ses photographies, voil&#224; peut-&#234;tre une des premi&#232;res pens&#233;es que j'ai eu en regardant le travail de Sabine Delcour, petite sc&#232;ne de notre bestiaire intime et impersonnel &#224; la fois.Combien de jambes ont arpent&#233; ces chemins, combien de v&#233;cus ou d&#8216;exp&#233;riences, elle nous permet d'imaginer &#224; la suite de ses pas. Car si Sabine Delcour photographie, c'est s&#251;rement parce qu'elle a foi en cette mati&#232;re rendue de l'image, comme avant tout une exp&#233;rience partageable.Chaque fois lorsque je re&#231;ois les images qu'elle m'adresse, je me sens associ&#233; &#224; ses d&#233;placements, invit&#233; &#224; les suivre, tent&#233; d'y projeter les images souches qui sont les miennes. J'ai cette envie de peupler la sc&#232;ne qu'elle me pr&#233;sente de ma mythologie personnelle ici activ&#233;e, qui ressurgit parfois et s'impose &#224; moi, ou au contraire qui me semble neuve comme au premier regard pos&#233; sur un paysage nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses images me reconnectent avec cette &#233;vidence de la nature, son appel r&#233;sonnant en moi, m'incitant &#224; me mettre en marche. Je marche alors dans ses pas et combien d'autres avant elle, une ligne de partage universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, parler de nature ne suffit pas, il faudrait que je dise plut&#244;t que le geste photographique de Sabine Delcour me met en relation avec le monde dans lequel je vis pourtant aussi, que souvent j'oublie, trop accapar&#233; que je suis par les spasmes de nos vies citadines pour &#234;tre &#224; l'&#233;coute du monde qui m'entoure. Ses photographies sont pr&#233;cieuses dans ce qu'elles m'obligent d'attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre faudrait-il parler alors de ce geste, parler de l'humilit&#233; qui l'accompagne, cette mani&#232;re de se mettre &#224; raz du sol, de poser l'appareil comme on pose les armes. Pas de capture d'images ici, quelque chose plut&#244;t comme l'art de poser les pierres au Japon, une volont&#233; de ne pas r&#233;pondre &#224; cette folie incompressible de l'intervention humaine sur la nature, ce besoin de la mettre &#224; genoux, de la transformer, d'y laisser son empreinte, de la domestiquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, il n'est pas question d'intervenir sur le paysage, juste d'en t&#233;moigner au sens m&#234;me du documentaire qui a nourri chez Sabine Delcour son d&#233;sir d'images. Il n'est pas question de prendre toute la place, mais de la rendre.Je l'imagine &#224; genoux, dans la boue parfois, au plus pr&#232;s du sol pour r&#233;aliser son cadre. Et si le d&#233;poli de son objectif r&#233;duit la nettet&#233; de ce qui est montr&#233;, c'est moins par souci de signature esth&#233;tique, que pour indiquer la suite du cheminement, &#224; la mani&#232;re d'une vis&#233;e que l'on prend &#224; la boussole, pour mat&#233;rialiser et poursuivre le corps &#224; corps engag&#233; avec le lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens l'&#339;il pr&#233;c&#232;de toujours le corps et, si c'est toujours vrai, chez certains photographes, l'&#339;il arr&#234;te le corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les images de Sabine Delcour ne nous disent pas &lt;i&gt;je suis ici,&lt;/i&gt; mais &lt;i&gt;je vais l&#224;-bas,&lt;/i&gt; petit passage de la vie comme &#224; raz de terre, du visible au sensible, faisant de la photographie une sc&#232;ne o&#249; s'ancre au contact de la nature m&#234;me du sol, une invitation &#224; la suivre, un d&#233;sir de le faire au gr&#233; d'un littoral quelconque, d'une zone p&#233;riurbaine au Japon ou comme ici au c&#339;ur d'un jardin anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manuel Daull, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Trebah Garden, Angleterre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &lt;i&gt;Canop&#233;e,&lt;/i&gt; n&#176;7, &#233;d. Nature &amp; D&#233;couvertes, 2009. p. 8-15&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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