<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
	<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/</link>
	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/spip.php?id_auteur=1491&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Respublica</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Respublica-43046</link>
		<guid isPermaLink="true">https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Respublica-43046</guid>
		<dc:date>2015-04-01T14:45:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Perez</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il faudrait commencer par suivre le trajet local de &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RESPUBLICA&lt;/span&gt;. Du c&#339;ur de la ville aux silos abandonn&#233;s de ses marges. Une ballade nocturne le long des quais de Bordeaux. S'&#233;loignant peu &#224; peu du centre, vers les faubourgs, en suivant la courbe du fleuve, port&#233;e par le courant, vers le nord, &#224; rebours du temps. Les quais ont longtemps &#233;t&#233; l'or&#233;e de la communaut&#233;. Suture instable qui relie la ville &#224; ce qui lui est ext&#233;rieur, mais aussi lieu de rupture, avec les ind&#233;sirables et les fuyards.&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-25636" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il faudrait commencer par suivre le trajet local de &lt;i&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RESPUBLICA&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;. Du c&#339;ur de la ville aux silos abandonn&#233;s de ses marges. Une ballade nocturne le long des quais de Bordeaux. S'&#233;loignant peu &#224; peu du centre, vers les faubourgs, en suivant la courbe du fleuve, port&#233;e par le courant, vers le nord, &#224; rebours du temps. Les quais ont longtemps &#233;t&#233; l'or&#233;e de la communaut&#233;. Suture instable qui relie la ville &#224; ce qui lui est ext&#233;rieur, mais aussi lieu de rupture, avec les ind&#233;sirables et les fuyards. Zone de turbulence, forc&#233;ment, de la prostitution, de la mauvaise vie nocturne, du commerce grouillant des hommes et des denr&#233;es rares, des denr&#233;es-hommes. De l'&#233;poque m&#233;di&#233;vale au milieu du 18&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, avant l'arriv&#233;e de l'intendant Louis-Urbain Aubert, les quais de Bordeaux sont l'interzone entre les remparts et la noyade. Au 19&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, malgr&#233; l'adoucissement des m&#339;urs architecturales et l'harmonie de fa&#231;ade, ce qui y fourmille encore porte un nom&#160;: &lt;i&gt;la pl&#232;be&lt;/i&gt;. Aujourd'hui, un &#233;lu qui s'adresserait &#224; ses concitoyens par ce mot susciterait l'indignation. Pourtant, l'euph&#233;misme sociologisant qui lui succ&#232;de tient davantage de l'insulte. Qu'est-ce que la population&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? La pl&#232;be rendue docile. L'abandon de ses dispositions conflictuelles, r&#233;tract&#233;es jusqu'&#224; la digue que constitue la posture inoffensive de l'indign&#233;. D&#233;border cette derni&#232;re, ce serait sortir du politique, rejoindre les barbares. Qu'est-ce que l'affirmation pl&#233;b&#233;ienne&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Le mouvement centrifuge, l'&#233;nergie inverse, l'&#233;chapp&#233;e. Pour reprendre Foucault. &lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; pl&#232;be n'existe sans doute pas, mais il y a &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;de la pl&#232;be&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;. Il faudrait continuer &#224; suivre le trajet de &lt;i&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RESPUBLICA&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;. Maintenant, nous pouvons marcher le long de ces quais, taill&#233;s pour la ballade. D&#233;barrass&#233;s des encombrants hangars issus de la vague d'industrialisation du si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent et convertis en jardin. Les touristes se sont substitu&#233;s peu &#224; peu aux rats. Les bateaux qui accostent n'alertent plus les autorit&#233;s sanitaires. Chemin pacifi&#233;. Les quais de Bordeaux sont d'avantage &#224; visiter qu'&#224; vivre.Au cours de cette premi&#232;re ballade, &lt;i&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RESPUBLICA&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;, qui pose de mani&#232;re tautologique la question de la chose commune, livre une premi&#232;re r&#233;ponse sous forme de visite guid&#233;e. Nous n'avons de commun que le patrimoine. La chose commune s'&#233;nonce donc bel et bien en langue morte. Sa grammaire est celle de la comm&#233;moration, qui flanque les antagonismes pass&#233;s d'un masque mortuaire. Son rythme est celui du parcours mus&#233;al, de la succession sans heurts d'&#339;uvres et de p&#233;riodes t&#233;tanis&#233;es. Il faut bien saisir le mouvement. Il suit celui du plan d'am&#233;nagement des quais, d&#233;but&#233; dans les ann&#233;es 90 avec la destruction des hangars situ&#233;s au niveau de la place des Quinconces et ayant atteint depuis peu Bordeaux Nord dont la mauvaise fr&#233;quentation persiste malgr&#233; les efforts de la municipalit&#233;. Ainsi se d&#233;couvre ce qui op&#232;re au sein du terreau commun &#8211; ce lent travail de caut&#233;risation par la culture des dommages caus&#233;s par les &#233;v&#233;nements pass&#233;s. Suivant les premiers pas de &lt;i&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RESPUBLICA&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;, contre toutes attentes, nous ne sommes toujours pas sortis du mus&#233;e.Mais pourtant, il faut bien qu'il continue de nous arriver quelque chose. D'o&#249; une nouvelle question, qui n'est plus celle de la culture, m&#234;me si elle est pos&#233;e depuis l'au-del&#224; de l'&#233;tymologie. Question de l'art et du politique. Comment accueille-t-on ce qui nous arrive ensemble&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RESPUBLICA&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; finit son chemin au sommet des silos qui surplombent le nord de la ville. Bient&#244;t, elle changera de cit&#233;. Le point d'arriv&#233;e de la ballade bordelaise est un lieu de transit. Mais nous n'y sommes pas encore. Il faut marquer une pause sur la poudri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1997, non loin de l'estuaire de la Garonne, un silo de c&#233;r&#233;ales explose et tue onze personnes. Tel que nous l'apprend la base de donn&#233;es &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ARIA&lt;/span&gt; du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BARPI&lt;/span&gt;, il existe une abondante accidentologie relative aux silos qui est due aux poussi&#232;res inflammables que d&#233;gage leur contenu organique. Le risque d'accident majeur(incendie ou explosion) est important mais reste n&#233;anmoins sous-estim&#233; par les riverains et m&#234;me par certains exploitants en ce que le produit stock&#233; ne para&#238;t pas dangereux.Mod&#233;lisation, parmi d'autres, du potentiel catastrophique de la chose commune. Le silo, gros cylindre placide dont le b&#233;ton occulte le contenu, menace &#224; tout moment d'exploser. Le silo se dresse, sur le bord du fleuve, nul ne s'occupe de lui, chacun peut mettre ce qu'il souhaite dans ce vaste r&#233;ceptacle opaque&#160;: le patrimoine, l'&#233;ducation, la citoyennet&#233;, le vote, les mouvements sociaux, les grands rassemblements culturels, les d&#233;bats t&#233;l&#233;vis&#233;s, les allocutions officielles retransmises &#224; la t&#233;l&#233;vision, les blogs de b&#226;bord et de tribord, les journaux de bord. Liste fragmentaire et extensible &#224; l'infini des diff&#233;rentes manifestations, &#224; la pertinence variable, du principe gouvernemental auquel nous souscrivons&#160;: la prise en charge commune de notre destin par le biais de la repr&#233;sentation. Tant que l'armature de b&#233;ton tient, tout cela reste sous-estim&#233;, inquestionn&#233;. Mais lorsque le silo explose, il faut reprendre &#224; z&#233;ro. Il faut bien faire avec le deuil et la reconstruction. &lt;i&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RESPUBLICA&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; se tient au milieu de l'espace public, son exposition est donc tributaire du bon vouloir des pouvoirs locaux. Nous savons que l'espace public est, de mani&#232;re ambivalente, &#224; la crois&#233;e du pouvoir et du contre-pouvoir&#160;: &#224; la fois lieu d'interventions &#233;tatiques diverses (monumentales, symboliques, polici&#232;res), mais &#233;galement lieu d'expression de la discorde (manifestations, blocages, sit-in), voir de la criminalit&#233; (deals, rackets, bastons).On peut penser que notre R&#233;publique, comme toutes les d&#233;mocraties capitalistes, doit au bon fonctionnement du syst&#232;me &#233;conomique dominant une certaine paix sociale qu'elle assure en passant sous silence les revendications l&#233;gitimes du peuple &#224; se voir repr&#233;sent&#233;. On peut penser qu'elle y parvient en donnant l'illusion de cette repr&#233;sentation &#8211; par le simulacre de diversit&#233; qu'incarnent les principaux partis politiques, par la t&#233;l&#233;r&#233;alit&#233;, par le courrier des lecteurs de la presse ou encore par les &#233;missions invitant les auditeurs ou t&#233;l&#233;spectateurs &#224; donner leur avis &#8211; et ainsi embo&#238;ter le pas aux lectures parano&#239;aques de notre soci&#233;t&#233; qui ont succ&#233;d&#233; au concept foucaldien de biopolitique et l'ont appliqu&#233; &#224; tous les secteurs de la r&#233;alit&#233;.Mais on peut aussi avancer que, paradoxalement, alors que certaines de ces proc&#233;dures de contr&#244;le de la population tendent &#224; s'estomper (multiplication des cha&#238;nes t&#233;l&#233;vis&#233;es, baisse de l'int&#233;r&#234;t pour ce m&#233;dia, blogs participatifs, forums de discussions, accessibilit&#233; accrue aux &#339;uvres de l'esprit, aux technologies de l'image), le maintien de la paix sociale semble se faire de plus en plus en l'absence de toute action de filtrage. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le peuple a la parole&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; n'est plus une illusion aujourd'hui, nos d&#233;mocraties permettent &#224; quiconque de publier sur son site Internet de longs pamphlets anticapitalistes ou des vid&#233;os de bavures polici&#232;res ou encore de donner le r&#233;cit des conditions r&#233;elles d'existence de ceux qui vivent dans les creux de nos soci&#233;t&#233;s. Seulement cette parole se r&#233;v&#232;le &#234;tre un bruit, un ch&#339;ur dissonant dans lequel chaque voix se trouve relativis&#233;e par les autres chants qui l'entourent. L'acceptation des conditions d'existence, sans rechigner, sans l'action d'un ma&#238;tre, ind&#233;pendamment de tout stratag&#232;me pernicieux. Comment cela est-il possible&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Donnez la parole &#224; tout le monde. D&#233;multipliez les points de vue. Vous pouvez &#234;tre s&#251;r qu'aucune menace ne surgira du brouhaha. Le silo ne bougera pas d'un poil.La question br&#251;lante n'est donc plus celle de la prise de parole, mais de l'impact sur les destinataires. Comment faire entendre les contradictions qui travaillent &#224; l'int&#233;rieur du silo, jusqu'&#224; l'insupportable, jusqu'au point de non retour&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? A partir de quel lieu est-il possible de r&#233;activer le politique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous l'avons dit, la rumeur en provenance des quais et autres bordures d&#233;mocratiques n'est plus celle de la pl&#232;be qui conserve ses capacit&#233;s politiques, mais celle de la masse divertie, des passants, des promeneurs, des chineurs, des endimanch&#233;s, des flirts amoureux. Rien ne sert de nier les aspects frivoles de l'existence. Mais il faut les pointer lorsqu'ils en recouvrent la totalit&#233;. Lorsque la ligne de fuite tourne en ligne de mort.Il y a cette chose &#233;minemment probl&#233;matique, nous dit &lt;i&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RESPUBLICA&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; en se montrant, cette question de notre &#234;tre-en-commun, dont la coh&#233;sion ne cesse de s'&#233;tioler et demande &#224; ce que l'on redouble d'invention. Prise de parole &#224; partir de l'art, de sa facult&#233; &#224; capter le regard, &#224; attirer l'attention. Positionnement strat&#233;gique dans le tohu-bohu d'une agora n&#233;buleuse et d&#233;centralis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;activer le politique &#224; partir d'une &#339;uvre d'art massive et plant&#233;e au milieu de l'espace public. Autour de laquelle la communaut&#233; &#233;merge de la masse dans la discorde, dans la reconnaissance de la pr&#233;carit&#233; et du caract&#232;re probl&#233;matique du liant. Afin que du vacarme jaillisse un sens inou&#239;. Jouer le monument contre le monument. Pourquoi pas.Mais il faut pr&#233;ciser ce rapport entre l'art et le politique qui peut &#234;tre terriblement malheureux lorsque le premier terme est r&#233;duit &#224; l'expression d'un litige. Il existe des discours politiques ayant l'art pour objet, de la m&#234;me fa&#231;on qu'une &#339;uvre d'art peut avoir un contenu politique. Mais le courage artistique, ce courage de tout dire pour l'artiste, qui est bien plus un moment de v&#233;rit&#233; que la v&#233;rit&#233; elle-m&#234;me, doit se distinguer du courage politique. Le courage artistique joue sa propre v&#233;rit&#233; non pas dans une confrontation directe aux dispositifs de gouvernementalit&#233;, mais dans la perversion des normes et canons culturels qui en sont l'expression. Il &#233;prouve sa puissance dans les transformations qu'il permet, mais ces transformations ne sont pas &#224; proprement parler de l'ordre du politique. L'effectivit&#233; de l'art sur le domaine du politique n'est pas quantifiable telle quelle, seulement reconnaissable dans les actions entreprises par les spectateurs revenus &#224; leur statut de citoyen.A la question &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;que fait l'artiste vis-&#224;-vis du caract&#232;re litigieux de la R&#233;publique aujourd'hui&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, nous aurions tendance &#224; r&#233;pondre qu'il ne fait quasiment rien, si ce n'est instaurer le possible d'un pas de c&#244;t&#233; et d'une irr&#233;v&#233;rence au pasteur, mais qu'en revanche, l'artiste est aussi un citoyen. Nous dirons donc qu'il existe un homomorphisme entre l'activit&#233; artistique et l'action politique puisque tous deux sont des domaines d'action inscrits dans le champ de l'&#233;v&#233;nement possible. Seulement, l'&#233;cart entre les deux permet d'envisager que des artistes entretenant des liens forts avec le pouvoir aient cr&#233;&#233; des &#339;uvres ayant cette force d'&#233;v&#233;nement. De m&#234;me, il semble inutile de rappeler que m&#234;me les &#339;uvres d'art ayant amen&#233; certains &#224; quitter le mus&#233;e ou la salle de projection n'ont jamais fait lever des barricades et prendre les armes. &lt;i&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RESPUBLICA&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; rappelle les enseignes lumineuses de Broadway et comme les spectacles &#224; succ&#232;s de la fameuse art&#232;re, elle est vou&#233;e &#224; voyager de villes en villes. C'est un art de masse, et c'est un art nomade. En ne cessant de s'arracher &#224; son contexte local, elle nous donne une autre d&#233;finition d'elle-m&#234;me, non plus la permanence surfacique du fonds commun, mais les d&#233;placements significatifs qui ne cessent de l'&#233;branler. Seconde d&#233;finition donc&#160;: la chose commune est aussi l'&#233;nergie pl&#233;b&#233;ienne qui guette la population.A Paris ou &#224; Berlin, &lt;i&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RESPUBLICA&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; continue de fonctionner comme l'effet d'annonce d'un spectacle auquel nous participons, malgr&#233; l'amn&#233;sie. A Paris ou &#224; Berlin, le titre reste le m&#234;me, mais les repr&#233;sentations varient, les acteurs changent, les intensit&#233;s se d&#233;placent sur la trame narrative.La r&#233;serve de l'&#339;uvre, qui n'offre aucun commentaire concernant son in-situ, ne permet pas de trancher quant au sens de l'histoire. Sa nature est &#233;quivoque parce qu'elle n'&#233;nonce rien de plus qu'elle-m&#234;me. Elle semble d'abord confirmer un &#233;tat de fait&#160;: nous vivons, ici et l&#224;, bel et bien dans une R&#233;publique. Mais elle fait &#233;galement retour sur l'&#233;cart entre le projet initial et l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; de sa mise en &#339;uvre. Puis, en faisant travailler l'archa&#239;sme de la langue et le scintillement des ampoules, elle dit la transformation de la publicit&#233; critique en publicit&#233; r&#233;clame&#160;: &lt;i&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RESPUBLICA&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; est une destination all&#233;chante. Enfin, d&#233;cid&#233; &#224; me rendre au spectacle qu'elle me promet tout autant qu'elle me refuse, je me r&#233;sous &#224; quitter le foyer lumineux et &#224; m'aventurer dans l'incertitude nocturne.La trame change au fur et &#224; mesure du voyage. Celui que j'entreprends. Celui de l'&#339;uvre. L'esth&#233;tisation de l'espace public qu'elle r&#233;alise tire toute sa force de son ambigu&#239;t&#233; g&#233;opolitique. Ses diff&#233;rents emplacements g&#233;ographiques font varier sa port&#233;e politique. De m&#234;me que ceux-ci r&#233;sultent de l'entrelacs entre une proposition artistique et des politiques culturelles.Comme tout projet artistique subventionn&#233;, &lt;i&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RESPUBLICA&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; pr&#234;te le flanc aux soup&#231;ons de soumission vis-&#224;-vis de la d&#233;mocratie culturelle qui administre l'art &#224; la population avec une condescendance d'anesth&#233;siste. Pour autant, aucune proposition artistique consistante n'est d&#233;pourvue de la facult&#233; de faire un enfant dans le dos. &lt;i&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RESPUBLICA&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;, par son laconisme, s'ins&#232;re entre l'artiste et le spectateur dans l'angle mort de toute surveillance. Si le premier semble nous dire &lt;i&gt;voil&#224; ce que je fais de la chose publique&lt;/i&gt;. Nul ne peut savoir ce qu'en fera le second &#224; l'aube, revenu &#224; son statut de citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte extrait du catalogue &#034;Evento 2009 Intime Collectif&#034;, sous la direction de Didier Fiuza Faustino, Editions Monographik, 2010&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
