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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Circulez il y a trop &#224; voir</title>
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		<dc:date>2015-01-15T10:37:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrice Joly</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Nicolas Milh&#233;&#160;: Respublica au Frac Aquitaine On dirait bien que le politique est depuis le d&#233;but au c&#339;ur des pr&#233;occupations du travail de Nicolas Milh&#233;. Mais qu'est-ce qu'un travail politique au juste&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Le politique &#233;tait l'un des &#233;l&#233;ments centraux de r&#233;flexion de l'avant-dernier 02&#160;: serpent de mer de la bien pensance artistique, il resurgit r&#233;guli&#232;rement en temps de crise. La position de l'artiste politique n'est jamais simple puisqu'il doit justement se garder d'&#234;tre trop &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ouvertement&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-25636" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Nicolas Milh&#233;&#160;: Respublica au Frac Aquitaine&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dirait bien que le politique est depuis le d&#233;but au c&#339;ur des pr&#233;occupations du travail de Nicolas Milh&#233;. Mais qu'est-ce qu'un travail politique au juste&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? &lt;i&gt;Le&lt;/i&gt; politique &#233;tait l'un des &#233;l&#233;ments centraux de r&#233;flexion de l'avant-dernier &lt;i&gt;02&lt;/i&gt; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emmanuelle Lequeux, Engagez-vous, r&#233;engagez-vous, in 02 n&#176;50, &#233;t&#233; 2009, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&#160;: serpent de mer de la bien pensance artistique, il resurgit r&#233;guli&#232;rement en temps de crise. La position de l'artiste &lt;i&gt;politique&lt;/i&gt; n'est jamais simple puisqu'il doit justement se garder d'&#234;tre trop &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ouvertement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; politique au risque de fr&#244;ler la disqualification pour hors-jeu formel, il ne doit pas non plus verser dans la d&#233;magogie d'&#339;uvres &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;affirmatives&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui n'ont de d&#233;rangeant que leur potentiel s&#233;mantique. Il semble qu'&#224; de rares exceptions, l'artiste &lt;i&gt;politique&lt;/i&gt; doive se contenter d'une position symbolique et surfer avec les indices esth&#233;tiques d'un d&#233;passement de la ligne jaune du discours&#160;: mais l'existence m&#234;me d'une forme &lt;i&gt;politically correct&lt;/i&gt; est toujours suspecte aux yeux des tenants du radicalisme de vouloir effacer par l'exposition toute efficience possible de l'action (o&#249; l'on retrouve les plaidoyers debordiens en faveur de la disparition pure et simple de l'art)&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quant aux d&#233;fenseurs du formalisme et de l'esth&#233;tique pure, la question du politique est tout simplement aberrante, forc&#233;ment d&#233;plac&#233;e et condamn&#233;e &#224; lester l'&#339;uvre d'un poids de signifiance bien trop handicapant. C'est au c&#339;ur de ces enjeux et de ces &#233;cueils qu'&#233;volue le travail de Nicolas Milh&#233;&#160;: comment lier une forme esth&#233;tiquement &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;acceptable&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, pertinente, pour des yeux et des cerveaux de scrutateurs et d'amateurs d'art, sans que cette derni&#232;re ne se fourvoie dans les pi&#232;ges d'un discursisme d&#233;plac&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la perturbation locale &#224; la revendication globale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s ses premiers travaux, il semble que Nicolas Milh&#233; ait voulu se situer dans cette veine &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;politique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; en s'attaquant &#224; l'une des attributions majeures de la puissance publique&#160;: la possibilit&#233; de restreindre la libert&#233; de circulation des personnes. En faisant croire aux habitants d'un quartier qu'ils allaient subir des d&#233;rangements importants dans leurs d&#233;placements journaliers, on touchait l&#224; &#224; un motif de crispation, qui, s'il empruntait des moyens et des apparences b&#233;nignes n'en reposait pas moins sur une des pr&#233;rogatives de la souverainet&#233; &#233;tatique &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tunnel Jean Moulin 1999, dans le cadre des travaux de l'agence Clairvoyance (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Renouant avec le canular cher aux situationnistes et autres petits farceurs, cette pi&#232;ce de jeunesse synth&#233;tise quelques-unes parmi les principales pr&#233;occupations de l'artiste&#160;: l'ordre public et sa repr&#233;sentation, les attributs du pouvoir politique, une certaine esth&#233;tique (par d&#233;faut) des signes de ce pouvoir. Quelques ann&#233;es plus tard, Nicolas Milh&#233; installe en plein centre de Rennes un des &#233;l&#233;ments qui ont servi et qui servent encore &#224; construire le mur s&#233;parant Isra&#235;l des territoires palestiniens&#160;: une fine lame de b&#233;ton de six m&#232;tres de haut s'&#233;vasant en un large socle sur sa base. Il franchit de ce pas une &#233;tape importante dans sa trajectoire contestataire en exhibant au beau milieu d'une m&#233;tropole tranquille de l'Ouest de la France, un des symboles d'une cartographie frontali&#232;re en pleine mutation, &#233;picentre des tensions mondiales, t&#233;moignage d'un n&#233;o-colonialisme rampant pour les uns, gage d'un surcro&#238;t de s&#233;curit&#233; pour les autres. Cette &#339;uvre illustre un des mots-cl&#233; du vocabulaire de Milh&#233;&#160;: la puissance esth&#233;tique des signes du pouvoir. En effet, ce pan de mur, sorti de son contexte fonctionnel d'interdiction, pointe une dimension impens&#233;e &#224; l'heure de sa construction, son c&#244;t&#233; &#233;minemment sculptural. Monolithe de b&#233;ton gris au formalisme brut, ce ready-made architectural poss&#232;de les attraits d'une forme plut&#244;t r&#233;ussie qui ne d&#233;parerait pas une exposition de sculpture abstraite, entre Ronald Bladen et Didier Vermeiren. Pour Wendy Brown, ces nouveaux murs qui s'&#233;rigent d'un bout &#224; l'autre de la plan&#232;te sont moins les signes de la puissance des &#233;tats souverains que ceux de l'&#233;rosion de ce m&#234;me pouvoir&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;i&gt;malgr&#233; leur massive pr&#233;sence physique, les nouveaux murs fonctionnent souvent sur un mode spectaculaire, projetant un pouvoir et une efficacit&#233; qu'ils ne sauraient exercer concr&#232;tement et qu'ils concr&#233;tisent dans les faits. R&#233;duire les murs au statut litt&#233;ral de l'interdiction pure, ce serait occulter le fait qu'ils produisent de l'imago d'un pouvoir &#233;tatique souverain confront&#233; &#224; sa d&#233;liquescence, occulter aussi la mani&#232;re dont ils consacrent la corruption, la contestation ou la violation des fronti&#232;res qu'ils fortifient.&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Wendy Brown, Murs, les murs de s&#233;paration et le d&#233;clin de la souverainet&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; A la limite de la provocation, cette pi&#232;ce de Milh&#233;joue sur plusieurs niveaux de signification et r&#233;v&#232;le une dimension enfouie, celle de la s&#233;duction des signes ext&#233;rieurs de la puissance publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dualit&#233; des signes du pouvoir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre pi&#232;ce de Nicolas Milh&#233;, &lt;i&gt;Meurtri&#232;re,&lt;/i&gt; &#224; nouveau montr&#233;e &#224; Rennes chez 40mcube reprend cette ambivalence fonci&#232;re de Milh&#233; o&#249; la liss&#233;it&#233; et l'esth&#233;tique des objets guerriers le disputent &#224; la violence d'une fonctionnalit&#233; fantasm&#233;e. Ici, il ne s'agit plus d'un ready-made comme c'&#233;tait le cas pour l'&#233;l&#233;ment du mur, le vocabulaire auquel elle se r&#233;f&#232;re est typiquement celui de l'architecture des ch&#226;teaux-forts du Moyen-Age&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce qui cr&#233;e de l'anachronisme, c'est le traitement final de cette pi&#232;ce, parfaitement brillant et lisse que seule une technologie du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; ou du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XXI&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle rend possible. En agr&#233;geant ces deux paradigmes &#224; l'int&#233;rieur d'un seul objet, Milh&#233; rend possible un anachronisme et pointe la persistance d'une dimension profond&#233;ment barbare au sein de notre modernit&#233;. Autre exemple de cette dualit&#233; en acte&#160;: &lt;i&gt;G8&lt;/i&gt; fait cette fois-ci r&#233;f&#233;rence &#224; l'annulation des attributs de la souverainet&#233; &#233;tatique. S'il est un &#233;l&#233;ment fort parmi ces derniers, le pavillon national en est bien le plus &#233;loquent repr&#233;sentant qui stigmatise &#224; l'extr&#234;me les signes de cette singularit&#233;. En blanchissant les drapeaux des huit &#233;tats du G8, Milh&#233; semble indiquer qu'une autre nationalit&#233; se d&#233;gage de ce nivellement, celle d'une internationale du &lt;i&gt;blanchiment&lt;/i&gt;. Ces deux pi&#232;ces sont r&#233;ellement politiques sans &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;manifester&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; une discursivit&#233; litt&#233;rale, abrupte&#160;: le politique dans l'art de Milh&#233; arrive par la bande, via des d&#233;tours s&#233;mantiques et formels, sans que toutefois la port&#233;e d'une r&#233;elle puissance signifiante ne soit amoindrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fin du politique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Respublica&lt;/i&gt; se situe tout &#224; fait dans la lign&#233;e des pi&#232;ces pr&#233;c&#233;dentes, duelle jusqu'&#224; la limite du brouillage, tout &#224; fait signifiante pour qui sait traverser les diverses strates de signification, d&#233;finitivement sans &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;message&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Produite dans le cadre d'Evento, nouvel &#233;v&#233;nement majeur de la vie artistique bordelaise, &lt;i&gt;Respublica&lt;/i&gt; est une &#339;uvre monumentale, une premi&#232;re fois install&#233;e sur le tarmac de la manifestation avant de migrer assez bizarrement &#8211; une fois son office m&#233;diatique achev&#233; &#8211; vers sa destination finale &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les principales pi&#232;ces sculpturales, celles qui pouvaient &#234;tre d&#233;plac&#233;es, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, au sommet d'un ancien silo &#224; grain, en plein milieu de l'&#233;norme friche industrielle qui borde le c&#339;ur de la vieille ville historique de Bordeaux. &lt;i&gt;Respublica&lt;/i&gt; pousse jusqu'&#224; l'extr&#234;me la dimension paradoxale du travail de Milh&#233; en exhibant une spectacularit&#233; en parfait d&#233;calage avec ce qu'elle est cens&#233;e repr&#233;senter. En procurant &#224; la chose publique &#8211; ce que signifie litt&#233;ralement &lt;i&gt;res publica,&lt;/i&gt; locution latine qui a donn&#233; son nom &#224; notre moderne r&#233;publique &#8211; la possibilit&#233; de s'afficher comme la tr&#232;s brillante &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Respublica est compos&#233;e d'une multitude de leds, et non pas d'ampoules, ce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; enseigne d'une marque de t&#233;l&#233;viseurs ou de portables, juch&#233; sur le toit d'un building, Milh&#233; met en exergue un des sympt&#244;mes de cette m&#234;me r&#233;publique, une de ses propensions actuelles &#224; se parer des attributs de la vulgarit&#233; commerciale en singeant l'efficacit&#233; et la s&#233;duction du dispositif marchand. De mani&#232;re tr&#232;s simple et tr&#232;s efficace, Milh&#233; agite la menace possible de l'effacement des valeurs r&#233;publicaines au profit de son d&#233;tournement pour des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s. L'aberration se situe &#233;galement &#224; propos d'une localisation possible de la r&#233;publique, absurdit&#233; absolue concernant un concept qui par d&#233;finition ne peut &#233;lire de domicile. Mais l&#224; o&#249; la pi&#232;ce de Milh&#233; fait mouche malgr&#233; tous les paradoxes qu'elle met en &#339;uvre, c'est dans la vraisemblance de cette aberration, preuve scintillante et parfaitement envisageable de cette r&#233;publique boutiqui&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Circularit&#233; des dispositifs de pouvoir et de vision.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exposition au Frac Aquitaine, concomitante &#224; la nouvelle Biennale reprenait un certain nombre des th&#232;mes &#233;voqu&#233;s pr&#233;c&#233;demment. &lt;i&gt;Respublica,&lt;/i&gt; la pi&#232;ce d&#233;crite plus haut,s'inscrivait dans le dispositif pr&#233;sent&#233; au Frac comme une esp&#232;ce d'avant-poste mobile, install&#233;e une premi&#232;re fois pr&#232;s du chapiteau de la presse, une autre fois non loin du Frac, d'o&#249; elle &#233;tait visible au sommet de ce silo &#224; grain monumental. Milh&#233; r&#233;alise ainsi un jeu d'aller-retour entre la ville &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;r&#233;elle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et l'espace &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;mus&#233;al&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#160;: &lt;i&gt;respublica&lt;/i&gt; peut aussi &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une pi&#232;ce &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;suppl&#233;mentaire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#224; la fois dans l'exposition et hors du lieu. Dans un mouvement inverse, en faisant rentrer un morceau de la base sous-marine toute proche qu'il reproduit &#224; l'&#233;chelle un dixi&#232;me (&lt;i&gt;Beta-sommergibili&lt;/i&gt;) il annexe cette fois-ci les ext&#233;rieurs du Frac&#160;: ce double mouvement centrifuge et centrip&#232;te, outre qu'il perturbe notre rapport &#224; la spatialit&#233;, permet &#224; Milh&#233; d'&#233;largir &#224; l'infini sa zone d'intervention. Le trouble sur la perception des limites de l'espace est encore accentu&#233; par une nouvelle version de &lt;i&gt;Meurtri&#232;re&lt;/i&gt; o&#249; la r&#233;flexion sur la construction du paysage est cette fois-ci pens&#233; dans sa dimension de contr&#244;le et de surveillance (guerriers). &lt;i&gt;Casemate&lt;/i&gt; est une autre entit&#233; &#224; double d&#233;tente, banale maquette de colline de prime abord avant de se r&#233;v&#233;ler comme le dernier symptome d'une parano&#239;a s&#233;curitaire. L'allusion &#224; peine voil&#233;e &#224; la Suisse, r&#233;ceptacle de tous les flux d'argent internationaux, soul&#232;ve la question d'une neutralit&#233; de plus en plus probl&#233;matique d&#232;s lors qu'elle dissimule en ses flancs la r&#233;alit&#233; d'une intense activit&#233; &lt;i&gt;souterraine&lt;/i&gt;. Le vocabulaire de Milh&#233;, tout de dualit&#233;, r&#233;appara&#238;t&#160;: la tranquillit&#233; et la liss&#233;it&#233; des apparences cachent toujours en ses entrailles des dispositifs guerriers plus ou moins anxiog&#232;nes, de m&#234;me que ses &#339;uvres dont les adresses &#224; l'endroit du politique empruntent des chemins plus ou moins d&#233;tourn&#233;s, plus ou moins litt&#233;raux. Le sourire en or de la hy&#232;ne, carnassier aux dents g&#226;t&#233;es ou charognard bling-bling, est peut-&#234;tre le meilleur exemple d'un travail o&#249; le politique affleure via tout un arsenal de m&#233;taphores, allusions et autres glissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte de Patrice Joly, paru dans &lt;a href=&#034;http://www.zerodeux.fr/guests/nicolas-milhe-respublica-au-frac-aquitaine/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Z&#233;rodeux Magazine n&#176;52, p. 24-29&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Emmanuelle Lequeux, &lt;i&gt;Engagez-vous, r&#233;engagez-vous,&lt;/i&gt; in &lt;i&gt;02&lt;/i&gt; n&#176;50, &#233;t&#233; 2009, &lt;a href=&#034;http://www.zerodeux.fr/guests/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.zerodeux.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;i&gt;Tunnel Jean Moulin&lt;/i&gt; 1999, dans le cadre des travaux de l'agence &lt;i&gt;Clairvoyance Architecture,&lt;/i&gt; cit&#233; par Paul Ardenne, p. 53, catalogue de la manifestation &lt;i&gt;Chantiers publics,&lt;/i&gt; 40mcube et Archibooks &#233;diteurs, Rennes, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Wendy Brown, &lt;i&gt;Murs, les murs de s&#233;paration et le d&#233;clin de la souverainet&#233; &#233;tatique,&lt;/i&gt; p. 21 et suivantes, &#233;d. Les Prairies Ordinaires, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Les principales pi&#232;ces sculpturales, celles qui pouvaient &#234;tre d&#233;plac&#233;es, furent r&#233;unies le temps du week-end d'inauguration de l'&#233;v&#233;nement pr&#232;s du chapiteau de l'organisation jouxtant l'ensemble Kawamata/Gonzalez-Foerster/f&#234;te foraine qui constituait le squelette du dispositif de la manifestation. Co&#239;ncidant aussi avec le passage de la caravane journalistique qui p&#251;t les appr&#233;hender en un seul coup d'&#339;il, mais qui, h&#233;las, ne p&#251;t voir les pi&#232;ces dans leur version d&#233;finitive comme ce fut le cas pour celle de Milh&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;i&gt;Respublica&lt;/i&gt; est compos&#233;e d'une multitude de leds, et non pas d'ampoules, ce qui lui conf&#232;re une brillance extraordinaire, m&#234;me en plein jour.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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