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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>Kloris, Clorox</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julie Crenn</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Les D&#233;esses et les Dieux ne sont pas de simples entit&#233;s psychologiques, existant dans l'&#226;me comme si l'&#226;me &#233;tait une grotte retir&#233;e du monde&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; aux aussi sont r&#233;els, ils sont les moyens de penser-en-choses des forces r&#233;elles, des exp&#233;riences r&#233;elles.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Starhawk &#8211; R&#234;ver l'obscur (1982) Dans la mythologie grecque, Khloris (ou Chloris) est la nymphe des fleurs, aim&#233;e de Z&#233;phyr, le dieu du vent. Au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XV&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, Sandro Botticelli lui attribue une repr&#233;sentation devenue c&#233;l&#232;bre &#224; la fois&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-27113" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Les D&#233;esses et les Dieux ne sont pas de simples entit&#233;s psychologiques, existant dans l'&#226;me comme si l'&#226;me &#233;tait une grotte retir&#233;e du monde&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; aux aussi sont r&#233;els, ils sont les moyens de penser-en-choses des forces r&#233;elles, des exp&#233;riences r&#233;elles.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;Starhawk &#8211; &lt;i&gt;R&#234;ver l'obscur&lt;/i&gt; (1982)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mythologie grecque, Khloris (ou Chloris) est la nymphe des fleurs, aim&#233;e de Z&#233;phyr, le dieu du vent. Au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XV&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, Sandro Botticelli lui attribue une repr&#233;sentation devenue c&#233;l&#232;bre &#224; la fois dans &lt;i&gt;Le Printemps&lt;/i&gt; (1478-1482) et dans &lt;i&gt;La Naissance de V&#233;nus&lt;/i&gt; (1484-1485). Entour&#233;e de fleurs, elle incarne le monde v&#233;g&#233;tal. Le pr&#233;nom mythologique est choisi par Suzanne Husky pour sa premi&#232;re exposition personnelle &#224; la galerie Alain Gutharc. Un choix qui s'inscrit pleinement dans un engagement politique qui prend ses racines dans l'&#233;cof&#233;minisme. Alors, le pr&#233;nom convoque une histoire, non seulement celle d'une femme qui a pris soin de la nature, mais aussi celle des sorci&#232;res d'hier et d'aujourd'hui. Une histoire o&#249; le &lt;i&gt;care&lt;/i&gt; et l'activisme forment
une alliance. Khloris est l'un des visages du panth&#233;on de l'immanence (une pens&#233;e vivante, en mouvement) incarn&#233;e la D&#233;esse, une entit&#233; plurielle, un cercle qui r&#233;unit les mythologies, les croyances et les savoirs. L'histoire ancestrale de la D&#233;esse est fond&#233;e sur un ensemble de luttes et de contre-pouvoirs. Starhawk, figure iconique de l'&#233;cof&#233;minisme, &#233;crit&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Oui, le pouvoir-du-dedans est le pouvoir du bas, de l'obscur, de la terre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le pouvoir qui vient de notre sang, de nos vies et de notre d&#233;sir passionn&#233; pour le corps vivant de l'autre.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Starhawk. R&#234;ver l'obscur &#8211; Femmes, magie et politique. Paris&#160;: Cambourakis, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suzanne Husky donne des formes et des mat&#233;riaux au pouvoir-du-dedans. Ses oeuvres traduisent une attention inqui&#232;te envers un ensemble de comportements, de d&#233;cisions politiques et de d&#233;rives menant &#224; la destruction du Vivant. Ces d&#233;rives, structur&#233;es par le syst&#232;me patriarcal et n&#233;olib&#233;ral, sont activ&#233;es par des choix et des gestes quotidiens&#160;: faire ses courses au supermarch&#233;, conduire une voiture, faire la lessive, faire le m&#233;nage, acheter des v&#234;tements, construire une maison ou partir en vacances. La mani&#232;re dont nous agissons et consommons au quotidien comporte un ensemble de cons&#233;quences dont l'impact est plus ou moins visible, plus ou moins p&#233;renne sur notre environnement. En ce sens, Suzanne Husky travaille &#224; partir de bouteilles de d&#233;tergent (lessives, eau de javel) et produits alimentaires (huiles). En respectant les objets
originaux (formes, couleurs, textes, motifs), elle r&#233;alise ainsi des &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Douceur-de-fleurs' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vases&lt;/a&gt; en fa&#239;ence &#233;maill&#233;e. Parce qu'elle utilise des terres locales, des teintures et des couleurs naturelles, l'artiste manifeste une conscience des enjeux &#233;thiques et politiques de sa r&#233;flexion plastique. Chaque vase accueille des bouquets de fleurs sauvages qui exacerbent les paradoxes. Le champ lexical, les motifs floraux et les couleurs participent d'une s&#233;duction trompeuse&#160;: promesse d'exotisme, de senteurs rares, de bien-&#234;tre, de sant&#233; et de voyage. Les repr&#233;sentations florales et v&#233;g&#233;tales subliment les ingr&#233;dients chimiques. Le packaging truff&#233; de contradictions m&#234;le l'exotisme aux principes de pr&#233;cautions. Les logos noirs, rouges et orange pr&#233;sentent des flammes, des t&#234;tes de mort et autres signes de danger auxquels la grande majorit&#233; des consommateurs ne pr&#234;tent pas attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Suzanne Husky revisite la tapisserie historique de &lt;i&gt;La Dame &#224; la Licorne&lt;/i&gt; pour repr&#233;senter une sc&#232;ne de destruction de la for&#234;t, elle manipule &#224; son tour la strat&#233;gie de la sublimation (&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/La-noble-pastorale-52101' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;La Noble Pastorale&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;). L'&#339;uvre nous s&#233;duit, puis nous am&#232;ne &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; la brutalit&#233; de la pens&#233;e dominante. Il en est de m&#234;me avec les tapis &lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Jerome-52102' class=&#034;spip_in&#034;&gt;J&#233;r&#244;me&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Mars-Bitches' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Mars Bitches&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, qui pour l'un raconte l'histoire de J&#233;r&#244;me Laronze, un paysan abattu par un gendarme le 20&#160;mai 2017&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et pour l'autre traite de la violence des classes &#224; San Francisco. Les &#339;uvres de Suzanne Husky attestent ainsi de la conscience d'un r&#244;le et d'une responsabilit&#233; en tant que citoyenne, en
tant que qu'artiste, en tant que femme. L'artiste d&#233;nonce une banalisation de la d&#233;rive, une indiff&#233;rence g&#233;n&#233;ralis&#233;e et une participation paresseuse et aveugle &#224; un syst&#232;me mortif&#232;re. Sa pratique nous invite au sursaut et &#224; la r&#233;sistance. En investissant les champs ancestraux de l'art en pratiquant notamment la c&#233;ramique et l'art tiss&#233;, l'artiste tend &#224; fabriquer de nouveaux r&#233;cits, de nouvelles images, de nouvelles pratiques visant &#224; c&#233;l&#233;brer le pouvoir-du-dedans dont nous sommes les acteurs et les actrices.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Starhawk. &lt;i&gt;R&#234;ver l'obscur &#8211; Femmes, magie et politique&lt;/i&gt;. Paris&#160;: Cambourakis, 2015, p.39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Corps hostiles</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julie Crenn</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Depuis la fin des ann&#233;es 1970, Ghislaine Portalis travaille l'ali&#233;nation des femmes. Elle d&#233;tourne l'espace domestique pour faire un &#233;tat des lieux des st&#233;r&#233;otypes, des assignations, du silence contenu, des violences visibles et invisibles. Dans une filiation surr&#233;aliste, o&#249; l'&#339;uvre de Meret Oppenheim, par exemple, r&#233;sonne avec force, elle se joue des arts m&#233;nagers pour g&#233;n&#233;rer une r&#233;flexion o&#249; le territoire du f&#233;minin est conjugu&#233; avec celui de la menace. Ainsi, l'ali&#233;nation implique &#224; la&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-29157" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis la fin des ann&#233;es 1970, Ghislaine Portalis travaille l'ali&#233;nation des femmes. Elle d&#233;tourne l'espace domestique pour faire un &#233;tat des lieux des st&#233;r&#233;otypes, des assignations, du silence contenu, des violences visibles et invisibles. Dans une filiation surr&#233;aliste, o&#249; l'&#339;uvre de Meret Oppenheim, par exemple, r&#233;sonne avec force, elle se joue des arts m&#233;nagers pour g&#233;n&#233;rer une r&#233;flexion o&#249; le territoire du f&#233;minin est conjugu&#233; avec celui de la menace. Ainsi, l'ali&#233;nation implique &#224; la fois une perte (la d&#233;possession) et une mutation. Elle se produit au sein d'un lieu hautement symbolique et assign&#233; aux femmes&#160;: le foyer. Alors, l'artiste envisage ce dernier comme un corps pour en souligner la dimension monstrueuse et inqui&#233;tante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1990, elle r&#233;alise une s&#233;rie d'&#339;uvres r&#233;alis&#233;es &#224; partir de &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Poufs-miroirs-et-capitons' class=&#034;spip_in&#034;&gt;papier peint&lt;/a&gt;&#160;: le mat&#233;riau du trompe l'&#339;il, de l'illusion, des apparences trompeuses. Pourtant, l'artiste ne choisit pas des motifs de fleurs ou de paysages paradisiaques, mais plut&#244;t des images de capitonnage. Un motif qui renvoie in&#233;vitablement aux cris &#233;touff&#233;s, &#224; l'asphyxie et &#224; la sant&#233; mentale. Ghislaine Portalis fabrique aussi des &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Poufs-miroirs-et-capitons#miroir' class=&#034;spip_in&#034;&gt;miroirs&lt;/a&gt; dont le reflet fait d&#233;faut. Il est donc impossible de s'y voir et de s'y reconna&#238;tre. Au fil des &#339;uvres, une forme de d&#233;shumanisation s'installe. Les arch&#233;types f&#233;minins impr&#232;gnent l'imaginaire collectif, celui des femmes-objets est particuli&#232;rement puissant. En 1998, l'artiste pr&#233;sente &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Outils-51014#ratelier' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;R&#226;telier&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, une s&#233;rie de petites sculptures form&#233;es &#224; partir de feuilles de papier-peint superpos&#233;es, pli&#233;es et augment&#233;es d'accessoires de coiffures. Les corps contraints sont r&#233;duits &#224; une mati&#232;re manipulable, sage et silencieuse. De plus, ils sont dot&#233;s d'une couleur rose p&#226;le qui renforce le st&#233;r&#233;otype de genre. Nous retrouvons ces teintes dans &lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Bibliotheque-rose' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Biblioth&#232;que rose&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (2003-2021), o&#249; l'artiste incruste parmi les livres des coussins absorbants semblables &#224; des serviettes hygi&#233;niques. Plus tard, avec &lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Marquise' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Pi&#232;ce mont&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (2019), elle d&#233;ploie un art de la table &#233;trangement inconvenant&#160;: des insectes comestibles, une nappe et des serviettes brod&#233;es imbib&#233;es d'un &#233;rotisme inhospitalier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'historienne de l'art Aline Dallier a th&#233;oris&#233; l'anti-broderie, autrement dit l'art de retourner les traditions cousues &#224; l'encontre du patriarcat. Dans plusieurs de ses projets, Ghislaine Portalis utilise des mat&#233;riaux textiles, des techniques (la dentelle ou la broderie) et des outils de la couture. Entre 2010 et 2023, elle plante des milliers d'aiguilles, de l'ext&#233;rieur vers l'int&#233;rieur de &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Coiffes-epinglees' class=&#034;spip_in&#034;&gt;coiffes&lt;/a&gt; aux formes plurielles. Une pens&#233;e d'anti-brodeuse qu'elle poursuit en 2024 avec &lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Mode-et-travaux' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Mode et travaux&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, une &#339;uvre, r&#233;alis&#233;e &#224; partir de patrons de couture, qui atteste de la fragmentation et de la dissociation inh&#233;rentes &#224; la condition des femmes. Virginie Despentes d&#233;clare que &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;franchement, quand je vois ce qu'on exige des femmes, le carcan de r&#232;gles et de tenues qu'on leur impose, leur slalom p&#233;rilleux sur le d&#233;sir des mecs et la date de p&#233;remption qu'elles se prennent dans la gueule &#224; 40 ans, je me dis que cette histoire de f&#233;minit&#233;, c'est de l'arnaque et de la putasserie. Ni plus ni moins qu'un art de la servilit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Annick Cojean, Entretien. Virginie Despentes&#160;: &#171;&#160;cette histoire de f&#233;minit&#233;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Au creux d'un &#233;quilibre fragile oscillant entre la douceur et le malaise, Ghislaine Portalis fait de l'intime et de la domesticit&#233; un territoire o&#249; les conditions d'existence des femmes sont minutieusement traduites et r&#233;v&#233;l&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Annick Cojean, &lt;i&gt;Entretien. Virginie Despentes&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;cette histoire de f&#233;minit&#233;, c'est de l'arnaque&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; in Le Monde, 9&#160;juillet 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171;&#160;Merci de bien vouloir&#160;&#187;</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Merci-de-bien-vouloir</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julie Crenn</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Texte de l'exposition Merci de bien vouloir, les arts au mur artoth&#232;que, Pessac, 2022 &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Il y a une expression que j'aime beaucoup, elle est tr&#232;s... tr&#232;s importante pour moi, &#034;peut-&#234;tre bien, peut-&#234;tre pas.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Marisa Merz Merci de bien vouloir. Voil&#224; un dr&#244;le de titre d'exposition. Une parole automatique. Une norme administrative qui passe inaper&#231;ue. Une formule de politesse qui r&#233;sonne comme une injonction faussement polie. Un titre aussi passif qu'agressif. Un titre incongru.&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-28997" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Merci-de-bien-vouloir-50378&#034;&gt;Texte de l'exposition &lt;i&gt;Merci de bien vouloir&lt;/i&gt;, les arts au mur artoth&#232;que, Pessac, 2022&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Il y a une expression que j'aime beaucoup, elle est tr&#232;s... tr&#232;s importante pour moi, &#034;peut-&#234;tre bien, peut-&#234;tre pas.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;MERZ, Marisa. OBRIST, Hans Ulrich. &#171;&#160;When We Say &#8220;Beautiful&#8221; We Are Alive&#160;: (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; Marisa Merz&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci de bien vouloir. Voil&#224; un dr&#244;le de titre d'exposition. Une parole automatique. Une norme administrative qui passe inaper&#231;ue. Une formule de politesse qui r&#233;sonne comme une injonction faussement polie. Un titre aussi passif qu'agressif. Un titre incongru. Quelque chose comme le ni vraiment, ni vraiment. Un titre qui nous invite &#224; entrer dans la zone du presque. Un espace d'ind&#233;termination&#160;o&#249; tout et rien &#224; la fois ne sont ni beaux ni moches&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ni comique ni tragique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ni social ni individualiste. C'est dans cette zone du presque, aux nuances intens&#233;ment grises, que Camille Beauplan recherche des sujets pour en travailler les photographies &#224; l'ordinateur, puis aux pinceaux sur le mur, la toile, le bois ou encore les tissus achet&#233;s sur les march&#233;s. &lt;br class='manualbr' /&gt;Dans la zone du presque, son quotidien est devenu une ressource illimit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Originaire du Lot-et-Garonne, Camille Beauplan a grandi dans une famille de viticulteur&#8226;trices, dans les vignes et la terre amoureuse. Elle envisage alors la ville comme un territoire exotique. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Je reste une campagnarde&#160;fascin&#233;e par la dimension glauque de la ville&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Certaines formules entre guillemets sont extraites d'une conversation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Son regard capture des accumulations irrationnelles, des paysages factices, des couleurs aussi &#233;teintes qu'outrageuses, des bizarreries ordinaires. Ainsi dans un parc avec sa famille, sur le parking d'un supermarch&#233;, dans la rue, l'artiste observe un &#233;cosyst&#232;me urbain en proie &#224; de constantes mutations et truff&#233; de situations absurdes dont elle raffole. Que voit-on&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Les jambes d'un homme ivre qui sortent d'un buisson, une inscription en arabe bomb&#233;e en rose sur un mur, la soucoupe pr&#234;te &#224; d&#233;border d'un pot de fleurs, les fesses et les jambes nues de sa fille Aim&#233;e, des plants de tomates qui poussent dans un piano entrepos&#233; sur un trottoir, l'ambiance froide d'une salle d'attente &#224; l'h&#244;pital, un jeu destin&#233; aux enfant&#8226;es install&#233; dans un square. Il n'y a pas vraiment de corps, ils y sont fragment&#233;s, partiellement ensevelis ou d&#233;tourn&#233;s. Presque des corps. Presque une ferme, presque une porte, presque un porc, presque l'autonomie, presque la campagne&#160;: les titres des &#339;uvres attestent de la zone grise que l'artiste explore sans rel&#226;che. Lorsqu'elle vivait &#224; Saint-Ouen, Camille Beauplan s'est attach&#233;e aux d&#233;tails architecturaux, aux aberrations intentionnelles menant &#224; l'inconfort collectif, aux cons&#233;quences de la gentrification &#224; laquelle elle participe elle-m&#234;me. Elle photographie ce que nous ne prenons pas ou plus la peine de regarder&#160;: des signes, des objets, des motifs, des textures dot&#233;.es d'existences invisibles. Des presque riens. Elle s'amuse des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;quartiers verts&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, des initiatives &#233;cobobos, qui, si elles sont motiv&#233;es par de belles volont&#233;s, sont souvent &#233;ph&#233;m&#232;res. Des projets qui r&#233;v&#232;lent, entre autres, la th&#233;orie de la trag&#233;die des communs (Garret Hardin, 1968), &#224; savoir notre incapacit&#233; &#224; g&#233;rer, &#224; entretenir et &#224; prendre soin une ressource commune &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;HARDIN, Garrett. La Trag&#233;die des communs. Paris&#160;: PUF, 2018 (1968).&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#192; propos du concept du joli-laid, Alice Pfeiffer &#233;crit que &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;le moche assum&#233; comme tel est une promesse de renouveau, de disruption, de r&#233;invention.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PFEIFFER, Alice. Le go&#251;t du moche. Paris&#160;: Flammarion, 2021, p.139.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; Camille Beauplan peint les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;instants m&#233;diocres&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de sa vie tout en jouissant des imperfections, des n&#233;vroses et des d&#233;rives qui font partie int&#233;grante de son quotidien. &lt;br class='manualbr' /&gt;Des instants &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;sur le fil, presque bien, mais pas tout &#224; fait&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Elle s'amuse sinc&#232;rement de la b&#234;tise et de la m&#233;diocrit&#233; des soci&#233;t&#233;s humaines. Sans jugement, l'artiste travaille les images d'objets et de situations qui traduisent les m&#233;canismes de d&#233;sirs constamment insatisfaits, d'inqui&#233;tudes maternelles, d'errements aussi collectifs qu'intimes, de vuln&#233;rabilit&#233;s, d'isolement et d'invisibilisation des cat&#233;gories sociales les plus pr&#233;caires. Des objets et des situations qui manifestent une esth&#233;tique de l'&#233;chec. L'artiste est ennuy&#233;e par la beaut&#233; et l'efficacit&#233;. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Je peins des trucs qui ne fonctionnent pas. Des trucs nuls. Je suis aussi nulle que mes sujets&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. &lt;br class='manualbr' /&gt;Elle d&#233;ploie une exp&#233;rience empathique des &#233;checs constat&#233;s. La zone du presque est une zone finalement extr&#234;mement situ&#233;e &#224; l'int&#233;rieur de laquelle Camille Beauplan n'affirme absolument rien. Par le presque, elle s'extrait de la pens&#233;e binaire, si rassurante et si excluante, pour lui pr&#233;f&#233;rer une pens&#233;e de la fluidit&#233;, du trouble, du doute et de l'ind&#233;cision. Une pens&#233;e aussi faillible que la soci&#233;t&#233; dans laquelle elle se prom&#232;ne. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Pas de s&#233;ries, c'est la vie&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Les &#339;uvres ne sont pas pens&#233;es par th&#233;matiques, elles accompagnent le cours de son existence. Elles traduisent plastiquement le cheminement de son regard et de son rapport &#224; un &#233;cosyst&#232;me quotidien. Ce que nous voyons n'est pas si facile &#224; d&#233;finir, et c'est tant mieux. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le d&#233;s&#233;quilibre est magnifique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. La zone du presque refoule les certitudes obsol&#232;tes pour nourrir les hypoth&#232;ses d'une plasticit&#233; sp&#233;culative o&#249; chaque sujet, soigneusement choisi et travaill&#233;, ouvre un potentiel narratif dense et complexe. Presque une autobiographie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MERZ&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, Marisa. &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;OBRIST&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, Hans Ulrich. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;When We Say &#8220;Beautiful&#8221; We Are Alive&#160;: Marisa Merz&#8221;, in Mousse, septembre 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Certaines formules entre guillemets sont extraites d'une conversation t&#233;l&#233;phonique men&#233;e avec Camille Beauplan le 21&#160;ao&#251;t 2022.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;HARDIN&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, Garrett. &lt;i&gt;La Trag&#233;die des communs&lt;/i&gt;. Paris&#160;: &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PUF&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, 2018 (1968).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PFEIFFER&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, Alice. &lt;i&gt;Le go&#251;t du moche&lt;/i&gt;. Paris&#160;: Flammarion, 2021, p.139.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ladislas Combeuil</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julie Crenn</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Un artiste original ne peut pas copier. Il n'a donc qu'&#224; copier pour &#234;tre original.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Jean Cocteau &#8211; Le Coq et l'Arlequin, 1918. En revenant et en manipulant l'histoire de la sculpture moderne et contemporaine, Ladislas Combeuil questionne le statut de la sculpture. De Constantin Brancusi &#224; Rapha&#235;l Zarka en passant par Donald Judd et Richard Serra, il est &#224; la recherche de nouvelles formes et de nouveaux dispositifs spatiaux. Ainsi, il travaille les silhouettes des &#339;uvres de ses&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-28916" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Un artiste original ne peut pas copier. Il n'a donc qu'&#224; copier pour &#234;tre original.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;Jean Cocteau &#8211; &lt;i&gt;Le Coq et l'Arlequin&lt;/i&gt;, 1918.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revenant et en manipulant l'histoire de la sculpture moderne et contemporaine, Ladislas Combeuil questionne le statut de la sculpture. De Constantin Brancusi &#224; Rapha&#235;l Zarka en passant par Donald Judd et Richard Serra, il est &#224; la recherche de nouvelles formes et de nouveaux dispositifs spatiaux.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ainsi, il travaille les silhouettes des &#339;uvres de ses a&#238;n&#233;s, non pas en pr&#233;levant de la mati&#232;re, mais en la d&#233;coupant pour en restituer le dessin. Au moyen de baguettes de bois et de toile de lin, il refa&#231;onne les formes d'Albrecht Durer ou de Frank Stella (&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Formes-en-transit&#034;&gt;Formes en transit&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;). Les &#233;l&#233;ments du support de la peinture (ch&#226;ssis et toile) sont d&#233;tourn&#233;s au profit d'une relecture du volume et de son histoire. Les r&#233;f&#233;rences servent de base de travail pour produire un d&#233;passement, une traduction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artiste se concentre &#233;galement sur les motifs ornementaux pr&#233;sents dans l'architecture arabe ou encore les vitraux ou les sols de b&#226;timents anciens. Les motifs sont d&#233;contextualis&#233;s et reconsid&#233;r&#233;s d'un point de vue mat&#233;riel. Ladislas Combeuil proc&#232;de &#224; un travail d'ajourage du bois pour faire na&#238;tre ses &lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Moucharabieh-peintures&#034;&gt;Moucharabieh&lt;/a&gt; et &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Claustra-50127&#034;&gt;Claustra&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Les panneaux sculpt&#233;s peuvent &#234;tre associ&#233;s pour redessiner l'espace d'exposition en formant un parcours o&#249; le regardeur, &#224; la fois cach&#233; et visible, se perd dans une profusion de motifs.&lt;br class='manualbr' /&gt;Accroch&#233;es directement au mur, les &#339;uvres ajoutent une r&#233;flexion sur la peinture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;flexion qui traverse sa pratique depuis quelques ann&#233;es. Il construit notamment une paroi en assemblant des dizaines de toiles ench&#226;ss&#233;es, barbouill&#233;es de blanc et retourn&#233;es. &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Pensees-pour-moi-meme&#034;&gt;Pens&#233;es pour moi-m&#234;me&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; atteste &#224; la fois d'un hommage et d'un refus de la peinture. Seule la forme subsiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un soin particulier accord&#233; aux math&#233;matiques et &#224; la g&#233;om&#233;trie, l'artiste respecte les notions de sym&#233;trie et les questions de proportions de la composition. Une donn&#233;e que nous retrouvons avec la pi&#232;ce &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Sierpinski&#034;&gt;Sierpinski&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (hommage au math&#233;maticien polonais), o&#249;, sur le sol, sont dispos&#233;s des octogones en b&#233;ton. Ils forment un ensemble &#224; la fois norm&#233; et d&#233;coratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil des &#339;uvres, Ladislas Combeuil installe une confusion entre des dimensions math&#233;matiques, fonctionnelles et ornementales.&lt;br class='manualbr' /&gt;En pr&#233;levant dans diff&#233;rents domaines, il ouvre les formes de la sculpture pour en prolonger et r&#233;actualiser l'histoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;cologies affectives</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Ecologies-affectives</link>
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		<dc:date>2022-01-24T14:05:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julie Crenn</dc:creator>



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&lt;p&gt;Si notre imaginaire produit cette bulle de r&#233;alit&#233; dans laquelle nous vivons, &#233;prouvons et pensons, la d&#233;marche po&#233;tique peut, pour ainsi dire, percer la bulle et s'avancer (comme on va &#224; la source) vers les zones inconnues du r&#233;el, cet insondable o&#249; nous devions encore apprendre &#224; nous tenir debout. Patrick Chamoiseau, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Malgr&#233; Tout&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (2021) Il y a des &#339;uvres qui vous affectent d'une fa&#231;on si puissante qu'il en devient difficile de traduire ce sentiment et de le verbaliser avec&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-27240" rel="directory"&gt;Textes &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Si notre imaginaire produit cette bulle de r&#233;alit&#233; dans laquelle nous vivons, &#233;prouvons et pensons, la d&#233;marche po&#233;tique peut, pour ainsi dire, percer la bulle et s'avancer (comme on va &#224; la source) vers les zones inconnues du r&#233;el, cet insondable o&#249; nous devions encore apprendre &#224; nous tenir debout.&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;Patrick Chamoiseau, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Malgr&#233; Tout&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (2021) &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chamoiseau, Patrick&#160;; Glissant, Edouard. Manifestes. Paris&#160;: La D&#233;couverte, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des &#339;uvres qui vous affectent d'une fa&#231;on si puissante qu'il en devient difficile de traduire ce sentiment et de le verbaliser avec justesse. Lorsque j'ai rencontr&#233; un film de Julie Chaffort pour la premi&#232;re fois, ses images m'ont arr&#234;t&#233;e. Il s'agissait du film intitul&#233; &lt;i&gt;Les Cowboys &lt;/i&gt; (2017). La m&#234;me exp&#233;rience s'est renouvel&#233;e &#224; chaque rencontre depuis. Ses &#339;uvres m'attrapent physiquement et &#233;motionnellement. Ce que j'ai ressenti &#224; ce moment-l&#224;, c'est une &#233;motion identique &#224; celle que je peux vivre face &#224; certaines autres &#339;uvres qui vont d'Antoine Watteau &#224; Edi Dubien, en passant par Kiki Smith, Apichatpong Weerasethakul, Rinko Kawauchi, Frida Kahlo ou encore Pierre Huygue. Face &#224; l'&#233;cran, il me fallait m'assoir. Il me fallait prendre le temps de comprendre la situation pr&#233;sent&#233;e. Il m'&#233;tait n&#233;cessaire d'exp&#233;rimenter la lenteur, les silences pour entrer dans l'&#233;cosyst&#232;me. Chaque film et chaque installation est une plong&#233;e onirique et sensible dans ce que Carla Hustak et Natasha Myers nomment des &#233;cologies affectives. Les &#339;uvres vid&#233;o de Julie Chaffort pr&#233;sentent le plus souvent des humain.es hors des villes, en ext&#233;rieur, &#224; la lumi&#232;re du jour. Si j'ai, d'une mani&#232;re quasi imm&#233;diate, aim&#233; la mani&#232;re dont l'artiste filme les humain.es, ce qui m'interpelle davantage, c'est sa mani&#232;re de les inscrire dans un cercle bien plus grand, celui du vivant. Elle filme avec la m&#234;me intensit&#233; et le m&#234;me soin un arbre, un chien, une femme, la neige, le sol, un cheval, le vent dans les cheveux comme dans les herbes hautes, les &#233;tendues d'eau et tous les corps qui peuplent Ga&#239;a, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;une actrice, celle qui joue chacune de nos vies et &#224; l'inverse le personnage que chacun de nous s'efforce d'interpr&#233;ter.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ait-Touati, Fr&#233;d&#233;rique&#160;; Coccia, Emanuele. &#171;&#160;Ga&#239;a, la vie en sc&#232;ne&#160;&#187; in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'une conversation, Julie Chaffort m'a confi&#233; avoir d&#233;couvert que les nuages bougent dans le ciel &#224; l'&#226;ge de huit ans. Assister &#224; la course des nuages pouss&#233;s par les vents reste un moment d'&#233;merveillement. Au m&#234;me &#226;ge, elle passe de l'obscurit&#233; &#224; la lumi&#232;re. Elle s'installe &#224; la campagne, se prom&#232;ne avec ses chiens, contemple les champs en &#233;tendue. Elle fait l'exp&#233;rience de l'espace et de l'inconnu. C'est peut &#234;tre &#224; ce moment-l&#224; qu'elle r&#233;alise que l'ext&#233;rieur, c'est la vie et c'est le temps. Progressivement, elle prend conscience des connections et de l'interd&#233;pendance qui existe entre les &#234;tres et les &#233;l&#233;ments. En ce sens, l'artiste op&#232;re des d&#233;placements qui participent d'une d&#233;construction de l'&#233;ternelle opposition fabriqu&#233;e entre la Nature et la Culture. Un conflit g&#233;n&#233;r&#233; par la pens&#233;e moderne occidentale pour placer les humain.es &#224; l'ext&#233;rieur du concept de nature. Assign&#233;.es &#224; l'observation, &#224; l'exploitation, &#224; la colonisation et &#224; la destruction de ce qui se r&#233;sume &#224; une simple ressource, les humain.es prennent le dessus et dominent la mati&#232;re du monde. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Il faut du courage pour d&#233;laisser le vieux confort mental et endurer cela.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chamoiseau (2021, p.7)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; Julie Chaffort fait exploser cette vieille opposition au profit d'une puissante r&#233;conciliation&#160;: les humain.es, les v&#233;g&#233;taux, les arbres, l'eau, le ciel, la neige, les herbes hautes, la lumi&#232;re, le vent, les animaux, la pluie, le feu agissent dans un m&#234;me lieu, celui du vivant. L'artiste adopte un soin particulier pour filmer cet &#233;cosyst&#232;me o&#249; chacun non seulement y joue son r&#244;le, mais aussi affecte la pr&#233;sente des autres. Nous assistons ainsi &#224; des sc&#232;nes in&#233;dites qui bousculent joyeusement et po&#233;tiquement nos imaginaires encore p&#233;tris de cette opposition limitative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des situations jaillissent. Comme sorties de nos r&#234;ves. Elles ne sont pas toujours confortables. Les corps sont parfois mis &#224; l'&#233;preuve &#224; l'int&#233;rieur d'un espace-temps qui nous semble infini et o&#249; s'entrecroisent l'&#233;trange et l'enchantement. Chaque rencontre est insolite&#160;: un homme en costume marche dans l'eau gel&#233;e d'un lac&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un chasseur joue du piano dans un bois&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une femme danse le flamenco en bravant la puissance du vent&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une autre, plus &#226;g&#233;e, est v&#234;tue d'un manteau de fourrure, les yeux pliss&#233;s, elle lutte aussi contre les rafales d'un vent froid&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une meute de personnes augment&#233;es de d&#233;ambulateurs avance dans une for&#234;t enneig&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un cheval apparait entre les arbres, il est immobile et silencieux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; des moutons voguent, pattes li&#233;es &#224; une barge&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; des humain.es, seul.es ou en couple, apparaissent, immobiles et silencieux.ses dans la for&#234;t, leurs v&#234;tements brulent par endroit&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une femme chuchote &#224; l'oreille d'un cheval. Les corps, humains et non humains, y sont vuln&#233;rables, mystiques, libres et perceptifs. Chaque situation semble provenir ou s'&#233;chapper de nos imaginaires les plus secrets. Julie Chaffort met en sc&#232;ne et en &#339;uvre une po&#233;sie invisible ou &#224; peine perceptible. Elle nous immerge dans la vie, les vies entrem&#234;l&#233;es d'un &#233;cosyst&#232;me en mouvement perp&#233;tuel et qui atteste de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;la jouissance d'&#234;tre vivants avec d'autres&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hustak, Carla&#160;; Myers, Natasha. Le ravissement de Darwin &#8211; Le Langage des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le langage humain se fait entendre de temps &#224; autre. Il ne pr&#233;domine pas. Ce sont les chants, les signaux et les musiques du vivant qui articulent la relation entre les corps, entre les pr&#233;sences visibles et invisibles. Le chant des oiseaux, celui du vent ou encore des arbres. La musique d'une fanfare, celle du piano ou celle du cor. Les cris et les silences. Les souffles et les respirations. Les murmures et les fr&#233;missements. Julie Chaffort nous donne &#224; &#233;couter et &#224; apprivoiser une langue commune. Une langue plurielle qui manifeste les besoins irr&#233;pressibles de s'exprimer, de communiquer, de s'affecter les un.es aux autres par nos corps sonores. Les sonorit&#233;s, le soin et les &#233;nergies qui &#233;mergent des images, la sensibilit&#233; des relations entre les &#234;tres, la fabrication de langages singuliers, de silences expressifs &#8211; c'est l'ensemble de ces &#233;l&#233;ments qui m'affecte profond&#233;ment. Je ne fais pas ici r&#233;f&#233;rence &#224; la profondeur par hasard ou par exc&#232;s d'&#233;motion. Les &#339;uvres de Julie Chaffort r&#233;veillent une m&#233;moire inscrite dans nos chairs, elles remuent quelque chose d'ancestral, d'indicible et de fondamental - quelque chose qui va bien plus loin que les limites de nos propres corps. Quelque chose qui nous d&#233;passe et qui participe d'un chant commun. Peut-&#234;tre le bruissement d'un &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pass&#233; ancestral qui fait de chacun de nos corps une portion limit&#233;e et infinie de l'histoire de la Terre, de l'histoire de la plan&#232;te, de son sol, de sa mati&#232;re.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Coccia, Emanuele. M&#233;tamorphoses. Paris&#160;: Biblioth&#232;que Rivages, 2020, p.29.&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;texte de l'exposition &lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Ombres-errantes-47895&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ombres errantes&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, le 19 &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CRAC&lt;/span&gt;, Montbelliard, 2021&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Chamoiseau, Patrick&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Glissant, Edouard. Manifestes. Paris&#160;: La D&#233;couverte, 2021.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Ait-Touati, Fr&#233;d&#233;rique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Coccia, Emanuele. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Ga&#239;a, la vie en sc&#232;ne&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; in &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;COLLECTIF&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;. Le Cri de Ga&#239;a. Penser la Terre avec Bruno Latour. Paris&#160;: La D&#233;couverte, 2021, p.11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Chamoiseau (2021, p.7)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Hustak, Carla&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Myers, Natasha. Le ravissement de Darwin &#8211; Le Langage des plantes. Paris&#160;: La D&#233;couverte, 2020, p.11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Coccia, Emanuele. M&#233;tamorphoses. Paris&#160;: Biblioth&#232;que Rivages, 2020, p.29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'odeur des fauves en nous - Julie Chaffort</title>
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		<dc:date>2022-01-24T14:05:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julie Crenn</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Have I doubt when I'm alone Love is a ring, the telephone Love is an angel disguised as lust Here in our bed until the morning comes. Patti Smith &#8211; Because the night (1978) L'odeur des fauves en nous. L'&#339;uvre s'inscrit dans la d&#233;marche assur&#233;ment po&#233;tique de Julie Chaffort qui imagine et fabrique des situations relevant de l'instant magique. Les ingr&#233;dients sont le vivant, le chant, la musique, la visibilisation de corps&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-27240" rel="directory"&gt;Textes &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Have I doubt when I'm alone&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8232;Love is a ring, the telephone&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8232;Love is an angel disguised as lust&#8232;&lt;br class='manualbr' /&gt;Here in our bed until the morning comes.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Patti Smith &#8211; &lt;i&gt;Because the night&lt;/i&gt; (1978)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'odeur des fauves en nous. L'&#339;uvre s'inscrit dans la d&#233;marche assur&#233;ment po&#233;tique de Julie Chaffort qui imagine et fabrique des situations relevant de l'instant magique. Les ingr&#233;dients sont le vivant, le chant, la musique, la visibilisation de corps contraints &#224; une trop grande discr&#233;tion. Au c&#339;ur de ces situations aussi fascinantes que troublantes, Julie Chaffort filme les relations qui existent entre les terrestres (l'ensemble des &#234;tres vivants, sans hi&#233;rarchie), les &#233;l&#233;ments (eau, terre, air et feu), les voix, les sons et les musiques qui prolongent les corps. Le chant des oiseaux, la voix d'une humaine, la puissance d'une chorale, le r&#226;le du vent. Les animaux (humain.es compris.es) interagissent avec ferveur et tendresse avec les arbres, la neige, les rivi&#232;res, les sols. Pens&#233;es comme des sc&#232;nes refuges o&#249; les corps existent librement, exultent et s'expriment, les &#339;uvres r&#233;veillent des &#233;motions et des sentiments profond&#233;ment inscrits dans nos chairs terrestres&#160;: l'attention, l'inqui&#233;tude, l'&#233;coute, l'amour, la perte, la sensibilit&#233;, l'absence, la jouissance, la vuln&#233;rabilit&#233; ou encore le r&#233;confort. Un ensemble d'&#233;tats qui nous attache les un.es aux autres et qui rythme les cycles d'une longue m&#233;tamorphose commune aux &#234;tres visibles et invisibles qui peuplent le vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, approchons-nous des fauves. Nous nous trouvons tout pr&#232;s de la ville. On entend les klaxons, les moteurs, le bruissement constant des machines. Comme sur une &#238;le. Un territoire entour&#233; d'eau &#8211; peupl&#233; d'animaux d&#233;sirants. Des cr&#233;atures sauvages et domestiqu&#233;es. Aucun danger les un.es envers les autres. La cohabitation est paisible et tendre. L'eau, les arbres, la v&#233;g&#233;tation et les chants des oiseaux lient les cr&#233;atures. Un ours brun, des humain.es, un loup blanc, un renard, des rapaces, un cheval, des moutons, un chien. Ensemble et s&#233;par&#233;s, elles vivent des moments intenses. Les attitudes sont bienveillantes et distantes. Entre les silences, elles d&#233;clament des r&#233;cits po&#233;tiques, des histoires d'amour, des chagrins nourris d'attirance et de regrets. T'embrasser le dos. Les cr&#233;atures sont li&#233;es &#224; d'&#233;tranges abris. Des architectures singuli&#232;res pour des corps singuliers. Une maison nuage. Une bergerie. Un refuge coquillage. De la m&#233;lisse pour l'apaisement. Du sel rose pour la purification. Ouvertes &#224; toustes, les petites maisons abritent une faune qui semble recluse. Comme isol&#233;e du reste de la soci&#233;t&#233; urbaine et vrombissante. &lt;br class='manualbr' /&gt;Des corps invisibilis&#233;s, voire inacceptables. Is he willing, can he play&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Des loups. &lt;br class='manualbr' /&gt;Des corps travestis. Un ours brun. Des corps jug&#233;s nuisibles par une pens&#233;e humaine r&#233;trograde et mortif&#232;re. Ici, ielles &#233;voluent sereinement. Les pattes dans l'eau, le visage au soleil. Les cr&#233;atures d&#233;sirantes nous racontent les complexit&#233;s des sentiments amoureux. Les violences et les beaut&#233;s des amours. Et si tu crois un jour que tu m'aimes, viens me retrouver. Pense &#224; moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un.e chante face &#224; un ours. Un rapace r&#233;agit aux notes jou&#233;es par un.e violoncelliste. Un &#233;trange spectacle est en cours. Loin des cabarets, loin des zoos ou des cirques, les vivant.es s'adressent entre elleux. Il en r&#233;sulte des moments intens&#233;ment po&#233;tiques. Une magie. Un trouble merveilleux. Une harmonie entre les cr&#233;atures. Une douce intimit&#233;. Je me regarde &#224; travers tes yeux. Les &#234;tres m&#233;lancoliques et flamboyants d&#233;clament des chants d'amours. Attitudes d&#233;sabus&#233;es. Ils forment une chorale polyphonique. Entendre ta voix dans mon oreille. Chaque voix, chaque silence, porte une exp&#233;rience intime. Un chagrin. Une jouissance. Ils &#233;voluent au creux d'une r&#234;verie tant&#244;t d&#233;sol&#233;e, tant&#244;t sensuelle. &lt;br class='manualbr' /&gt;Merde &#224; cette vie, maintenant que je t'ai perdu&#8230; depuis, &#224; tout jamais, je tombe dans le vide. Entre monologues r&#233;cit&#233;s, lectures, chants, rituel sorcier et interpr&#233;tations musicales, elles racontent l'absence, la perte, le besoin ineffable de l'autre. Because the night belongs to lovers. Elles semblent attendre patiemment. Elles se consolent. Les gestes sont affectueux. Des baisers. Des caresses. Des regards doux. Les esp&#232;ces s'accompagnent dans une errance sentimentalement collective. C'est un tel soulagement de retrouver l'amour, de dormir dans un lit, d'&#234;tre serr&#233; et touch&#233; et embrass&#233; et ador&#233;. Telles des apparitions &#233;mouvantes, les cr&#233;atures fredonnent. I'm in the mood for love. Elles esp&#232;rent et d&#233;sesp&#232;rent. Dans ce territoire entre-deux. &lt;br class='manualbr' /&gt;Expos&#233;es et isol&#233;es. Elles s'accompagnent amoureusement. Donc, il y a de la vie ici.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title></title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/article45588</link>
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		<dc:date>2018-06-01T13:04:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julie Crenn</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le contr&#244;le s'int&#232;gre &#224; merveille au paysage de la marchandise, montrant &#224; qui veut bien la voir sa face autoritaire. L'&#233;poque est au m&#233;lange, m&#233;langes de musiquettes, de matraques t&#233;lescopiques et de barbe &#224; papa. Ce que &#231;a suppose de surveillance polici&#232;re, l'enchantement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Comit&#233; invisible &#8211; L'insurrection qui vient (La Fabrique,&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-27113" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le contr&#244;le s'int&#232;gre &#224; merveille au paysage de la marchandise, montrant &#224; qui veut bien la voir sa face autoritaire. L'&#233;poque est au m&#233;lange, m&#233;langes de musiquettes, de matraques t&#233;lescopiques et de barbe &#224; papa. Ce que &#231;a suppose de surveillance polici&#232;re, l'enchantement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Comit&#233; invisible &#8211;&lt;i&gt; L'insurrection qui vient&lt;/i&gt; (La Fabrique, 2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre de Suzanne Husky se joue des apparences&#160;: un beau tapis fourni en couleurs et en motifs, une peinture ou une tapisserie aux allures historiques, des vases inspir&#233;s de l'art antique, un jardin &#224; la fran&#231;aise, classique et bien ordonn&#233;. Pourtant, &#224; y regarder de plus pr&#232;s, l'adage est confirm&#233;, les apparences sont largement trompeuses. Entre une formation aux Beaux-arts et des &#233;tudes de paysagisme, entre la France et les &#201;tats-Unis, l'artiste s'est forg&#233; un point de vue critique qu'elle infuse au c&#339;ur de ses &#339;uvres. Il est assez rare de rencontrer une pratique artistique altermondialiste, une pratique qui allie non seulement une intelligence des mat&#233;riaux, des techniques et des formes, mais aussi une sinc&#233;rit&#233; militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000, Suzanne Husky donne une manifestation plastique et critique aux probl&#233;matiques environnementales&#160;: la repr&#233;sentation, le traitement, l'exploitation des paysages, des animaux, la mise en lumi&#232;re de pratiques alternatives, l'agriculture, la d&#233;forestation, etc. Ces probl&#233;matiques mettent en &#233;vidence une d&#233;connexion flagrante entre les humains et la nature. Sa r&#233;flexion men&#233;e sur les diff&#233;rentes formes d'exploitations et de destructions des ressources naturelles, s'accompagne in&#233;vitablement de questions connexes li&#233;es &#224; l'asservissement, l'autorit&#233;, la surveillance, le pouvoir, l'inconscience, le cynisme, la responsabilit&#233;, la violence ou encore l'impuissance. &#192; ce regard objectif et inform&#233; sur l'&#233;tat de nos soci&#233;t&#233;s et de notre environnement global, l'artiste infiltre au fil des &#339;uvres diff&#233;rentes modalit&#233;s et strat&#233;gies de r&#233;sistances. En ce sens, elle puise les formes, les r&#233;f&#233;rences ou encore les techniques dans l'imaginaire collectif, de l'histoire de l'art aux cultures populaires, pour en d&#233;placer la port&#233;e. Depuis 2013, elle d&#233;veloppe deux s&#233;ries d'&#339;uvres en c&#233;ramiques (&lt;i&gt;Eglogue, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ACAB&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;), des assiettes, des vases et des pots r&#233;alis&#233;s &#224; partir de terres locales. Ils sont figur&#233;s de sc&#232;nes atypiques&#160;: la charge d'un groupe de &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CRS&lt;/span&gt;, la devanture d'un hypermarch&#233;, un panneau indiquant la direction d'une zone industrielle, des pancartes de manifestations r&#233;clamants l'arr&#234;t de l'extraction du gaz de schiste ou le refus des fermes usines. Les sc&#232;nes traditionnellement bucoliques et d&#233;coratives sont remplac&#233;es par des images ayant trait &#224; nos quotidiens, &#224; ce que nous voyons et &#224; ce qui nous &#233;chappe. En 2015, elle r&#233;alise un tapis illustr&#233; (&lt;i&gt;Euro War Rug&lt;/i&gt;) figurant l'occupation des zadistes (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ZAD&lt;/span&gt;, Zones &#224; d&#233;fendre), leurs installations, leurs affrontements avec les &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CRS&lt;/span&gt;, leurs arrestations. De m&#234;me, la tapisserie intitul&#233;e &lt;i&gt;La Noble Pastorale&lt;/i&gt; (2016-2017) s'inspire du c&#233;l&#232;bre ensemble de tapisseries dont est issue &lt;i&gt;La Dame &#224; la Licorne&lt;/i&gt; (1484-1538). Les all&#233;gories font ici place &#224; une sc&#232;ne r&#233;elle&#160;: un &#233;coactiviste tente de stopper une abatteuse (machine utilis&#233;e pour abattre les arbres). La sc&#232;ne pastorale est augment&#233;e d'une r&#233;flexion critique portant sur les enjeux &#233;conomiques des politiques n&#233;olib&#233;rales. Les &#339;uvres soulignent un rapport biais&#233; avec la nature qui est trop souvent r&#233;duite &#224; une source de profits, une image d'&#201;pinal ou &#224; un joli d&#233;cor post&#233; sur instagram. L'&#233;cart qui existe entre les images et la r&#233;alit&#233; est pourtant assourdissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suzanne Husky agite une conscience collective quant &#224; nos pratiques quotidiennes, nos besoins, nos perceptions tronqu&#233;es d'une situation dont nous sommes les acteur.trice.s. Manger un steak de b&#339;uf, boire un soda, acheter un bouquet de fleurs coup&#233;es, fumer une cigarette, acheter un tee-shirt, conduire une voiture, etc. D'o&#249; provient la viande&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? D'o&#249; vient le sucre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Comment sont recycl&#233;s nos d&#233;chets&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Comment et o&#249; ont &#233;t&#233; cultiv&#233;es les fleurs&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Par qui&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Dans quelles conditions&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Quelles sont les origines et les cons&#233;quences de nos besoins quotidiens&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? &#192; l'heure de l'actuelle mise en place du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CETA&lt;/span&gt;, de la toute-puissance des lobbies industriels, l'artiste invite &#224; une r&#233;flexion collective sur les moyens d'actions, d'alternatives, de refus et de r&#233;sistance. Les &#339;uvres portent ainsi un engagement trop inhabituel dans l'art actuel, un engagement ayant une prise sur le r&#233;el qui n'est d&#233;finitivement pas fantasm&#233;, &#233;dulcor&#233; ou camoufl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.dda-nouvelle-aquitaine.org/IMG/media/docs/Julie-Crenn_Suzanne-Husky_novembre_2017.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&gt; T&#233;l&#233;charger le texte (pdf)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<dc:date>2015-08-25T11:06:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Julie Crenn</dc:creator>



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&lt;p&gt;La ville, ses paysages, son architecture et ses temporalit&#233;s, constituent le c&#339;ur de la r&#233;flexion artistique d'Ibai Hernandorena. Ce dernier s'int&#233;resse plus particuli&#232;rement &#224; la notion de modernit&#233;, aux utopies qu'elle engendre et &#224; leur &#233;vanouissement &#224; travers les &#233;poques. Des utopies, qui, au fil des d&#233;cennies, s'effondrent, &#233;voluent ou se renouvellent. Ainsi, il r&#233;alise Promesse (2014), un ch&#226;teau de cartes monumental form&#233; &#224; partir d'&#233;l&#233;ments de fa&#231;ade dessin&#233;s par Jean Prouv&#233;. La&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-26261" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La ville, ses paysages, son architecture et ses temporalit&#233;s, constituent le c&#339;ur de la r&#233;flexion artistique d'Ibai Hernandorena. Ce dernier s'int&#233;resse plus particuli&#232;rement &#224; la notion de modernit&#233;, aux utopies qu'elle engendre et &#224; leur &#233;vanouissement &#224; travers les &#233;poques. Des utopies, qui, au fil des d&#233;cennies, s'effondrent, &#233;voluent ou se renouvellent. Ainsi, il r&#233;alise &lt;i&gt;Promesse&lt;/i&gt; (2014), un ch&#226;teau de cartes monumental form&#233; &#224; partir d'&#233;l&#233;ments de fa&#231;ade dessin&#233;s par Jean Prouv&#233;. La sculpture semble &#224; la fois lourde et fragile. Entre construction et d&#233;construction, l'id&#233;e de modernit&#233; ne tient plus qu'&#224; un fil, elle peut vaciller &#224; chaque instant. En ce sens, l'artiste travaille les fant&#244;mes des villes et des b&#226;timents. Ainsi, il articule des modules en acier, qui forment un &lt;i&gt;Paysage&lt;/i&gt; (2015) qui mue et s'adapte &#224; l'espace d'exposition. Celui d'une vue architecturale dont il a sobrement extrait le dessin. De m&#234;me, la photographie intitul&#233;e &lt;i&gt;Glissement&lt;/i&gt; pr&#233;sente un b&#226;timent en cours de destruction. L'immeuble, dont il ne reste plus que le squelette, semble &#234;tre celui d'une maquette en carton, fragile et &#233;ph&#233;m&#232;re. L'image est troubl&#233;e, les couleurs sont accentu&#233;es et d&#233;cal&#233;es. Notre vision est alors perturb&#233;e, l'image du b&#226;timent en voie de disparition se fait persistante. En Espagne, Ibai Hernandorena filme une ville fant&#244;me, Sese&#241;a, au sud du Madrid (&lt;i&gt;Falls&lt;/i&gt; &#8211; 2015). Apr&#232;s la crise immobili&#232;re de 2008, la ville demeure en chantier, elle est &#224; peine habit&#233;e, &#224; peine activ&#233;e. &#192; bord de sa voiture, il filme autour d'un rond-point, l'image est exag&#233;r&#233;ment ralentie. Le travelling semble infini. Le paysage est rendu flou, insaisissable, &#233;vanescent. Une sensation que nous retrouvons dans la s&#233;rie &lt;i&gt;Destinations&lt;/i&gt; (2015), o&#249;, sur des feuilles de papier, l'artiste a transpos&#233; par la br&#251;lure des cartes postales o&#249; figurent les Grands Ensembles construits entre les ann&#233;es 1950 et 1970. Les signes de la modernit&#233;, et par extension d'une utopie collective, s'&#233;vanouissent lentement. Malgr&#233; leur lente calcination, le voyage des cartes postales est prolong&#233; d'une mani&#232;re pr&#233;caire.Au fil des &#339;uvres, Ibai Hernandorena explore la notion de mouvement en &#233;tablissant diff&#233;rentes traductions&#160;: physiques, mentales, mat&#233;rielles et visuelles. Ainsi, il moule la partie sup&#233;rieure de sa moto dans une r&#233;sine translucide. La coque du car&#233;nage est ensuite dispos&#233;e sur un &#233;l&#233;ment en acier fix&#233; au mur. L'objet fait allusion &#224; la moto et tout l'imaginaire qu'elle comporte, elle rappelle ainsi les sculptures futuristes de Boccioni o&#249; l'id&#233;e du mouvement est donn&#233;e. &#192; la dimension m&#233;canique, Ibai Hernandorena ajoute une dimension de type organique, l'&#339;uvre fait aussi r&#233;f&#233;rence &#224; une chrysalide, un corps &#233;trange en gestation. Par ailleurs, la s&#233;rie &lt;i&gt;Timeline&lt;/i&gt; (2015) est form&#233;e d'images prises &#224; bord d'avions. Entre la terre et le ciel, les images font &#233;tat d'un mouvement, d'un manque et d'une blessure. L'appareil semble incapable de restituer le changement d'&#233;tat d'un paysage en mouvement. Alors, le temps est ralenti, suspendu, il se consume lentement. En explorant une zone inconfortable et fuyante, l'artiste travaille le temps, la ruine, le souvenir d'un paysage, d'une ville, d'une habitation. Au fil des &#339;uvres, tout ce qui nous para&#238;t familier, nous &#233;chappe et se transforme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/IMG/media/docs/IHernandorena_Julie%20Crenn_DDAA.pdf'&gt;T&#233;l&#233;charger le texte en pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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