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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>Les Cowboys</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Camille de Singly</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les Cowboys s'ouvre sur une porte &#224; double battant en bois. Derri&#232;re la fen&#234;tre du battant de gauche, ferm&#233;, on voit (et on entend) un cowboy lire un texte, lentement, en s'arr&#234;tant apr&#232;s chaque mot ou presque. Il est film&#233; de profil, agenouill&#233;. A sa droite, debout et de face, nous regardant, une cowgirl &#224; lunettes arborant Stetson et ceinturon r&#233;p&#232;te ses mots avec une voix r&#226;peuse&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Montrer son dos/&#224; la soci&#233;te&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?/S'interrompre/de croire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;... La voix butte sur les mots et transforme&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-27240" rel="directory"&gt;Textes &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les Cowboys&lt;/i&gt; s'ouvre sur une porte &#224; double battant en bois. Derri&#232;re la fen&#234;tre du battant de gauche, ferm&#233;, on voit (et on entend) un cowboy lire un texte, lentement, en s'arr&#234;tant apr&#232;s chaque mot ou presque. Il est film&#233; de profil, agenouill&#233;. A sa droite, debout et de face, nous regardant, une cowgirl &#224; lunettes arborant Stetson et ceinturon r&#233;p&#232;te ses mots avec une voix r&#226;peuse&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Montrer son dos/&#224; la soci&#233;te&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?/S'interrompre/de croire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pascal Quignard, La Barque silencieuse, Paris, Le Seuil, 2009.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;... La voix butte sur les mots et transforme certaines syllabes. Les mots deviennent une mati&#232;re brute, une argile qui se module et se mod&#232;le, le texte se d&#233;cale, et les phrases en sortent renforc&#233;es, densifi&#233;es. L'artificialit&#233; de l'exercice pose&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? ici (dire un texte que l'on n'a pas pens&#233;, ni m&#234;me choisi), propre au th&#233;&#226;tre et au cin&#233;ma, gagne une authenticit&#233; inattendue, alors m&#234;me, justement, que les mots se chargent en partie d'un autre sens. Et quand les derniers mots sont dits, lui rel&#232;ve la t&#234;te, et la regarde, admiratif&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle sourit avec fiert&#233; et bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus loin/un peu plus tard, la m&#234;me cowgirl r&#233;p&#232;te d'autres paroles du &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;souffleur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; celui qui s'appelle Jean-Pierre, le louant pour ses &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;nombreux talents, super force, super vitesse, et j'imagine, super audition&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Des mots emprunt&#233;s aux h&#233;ros de la s&#233;rie t&#233;l&#233;vis&#233;e d'animation &lt;i&gt;Avengers Rassemblement,&lt;/i&gt; dot&#233;s de super pouvoirs, justement. Jean-Pierre, mi-g&#234;n&#233;, mi-goguenard, un peu vantard aussi, r&#233;pond&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Et pour moi, c'est possible, et ouais. C'est possible&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et ouais. Pour moi c'est possible, et ouais. Et ouais d'accord pour moi c'est possible.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Par cette &lt;i&gt;quasi&lt;/i&gt; r&#233;p&#233;tition des m&#234;mes mots, et ces d&#233;calages, Jean-Pierre dessine et redessine la r&#233;alit&#233;, lui donne progressivement corps. Il se convainc, convainc sa belle, et nous convainc, qu'il &lt;i&gt;est&lt;/i&gt; ce super h&#233;ros. Il est ce cowboy aux multiples talents. La fronti&#232;re entre r&#233;el et fiction semble avoir disparu, et pour lui, et pour nous. Quand Jean-Pierre nous regarde (il se tourne vers la cam&#233;ra, &#224; un certain moment), on se sent pris &#224; partie, t&#233;moin du d&#233;fi que repr&#233;sente un tel changement d'identit&#233;. Mais o&#249; se situe exactement cette mutation&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Jean-Pierre est-il un ancien h&#233;ros d&#233;chu, ou un h&#233;ros en puissance, &#224; qui il manque un peu de confiance en soi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Le d&#233;calage est plus profond, en fait. Jean-Pierre semble habiter un ranch, &#234;tre un cowboy, et &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Jean-Pierre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; est son pr&#233;nom dans la vraie vie. Cependant, le ranch est un poney-club dans le Lot-et-Garonne, le temps de s&#233;jour sur place est seulement de six jours, et les habits sont un m&#233;lange de vraies bottes, de costumes de cowboy, et de faux flingues. Jean-Pierre n'est donc pas un vrai cowboy&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est cowboy dans un film.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, et c'est ce qui nous trouble, Jean-Pierre ne joue pas un cowboy comme le ferait un acteur de western. Il vit vraiment son personnage, comme les autres personnes que filme Julie Chaffort &#8211; &#224; l'exception du souffleur, jou&#233; par un v&#233;ritable acteur (J&#233;r&#244;me Ba&#235;len). Il vit son personnage, ou plut&#244;t il vit un personnage qu'il contribue &#224; cr&#233;er, il est son personnage. Pour ce film, et contrairement &#224; sa m&#233;thode de travail habituelle, l'artiste-r&#233;alisatrice n'a pas &#233;crit de sc&#233;nario en amont. Elle a choisi un lieu (un poney-club au d&#233;cor rustique), des costumes et des objets (des canards en plastique, des ballons en h&#233;lium...). Elle a d&#233;fini un rythme, lent, celui du temps qui s'&#233;tire dans la torpeur d'un soleil accablant de d&#233;sert am&#233;ricain, et celui, aussi, de la vie quotidienne des personnes handicap&#233;es qu'elle filme. Ces &#233;l&#233;ments pos&#233;s, Julie Chaffort con&#231;oit des situations, parfois r&#233;duites &#224; de simples d&#233;cors dans lesquels se d&#233;ploient des s&#233;quences improvis&#233;es. S'ils manipulent, parfois, des pistolets, ses acteurs ne chassent pas les Indiens, ne volent pas des banques, et ne se saoulent pas au comptoir. Ils attendent. Le temps, vid&#233;, se remplit&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils &#233;changent quelques mots, s'attellent &#224; une partie de p&#234;che (au canard en plastique) au suspense presqu'insoutenable, &#224; une joute amoureuse silencieuse. Il y a une telle intensit&#233; dans ces sc&#232;nes, qui sont celles d'une vraie-fausse vie, que l'on est profond&#233;ment &#233;mus. En cr&#233;ant un cadre tr&#232;s ouvert, o&#249; chacun joue son propre personnage, seul ou &#224; plusieurs, Julie Chaffort permet &#224; la vraie vie de ses acteurs de rentrer dans le film. Ses personnages sont eux- m&#234;mes et en m&#234;me temps autres. Ils se pr&#234;tent, avec bonheur, au travestissement, incarnant ces cowboys et cowgirls qu'ils ont peut-&#234;tre r&#234;v&#233; d'&#234;tre. Et ce qu'ils insufflent de leur vie propre &#224; leur personnage, si d&#233;cal&#233; de ce que l'on pourrait attendre de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;v&#233;ritables&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; faux cowboys (puisqu'on ne les conna&#238;t, souvent, que par le cin&#233;ma), para&#238;t soudain si juste. La vie est l&#224;, dans son humanit&#233; la plus &#233;vidente. La cohabitation pacifique avec les chevaux, que l'on voit se frotter, se humer, galoper &#224; c&#244;t&#233;, renforce le sentiment que l'on assiste, dans &lt;i&gt;Les Cowboys,&lt;/i&gt; &#224; une vision de l'essence de l'&#234;tre animal, futur de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camille de Singly, 2017&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.dda-nouvelle-aquitaine.org/IMG/media/docs/CdSingly_Cowboys_2017.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&gt; T&#233;l&#233;charger le texte (pdf)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Pascal Quignard, &lt;i&gt;La Barque silencieuse,&lt;/i&gt; Paris, Le Seuil, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Julie Chaffort ou l'&#233;chapp&#233;e - Entre chiens et loups</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Julie-Chaffort-ou-l-echappee-Entre-chiens-et-loups</link>
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		<dc:date>2018-05-17T13:14:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Camille de Singly</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Partie 1&#160;: Julie Chaffort ou l'&#233;chapp&#233;e L'eau para&#238;t lisse d'abord, et le temps s'&#233;tire ou se suspend dans une forme d'insouciance, de l&#233;g&#232;ret&#233;, ou de calme propice &#224; la contemplation. Les bourdonnements, le clapotis de l'eau, le soleil ou la brume nous enveloppent dans de longs plans fixes, et une certaine torpeur. Et d'un coup, le temps se resserre, se tend&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les sons et le paysage s'alt&#232;rent&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et l'on chavire dans le doute, l'interrogation, l'&#233;motion retenue, ou le sourire arrach&#233;.&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-27240" rel="directory"&gt;Textes &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Partie 1&#160;: Julie Chaffort ou l'&#233;chapp&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'eau para&#238;t lisse d'abord, et le temps s'&#233;tire ou se suspend dans une forme d'insouciance, de l&#233;g&#232;ret&#233;, ou de calme propice &#224; la contemplation. Les bourdonnements, le clapotis de l'eau, le soleil ou la brume nous enveloppent dans de longs plans fixes, et une certaine torpeur. Et d'un coup, le temps se resserre, se tend&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les sons et le paysage s'alt&#232;rent&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et l'on chavire dans le doute, l'interrogation, l'&#233;motion retenue, ou le sourire arrach&#233;. Puis, tel un accord&#233;on se d&#233;pliant apr&#232;s la compression, le temps se red&#233;ploie, et la respiration reprend un cours serein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette alternance de temps appelle des univers diff&#233;rents. Le premier est celui d'un cin&#233;ma habit&#233; par une certaine lenteur, arr&#234;tant le regard sur les branches des arbres qui ploient, sur les herbes couch&#233;es, sur le fil de la rivi&#232;re, sur les roches des berges, sur les visages&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un cin&#233;ma qui &#233;coute, aussi, les voix des hommes et des femmes qui les habitent (on pense &#224; Tarkovski, Kaurism&#228;ki, Godard&#8230;). Le second renvoie, d'une part, au cin&#233;ma burlesque et &#224; ses bascules &#224; r&#233;p&#233;tition, jouant sur les registres de l'absurde, de la chute, de la surprise, du d&#233;calage. Dans ces chavirements de situation, la dimension comique est parfois pr&#233;sente seulement en surface, dans un costume d&#233;cal&#233; et dr&#244;le, un accessoire improbable&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le jeu des acteurs, lui, touche les cordes profondes de l'&#233;motion. N'empruntant pas au seul cin&#233;ma burlesque, ces sc&#232;nes semblent puiser aussi leurs mod&#232;les dans le champ de la performance. Prenons un exemple. &lt;i&gt;Dans Hot-Dog&lt;/i&gt; (2013), la cam&#233;ra s'arr&#234;te sur un paysage de for&#234;t enneig&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Nikola&#239; s'affaire, puis chante au micro &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Je ne suis pas chanceux en amour&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sur un fond musical enregistr&#233;. De larges baffles diffusent le son. Bras nus et capeline en fourrure sur le dos, le sourire aux l&#232;vres, les chaussettes blanches dans ses chaussures noires, Nikola&#239; aurait sa place dans un centre d'art, et para&#238;t ici t&#233;l&#233;port&#233;, sans la moindre g&#234;ne, dans un environnement a priori assez hostile. Et ce qui serait l&#233;g&#232;rement d&#233;cal&#233; et plut&#244;t dr&#244;le dans un centre d'art devient ici puissamment &#233;mouvant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Situ&#233; &#224; la lisi&#232;re du cin&#233;ma et de l'art contemporain, le travail de Julie Chaffort d&#233;joue aussi la normalisation des espaces de (re)pr&#233;sentation. Faut-il le temps impos&#233; d'une salle de projection (comme lors de la pr&#233;sentation de &lt;i&gt;La Barque Silencieuse&lt;/i&gt; au Festival international de cin&#233;ma de Marseille tout r&#233;cemment)&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ou l'espace d&#233;ploy&#233; du &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;white cube&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et de sa &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;dark room&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; des lieux de l'art contemporain aujourd'hui&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? En acceptant les deux (et les mondes professionnels qui leur sont associ&#233;s), Julie Chaffort est fid&#232;le &#224; cette double identit&#233; qu'elle revendique, celle d'&#234;tre une &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;artiste-r&#233;alisatrice&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Un entre-deux qui a d&#233;j&#224; une certaine histoire, puisqu'une partie des artistes de la g&#233;n&#233;ration pr&#233;c&#233;dente a nourri sa pratique du cin&#233;ma. On pensera, par exemple, au travail de Gonzalez-Foerster, Huygue, et Parreno, et &#224; leur soci&#233;t&#233; Anna Sanders Production cr&#233;&#233;e en 1997. Pour Julie Chaffort, le cin&#233;ma est un m&#233;dium dominant, naturel, celui qu'elle choisit tr&#232;s t&#244;t de d&#233;velopper, &#224; l'&#233;cole des beaux-arts de Bordeaux o&#249; elle &#233;tudie, puis aupr&#232;s de Roy Andersson qu'elle assiste, et de Werner Herzog dont elle suit le s&#233;minaire &#224; sa Rogue Film School. Mais elle est aussi, fondamentalement, artiste &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;plasticienne&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Au del&#224; des correspondances cit&#233;es ci-dessus entre le champ de la performance et celui du cin&#233;ma dans ses films, les enjeux des pratiques hybrides de l'art contemporain ressurgissent lors de sa premi&#232;re exposition personnelle &#224; l'espace Clark de Montr&#233;al en 2015. Pour habiter l'espace, d&#233;ployer dans et hors de l'&#233;cran de projection un univers plastique autonome, Julie Chaffort cr&#233;&#233;e une projection multiple, et ajoute deux &#233;l&#233;ments, une platine sur socle et un banc. Elle invite ainsi &#224; une forme d'immersion sonore et visuelle, qui rappelle en la d&#233;calant l'exp&#233;rience du cin&#233;ma. Pour sa deuxi&#232;me exposition personnelle &#224; Pollen quelques mois plus tard, elle ajoute d'autres objets&#160;: les costumes port&#233;s par les acteurs de &lt;i&gt;La Barque Silencieuse&lt;/i&gt; sont suspendus &#224; des cintres, des fragments d'animaux empaill&#233;s et une photographie &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;de plateau&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sont accroch&#233;s aux murs, et d'autres vid&#233;os sont pr&#233;sent&#233;es dans des moniteurs. L'artiste nous place ainsi dans et hors du film, &#224; l'instar du Woody Allen de &lt;i&gt;La Rose pourpre du Caire&lt;/i&gt;. Elle d&#233;finit aussi un environnement d'exposition qui rappelle celui du mus&#233;e, mus&#233;e d'objets&#8211;souvenirs, mus&#233;e de l'homme, etc. Et c'est le statut m&#234;me de ces objets qui est alors en jeu. Pour l'artiste, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ces objets ne sont que des accessoires&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils n'ont donc pas le statut de sculptures, incarnant &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;seulement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; des vid&#233;os r&#233;alis&#233;es ou &#224; venir. Cependant, par leur pr&#233;sence physique, leur emplacement, les liens qui se tissent spatialement entre eux et avec la ou les projections, ces objets dessinent un univers qui ne pourrait se r&#233;duire &#224; celui d'un d&#233;cor. Il y a, en germe, l'apparition d'un v&#233;ritable monde parall&#232;le, autonome, qui continue &#224; se d&#233;velopper &#224; la Progress Gallery.&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Partie 2&#160;: Entre chiens et loups&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rideau est tomb&#233;, cloisonnant les deux espaces de la Progress Gallery, dissociant l'introduction du d&#233;veloppement, la mise en bouche du plat de r&#233;sistance, le teaser du global.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re salle fonctionne aussi comme un sas, entre la rue, sa lumi&#232;re, et la p&#233;nombre de l'espace principal de la galerie, o&#249; l'on vient perdre le sens du r&#233;el. Dans cette heure bleue, Julie Chaffort commence par nous distraire. Trois moniteurs alternent, en boucle, de courtes vid&#233;os en apparence un peu absurdes, dans lesquelles se croisent de vrais et de faux animaux. Dans La meute, plusieurs chiens de chasse s'approchent d'un caniche noir synth&#233;tique pos&#233; au sol droit comme un &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;I&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et un peu ridicule avec sa petite langue rose qui sort. Ils lui tournent autour, le reniflent, s'en &#233;loignent, reviennent&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'un lui urine dessus. L'action semble anodine, et pourtant, elle grince. Le chien app&#226;t est aussi un chien en peluche&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; succ&#233;dan&#233; animal pour l'homme, il est ici souill&#233; d'un jet d'urine canine. Et dans ce jeu de dupes prime la propension de l'homme &#224; (se) leurrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rideau franchi, on rena&#238;t dans une salle au noir, la verri&#232;re de la galerie ayant &#233;t&#233; occult&#233;e par l'artiste. Un aveuglement n&#233;cessaire, peut-&#234;tre, pour revenir &#224; l'&#233;tat de croyance d'avant la v&#233;rit&#233;. Surgit de l'obscurit&#233; un mouton noir aux grandes cornes debout sur une embarcation de fortune, un radeau pos&#233; au sol sur ses gonfleurs. Ce dernier est un bel objet, dot&#233; de sept larges planches en bois patin&#233;, certaines dor&#233;es, d'autres brunes. Le radeau a servi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;il a jou&#233;, il a v&#233;cu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, dit l'artiste qui l'a fabriqu&#233; lors d'une r&#233;sidence en mai &#224; La Petite Escal&#232;re, et film&#233; pour un chant sur l'Adour. L'incongrue pr&#233;sence de ces deux objets, le mouton noir et le radeau, fait resurgir un pass&#233; enfoui, et un ailleurs&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils sont rep&#234;ch&#233;s, en quelque sorte, de la m&#233;moire du temps. Julie Chaffort les qualifie d' &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;esp&#232;ces reliques&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, expression utilis&#233;e en biologie pour nommer les esp&#232;ces presque &#233;teintes, d'origine tr&#232;s ancienne et qui ne se rencontrent que dans une aire limit&#233;e. Le terme &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;relique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; renvoie aussi &#224; ces restes de saints auxquels l'homme voue un culte, et qui ont nourri, pendant des si&#232;cles, la construction de nouvelles &#233;glises. La nouvelle vie accord&#233;e par Julie Chaffort &#224; ces &#233;l&#233;ments &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;morts&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; est toute autre. Mais est-on si loin d'une forme de r&#233;incarnation&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans bouger, le mouton vogue sur son radeau, au gr&#233; des sons naturels sortis de la platine vinyle voisine. De l'eau qui ruisselle, du vent en rafale, des cris d'oiseaux, des hurlements de loups,&#8230; accompagnent cette itin&#233;rance&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils ont &#233;t&#233; enregistr&#233;s au milieu du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle par un photographe et preneur de son canadien, Dan Gibson. Ces sons recr&#233;ent l'atmosph&#232;re d'une nature sauvage, non domestiqu&#233;e par l'homme. Ils font aussi &#233;cho &#224; la partition sonore de &lt;i&gt;Jour Blanc,&lt;/i&gt; &#224; l'espace Clark &#224; Montr&#233;al, et &#224; sa partition visuelle, lui empruntant deux de ses trois vid&#233;os. Dans ce cr&#233;puscule artificiel qui relie Ouessant au Nouveau Monde, on est saisi par le d&#233;calage entre l'hyperr&#233;alit&#233; de ce que l'on entend et voit, et l'impossible connexion, dans le r&#233;el, entre les objets sonores et visuels expos&#233;s. Le monde des songes n'est peut-&#234;tre pas si loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camille de Singly, 2016&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;cris dans le cadre de l'exposition &lt;i&gt;Entre chiens et loups,&lt;/i&gt; Progress Gallery&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.dda-nouvelle-aquitaine.org/IMG/media/docs/Camille%20de%20Singly_Entre_chiens_et_loups_textecourt_2016.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&gt; T&#233;l&#233;charger le texte (pdf)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Entre chiens et loups - texte court</title>
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		<dc:date>2018-05-17T12:39:28Z</dc:date>
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		<dc:creator>Camille de Singly</dc:creator>



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&lt;p&gt;Trois moniteurs alternent, en boucle, de courtes vid&#233;os en apparence un peu absurdes, dans lesquelles se croisent de vrais et de faux animaux. Plus loin, sans bouger, un mouton noir vogue sur un radeau, au gr&#233; de sons naturels sortis de la platine vinyle voisine. De l'eau qui ruisselle, du vent en rafale, des cris d'oiseaux, des hurlements de loups,&#8230; accompagnent cette itin&#233;rance&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils recr&#233;ent l'atmosph&#232;re d'une nature sauvage, non domestiqu&#233;e par l'homme. Invit&#233;e par la Progress Gallery&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-27240" rel="directory"&gt;Textes &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Trois moniteurs alternent, en boucle, de courtes vid&#233;os en apparence un peu absurdes, dans lesquelles se croisent de vrais et de faux animaux. Plus loin, sans bouger, un mouton noir vogue sur un radeau, au gr&#233; de sons naturels sortis de la platine vinyle voisine. De l'eau qui ruisselle, du vent en rafale, des cris d'oiseaux, des hurlements de loups,&#8230; accompagnent cette itin&#233;rance&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils recr&#233;ent l'atmosph&#232;re d'une nature sauvage, non domestiqu&#233;e par l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Invit&#233;e par la Progress Gallery &#224; penser un projet pour son espace d'exposition, Julie Chaffort y cr&#233;e un environnement singulier, constitu&#233; de vid&#233;os, d'objets, et d'&#233;l&#233;ments sonores. Le d&#233;coupage de l'espace et la luminosit&#233; sont transform&#233;s pour appeler un ailleurs ici, maintenant. Et dans la galerie obscurcie se d&#233;ploie un monde venu de l'oeuvre cin&#233;matographique de l'artiste-r&#233;alisatrice, situ&#233; &#224; la lisi&#232;re du cin&#233;ma et de l'art contemporain, et habit&#233; par la question du bestiaire. &lt;i&gt;Entre chiens et loups&lt;/i&gt; interroge ainsi la normalisation des espaces de (re)pr&#233;sentation, salle de projection ou espace d&#233;ploy&#233; du &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;white cube&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et de sa &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;dark room&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. L'exposition questionne aussi la pertinence du classement animalier, celle qui distingue l'homme des autres animaux, les domestiqu&#233;s des sauvages, les chiens des loups, les vrais chiens des faux, synth&#233;tiques doubles destin&#233;s &#224; leurrer. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Entre chien et loup&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, c'est enfin cet entre-deux du temps, qui &#233;chappe &#224; un autre d&#233;coupage norm&#233;, celui qui &#233;gr&#232;ne les heures, les minutes et les secondes. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Une heure trente ou deux heures pour oublier le jour, une heure trente ou deux heures pour reculer la nuit&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#233;crit Alain Fleischer dans ses &lt;i&gt;Ecrits sur le cin&#233;ma et la photographie&lt;/i&gt; (2009). Dans ce cr&#233;puscule artificiel, on est saisi par le d&#233;calage entre l'hyperr&#233;alit&#233; de ce que l'on entend et voit, et l'impossible connexion, dans le r&#233;el, entre les objets sonores et visuels expos&#233;s. Le monde des songes n'est peut-&#234;tre pas si loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camille de Singly, 2016&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;crit dans le cadre de l'exposition &lt;i&gt;Entre chiens et loups,&lt;/i&gt; Progress Gallery&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.dda-nouvelle-aquitaine.org/IMG/media/docs/Camille%20de%20Singly_echapee_Entre_chiens_et_loups_2015.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&gt; T&#233;l&#233;charger le texte (pdf)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La barque silencieuse</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/La-barque-silencieuse-45769</link>
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		<dc:date>2018-05-17T10:50:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Camille de Singly</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le roman ne donne pas les choses, mais leurs signes. Avec ces seuls signes, les mots, qui indiquent dans le vide, comment faire un monde qui tienne debout&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Car un livre n'est rien qu'un petit tas de feuilles s&#232;ches, ou alors une grande forme en mouvement&#160;: la lecture. Ce mouvement, le romancier le capte, le guide, l'infl&#233;chit, il en fait la substance de ses personnages&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un roman, suite de lectures, de petites vies parasitaires dont chacune ne dure gu&#232;re plus qu'une danse, se gonfle et se&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-27240" rel="directory"&gt;Textes &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le roman ne donne pas les choses, mais leurs signes. Avec ces seuls signes, les mots, qui indiquent dans le vide, comment faire un monde qui tienne debout&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Car un livre n'est rien qu'un petit tas de feuilles s&#232;ches, ou alors une grande forme en mouvement&#160;: la lecture. Ce mouvement, le romancier le capte, le guide, l'infl&#233;chit, il en fait la substance de ses personnages&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un roman, suite de lectures, de petites vies parasitaires dont chacune ne dure gu&#232;re plus qu'une danse, se gonfle et se nourrit avec le temps de ses lecteurs.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Paul Sartre, &lt;i&gt;Situations,&lt;/i&gt; 1938-1944&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;visite&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de &lt;i&gt;La barque silencieuse&lt;/i&gt; de Julie Chaffort &#224; Pollen est une &#233;trange exp&#233;rience. On est devant et dedans, tout autant ext&#233;rieur qu'ench&#226;ss&#233; &#224; l'exposition, comme l'est le film qui lui donne son titre. Les objets pr&#233;sent&#233;s constituent les &#233;l&#233;ments de la matrice fictionnelle que l'on active mentalement, fragments d'un m&#233;tamonde articulant et interrogeant le vrai et l'artifice, l'ici et l'ailleurs, le pass&#233;, le pr&#233;sent et le futur. Tout se construit, se brouille et se recompose. Ce processus de construction narrative, dans l'esprit du visiteur, renvoie &#224; celui qui innerve le travail de cr&#233;ation de l'artiste, dans la composition de son exposition comme dans celle de son film.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;difier le film &lt;i&gt;La barque silencieuse,&lt;/i&gt; coeur de ce nouveau monde, Julie Chaffort s'est nourrie du territoire de sa r&#233;sidence, Monflanquin et ses environs &#8211; de ses paysages, de ses atmosph&#232;res, de ses habitants, et de leurs activit&#233;s. Elle a film&#233; des champs dans le brouillard, des sous-bois en lumi&#232;re lunaire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle a assist&#233; aux s&#233;ances de r&#233;p&#233;tition de la chorale du Prince Noir, du club de savate boxe fran&#231;aise, de l'aviron villeneuvois,&#8230; Cette mati&#232;re premi&#232;re, concr&#232;te, r&#233;elle, a aliment&#233; une fiction, un sc&#233;nario pens&#233; par l'artiste en r&#233;sonance avec ses propres mondes. Dans cette barque silencieuse transpara&#238;t ainsi l'inclinaison de Julie Chaffort pour le d&#233;calage, le basculement de situations et d'&#233;motions (le passage du s&#233;rieux au burlesque, d'un &#233;tat de tranquillit&#233; &#224; une intensit&#233; dramatique, du quotidien &#224; l'extraordinaire), la dur&#233;e et l'endurance &#8211; pr&#233;sents dans nombre de ses courts, moyens et longs m&#233;trages ant&#233;rieurs. On y retrouve, aussi, l'importance de la musique et des mots, en &#233;cho aux mondes int&#233;rieurs de ses personnages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les acteurs de &lt;i&gt;La barque silencieuse&lt;/i&gt; ne sont pas des professionnels, mais des Monflanquinois que Julie Chaffort a rencontr&#233;s. En les observant vaquer &#224; leurs propres activit&#233;s, chanter, jouer de la musique, boxer, danser, elle a vu en eux des alt&#233;rit&#233;s en puissance. Pour r&#233;v&#233;ler cette dimension cach&#233;e, elle a construit des situations sp&#233;cifiques, rarement anodines&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ces personnes que je choisis, dit l'artiste, je les d&#233;cale, je les d&#233;route. Il y a une mise en tension, une mise en danger, la catastrophe n'est jamais tr&#232;s loin&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ses acteurs ont ainsi accept&#233; des commandes &#233;tranges, les menant aux confins du ridicule telle cette magnifique danse-boxe effectu&#233;e par un jeune homme en costume rouge &#224; c&#244;t&#233; d'un joueur de cornemuse, ou de la chute, &#224; l'instar de cet intense flamenco dans&#233; debout sur une barque d&#233;s&#233;quilibr&#233;e &#224; chaque instant, avec pour seule musique le rythme des talons sur le bois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le film se succ&#232;dent ainsi des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;sc&#232;nes-tableaux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; confrontant une (ou plusieurs) personne(s) &#224; une (in)action, &#224; un lieu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; y sont intercal&#233;s des plans de nature, insufflant des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;temps de respiration&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Les personnages sont silencieux, chantent, &#233;coutent de la musique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une voix masculine lit un texte en off, avec des plages muettes, l&#224; aussi. Les mots dits ne sont pas de ceux qui les prononcent&#160;: les pens&#233;es s'incarnent dans des textes emprunt&#233;s (un op&#233;ra de Karol Szymanowski, des chants occitans traditionnels&#8230;). Le texte lu par la voix off a &#233;t&#233; &#233;crit par Julie Chaffort &#224; partir de fragments d'un ouvrage qui lui est cher, La barque, le soir &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le titre de son film vient cependant d'un autre livre, La barque silencieuse (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; de Trajei Vesaas. Pr&#233;levant des mots, des phrases qu'elle poursuit, compl&#232;te, l'artiste compose un texte pour son sc&#233;nario, liant tous les &#233;l&#233;ments. Il accompagne les personnages de ses sc&#232;nes-tableaux, glisse sur les plans de nature, cr&#233;e une strate verbale qui se surimpose &#224; l'image et s'en d&#233;cale aussi, comme s'il avait une vie propre. Si Julie Chaffort insiste sur la pr&#233;&#233;minence du visuel dans son travail (&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;tout passe par l'image&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;), la beaut&#233; et l'&#233;motion du monde qu'elle compose tient aussi beaucoup &#224; ces mots lus et chant&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En confiant &#224; ces lieux et &#224; ces &#234;tres les textes et les musiques qui l'habitent, Julie Chaffort a con&#231;u une hybridation, un monde lui appartenant &#224; elle et leur appartenant &#224; eux (et existant en soi). Cet &#233;change, ce partage d'univers n'a sembl&#233; durer qu'un temps, celui de la r&#233;alisation du film, chacun &#233;tant ramen&#233; ensuite &#224; son quotidien. Pourtant, lors de la projection du vernissage, c'est le . miracle d'une forme de transfiguration qui a frapp&#233; les visiteurs, au-del&#224; des paysages et des personnes &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;reconnus&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ais&#233;ment. Comme si, soudainement, tous avaient pris conscience que les h&#233;ros de&lt;i&gt; La barque silencieuse&lt;/i&gt; &#233;taient touch&#233;s, profond&#233;ment et dans leur &#234;tre, par cette gr&#226;ce r&#233;v&#233;l&#233;e &#224; l'&#233;cran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dispositif sc&#233;nique imagin&#233; par Julie Chaffort pour accompagner la projection contribue aussi, ing&#233;nieusement, &#224; complexifier le rapport que nous entretenons au r&#233;el et &#224; la fiction. L'artiste a choisi, &#224; Pollen, d'occuper l'espace du fond, celui auquel on acc&#232;de apr&#232;s un passage en coud&#233;e. Un sas de (d&#233;)conditionnement en quelque sorte, qui rappelle ceux des expositions surr&#233;alistes. Dans la salle, des replis&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'&#233;cran est cach&#233; par une rampe de v&#234;tements suspendus &#224; des cintres. Une t&#234;te et un arri&#232;re-train de biche sont accroch&#233;s, en troph&#233;e, &#224; proximit&#233; d'une photographie de plateau qui ressemble &#224; une photographe documentaire de site (comme si le film n'avait &#233;t&#233; qu'une capture du r&#233;el). Ces &#233;l&#233;ments, surprenants, constituent autant d'indices d'un envers du d&#233;cor, d'un monde cach&#233;. Ils prennent sens au visionnage du film. Sur le portique, on reconna&#238;t les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;costumes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du film, d'extravagantes moumoutes, une combinaison de superh&#233;ros monochrome rouge, des pyjamas un peu discos, des vestons en tweed anglais, des loden &#224; la Sherlock Holmes&#8230; Tout semble sage et d&#233;sincarn&#233; tout d'un coup, comme si les h&#233;ros s'&#233;taient vid&#233;s de leur substance. Et en m&#234;me temps, on s'interroge&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en enfilant un de ces costumes, &#224; disposition, que devient-on&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camille de Singly, 2015&lt;br class='manualbr' /&gt;Texte &#233;crit dans le cadre de la r&#233;sidence Pollen, Monflanquin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.dda-nouvelle-aquitaine.org/IMG/media/docs/Camille%20de%20Singly_echapee_la_barque_silencieuse_2015.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&gt; T&#233;l&#233;charger le texte (pdf)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Le titre de son film vient cependant d'un autre livre, &lt;i&gt;La barque silencieuse&lt;/i&gt; de Pacal Guignard.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Push The Sky Away ou Winshluss, ap&#244;tre du n&#233;o no future</title>
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		<dc:date>2018-04-09T12:11:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Camille de Singly</dc:creator>



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&lt;p&gt;En 1967, trois ans avant la naissance de Vincent Paronnaud, Louis Armstrong chante What a Wonderful World de Bob Thiele et George David Weiss. C&#233;l&#233;brant un monde merveilleux aux couleurs de l'arc-en-ciel, le musicien convie ses auditeurs &#224; la contemplation b&#233;ate d'un univers pourtant travers&#233; de failles grandissantes. Depuis deux ans, l'Am&#233;rique est en effet secou&#233;e par des mouvements &#233;tudiants, port&#233;s notamment par les salves de Jerry Rubin sur le campus de Berkeley. C'est d'ailleurs sur ce&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-27181" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1967, trois ans avant la naissance de Vincent Paronnaud, Louis Armstrong chante What a Wonderful World de Bob Thiele et George David Weiss &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans sa version fran&#231;aise, chant&#233;e en 2010 par Johnny Halliday et Line (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. C&#233;l&#233;brant un monde merveilleux aux couleurs de l'arc-en-ciel, le musicien convie ses auditeurs &#224; la contemplation b&#233;ate d'un univers pourtant travers&#233; de failles grandissantes. Depuis deux ans, l'Am&#233;rique est en effet secou&#233;e par des mouvements &#233;tudiants, port&#233;s notamment par les salves de Jerry Rubin sur le campus de Berkeley. C'est d'ailleurs sur ce m&#234;me campus qu'a &#233;clos, six ans plus t&#244;t, une nouvelle bande dessin&#233;e cr&#233;&#233;e pour les adultes, et que l'on dira underground &#8211; souterraine, &#224; l'oppos&#233; du ciel, et de la vision moralisante et liss&#233;e des Mickey et Batman. Habit&#233;s par une introspection lucide et acide, nourris de sexe et de drogue, les comics de Robert Crumb et de Gilbert Shelton revisitent les figures de h&#233;ros &#224; l'aune d'une humanit&#233; quotidienne et terrienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2013. Alors que Nick Cave nous exhorte avec son dernier album &#224; repousser le ciel, gris&#233; par des ann&#233;es de faux espoirs, noirci par une humanit&#233; qui s'englue, Vincent Paronnaud alias Winshluss pose Un Monde Merveilleux au mus&#233;e des Arts D&#233;coratifs de Paris. Invit&#233; par la conservatrice de la section des Jouets Doroth&#233;e Charles, il infiltre une s&#233;lection de pi&#232;ces du mus&#233;e de ses &#339;uvres, certaines ayant &#233;t&#233; con&#231;ues et fabriqu&#233;es ad hoc. En apparence na&#239;fs, s&#233;duisants, enfantins, ses planches, films, jouets, sculptures, th&#233;&#226;tres de papier, etc. sont en fait contamin&#233;s par la mort, la violence, le sexe, le sale, brutalisant tous les r&#233;f&#233;rents de l'enfance avec un humour macabre et grin&#231;ant. Faussement merveilleux, le monde de l'enfance de Winshluss se craquelle pour laisser place &#224; un univers trash, qui fait rire jaune, et noir. Ce n&#233;o &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;no future&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, qui bouleverse toutes les lois des genres artistiques, se pare des couleurs de l'arc-en-ciel &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il &#233;tait omni-pr&#233;sent, par exemple, dans l'exposition Les gentils, c'est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; et des h&#233;ros de notre jeunesse pour mieux nous leurrer, et poser, avec force, une autre vision du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exposition s'ouvre sur une tr&#232;s belle s&#233;rie de masques, dat&#233;s principalement des ann&#233;es 1940 et de 1982. Au centre de quatorze masques d'animaux, entre deux clowns tristes, figure le masque de Winshluss, r&#233;alis&#233; en 2013 en r&#233;sine polyur&#233;thane. La ressemblance est parfaite&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; son fabricant, Harold Levy, est un sp&#233;cialiste des effets sp&#233;ciaux hyperr&#233;alistes pour le cin&#233;ma, &#224; tendance plut&#244;t gore. Une vraie paire de lunettes &#224; monture en plastique a m&#234;me &#233;t&#233; rajout&#233;e. Avec ce double de lui-m&#234;me, Winshluss s'inscrit dans une histoire contemporaine de l'autoportrait, celle des clowns de Cindy Sherman et des clones de Maurizio Cattelan. En usant du masque, duplication parfaite de fa&#231;ade, Winshluss d&#233;cale aussi la r&#233;alit&#233;. On l'imagine, &#233;ternel pince-sans-rire, enfiler son propre masque pour y grimacer librement. Plac&#233; ainsi &#224; l'entr&#233;e de l'exposition, cach&#233; au milieu d'autres masques, ce double de Winshluss pourrait tout autant observer l'univers qu'il a cr&#233;&#233;, tel un dieu invisible, qu'interroger le statut de l'artiste comme amuseur public tirant les ficelles de l'&#226;me des visiteurs. Rien ne nous sera &#233;pargn&#233;, d'ailleurs&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous serons les marionnettes de ses th&#233;&#226;tres de papier, les voyeurs de ses films d'animation, les consommateurs avides de son supermarch&#233;, les spectateurs impuissants de ses maquettes apocalyptiques, les collectionneurs fantasm&#233;s de ses planches et objets d&#233;riv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mi-exposition, un deuxi&#232;me autoportrait de l'artiste, de plein pied et &#224; &#233;chelle 1/2, tout en r&#233;sine, est enferm&#233; dans une grande bo&#238;te en carton et film transparent. Autoproclam&#233; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Poup&#233;e Winshluss dans sa bo&#238;te&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, il offre virtuellement &#224; la vente un double de l'artiste. Avec cette poup&#233;e clon&#233;e, Winshluss int&#232;gre ce &lt;i&gt;merchandising&lt;/i&gt; vampire qui se nourrit d'un de nos plus grands travers contemporains&#160;: une collectionnite aigu&#235; et &#233;ph&#233;m&#232;re qui nous fait acheter, sans cesse, les objets et v&#234;tements d&#233;riv&#233;s des derniers h&#233;ros du moment. Diam&#233;tralement oppos&#233;e &#224; la d&#233;rive situationniste, invitant et incitant &#224; une pratique anticonsum&#233;riste de la ville dans les ann&#233;es 1950 et 1960, celle des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;produits d&#233;riv&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On se souviendra que la d&#233;nomination &#171;&#160;produits d&#233;riv&#233;s&#160;&#187; vient des &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; vient au contraire, &#224; grand renfort de publicit&#233;, nous encourager dans une fr&#233;n&#233;sie d'achat aveugle et vaine. Dans l'exposition figure d'ailleurs aussi un petit &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Monsieur Ferraille&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; tir&#233; du h&#233;ros dessin&#233; par Winshluss et Cizo, d&#233;chu, allong&#233; dans sa vitrine aux c&#244;t&#233;s d'autres objets, symbole de cette vie arr&#234;t&#233;e t&#244;t par la grande valse des achats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;Poup&#233;e Winshluss&lt;/i&gt; d&#233;joue aussi les standards de l'utile et des projections imaginaires de la poup&#233;e ou du clone de science fiction. Alors que les Hubots de l'actuelle s&#233;rie t&#233;l&#233;vis&#233;e con&#231;ue par Lars Lundstr&#246;m, eux aussi d&#233;licatement empaquet&#233;s, sont les esclaves &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;parfaits&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, efficaces, lisses et propres, d'une humanit&#233; en qu&#234;te de red&#233;finition (ils ne mangent ni ne dorment et sont 100% fonctionnels) &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A la diff&#233;rence de leurs anc&#234;tres cr&#233;&#233;s au d&#233;but des ann&#233;es 1980, les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, la &lt;i&gt;Poup&#233;e Winshluss&lt;/i&gt; d&#233;bloque d&#232;s l'achat. Elle ne remplit aucune des fonctions attendues&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pire, non satisfaite d'&#234;tre inutile, elle &#233;met ces substances qui sont chez les humains censur&#233;es et bannies &#224; grand coup de d&#233;odorant et d&#233;sodorisant&#160;: la sueur et la fum&#233;e &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut en effet lire sur la bo&#238;te&#160;: &#171;&#160;Winshluss la poup&#233;e qui transpire&#160;&#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Comment ne pas y voir la version cocasse et grandie de la poup&#233;e qui fait pipi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Et ne pas penser &#224; la &lt;i&gt;Cloaca&lt;/i&gt; de Wim Delvoye, machine &#224; fabriquer du caca &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un relent de la Merda d' artista de Manzoni (1961) nous monte aussi au nez&#160;; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, si en Duchampien ramen&#233; brutalement &#224; l'insipide r&#233;el, Delvoye s'amusait &#224; faire une machine qui r&#233;alise v&#233;ritablement des excr&#233;ments, Winshluss joue surtout l'exacerbation de l'inutilit&#233; factice. Sa poup&#233;e est sale, et dangereuse (elle tue) &#8211; mais pour de faux, comme dans les histoires que se racontent les enfants pour se faire peur ou se r&#234;ver adultes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, alors que Barbie ou Ken incarnaient The New American Way of Life, une vie faite de r&#233;ussite sociale et de standing affich&#233;, la &lt;i&gt;Poup&#233;e Winshluss&lt;/i&gt; d&#233;clare&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Oh&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Non, je crois que j'ai rat&#233; ma vie&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Les dents jaunies, le regard exorbit&#233;, le corps transi d'angoisse, elle semble appeler au secours pour &#234;tre lib&#233;r&#233;e de son emballage. A ses c&#244;t&#233;s, dans la vitrine, figure un mini Winshluss, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Poup&#233;e Ken customis&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; en jean vieilli, T-shirt t&#234;te de mort et chaussures de tennis type Converse. Il l&#232;ve les mains en winner&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; devant un &#233;criteau vantant des heures de jeux, il vient de remporter ce qui semble &#234;tre, de loin, le jackpot. Mais l'&#233;cran du dispositif de jeu, une version g&#233;ante du bo&#238;tier si peu inspirant des cartes de cr&#233;dits, annonce froidement &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Vous &#234;tes fauch&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Sorti de sa bo&#238;te, il est donc imm&#233;diatement retomb&#233; dans les mailles du monde de la consommation, qui l'absorbe sans qu'il s'en soit rendu compte. Doublement &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;fauch&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, il est m&#233;taphoriquement emport&#233; par cette Grande Faucheuse &#224; qui Winshluss a d&#233;di&#233; son &lt;i&gt;Welcome to the Death Club&lt;/i&gt;. La part d'autod&#233;rision, le voyeurisme et le changement d'&#233;chelle rappellent les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;autofilmages&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et installations de Pierrick Sorin. Cependant, si Sorin se posait d&#232;s la fin des ann&#233;es 1980 en sympathique loser (&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Ce soir, il me faut que je me couche t&#244;t, parce que ce matin je suis vraiment tr&#232;s fatigu&#233; et &#231;a ne peut plus continuer comme &#231;a.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les R&#233;veils, 1988.&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;), Winshluss revendique avec la violence du marketing contemporain sa vie de perdant, comme s'il s'agissait d'un nouveau cri de guerre, d'un mode d'&#234;tre au monde aujourd'hui. L'humour noir de ces doubles en r&#233;sine en fait aussi les h&#233;ritiers de certains produits du Supermarch&#233; Ferraille, comme ce &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Foie gras de ch&#244;meur, &#233;lev&#233; en &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;HLM&lt;/span&gt;, nourri &#224; la bi&#232;re et aux p&#226;tes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, diffus&#233; en bo&#238;te de conserve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix de la poup&#233;e Ken, cr&#233;&#233;e en 1961, peut difficilement &#234;tre analys&#233; comme le geste nostalgique d'un ex-fan des Sixties (on n'imagine pas vraiment Winshluss r&#234;ver de prendre les traits de l'alter ego de Barbie, m&#234;me enfant). L'histoire de la naissance de Barbie n'est d'ailleurs pas si lisse. En 1953, le succ&#232;s de Lilli, h&#233;ro&#239;ne d'un nouveau comics cr&#233;&#233; pour le tablo&#239;d &lt;i&gt;Bild Zeitung,&lt;/i&gt; conduit son directeur &#224; en commander une transposition sous forme de poup&#233;e &#224; la firme de jouet allemande O&amp;M Hausser. En 1956, la &lt;i&gt;Bild Lilli,&lt;/i&gt; premi&#232;re poup&#233;e ayant les traits d'une femme adulte, est rep&#233;r&#233;e par la fille des fondateurs de Mattel, Barbara Handler, &#224; Lucerne. Ruth et Elliot Handler d&#233;cident de cr&#233;er une version am&#233;ricaine baptis&#233;e du diminutif de Barbara&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Barbie na&#238;t ainsi en 1959. Elle restera seule sur le march&#233; apr&#232;s que Mattel ait rachet&#233; les droits de la poup&#233;e en 1964, et deviendra gr&#226;ce &#224; la force de frappe am&#233;ricaine le porte-&#233;tendard d'un capitalisme plan&#233;taire. Le compagnon de Barbie, cr&#233;&#233; en 1961, porte le diminutif du pr&#233;nom du fils Handler, Kenneth. On peut cependant s'amuser de cette Cr&#233;ation invers&#233;e de la femme avant l'homme, et noter l'&#233;trange co&#239;ncidence qui fait na&#238;tre la poup&#233;e &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;adulte&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; pour les enfants au moment et sur le lieu m&#234;me (la Californie) de l'&#233;mergence de la bande dessin&#233;e adulte &#8211; l'un dans l'ombre des fanzines vendus sous le manteau, l'autre dans la lumi&#232;re du grand march&#233; international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux autres h&#233;ros dessin&#233;s de l'enfance sont d&#233;tourn&#233;s par Winshluss de leur droit chemin. D&#232;s &lt;i&gt;Super Negra n&#176;1,&lt;/i&gt; en 1999, l'un des personnages les plus c&#233;l&#232;bres au monde de la bande dessin&#233;e devient dans &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;The Mickey Mutant Show&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; l'anti-h&#233;ros absolu. P&#232;re et compagnon irresponsable et &#233;go&#239;ste (&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;On va &#234;tre tranquille toute la journ&#233;e&#8230; Cette chieuse de Minie (sic) garde les neveux de Ronald&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; d&#233;clare-t-il gaiement &#224; son compagnon de p&#234;che Dingo), immoral (il fait sauter les poissons &#224; la dynamite), Mickey mute, victime d'une bombe nucl&#233;aire. Il devient rat, puis se fait avaler par Plutox (sic). Dans Un Monde Merveilleux, Barbapapa (n&#233; comme Winshluss en 1970) perd aussi la vie violemment. En 2012, il fait une apparition sur la derni&#232;re page de la r&#233;&#233;dition de &lt;i&gt;Super Negra,&lt;/i&gt; les yeux cern&#233;s, le sourire fatigu&#233; et arm&#233; d'une Kalashnikov. Tirant un trait sur sa vie de militant hippie peace and love, il annonce (communiqu&#233; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AFP&lt;/span&gt;)&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Apr&#232;s des ann&#233;es de lutte pacifique, j'en suis arriv&#233; &#224; cette conclusion&#160;: la soci&#233;t&#233; ne pourra changer radicalement que par l'action arm&#233;e. Le mod&#232;le capitaliste engendre la violence, l'injustice et la destruction, c'est donc par la violence, l'injustice et la destruction que nous en viendrons &#224; bout.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Mais quelques mois plus tard, il a mut&#233;. Le diorama Barbatomic pr&#233;sente un Barbapapa gigantesque, dot&#233; de trois yeux et de multiples bras. Seul, cern&#233; par une arm&#233;e de petits soldats m&#233;talliques qui le mitraillent, il vient d'&#233;ventrer une des deux chemin&#233;es de refroidissement de la centrale nucl&#233;aire situ&#233;e derri&#232;re lui. Ses yeux crient l'effroi d'un sacrifice supr&#234;me&#160;: victime lui aussi de cette soci&#233;t&#233; gangren&#233;e par la supr&#233;matie de l'&#233;conomie du nucl&#233;aire et la toute-puissance de l'arm&#233;e pour r&#233;guler les probl&#232;mes de la plan&#232;te, il mute, d&#233;g&#233;n&#232;re et meurt, et ce malgr&#233; un ultime combat qu'il perd. L'utopie d'un vivre ensemble et de l'action collective, qui animait le Barbapapa des ann&#233;es 1970, a disparu. Seul contre tous, il incarne la r&#233;sistance de l'individu lucide contre la masse aveugle qui le brime, l'oppresse et le brise. Avec Winshluss, il n'y a pas de r&#234;ve collectif, et la masse se r&#233;v&#232;le dangereuse&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la r&#233;sistance individuelle, seule forme de lutte possible, n'est cependant m&#234;me pas garante de survie ou de bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son travail de sape syst&#233;matique des derniers bastions d'un commun d&#233;nominateur utopique, Winshluss s'attaque aussi aux contes de f&#233;es, pierre angulaire de notre &#233;ducation morale et imaginaire. Il n'est sans doute pas anodin qu'il commence par un pantin. Dans sa grande fresque sobrement intitul&#233;e &lt;i&gt;Pinocchio,&lt;/i&gt; publi&#233;e en 2008, Winshluss dessine un pantin de m&#233;tal, transposition moderne de celui en bois cr&#233;&#233; par Collodi. Ce passage au m&#233;tal pourrait &#234;tre, en soi, source d'inqui&#233;tude&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Roland Barthes d&#233;plorait d&#232;s 1957 la disparition du bois au profit du m&#233;tal pour les jouets d'enfant &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171;&#160;Un signe consternant, c'est la disparition progressive du bois, mati&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, et on se souviendra du robot Maria de M&#233;tropolis, monstre faite femme. Mais la nature et les &#233;l&#233;ments naturels sont souvent un leurre dans les bandes dessin&#233;es de Winshluss, un faux-semblant qui cache un univers d&#233;cadent et morbide. &lt;i&gt;Nature sucks&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/i&gt; titrait il son exposition &#224; l'Espace culturel Fran&#231;ois Mitterrand de P&#233;rigueux l'an dernier, avouant que &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;le bois [le] fait flipper&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. A sa cr&#233;ation, le Pinocchio de Winshluss est d'ailleurs parfait&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; enfant-serviteur, il accomplit efficacement les t&#226;ches m&#233;nag&#232;res. Mais parasit&#233; par un cafard pr&#233;nomm&#233; Jimmy qui s'installe dans son cr&#226;ne et transforme ses c&#226;blages, il rena&#238;t &#224; la vie dou&#233; d'autonomie de pens&#233;e et de d&#233;sir. Ayant conserv&#233; la na&#239;vet&#233; et la spontan&#233;it&#233; de l'enfance, il r&#233;v&#232;le au monde ses travers les plus pervers, et bouleverse &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'ordre &#233;tabli&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#8211; en fait le chaos d'un monde compl&#232;tement d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;. Celui-ci finit par mourir par le feu&#160;: la m&#232;re de Pinocchio, bimbo vieillissante, narcissique et &#233;cervel&#233;e, s'embrase&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'usine &#224; jouets fabriqu&#233;s par des enfants asservis explose&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le policier sadique &#224; t&#234;te de Moa&#239; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Est-ce une co&#239;ncidence si deux des plus grands auteurs de la bande dessin&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;se br&#251;le la cervelle &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revisitant la forme des petits th&#233;&#226;tres d'ombres, tr&#232;s en vogue &#224; la fin du si&#232;cle dernier &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On pensera par exemple aux d&#233;cors des th&#233;&#226;tres d'ombres d'Henri Rivi&#232;re en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, Winshluss balaie en une sc&#232;ne d&#233;finitive et contemporaine les fins souvent moralisantes des principaux contes de f&#233;es connus aujourd'hui. Dans ses th&#233;&#226;tres de papier, regroup&#233;s dans une sc&#233;nographie intitul&#233;e &lt;i&gt;Une histoire et au dodo,&lt;/i&gt; Hansel et Gretel des Fr&#232;res Grimm sont les prisonniers volontaires d'une maison Burger et d'une sorci&#232;re devenue Ronald McDonald&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le Petit Chaperon rouge de Perrault s'appr&#234;te &#224; tron&#231;onner le loup, les joues rosies de bonheur. M&#234;me les contes d'Andersen, pourtant d&#233;j&#224; sombres dans leur version originale &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La mort a &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;e par Disney de sa Petite Sir&#232;ne, et la transposition de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, se parent de fins violentes. &lt;i&gt;La petite fille aux allumettes&lt;/i&gt; met le feu &#224; sa ville au lieu de mourir de froid dans l'indiff&#233;rence de tous, et la petite sir&#232;ne, mod&#232;le de l'oubli de soi, se gave des d&#233;tritus de la mer. L'origine du monde en prend aussi pour son grade. Dans le diorama &lt;i&gt;Arche de No&#233;&lt;/i&gt; &#8211; on notera la reprise de cette autre forme import&#233;e du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cle, cette fois-ci mus&#233;ale et p&#233;dagogique, le diorama - Winshluss brasse l'Arche de No&#233;, les dinosaures et la licorne dans une m&#234;me grande mer. Dans cette (pr&#233;)histoire r&#233;&#233;crite, l'Arche de No&#233;, trop petite, ne peut contenir les dinosaures rest&#233;s &#224; terre, et la licorne tomb&#233;e &#224; l'eau. Faisant fi des s&#233;parations entre religion et science, religion et mythologie, et se moquant de notre propension &#224; fictionner un r&#233;el qui nous &#233;chappe fondamentalement, Winshluss engloutit tout dans une immense maquette-jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En brisant syst&#233;matiquement tout r&#234;ve de bonheur, en d&#233;truisant toute perspective de justice, en &#233;cartant toute fin morale &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le film d'animation de Winshluss Raging Blues (2003), variation autour du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, Winshluss balaye ce qui semblait &#234;tre la base du monde de l'enfance. Mais s'agit-il vraiment de l'enfance&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Certes, les enfants y sont omnipr&#233;sents, et une interpr&#233;tation bon teint pourrait y d&#233;celer l'inqui&#233;tante projection d'une jeunesse bris&#233;e par l'absence de morale, le d&#233;mission parentale et l'acc&#232;s facilit&#233; &#224; des formes de violence sp&#233;cifiquement destin&#233;es aux adultes. Les enfants de Winshluss seraient les descendants survolt&#233;s des Max et Moritz de Wilhelm Busch (lesquels finirent, un si&#232;cle et demi plus t&#244;t, moulus menu par un meunier exc&#233;d&#233;). Mais ne peut-on pas plut&#244;t y voir la repr&#233;sentation du monde adulte, ce monde dans lequel nous errons, &#233;gar&#233;s, hant&#233;s par nos fantasmes et nos cauchemars, sous la forme de ces enfants dont nous n'avons perdu que l'apparence&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Tout est pi&#232;ge et miroir invers&#233; chez Winshluss, dont le pseudonyme sonne comme une &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Fin de Partie&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; la Beckett, avec ce &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;win&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; tir&#233; de l'anglais &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;gagner&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et ce &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;shluss&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; si proche du &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Schluss&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; allemand, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;fin&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;terminer&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commande de l'Agence culturelle d&#233;partementale de Dordogne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Dans sa version fran&#231;aise, chant&#233;e en 2010 par Johnny Halliday et Line Renaud, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;What a Wonderful World&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; a &#233;t&#233; traduite par &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Un monde merveilleux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Il &#233;tait omni-pr&#233;sent, par exemple, dans l'exposition Les gentils, c'est nous&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! de Winshluss &#224; Pollen (Monflanquin 2012).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;On se souviendra que la d&#233;nomination &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;produits d&#233;riv&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; vient des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;produits d&#233;riv&#233;s financiers&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;op&#233;rations financi&#232;res reposant sur des op&#233;rations qui sont des d&#233;riv&#233;s d'autres op&#233;rations&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (Lexinter.net), &#224; l'origine, sans doute, de l'actuelle crise financi&#232;re mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;A la diff&#233;rence de leurs anc&#234;tres cr&#233;&#233;s au d&#233;but des ann&#233;es 1980, les Replicants de Ridley Scott (&lt;i&gt;Blade Runner)&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mis aussi au service de l'humanit&#233;, ces derniers &#233;taient individualis&#233;s et expressifs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;On peut en effet lire sur la bo&#238;te&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Winshluss la poup&#233;e qui transpire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Je crache aussi la fum&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Un peu comme les bo&#238;tes de c&#233;r&#233;ales &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Kunchy Poin Poin&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du Supermarch&#233; Ferraille, qui p&#232;tent et sentent mauvais.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Un relent de la &lt;i&gt;Merda d' artista&lt;/i&gt; de Manzoni (1961) nous monte aussi au nez&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cinquante ans apr&#232;s, c'est le fantasme de la figure de l'artiste de merde qui est mis en bo&#238;te.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;i&gt;Les R&#233;veils,&lt;/i&gt; 1988.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Un signe consternant, c'est la disparition progressive du bois, mati&#232;re pourtant id&#233;ale par sa fermet&#233; et sa tendreur, la chaleur naturelle de son contact&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le bois &#244;te, de toute forme qu'il soutient, la blessure des angles trop vifs, le froid chimique du m&#233;tal (&#8230;).&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (&lt;i&gt;Mythologies,&lt;/i&gt; 1957)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Est-ce une co&#239;ncidence si deux des plus grands auteurs de la bande dessin&#233;e actuelle, Manu Larcenet (dans &lt;i&gt;Blast&lt;/i&gt;) et Winshluss, ont repris au m&#234;me moment cette figure du Moa&#239;, qui avait inspir&#233; Max Ernst au d&#233;but des ann&#233;es 1930 (&lt;i&gt;Une Semaine de Bont&#233;&lt;/i&gt;)&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;On pensera par exemple aux d&#233;cors des th&#233;&#226;tres d'ombres d'Henri Rivi&#232;re en bois et zinc, con&#231;us pour le Chat Noir, et dans la collection du Mus&#233;e de Montmartre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;La mort a &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;e par Disney de sa &lt;i&gt;Petite Sir&#232;ne,&lt;/i&gt; et la transposition de la &lt;i&gt;Petite Fille aux allumette&lt;/i&gt;s est un discret court-m&#233;trage diffus&#233; en bonus de &lt;i&gt;La Petite Sir&#232;ne&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Le film d'animation de &lt;i&gt;Winshluss Raging Blues&lt;/i&gt; (2003), variation autour du &lt;i&gt;Raging Bull&lt;/i&gt; de Scorcese, en est sans doute une des plus ferventes d&#233;monstrations.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>C&#233;line Domengie, ou le g&#233;nie des lieux</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Celine-Domengie-ou-le-genie-des-lieux</link>
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		<dc:date>2015-09-29T14:51:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Camille de Singly</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Post-face de l'ouvrage Genius Loci, une approche exp&#233;riment&#233;e des chantiers &#201;crire en dernier lieu pour Genius Loci est-il un luxe&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? L'exercice offre en effet l'intense plaisir de se nourrir de toutes les contributions patiemment et savamment orchestr&#233;es par le ma&#238;tre d'ouvrage et ma&#238;tre d'oeuvre de Genius Loci, C&#233;line Domengie. C'est aussi une gageure&#160;: tout a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; &#233;crit, et si bien &#233;crit. Toutes les pierres de l'&#233;difice de cette &#233;dition, apr&#232;s celles du projet Genius Loci en tant que&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-26222" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Post-face de l'ouvrage Genius Loci, une approche exp&#233;riment&#233;e des chantiers&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;crire en dernier lieu pour Genius Loci est-il un luxe&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? L'exercice offre en effet l'intense plaisir de se nourrir de toutes les contributions patiemment et savamment orchestr&#233;es par le ma&#238;tre d'ouvrage et ma&#238;tre d'oeuvre de Genius Loci, C&#233;line Domengie. C'est aussi une gageure&#160;: tout a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; &#233;crit, et si bien &#233;crit. Toutes les pierres de l'&#233;difice de cette &#233;dition, apr&#232;s celles du projet Genius Loci en tant que tel, ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; pos&#233;es, avec la m&#234;me finesse et la m&#234;me justesse. Elles composent avec intelligence, culture et beaut&#233; un projet &#233;ditorial qui se laisse approcher, comme son objet, par petites touches, d&#233;couvrir avec le m&#234;me app&#233;tit de d&#233;construction et reconstruction que la construction a elle-m&#234;me suscit&#233;. La diversit&#233; des regards, des points de vue et des &#233;critures reconstituent en effet les facettes de cette oeuvre complexe&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le projet monte en douceur, en profondeur. Miroir si peu d&#233;form&#233; de l'oeuvre elle-m&#234;me, cette &#233;dition en prolonge les multiples ressorts, en d&#233;veloppe les nombreuses ramifications, et pourrait in fine &#234;tre appr&#233;hend&#233;e comme un double-multiple du premier Genius Loci tout autant que son dernier &#8211; et ultime&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? &#8211; volet.&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Grande oeuvre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; la forme insaisissable, Genius Loci surprend par sa dur&#233;e, sa complexit&#233;, son caract&#232;re exp&#233;rimental et &#233;volutif, et toutes les qualit&#233;s qu'il requiert de sa conceptrice et r&#233;alisatrice - une &#233;nergie immense, un sens &#233;lev&#233; de l'organisation, et une libert&#233; totale. Genius Loci r&#233;active l'esprit de recherche et d'exp&#233;rimentation qui anima par exemple Leonard de Vinci en son temps, et ce d&#233;sir de saisir et de rendre compte de toutes les dimensions de l'objet &#233;tudi&#233;, des gens, des choses et des lieux, &#224; travers une oeuvre toujours en devenir et fondamentalement ind&#233;pendantedes contraintes ext&#233;rieures au sens m&#234;me du projet. Genius Loci n'a pas une dur&#233;e fix&#233;e a priori, il se d&#233;ploie dans le temps qui sera n&#233;cessaire &#224; sa croissance, &#224; son &#233;volution&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; son co&#251;t n'est pas pr&#233;d&#233;termin&#233;, l'artiste part en qu&#234;te de fonds au fur et &#224; mesure des besoins du projet (approchant de possibles partenaires, concourant pour un 1% artistique, cr&#233;ant une association, etc.). &#192; chaque &#233;tape, C&#233;line Domengie invente les formes que prendra son oeuvre, s'y investissant avec autant d'intensit&#233; que si chacune &#233;tait une fin en soi. Elle approche son objet de travail (le chantier de construction d'un nouveau coll&#232;ge) par ses d&#233;cideurs politiques et administratifs, apprivoise et se laisse apprivoiser par le chef de chantier et ses &#233;quipes, prend connaissance de leurs instruments et gestes professionnels, rencontre les membres du bureau d'&#233;tude, les futurs usagers et voisins du coll&#232;ge, etc. Elle discute avec chacun, photographie, enregistre, fid&#232;le et sensible t&#233;moin d'un devenir en construction. Elle propose aussi des conf&#233;rences impliquant d'autres intervenants, qui rythment l'&#233;volution du projet et offrent autant de g&#233;n&#233;reux moments de partage de ses propres recherches. Des obstacles (des fonds qui tardent &#224; alimenter le projet, un architecte qui ne souhaite pas discuter, &#8230;) surviennent malgr&#233; tout, mais ils contribuent aussi &#224; modeler la po&#233;tique Genius Loci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la patiente et s&#251;re construction de son oeuvre, C&#233;line Domengie d&#233;veloppe ainsi une capacit&#233; hors du commun &#224; mobiliser des forces &#233;parses, nombreuses et qui n'&#233;taient pas destin&#233;es a priori &#224; se rencontrer&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; chef d'une entreprise toujours en devenir, elle s'agr&#232;ge des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#233;quipes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; fluctuantes, disparates mais volontaires, au fur et &#224; mesure de l'avancement du projet. Pierre-Michel Menger dans son &lt;i&gt;Portrait de l'artiste en travailleur&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;M&#233;tamorphoses du capitalisme&lt;/i&gt; (2003) voyait dans l'artiste contemporain l' &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;incarnation possible du travailleur du futur &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le d&#233;veloppement et l'organisation des activit&#233;s de cr&#233;ation artistique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; elle seule, C&#233;line Domengie en incarne les multiples facettes, transformant en force constructive les dimensions, m&#234;me les plus al&#233;atoires, incertaines et fragiles de son art. &#192; elle seule, elle est le g&#233;nie de son Genius Loci.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Le d&#233;veloppement et l'organisation des activit&#233;s de cr&#233;ation artistique illustrent aujourd'hui l'id&#233;al d'une division sophistiqu&#233;e du travail qui satisfasse simultan&#233;ment aux exigences de segmentation des t&#226;ches et des comp&#233;tences, selon le principe de la diff&#233;renciation croissante des savoirs, et de leur inscription dynamique dans le jeu des interd&#233;pendances fonctionnelles et des relations d'&#233;quipe&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (&#201;d. La R&#233;publique des Id&#233;es / Le Seuil, Paris, p. 8).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Jean-Marie Blanchet ou les failles de la peinture</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Jean-Marie-Blanchet-ou-les-failles-de-la-peinture</link>
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		<dc:date>2014-06-26T13:18:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Camille de Singly</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En 2010, pour le module &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;hors les murs&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qu'il cr&#233;e au Palais de Tokyo &#224; Paris, Jean-Marie Blanchet pr&#233;sentait, directement sur le mur, une courte vid&#233;o. Une grille noire sur fond blanc, sobre descendante des trames du Mondrian des ann&#233;es 1910, s'y d&#233;litait petit &#224; petit, ses rubans d'adh&#233;sif noir se d&#233;collant progressivement de leur support. Oblit&#233;rant le sol, le cadrage haut extrayait aussi de notre champ de vision l'&#233;tat ultime de d&#233;composition de la grille, mat&#233;rialit&#233; d&#233;soss&#233;e d'un&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-25848" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2010, pour le module &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;hors les murs&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qu'il cr&#233;e au Palais de Tokyo &#224; Paris, Jean-Marie Blanchet pr&#233;sentait, directement sur le mur, une courte vid&#233;o. Une grille noire sur fond blanc, sobre descendante des trames du Mondrian des ann&#233;es 1910, s'y d&#233;litait petit &#224; petit, ses rubans d'adh&#233;sif noir se d&#233;collant progressivement de leur support. Oblit&#233;rant le sol, le cadrage haut extrayait aussi de notre champ de vision l'&#233;tat ultime de d&#233;composition de la grille, mat&#233;rialit&#233; d&#233;soss&#233;e d'un entrem&#234;lement de scotchs. Assistions-nous alors, devant cette vid&#233;o mise en boucle, &#224; la fin &#233;ternellement rejou&#233;e de la peinture, deux si&#232;cles de d&#233;stabilisation induite par les apparitions successives de la photographie, du collage, de la performance, de la vid&#233;o...&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La calme ironie de cette &#339;uvre n'est pas sans rappeler les grilles d'adh&#233;sif (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Geste radical, dont on se leurrerait de croire qu'il vint interrompre le fil d'une recherche, ou tout du moins en poser une rupture. Faisant sien ce combat de la peinture pour justifier de la pertinence m&#234;me de son existence, Jean-Marie Blanchet op&#232;re en effet depuis des ann&#233;es sur une fragile ligne d'&#233;quilibre - ou de d&#233;s&#233;quilibre&#160;: celle o&#249; la peinture est sur le point de devenir autre chose qu'elle-m&#234;me. &#338;uvrant sur des champs limites, l'artiste invente une p&#233;riph&#233;rie des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;genres&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui apparente son travail &#224; une , aussi dangereusement en perte ou en qu&#234;te d'identit&#233; que son homonyme humaine. Jean-Marie Blanchet ne cesse en effet d'interroger les cadres de ce qui semble d&#233;finir la peinture, dans une relation &#224; la fois de filiation et de rupture avec les grands mouvements du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s ses &lt;i&gt;Grilles&lt;/i&gt; de 2003, Jean-Marie Blanchet revendique le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;non-choix&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de ses couleurs. Fran&#231;ois Morellet avait, au d&#233;but des ann&#233;es 1960, sollicit&#233; l'assistance de l'annuaire et des couleurs compl&#233;mentaires pour d&#233;finir sa palette&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Jean-Marie Blanchet s'en remet &#224; celle des pots en solde des magasins de bricolage, fin de s&#233;rie des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;bonnes couleurs&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de la saison pr&#233;c&#233;dente. L'artiste y per&#231;oit une mani&#232;re de toucher ses contemporains&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Les gens y reconnaissaient la couleur de leur cuisine, de leur salle de bain&#8230; J'aime bien que la couleur fasse image.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Marie Blanchet, 27&#160;septembre 2011.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; l'&#232;re d'une obsolescence encore massivement programm&#233;e, adopter une palette vieille de six mois ne constitue-t-il pas un acte d'autosabotage &#8211; la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;vintagisation&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; n&#233;cessitant une mise au placard d'au moins une g&#233;n&#233;ration&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Le spectateur a donc, au mieux, la surprise de retrouver la couleur des murs de sa cuisine&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dans tous les cas, l'impression &#233;tait celle d'un d&#233;j&#224;-vu, de couleurs us&#233;es &#224; nos yeux si rapidement fatigu&#233;s. Descendants du &lt;i&gt;Des Esseintes&lt;/i&gt; de Huysmans, nous avons cr&#233;&#233; une soci&#233;t&#233; survivant exclusivement dans la consommation fr&#233;n&#233;tique d'objets perp&#233;tuellement renouvel&#233;s. En arr&#234;tant le temps, en remontant ce temps d'une seule saison, Jean-Marie Blanchet nous offre le miroir de notre moi d'hier, et la vanit&#233; de cette qu&#234;te de nouveaut&#233; n&#233;cessairement insatisfaite et insatisfaisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artiste poursuit cette r&#233;flexion sur une mise &#224; distance du peindre dans ses &lt;i&gt;Chaises longues &#224; deux places,&lt;/i&gt; cr&#233;&#233;es &#224; Erquy dans le cadre de Rivages, 2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; rencontre avec l'art sur le littoral de la bais de Saint-Brieuc. Leurs toiles d&#233;ploient un &#233;ventail de couleurs allant d'un rouge bordeaux sombre &#224; un rose clair pass&#233;. Jean-Marie Blanchet d&#233;l&#232;gue ainsi le geste du peintre au teinturier, et la s&#233;lection des ses couleurs &#224; un nuancier industriel &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171;&#160;Ma r&#233;f&#233;rence va vers les nuanciers industriels, plus que la gamme des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, comme dans sa s&#233;rie &lt;i&gt;Pantone&lt;/i&gt; de 2004, r&#233;f&#233;rence &#224; une c&#233;l&#232;bre (et donc internationalement partag&#233;e) marque de nuanciers de couleurs. Si Johannes Itten d&#232;s la fin des ann&#233;es 1910, puis Max Bill, Richard Paul Lohse ou Camille Graeser avaient pu recourir &#224; la d&#233;finition scientifique (optique, chimique) des couleurs pour mieux les choisir, Jean-Marie Blanchet lui pr&#233;f&#232;re donc celle des industriels. Il emploie la mati&#232;re m&#234;me du d&#233;cor de nos vies quotidiennes pour alimenter ses propres oeuvres. Les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;motifs&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de ses &lt;i&gt;Pantone,&lt;/i&gt; longues bandes verticales juxtapos&#233;es, rappellent aussi la s&#233;rialit&#233; color&#233;e des &lt;i&gt;Optical Paintings&lt;/i&gt; de Bridget Riley ou Guido Molinari. Mais Jean-Marie Blanchet ne r&#233;alise pas d'esquisses pr&#233;paratoires, il ne projette aucun effet optique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le choix des couleurs est celui des Pantone&#174;, et il n'importe que dans la mesure o&#249; il rend compte d'une palette &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;commune&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Dans une certaine mesure, sa peinture repr&#233;sente une portion du r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Invit&#233; en 2005 par Pollen &#224; Monflanquin, Jean-Marie Blanchet applique de grandes bandes d'adh&#233;sif de couleur sur le mur, verticalement, puis dans la continuit&#233; du geste, sur le sol. Il y a un certain humour &#224; cr&#233;er une &lt;i&gt;Optical Painting&lt;/i&gt; sans jeu d'optique et sans peinture, avec un cousin de ce &lt;i&gt;masking tape&lt;/i&gt; (ruban adh&#233;sif) si souvent utilis&#233; par les grands peintres abstraits du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cle pour d&#233;limiter le plus pr&#233;cis&#233;ment possible leurs formes g&#233;om&#233;triques. Jeu de coulures qui ne coulent pas, &lt;i&gt;Adh&#233;sif sur sol et mur&lt;/i&gt; (2005) constitue aussi une version industrialis&#233;e, rallong&#233;e et fig&#233;e des &lt;i&gt;Color Field Paintings&lt;/i&gt; de Morris Louis. Faudrait-il voir dans cette peinture &#224; l'adh&#233;sif color&#233; l'ultime r&#233;ponse de Jean-Marie Blanchet &#224; l'id&#233;al de l'art concret, tel qu'il avait &#233;t&#233; d&#233;fini en 1930 par Carlsund, Doesbourg, H&#233;lion, Tutundjan et Wantz &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#034;1&#176; L'art est universel. 2&#176; L'&#339;uvre d'art doit &#234;tre enti&#232;rement con&#231;ue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, et dont on sent l'artiste proche&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Mais la grande utopie de la modernit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;pure&#034;, universelle et progressiste a c&#233;d&#233; la place &#224; une asphyxie globale dont le seul horizon est l'indignation &#8211; et la fragilit&#233; des &#339;uvres de Jean-Marie Blanchet, constitu&#233;es de mat&#233;riaux artificiels et sans p&#233;rennit&#233;, contraste avec les pr&#233;cieuses huiles sur toile des premiers abstraits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;i&gt;Staff&lt;/i&gt; (2005), grandes plaques de pl&#226;tre (110 x 110 cm) peintes appuy&#233;es contre un mur, convoquent cette m&#234;me interrogation cultiv&#233;e et existentielle sur la nature de la peinture, et la m&#234;me radicalit&#233; de r&#233;ponse. Pos&#233;es sur des petites cales en bois tr&#232;s proches du sol, dans un rapport de proximit&#233; avec le monde, parfois superpos&#233;es, ab&#238;m&#233;es au fil de leurs pr&#233;sentations (les plaques de pl&#226;tre se d&#233;litent au moindre choc) et conserv&#233;es telles quelles, ces peintures se pr&#233;sentent comme des pi&#232;ces d&#233;croch&#233;es, ou &#224; prendre. Elles d&#233;jouent le minimalisme distanci&#233; des monochromes, incarnant le fragile &#233;tat de la peinture contemporaine. Pour sa s&#233;rie &lt;i&gt;Crush&lt;/i&gt; (2006), Jean-Marie Blanchet utilise aussi le pl&#226;tre, mais moul&#233; d'apr&#232;s le contenu de bo&#238;tes aux tailles vari&#233;es. Accroch&#233;es au mur &#224; hauteur d'yeux, ces &#339;uvres peintes se situent au croisement de reliefs sculpturaux et d'objets courants, abstractions de notre environnement quotidien. Le contraste est &#233;vident entre l'irr&#233;gularit&#233; des lignes (qui rappelle la brutalisation usuelle des objets-sources, bo&#238;tes de c&#233;r&#233;ales ou autres contenants courants), et la simplicit&#233; de la palette (fond blanc et tache de couleur). Avec cette hybridation d'un objet de tous les jours et d'une &#339;uvre minimaliste, Jean-Marie Blanchet cr&#233;e une surprenante synth&#232;se des recherches de Claes Oldenburg avec celles d'Ellsworth Kelly, &#224; l'aube de ce &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XXI&lt;/span&gt;&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cle. La mati&#232;re de la peinture (une laque automobile) et le choix des couleurs (celles des voitures gar&#233;es dans la cour de l'atelier de l'artiste) pourraient m&#234;me faire resurgir le fant&#244;me de C&#233;sar, tandis que le titre, &lt;i&gt;Crush&lt;/i&gt; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Crush renvoie &#224; la fois &#224; la foule, &#224; l'&#233;crasement, au b&#233;guin amoureux&#160;; et, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, laisse penser que ces objets r&#233;sultent d'un accident de la peinture (devenue sculpture&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?). En 2006, les &lt;i&gt;Crush&lt;/i&gt; seront pr&#233;sent&#233;es dans l'exposition Serial Color &#224; Lannion&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le choix de ce dernier titre renvoie-t-il &#224; l'op&#233;ration de blanchiment perp&#233;tuel d'une soci&#233;t&#233; qui n'assume plus son vieillissement, et/ou au recyclage permanent par la couleur (cf. la strat&#233;gie d'Apple vis-&#224;-vis de ses s&#233;ries d'iPod, iPhone et autre iPad)&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa s&#233;rie des &lt;i&gt;Simili,&lt;/i&gt; Jean-Marie Blanchet rejoue &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Est-on si &#233;loign&#233; du Re-enactement de Francis &#196;lys, r&#233;activant un geste (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; une technique qu'il utilisait pendant son adolescence, celle de la couture - il &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;customisait&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; alors ses jeans et ceux de son fr&#232;re. Peintures en relief rembourr&#233;es, matelass&#233;es, recouverte de vinyle, les &lt;i&gt;Simili&lt;/i&gt; sont des pi&#232;ces de tapissier&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les vingt couches d'acrylique pos&#233;es en surface les apparentes aussi &#224; des laques japonaises. Pour Jean-Marie Blanchet, la pr&#233;paration minutieuse et presque artisanale de ces &#339;uvres est avant tout un geste d'artiste&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#034;J'aime que le support fasse peinture, m&#234;me s'il y a recouvrement. Il y a du temps pour fabriquer le support&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; du temps pour le couvrement. Ce qui a chang&#233; au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cle, c'est la prise en compte du support.&#034;&lt;/i&gt; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Marie Blanchet, 27&#160;septembre 2011.&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ses premiers &lt;i&gt;Simili,&lt;/i&gt; la couture vient apr&#232;s la peinture&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dans la seconde, les coutures disparaissent sous les couches de peinture &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'artiste envisage m&#234;me de les poncer pour obtenir un effet &#171;&#160;caoutchouc&#160;&#187;.&#034; id=&#034;nh5-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Le d&#233;placement serait presque total, si les &lt;i&gt;Simili&lt;/i&gt; n'&#233;taient accroch&#233;s verticalement au mur, rendant impossible toute pratique concr&#232;te d'une peinture que l'on r&#234;ve de caresser. Evoquant tout autant le faux et l'artifice du simili-cuir, que la similitude et la parent&#233;, le titre de ces &#339;uvres frappe encore par sa justesse&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il souligne par un positionnement sur le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;presque&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ni ni&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;et&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, l'identit&#233; hybride de ses reliefs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Invit&#233; cinq ans plus tard par Nicolas Royer &#224; exposer dans la galerie de l'Ecole sup&#233;rieure d'art et de design d'Orl&#233;ans, Jean-Marie Blanchet d&#233;place l'interrogation sur la nature des constituants de la peinture &#224; l'espace de l'exposition&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Tr&#232;s vite, je me suis rendu compte que ce n'&#233;tait pas possible de mettre des peintures au mur. L'espace &#233;tait plus fort que six peintures accroch&#233;es au mur. Il y avait trop d'&#233;l&#233;ments parasites, des goutti&#232;res, des radiateurs, des c&#226;bles, des n&#233;ons, des trous, une peinture blanche satin&#233;e, etc. Et les murs sont face au paysage. Ce n'&#233;tait pas assez abstrait, le satin&#233; &#233;tait trop pr&#233;sent.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;On a tout enlev&#233;, puis retap&#233; les cimaises, et tout matifi&#233;. Tout l'espace s'est m&#233;tamorphos&#233;, est devenu une grande abstraction. C'&#233;tait un premier geste de recouvrement, un premier geste de peinture, li&#233; &#224; celui du peintre qui pr&#233;pare son support. Un premier geste d'abstraction. L'espace m&#234;me devenait le support de l'exposition. Puis j'ai remis l'&#233;cran de projection, devenu carr&#233; blanc sur fond blanc, &#233;l&#233;ment pictural. J'ai ramen&#233; des chaises blanches, une plante &#8211; une orchid&#233;e qui renvoyait &#224; la fois au paysage et au d&#233;coratif. J'exposais le lieu d'exposition.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Marie Blanchet, 12&#160;avril 2011.&#034; id=&#034;nh5-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vidant enti&#232;rement cette salle sans caract&#232;re &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cinquante ans exactement apr&#232;s Le Vide d'Yves Klein &#224; la galerie Iris Clert.&#034; id=&#034;nh5-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, puis en la repeignant en blanc &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La r&#233;f&#233;rence &#233;vidente au White Cube, espace d'exposition id&#233;al dans sa (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, Jean-Marie Blanchet proc&#232;de donc &#224; une double mise &#224; nu qui apparente la salle d'exposition &#224; la toile d'un ch&#226;ssis. L'ajout d'une plante et de chaises blanches en fait un autre type d'espace g&#233;n&#233;rique, proche de la salle d'accueil d'un cabinet dentaire ou m&#233;dical. Salle d'accueil, mais aussi salle d'attente&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est dans cet espace interm&#233;diaire que l'artiste organise la conf&#233;rence o&#249; il pr&#233;sente son travail. Cet objet-exposition ne sera cependant que la premi&#232;re &#233;tape d'un projet en deux temps, qui s'intitulera finalement &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CHIPBOARD&lt;/span&gt; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171;&#160;Le titre se voulait un jeu de mot entre &#8216;chip' et &#8216;cheep' .&#160;&#187; (Jean-Marie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Ma premi&#232;re id&#233;e a &#233;t&#233; de photographier toutes les chutes de planches de mon atelier, pour en faire une fausse image de bois ressemblant &#224; l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;OSB&lt;/span&gt; (Oriented Strand Board), bois agglom&#233;r&#233; de &lt;/i&gt;&lt;i&gt;copeaux. Le principe &#233;tait de d&#233;tourer les photographies et de les r&#233;assembler en une m&#234;me planche, construite comme un collage. En hommage &#224; Kurt Schwitters, mais sans volont&#233; de composition. Un peu comme dans mes premi&#232;res peintures, qui sont des entrelacs, des grilles molles peintes &#224; partir de pots pris au hasard, en utilisant la largeur du pinceau. Il n'y avait pas de recherche d'harmonie, pas de qu&#234;te de bon go&#251;t&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je voulais faire attention &#224; ne pas trop codifier les choses, &#224; prendre la couleur l&#224; o&#249; je la trouve. Dans le cas des planches d'Orl&#233;ans, la composition est jet&#233;e, un peu brute. Les cimaises sont &#224; l'&#233;chelle du format des planches industrielles, 122 x 250cm&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je voulais coller la planche sur la planche, le motif sur le support, &#224; l'&#233;chelle 1.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Marie Blanchet, 12&#160;avril 2011.&#034; id=&#034;nh5-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette couche superficielle coll&#233;e sur les cimaises forme un placage artificiel, et une mise en abyme qui voit la mati&#232;re de la cimaise, habituellement (re)ni&#233;e, rev&#234;tue de ce qui en constitue son essence, ce bois agglom&#233;r&#233;. La cimaise retrouve sa nudit&#233; originelle, dans l'artifice de son rev&#234;tement. La question de l'articulation de ces cimaises dans l'espace d'exposition est aussi cruciale&#160;: &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Les cimaises ont le volume et la taille d'un meuble, c'&#233;tait donc une sorte de travail de d&#233;composition du meuble. Quand je fais de la peinture, je suis toujours entre le meuble et la peinture. La peinture est une housse enfil&#233;e sur un ch&#226;ssis. Et elle fait partie du d&#233;cor, devient meuble. (&#8230;) Les cimaises sont appuy&#233;es sur le mur, pas pos&#233;es dans l'espace, il y a donc une ambigu&#239;t&#233; de ces objets qui sont entre le meuble et l'&#339;uvre, et une impression de d&#233;s&#233;quilibre, une position plus architecturale. Elles sont aussi pench&#233;es, cr&#233;ant un rapport particulier au corps, une frontalit&#233; en &#233;quilibre. Elles sont face au paysage, et les vitres ne sont pas couvertes. Les cimaises sont comme des &#233;l&#233;ments dans la nature.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition m&#234;me de la peinture est donc en jeu dans une recherche qui bouleverse si fondamentalement ses constituants premiers. Jean-Marie Blanchet pr&#233;cise &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;Je suis tr&#232;s sensible aux mati&#232;res et au mat&#233;riau, h&#233;ritage de Support Surface, de &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BMPT&lt;/span&gt;. Avec la diff&#233;rence, &#224; ma g&#233;n&#233;ration, que faire de la peinture, c'est interroger ses constituants&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je suis moins dans la d&#233;construction que la reconstruction, avec grille, la couture, le simili cuir.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt; Il &#339;uvre sur le fil de la peinture, ou, comme il le dit lui-m&#234;me &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;dans les failles de la peinture&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. C'est cette mise en d&#233;s&#233;quilibre qui nous touche, dans l'intelligence de son inscription dans l'histoire de la peinture et dans notre soci&#233;t&#233; contemporaine, et la radicale beaut&#233; de ses propositions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;La calme ironie de cette &#339;uvre n'est pas sans rappeler les grilles d'adh&#233;sif noir appliqu&#233;es sur les sculptures classiques du Mus&#233;e des beaux-arts de Nantes par Fran&#231;ois Morellet en 1973 ou son autoportrait &lt;i&gt;Masque King Tape&lt;/i&gt; r&#233;alis&#233; pour Polly Hope en 1985.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Jean-Marie Blanchet, 27&#160;septembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Ma r&#233;f&#233;rence va vers les nuanciers industriels, plus que la gamme des beaux-arts. C'est &#233;vident pour beaucoup d'artistes aujourd'hui. Avant, on allait chercher du bleu outremer, du jaune de cadmium&#8230; maintenant on utilise du jaune coquille d'&#339;uf, du bleu lagon, comme le rappelle Antoine Perrot.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (Jean-Marie Blanchet, 27&#160;septembre 2011)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&#034;1&#176; L'art est universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2&#176; L'&#339;uvre d'art doit &#234;tre enti&#232;rement con&#231;ue et form&#233;e dans l'esprit avant son ex&#233;cution. Elle ne doit rien recevoir des donn&#233;es formelles de la nature, ni de la sensualit&#233;, ni de la sentimentalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 3&#176; Le tableau doit &#234;tre enti&#232;rement construit avec des &#233;l&#233;ments purement plastiques, c'est-&#224;-dire plans et couleurs. Un &#233;l&#233;ment pictural n'a pas d'autre signification que &#8216;lui-m&#234;me' en cons&#233;quence le tableau n'a pas d'autre signification que &#8216;lui-m&#234;me'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 4&#176; La construction du tableau, aussi bien que ses &#233;l&#233;ments, doit &#234;tre simple et contr&#244;lable visuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 5&#176; La technique doit &#234;tre m&#233;canique c'est-&#224;-dire exacte, anti-impressionniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 6&#176; Effort pour la clart&#233; absolue.&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;i&gt;Crush&lt;/i&gt; renvoie &#224; la fois &#224; la foule, &#224; l'&#233;crasement, au b&#233;guin amoureux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et, peut-&#234;tre, au film Crash de David Cronenberg (1996).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Est-on si &#233;loign&#233; du &lt;i&gt;Re-enactement&lt;/i&gt; de Francis &#196;lys, r&#233;activant un geste int&#233;rioris&#233; (celui qu'il vient de faire, mais peut-&#234;tre aussi celui, enfoui dans la m&#233;moire, de l'enfant jouant avec une fausse arme &#224; feu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Jean-Marie Blanchet, 27&#160;septembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;L'artiste envisage m&#234;me de les poncer pour obtenir un effet &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;caoutchouc&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Jean-Marie Blanchet, 12&#160;avril 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Cinquante ans exactement apr&#232;s &lt;i&gt;Le Vide&lt;/i&gt; d'Yves Klein &#224; la galerie Iris Clert.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;La r&#233;f&#233;rence &#233;vidente au &lt;i&gt;White Cube,&lt;/i&gt; espace d'exposition id&#233;al dans sa neutralit&#233; affich&#233;e, n'est pas revendiqu&#233;e par Jean-Marie Blanchet qui insiste surtout sur le fait de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pr&#233;parer le support&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; - &#224; l'&#233;chelle de l'espace d'exposition.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le titre se voulait un jeu de mot entre &#8216;chip' &lt;copeau, fragment&gt; et &#8216;cheep' .&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (Jean-Marie Blanchet, 12&#160;avril 2011).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Jean-Marie Blanchet, 12&#160;avril 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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