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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
	<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/</link>
	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>Entretien</title>
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		<dc:date>2016-10-12T13:23:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Gazeau</dc:creator>



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&lt;p&gt;Qu'est-ce qui fait que vous choisissez tel lieu plut&#244;t que tel autre pour projeter vos images&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Il faut d'abord dire que j'ai de plus en plus de mal &#224; trouver des endroits pour mes projections parce que je sais de plus en plus pr&#233;cis&#233;ment ce que je veux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je ne cherche pas seulement des supports sur quoi projeter, mais des environnements dont se d&#233;gage une atmosph&#232;re bien particuli&#232;re. On doit pouvoir y sentir une certaine tension, soit parce qu'ils traduisent une impression d'isolement,&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui fait que vous choisissez tel lieu plut&#244;t que tel autre pour projeter vos images&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'abord dire que j'ai de plus en plus de mal &#224; trouver des endroits pour mes projections parce que je sais de plus en plus pr&#233;cis&#233;ment ce que je veux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je ne cherche pas seulement des supports sur quoi projeter, mais des environnements dont se d&#233;gage une atmosph&#232;re bien particuli&#232;re. On doit pouvoir y sentir une certaine tension, soit parce qu'ils traduisent une impression d'isolement, soit parce qu'ils sont abandonn&#233;s. Ce sont g&#233;n&#233;ralement des lieux dont l'histoire ou la fonction sont oubli&#233;es, ce qui laisse la libert&#233; de leur imaginer une autre histoire, un nouvel usage. Mais ce qui m'importe le plus dans cette situation, c'est de les rendre vivants et plus pr&#233;cis&#233;ment de faire ressentir en quoi ils sont li&#233;s &#224; l'humain. La cabane de douaniers situ&#233;e sur la c&#244;te sauvage &#224; Saint Pierre Quiberon par exemple, celle qu'on voit dans les s&#233;ries &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/United-nations' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;United Nation&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; ou &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/spip.php?page=article&amp;id_article=1008'&gt;&lt;i&gt;Campagne urbaine&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &#233;voque une pr&#233;sence et une activit&#233; humaines pass&#233;es. Le fait qu'elle soit abandonn&#233;e n'annule pas son histoire, au contraire. Les lieux parlent aussi des gens qui n'y sont plus. J'aborde cette question, &#224; l'envers en quelque sorte, lorsque je projette les devantures de magasins dans des lieux d&#233;peupl&#233;s o&#249;, a priori, il n'y a jamais eu de magasins. On peut se dire qu'avant de trouver des commerces, il faut des gens. Mais on peut &#233;galement se demander ce qui attire les gens, et donc si ce ne sont pas les magasins qui les pr&#233;c&#232;dent. J'aime cr&#233;er ce genre d'&#233;cart, inverser les rapports entre les lieux et les &#234;tres humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jusque dans son titre, &lt;i&gt;Campagne urbaine&lt;/i&gt; trouble l'identit&#233; des espaces en transposant la ville &#224; la campagne. &#192; croire que la nature, qui a longtemps &#233;t&#233; le milieu privil&#233;gi&#233; de vos projections, ne se distingue plus vraiment de la ville&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me semble au contraire que les villes et les campagnes se diff&#233;rencient de plus en plus. Mais on est de moins en moins capable de voir la nature. On la regarde par rapport &#224; la ville. Pour ma part en tout cas, je ne sais plus la voir en tant que telle. Quand je suis dans un coin de for&#234;t en Dordogne, je me dis que je ferais mieux d'apprendre &#224; chercher les champignons plut&#244;t qu'&#224; essayer de projeter mes images&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Pour les vieux de l&#224;-bas, qui me connaissent parce que j'y suis n&#233;, je suis devenu le citadin, le touriste. J'aime la nature, elle me fait du bien, mais je ne la connais pas comme ces gens la connaissent. Certains font des ballades en for&#234;t pour rester en contact avec la nature, moi c'est par le biais de la vid&#233;oprojection que je maintiens le lien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on parler d'un lien affectif, voire nostalgique avec ce &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;monde perdu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Galinat par exemple, qui est le village de votre enfance, appara&#238;t r&#233;guli&#232;rement dans vos s&#233;ries&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;server ou raviver des endroits abandonn&#233;s ne m'int&#233;resse pas. Je ne cherche pas &#224; emp&#234;cher le processus de transformation/disparition &#224; l'&#339;uvre dans ce village comme dans beaucoup d'autres. Ce qui m'int&#233;resse en revanche, c'est d'utiliser Galinat comme atelier de travail. Mon int&#233;r&#234;t pour cet endroit est en r&#233;alit&#233; plus topographique qu'affectif. J'ai commenc&#233; &#224; y projeter parce que j'en connais tous les recoins. Ce que je cherche &#224; faire depuis quelques ann&#233;es maintenant, c'est de poursuivre mon travail ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On vous pose souvent cette question&#160;: pourquoi vid&#233;oprojeter vos images et les photographier ensuite, au lieu de les cr&#233;er de toutes pi&#232;ces sur ordinateur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord pour ce rapport physique dont je viens de parler, cette mani&#232;re d'entrer en contact avec l'environnement o&#249; je me trouve. Sans cette exp&#233;rience, je ne pourrais pas faire ces images. &#199;a n'appara&#238;t peut-&#234;tre pas &#224; ceux qui les regardent, mais moi, je sais que le froid, l'humidit&#233; ou la fatigue conditionnent leur r&#233;alisation et ce qu'elles peuvent transmettre. Il y a une autre raison qui justifie &#224; mes yeux cette mani&#232;re de faire&#160;: c'est l'intrusion r&#233;elle des images dans l'espace public. &#199;a permet de rendre visible une certaine r&#233;alit&#233;. En projetant la vitrine d'un magasin Cartier sur un mur de Galinat, je rends &#224; cette marque la dimension qu'elle occupe effectivement dans les magazines qu'on trouve aussi dans les maisons de Galinat. Cartier est r&#233;ellement &#224; Galinat&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! La vid&#233;oprojection permet de prendre la mesure de cette pr&#233;sence qui occupe notre imaginaire et induit une certaine mani&#232;re de regarder le monde. Cette intrusion r&#233;elle de l'image produit une incidence effective sur les rapports que nous entretenons avec notre environnement. Les gens qui ont assist&#233; &#224; mes vid&#233;oprojections pourraient en t&#233;moigner. Les publicitaires aussi, quoique avec d'autres intentions&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#199;a ressemble &#224; une lutte de territoire entre images dans l'espace public&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?! Une forme de d&#233;nonciation, peut-&#234;tre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes images traduisent un point de vue sur le monde d'aujourd'hui. Je ne cherche pas &#224; d&#233;noncer quelque chose, ni &#224; dire que c'est triste ou mal. Ce que je montre &#8211; et c'est peut-&#234;tre ce qui donne le sentiment que j'essaie de faire passer un message, c'est l'ambigu&#239;t&#233; de certaines situations. Cette ambivalence est propre &#224; notre &#233;poque, au fait que tout se superpose et se m&#233;lange. Une boutique Chanel au milieu d'un champ, est-ce aujourd'hui r&#233;ellement si surprenant&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&#8230; Tout cela part d'un constat auquel je ne suis pas suffisamment comp&#233;tent pour ajouter une analyse soci&#233;tale ou politique. Ce que je peux dire, c'est que la communication et la publicit&#233; envahissent nos espaces publics et intimes. Et que cela ne nous rend pas tr&#232;s inventifs dans nos d&#233;sirs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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