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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
	<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/</link>
	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Entretien</title>
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		<dc:date>2015-10-26T12:17:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Elise Legris-Heinrich</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Elise Legris-Heinrich*&#160;: Peux-tu nous expliquer ce que tu as photographi&#233; pour cette nouvelle s&#233;rie intitul&#233;e Itsas Lurrak&#8211; les pierres de la mer, en Basque&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Sabine Delcour&#160;: Des espaces qui se situent &#224; la fronti&#232;re de la terre et de la mer, o&#249; les &#233;l&#233;ments se d&#233;composent et se recomposent au gr&#233; des mar&#233;es et de la houle. Cette portion de littoral entre les plus hautes et les plus basses mers est appel&#233;e l'estran. Ce sont des lieux g&#233;ologiquement forts o&#249; s'&#233;crit l'histoire de la terre.&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elise Legris-Heinrich&lt;/strong&gt;*&#160;: Peux-tu nous expliquer ce que tu as photographi&#233; pour cette nouvelle s&#233;rie intitul&#233;e &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Itsas-Lurrak' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Itsas Lurrak&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&#8211; les pierres de la mer, en Basque&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sabine Delcour&lt;/strong&gt;&#160;: Des espaces qui se situent &#224; la fronti&#232;re de la terre et de la mer, o&#249; les &#233;l&#233;ments se d&#233;composent et se recomposent au gr&#233; des mar&#233;es et de la houle. Cette portion de littoral entre les plus hautes et les plus basses mers est appel&#233;e l'estran. Ce sont des lieux g&#233;ologiquement forts o&#249; s'&#233;crit l'histoire de la terre. C'est un travail qui parle du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. L.-H.&lt;/strong&gt;&#160;: Photographier le trait de c&#244;te est-ce, pour toi, une mani&#232;re de participer au d&#233;bat sur l'&#233;rosion ou l'ensablement des c&#244;tes fran&#231;aises et donc de traiter d'un probl&#232;me environnemental majeur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. D.&lt;/strong&gt;&#160;: Indirectement, oui, cette probl&#233;matique est sous-jacente. Seulement, comme mon travail photographique ne retranscrit pas objectivement son sujet, le temps ou plut&#244;t l'inscription temporelle dont il est question est celle, contenue g&#233;ologiquement dans les sites et surtout celle, v&#233;cue par chaque regardeur. Il s'agit de superposer deux temporalit&#233;s distinctes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. L.-H.&lt;/strong&gt;&#160;: &#192; quel moment t'es-tu d&#233;tourn&#233;e des chemins pour ce lieu &#224; la lisi&#232;re non plus de la nature et de la civilisation mais de la terre et de la mer&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. D.&lt;/strong&gt;&#160;: Quand j'ai commenc&#233; la s&#233;rie &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Cheminements' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Cheminement&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, j'ai err&#233;, me perdant, sans carte, sans rep&#232;re. Je suis arriv&#233;e face &#224; la mer, par hasard, en suivant un chemin. Pourtant, j'ai toujours &#233;t&#233; proche de l'oc&#233;an sans jamais le photographier. Tout a commenc&#233; sur l'&#238;le de Groix o&#249; je cherchais &#224; photographier des sentiers. Rattrap&#233;e par la g&#233;ographie des lieux, je butais toujours sur une fronti&#232;re, une limite tranchante surplombant la mer qui ne me permettait pas d'aller plus loin. Le spectacle &#233;tait fascinant. Je pressentais qu'il y avait, l&#224; o&#249; la terre et l'eau se s&#233;parent, l'&#233;criture d'une histoire archa&#239;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. L.-H.&lt;/strong&gt;&#160;: La mer est pourtant tr&#232;s peu visible dans tes images, elle est absente. Pourquoi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. D.&lt;/strong&gt;&#160;: Je ne peux m'emp&#234;cher de faire dispara&#238;tre de l'image ce dont il est question. J'&#233;voque, je sugg&#232;re. Je refuse la fixit&#233; du sens comme celle de la forme. J'ai pass&#233; des jours &#224; observer la mer. Mais j'&#233;tais surtout attir&#233;e par ce que je ne voyais pas, quel paysage pouvait-elle bien cacher&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? J'ai donc achet&#233; des cartes g&#233;ologiques sur le domaine marin, des cartes morpho-bathym&#233;triques r&#233;alis&#233;es &#224; l'aide d'outils d'imagerie acoustique. M&#234;me si je n'ai pas les connaissances pour interpr&#233;ter ce type de document, c'est pour moi comme la partition sonore d'un paysage invisible et pourtant l&#224;, comme la lecture du temps qui s'&#233;crit sur ces falaises et dont je ne connais pas les codes. Ces cartes ont nourri mon imaginaire, elles m'ont permis de me d&#233;tacher de l'objet, la mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. L.-H.&lt;/strong&gt;&#160;: Tes photographies sont profond&#233;ment anti-documentaires. Le dispositif technique que tu mets en place s'oppose &#224; un enregistrement de la v&#233;racit&#233; de la sc&#232;ne. Le bord noir du cadre et les empreintes de pinces attestent ton parti pris&#160;: ils sont la marque intangible de ta subjectivit&#233; appos&#233;e au paysage. Tu renverses donc le dispositif visuel mis en place par Henri Cartier-Bresson. Pourquoi ne pratiques-tu pas les photographies r&#233;alistes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. D.&lt;/strong&gt;&#160;: Il est difficile de trouver un langage ad&#233;quat pour d&#233;crire la richesse du monde et l'essence des &#234;tres et des choses qui nous entourent. Chacun adapte son langage &#224; la nature de ce qu'il veut exprimer. Il n'y a pas de voie unique pour dire les choses. Je travaille avec une chambre photographique. Mes images se construisent apr&#232;s un long travail de rep&#233;rage. Pour choisir l'instant et le point de vue, je dois marcher, observer et attendre. L'image se fabrique dans la dur&#233;e et existe lorsque tous les param&#232;tres sont r&#233;unis et entrent en r&#233;sonance avec la sensation que j'ai d'un lieu. La pr&#233;sence des bords noirs du cadre est une m&#233;taphore de la fen&#234;tre, elle souligne les limites de notre appr&#233;hension des choses. Elle m'accompagne dans mes interrogations sur la repr&#233;sentation. Pour moi, l'image est le r&#233;sultat d'une construction mentale en tension avec la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. L.-H.&lt;/strong&gt;&#160;: Ton utilisation de la chambre photographique et du flou par le basculement du ch&#226;ssis sont un moyen d'entrer de plein-pied dans l'espace que tu photographies, tu ne miniaturises pas ton sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. D.&lt;/strong&gt;&#160;: Cette d&#233;formation me permet de modeler autant mon sujet que mon propos. En effet je ne respecte pas la r&#232;gle des concordances des plans de nettet&#233;. Je transforme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. L.-H.&lt;/strong&gt;&#160;: Ton travail photographique traite du territoire&#160;: physique et imaginaire. Dans tes premi&#232;res s&#233;ries, tu t'es int&#233;ress&#233;e &#224; l'&#233;cart qui existe entre un lieu g&#233;ographique et l'image que les habitants ou un guide touristique ont de celui-ci. Tu aimes collecter les r&#233;cits pour saisir la distance qui existe entre une r&#233;alit&#233; et un v&#233;cu. Dans ta s&#233;rie &lt;i&gt;Cheminement,&lt;/i&gt; tu photographies des chemins, des routes secondaires qui laissent libre cours aux projections de chacun car le paysage photographi&#233; semble correspondre &#224; un lieu d&#233;j&#224; visit&#233;. Un tournant s'est donc op&#233;r&#233; depuis tes premiers travaux&#160;: tu travailles d&#233;sormais les lieux communs, d&#233;nu&#233;s de sp&#233;cificit&#233;s, pour permettre l'appropriation de tes images et la construction des r&#233;cits particuliers. Aujourd'hui, en travaillant sur ce territoire &#224; la lisi&#232;re de la terre et de la mer quel type de projection cherches-tu &#224; susciter&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Qu'apporte la mer &#224; ta r&#233;flexion&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. D.&lt;/strong&gt;&#160;: J'ai trouv&#233; un texte de Jules Michelet qui disait en 1875&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;C'est la mer, comme limite, qui trace, en r&#233;alit&#233;, la forme des continents. C'est par la mer qu'il convient de commencer toute g&#233;ographie.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Cette g&#233;ographie est pour moi avant tout mentale. Mon regard suit un cheminement progressif, c'est un voyage int&#233;rieur &#224; la lisi&#232;re du monde. La mer me permet de me projeter. Je me nourris de sa force &#233;vocatrice comme j'ai pu me nourrir, &#224; une autre &#233;poque, de l'histoire des gens pour appr&#233;hender leurs territoires. Mes s&#233;ries s'encha&#238;nent de mani&#232;re lin&#233;aire. En m'&#233;loignant des zones habit&#233;es, des espaces circonscrits, je me suis d&#233;tach&#233;e des mots et des r&#233;cits pour aujourd'hui retranscrire une r&#233;alit&#233; plus int&#233;rioris&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. L.-H.&lt;/strong&gt;&#160;: Tes images sont construites de telle mani&#232;re que le regard circule et tournoie avant d'&#234;tre happ&#233; par une zone de nettet&#233;. Le cheminement qui s'effectue dans tes photographies est donc similaire &#224; une errance ce qui m'&#233;voque la promenade dans l'&#339;uvre de Rousseau, &lt;i&gt;Les r&#234;veries d'un promeneur solitaire&lt;/i&gt;. Tu partages un m&#234;me go&#251;t pour la relation fusionnelle avec la nature d&#233;velopp&#233;e par la marche. Tu parles souvent d'un corps &#224; corps que tu engages avec les lieux que tu arpentes. Dirais-tu que ton travail est autobiographique d'autant que tu t'amuses de l'homophonie mer/m&#232;re&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. D.&lt;/strong&gt;&#160;: Non, il n'est pas autobiographique. Mais il y a moins de distance entre la sensation que j'ai des choses et mon &#233;criture. La marche n'est pas une source d'inspiration, mais elle m'est n&#233;cessaire pour atteindre des sites parfois &#233;loign&#233;s ou difficiles d'acc&#232;s. Quand je parle de corps &#224; corps, c'est tr&#232;s concret. Pendant longtemps, j'ai travaill&#233; avec une chambre &#224; plaques de 1920, sans tr&#233;pied, le plus souvent allong&#233;e sur le sol. Aujourd'hui, le sol n'entre plus dans mon champ par contre je travaille sur la profondeur des plans pour diriger le regard vers l'&#233;paisseur de la mati&#232;re. Ces images n&#233;cessitent du temps et de la concentration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. L.-H.&lt;/strong&gt;&#160;: Jusqu'&#224; pr&#233;sent, le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;topos&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; a &#233;t&#233; l'objet de ton travail&#160;: le lieu comme localit&#233;, au sens propre, et comme id&#233;e commune, au sens figur&#233;. Transport se situait en Ile-de-France, &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Les-Batisseurs' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Les b&#226;tisseurs&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &#224; H&#233;rouville-Saint-Clair, &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Langues-de-terre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Langues de terre&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, en Dordogne, &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Autour-de-nous' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Autour de nous&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, dans la banlieue de Tokyo&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dans ces s&#233;ries, tu photographiais des portions d&#233;termin&#233;es de l'espace tout en interrogeant la mani&#232;re dont ils &#233;taient per&#231;us. &lt;i&gt;Cheminements&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Itsas Lurrak&lt;/i&gt; ne sont plus des photographies de lieux identifiables&#160;: ils fonctionnent comme des accroches visuelles qui stimulent l'imagination, comme des sch&#232;mes qui structurent les pr&#233;misses d'un r&#233;cit. C'est la raison pour laquelle tu ne tiens plus &#224; nommer les lieux dans lesquels tu te rends de mani&#232;re &#224; fournir des points de vue universels, tout au moins g&#233;n&#233;riques &#224; partir desquels chacun peut tirer des cons&#233;quences particuli&#232;res. Dirais-tu que tu interroges au-del&#224; du lieu, la m&#233;moire, l'histoire d'un lieu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. D.&lt;/strong&gt;&#160;: Je tente de toucher &#224; l'essence d'un lieu, d'aller au-del&#224; du signifiant. Ces paysages sont habit&#233;s d'une mani&#232;re ou d'une autre. Ils portent toujours en eux les traces d'un v&#233;cu, l'esprit du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. L.-H.&lt;/strong&gt;&#160;: C'est donc l'&#233;paisseur temporelle d'un lieu que tu questionnes, la profondeur de champ d'un lieu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. D.&lt;/strong&gt;&#160;: Oui, au sens propre et figur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. L.-H.&lt;/strong&gt;&#160;: De la m&#234;me mani&#232;re qu'une m&#233;taphore rapproche deux r&#233;alit&#233;s, tangibles et imaginaires, tes photographies de l'estran superposent deux r&#233;flexions&#160;: elles interrogent l'origine terrestre et l'origine du langage. Les stigmates de la terre sont les signes d'une histoire r&#233;elle et &#224; inventer. La limite est la pierre de touche de ta recherche photographique&#160;: tu questionnes la forme et le fond du paysage et du r&#233;cit. Mais comme toute limite, qui se dit en grec &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;peras&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du verbe qui signifie traverser, est mouvante tu interroges &#224; la fois le devenir de la terre avec la mont&#233;e des eaux et la construction personnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. D.&lt;/strong&gt;&#160;: Le langage est au c&#339;ur de mes pr&#233;occupations. La photographie est un langage visuel compr&#233;hensible et accessible &#224; tous au-del&#224; des barri&#232;res linguistiques. Tout est histoire et histoire de langage pour interpr&#233;ter, comprendre ce qui nous entoure. J'ai besoin d'enrichir et d'affiner en permanence mon vocabulaire et pour cela j'ai besoin de dire et de redire, ce qui explique le c&#244;t&#233; s&#233;riel de mes images et le temps n&#233;cessaire pour trouver les sites ad&#233;quats o&#249; je vais pouvoir transposer et projeter l'id&#233;e d'un monde mouvant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. L.-H.&lt;/strong&gt;&#160;: De quelle histoire d&#233;sires-tu d&#233;sormais parler&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. D.&lt;/strong&gt;&#160;: Mon travail au Pays Basque raconte un pan de l'histoire de la terre car il se situe dans un v&#233;ritable sanctuaire g&#233;ologique. Les formations rocheuses situ&#233;es le long de sa fronti&#232;re maritime subissent des m&#233;tamorphoses sous l'influence du climat et des variations du niveau de la mer comme sur une grande partie de nos littoraux. J'aimerais poursuivre mon investigation de l'&#233;corce terrestre en &#233;tudiant d'autres pierres&#160;: celles des montagnes. Je souhaite travailler sur des lieux situ&#233;s le long des fronti&#232;res terrestres, comme les Alpes ou les Pyr&#233;n&#233;es, et maritimes, comme la Manche et l'Atlantique qui racontent l'&#233;volution de la terre. Ma recherche photographique s'axe aujourd'hui sur l'univers min&#233;ral qui contient la m&#233;moire des origines de la vie et les archives du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*Elise Legris-Heinrich est critique d'art&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/IMG/media/docs/SDelcour_E.Legris-Heinrich.pdf'&gt;&gt; T&#233;l&#233;charger l'entretien&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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