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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
	<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/</link>
	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>Que la f&#234;te continue...</title>
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		<dc:date>2024-04-03T14:59:08Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karen Tanguy</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les &#339;uvres de Lidia Lelong &#233;closent selon un processus analogue. Au gr&#233; de ses d&#233;placements, l'artiste observe des formes et des couleurs dans le paysage ou l'architecture, qu'elle garde en m&#233;moire. Elle les interpr&#232;te ensuite selon les souvenirs qu'elle en conserve, in&#233;luctablement parcellaires, alt&#233;r&#233;s mais aussi color&#233;s par les atmosph&#232;res de ces moments r&#233;volus. Les couleurs, les dimensions et les fonctions sont donc lib&#233;r&#233;es des formes initiales pour devenir autres... &#192; l'occasion de&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-28948" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#339;uvres de Lidia Lelong &#233;closent selon un processus analogue. Au gr&#233; de ses d&#233;placements, l'artiste observe des formes et des couleurs dans le paysage ou l'architecture, qu'elle garde en m&#233;moire. Elle les interpr&#232;te ensuite selon les souvenirs qu'elle en conserve, in&#233;luctablement parcellaires, alt&#233;r&#233;s mais aussi color&#233;s par les atmosph&#232;res de ces moments r&#233;volus. Les couleurs, les dimensions et les fonctions sont donc lib&#233;r&#233;es des formes initiales pour devenir autres...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion de la biennale de Saint-Flour, Lidia Lelong &#233;rige &#224; Faverolles un mirador en bois, de forme minimaliste. La tour de guet demeure dans l'imaginaire collectif une architecture &#224; connotation militaire ou carc&#233;rale (ainsi que Foucault l'a d&#233;velopp&#233;e par rapport au panoptique dans son ouvrage Surveiller et punir), o&#249; l'on peut voir sans &#234;tre vu et exercer un certain contr&#244;le. Ici, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Miradance&#034;&gt;Miradance&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; est davantage inspir&#233;e des cabanes utilis&#233;es par les chasseurs pour &#233;pier le gibier. Elle est pourvue d'une porte pour que le visiteur y p&#233;n&#232;tre et d'une ouverture afin de contempler ou, plus exactement, d'encadrer une portion de paysage et d'y
diriger les regards. L'artiste aime les jeux de perspectives dans ses &#339;uvres telles qu'&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Une-chambre-a-toi&#034;&gt;Une Chambre &#224; toi&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, parall&#233;l&#233;pip&#232;de trap&#233;zo&#239;dal en bois conduisant la vision, dont l'int&#233;rieur, peint en bleu d'incrustation, est rythm&#233; par des tiges de m&#233;tal&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ou encore &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Belvedere-Terra&#034;&gt;Belvedere terra&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, abritant au fond de son hexagone un miroir r&#233;v&#233;lant une partie d'architecture que le regardeur ne voit habituellement pas. Difficile, quand on regarde &lt;i&gt;Miradance&lt;/i&gt;, de ne pas songer &#224; la d&#233;marche du photographe Jean-Luc Mylayne qui, &#224; l'&#233;gal du chasseur aux aguets, attend parfois tr&#232;s longtemps, voire plusieurs mois, avant de r&#233;aliser une unique image mettant en sc&#232;ne un oiseau, la configuration devant &#234;tre id&#233;ale (composition, lumi&#232;re et participation de l'animal). Cette palombi&#232;re sur la place de Faverolles semble donc avoir davantage un r&#244;le d'observatoire, un lieu d&#233;volu &#224; l'attente et au silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce serait oublier le go&#251;t de Lidia Lelong pour les d&#233;calages et son inclination &#224; &#233;chapper &#224; la fonction originelle de la forme premi&#232;re&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Saint-Sulpice-Lauriere-avec-Jean-Bonichon&#034;&gt;Les Lelichon&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, &#339;uvres portatives produites en collaboration avec Jean Bonichon en 2020, en sont le parfait exemple. En effet, la tour de guet est transform&#233;e en discoth&#232;que (covid compatible) pour deux personnes avec jeux de lumi&#232;re et musique compos&#233;e par Alix Gosse. Il est aussi possible pour le visiteur d'y mettre sa propre musique. La lumi&#232;re et le son influent in&#233;vitablement sur la perception de l'espace environnant, int&#233;rieur et ext&#233;rieur. Ils concourent tous deux &#224; pr&#233;parer une ambiance, si possible agissante, affectant les comportements des visiteurs qui s'y aventurent &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le concept d'ambiance, voir l'&#233;tude philosophique de Bruce B&#233;gout, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Li&#233;e &#224; un ici et un maintenant, l'ambiance nous environne et nous affecte tout en &#233;tant fluctuante. Elle forme une bulle et un abri. &lt;i&gt;Miradance&lt;/i&gt; devient un r&#233;ceptacle d&#233;di&#233; &#224; une exp&#233;rience immersive partag&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais aussi une zone de r&#233;sistance et un espace d'&#233;mancipation, en temps de crise sanitaire o&#249; aucun rassemblement n'est autoris&#233;. L'univers de la discoth&#232;que, assimil&#233; &#224; la nuit, &#233;voque ce temps de d&#233;charge vis-&#224;-vis des pressions diurnes o&#249; le corps et l'esprit se lib&#232;rent avec insouciance. Elle est une boite noire sans cesse changeante favorisant les rencontres. Pour &#234;tre op&#233;rante, elle est un monde en soi, coup&#233; de l'ext&#233;rieur, avec ses propres codes et rituels. Les visiteurs, par leur pr&#233;sence, deviennent co-acteurs de l'&#339;uvre, qui s'accomplit avec eux. Lidia Lelong propose d'aller au-del&#224; d'une division de la soci&#233;t&#233; si pr&#233;gnante aujourd'hui, &lt;i&gt;Miradance&lt;/i&gt; est un endroit o&#249; se retrouver et faire du lien, non sans humour de la part de l'artiste.&lt;br class='manualbr' /&gt;Que la f&#234;te continue &#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Sur le concept d'ambiance, voir l'&#233;tude philosophique de Bruce B&#233;gout, &lt;i&gt;Le Concept d'ambiance&lt;/i&gt;, Seuil, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De la Lune &#224; la Terre</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/De-la-Lune-a-la-Terre</link>
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		<dc:date>2018-07-10T12:10:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karen Tanguy</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les &#339;uvres de Vincent Carlier partagent des liaisons famili&#232;res avec les romans de Jules Verne. L'artiste, comme l'auteur, cultive une inclination certaine pour la d&#233;couverte d'univers m&#233;connus ou myst&#233;rieux. Le voyage, l'espace, les grandes profondeurs de la Terre ou encore les innovations scientifiques de toutes natures constituent des terrains fertiles, propices &#224; &#233;veiller l'imaginaire du regardeur comme du lecteur. Si l'on devait chercher un fil rouge dans la pratique de Vincent Carlier,&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-26024" rel="directory"&gt;Textes &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#339;uvres de Vincent Carlier partagent des liaisons famili&#232;res avec les romans de Jules Verne. L'artiste, comme l'auteur, cultive une inclination certaine pour la d&#233;couverte d'univers m&#233;connus ou myst&#233;rieux. Le voyage, l'espace, les grandes profondeurs de la Terre ou encore les innovations scientifiques de toutes natures constituent des terrains fertiles, propices &#224; &#233;veiller l'imaginaire du regardeur comme du lecteur. Si l'on devait chercher un fil rouge dans la pratique de Vincent Carlier, ce dernier serait probablement la curiosit&#233; que l'artiste manifeste en amont de chaque projet, par le biais de recherches, de documentation et d'observations dans des champs tr&#232;s diversifi&#233;s allant de la performance sportive &#224; la conqu&#234;te spatiale en passant par le volcanisme ou la sp&#233;l&#233;ologie. Cette qualit&#233; premi&#232;re guide tout autant les h&#233;ros de l'&#233;crivain que l'artiste dans sa pratique et demeure la condition sine qua none &#224; toute production. Les &#339;uvres de Vincent Carlier portent en elles une grande force d'&#233;vocation et poss&#232;dent des vertus germinatives exaltant l'imaginaire. &lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Autour de la Lune&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'app&#233;tence de l'artiste pour l'exploration est ainsi significative par le biais d'&#339;uvres en lien avec la conqu&#234;te spatiale et les myst&#232;res de l'univers. Certes, Jules Verne faisait &#339;uvre d'anticipation dans ses ouvrages, Vincent Carlier se base quant &#224; lui sur des d&#233;couvertes effectu&#233;es &#224; l'aune de ces cinquante derni&#232;res ann&#233;es, aux contours parfois encore m&#233;connus. &lt;i&gt;Terra Nullius&lt;/i&gt; figure un drapeau am&#233;ricain fich&#233; sur une portion de territoire. Cette &#339;uvre aiguise notre m&#233;moire collective associant &#224; la fois les premiers pas sur la lune, le moment o&#249; Neil Armstrong et Buzz Aldrin plantent la banni&#232;re &#233;toil&#233;e sur le sol lunaire ou encore les multiples th&#233;ories du complot associ&#233;es &#224; l'&#233;v&#233;nement. L'artiste accentue d'ailleurs cette caract&#233;ristique par l'usage du polystyr&#232;ne, soulignant d'autant plus l'aspect factice de ce morceau de d&#233;cor. Une autre image surgit devant cette &#339;uvre&#160;: celle du Capitaine Nemo enfon&#231;ant son drapeau noir orn&#233; de son initiale dor&#233;e dans les glaces du p&#244;le sud. Par ce d&#233;sir de conqu&#234;te, il renverse cependant le concept de Terra Nullius. Signifiant &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Territoire sans ma&#238;tre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, cette notion apportait une justification l&#233;gale &#224; tout &#233;tat s'accordant le droit de coloniser une terre d&#233;j&#224; habit&#233;e et d'y imposer sa souverainet&#233;, si cette derni&#232;re ne disposait pas d'un syst&#232;me &#233;tatique &#233;tabli. Nemo revendique donc l'Antarctique, qui appartiendrait donc &#224; &#8230; Personne ... traduction de Nemo en latin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Tour du monde en 80 jours&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Phil&#233;as Fogg des temps modernes, Vincent Carlier r&#233;alise l'exploit d'une travers&#233;e de l'Atlantique &#224; la rame. Il parcourt les 5 011 km, s&#233;parant la Bretagne de Cap Cod. Ce n'est certes pas un tour du monde, encore moins accompli en 80 jours, puisqu'il l'effectuera en 166. La performance sportive, assur&#233;ment r&#233;elle, est cependant r&#233;alis&#233;e dans des conditions tr&#232;s diff&#233;rentes des travers&#233;es en solitaire classiques. Cultivant le go&#251;t pour un certain d&#233;calage, Vincent Carlier a effectu&#233; cette aventure en rameur d'appartement. L'artiste s'int&#233;resse &#233;galement &#224; d'autres formes d'expansion territoriale, plus particuli&#232;rement &#224; la dispersion de certains v&#233;g&#233;taux par l'eau. Ainsi, &lt;i&gt;Autor&#233;plication (coconuts)&lt;/i&gt; &#233;voque la migration de la noix de coco, graine pouvant flotter des milliers de kilom&#232;tres, &#224; la faveur des courants marins, avant de s'&#233;chouer sur un rivage lointain et d'y prendre racine. Le ph&#233;nom&#232;ne se r&#233;p&#232;te &#224; nouveau une fois les fruits arriv&#233;s &#224; maturit&#233;, tant et si bien qu'il est encore difficile aujourd'hui de d&#233;terminer l'origine g&#233;ographique premi&#232;re de l'arbre. L'&#339;uvre r&#233;unit plusieurs volumes en porcelaine, ressemblant &#224; s'y m&#233;prendre &#224; des noix de coco, bien que moul&#233;s &#224; partir d'un ballon de beach-rugby, reposant sur un lit de sable bleu et dans lesquelles sont fich&#233;es des fers &#224; b&#233;ton, choisis pour leur relief quelque peu v&#233;g&#233;talisant, dont l'extr&#233;mit&#233; est peinte en vert. L'artiste &#233;tablit &#233;galement un parall&#232;le entre le trou de coul&#233;e, n&#233;cessaire &#224; la production de l'objet en porcelaine, et un potentiel germe, d&#233;j&#224; en d&#233;veloppement sous nos yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voyage au centre de la Terre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fascin&#233; par la grandeur des ph&#233;nom&#232;nes naturels, Jules Verne en d&#233;crit les d&#233;cha&#238;nements dans nombre de romans. Les h&#233;ros des &lt;i&gt;Enfants du Capitaine Grant&lt;/i&gt; se trouvent ainsi aux prises avec l'&#233;ruption d'un volcan. La semaine suivant l'&#233;ruption d'Eyjafj&#246;ll en 2010, le ph&#233;nom&#232;ne va inspirer deux &#339;uvres &#224; Vincent Carlier. Il passe ainsi de la chimie &#224; l'alchimie en distillant de l'eau de pluie pour en extraire les cendres du volcan, dont un nuage perturba &#224; l'&#233;poque les voies a&#233;riennes europ&#233;ennes (Artefact). Il photographiera les levers et couchers de soleil durant cette m&#234;me p&#233;riode (&lt;i&gt;Eyjafj&#246;ll's Time&lt;/i&gt;). Co&#239;ncidence suppl&#233;mentaire, c'est par un volcan islandais que les protagonistes de &lt;i&gt;Voyage au centre de la Terre&lt;/i&gt; amorcent leur descente dans les entrailles terrestres. Comment ne pas songer &#224; cette &#339;uvre du romancier en regardant &lt;i&gt;Na&#239;ca,&lt;/i&gt; repr&#233;sentant des vues de la grotte &#233;ponyme, mise au jour en 1999 au Mexique et connue comme la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;grotte aux cristaux g&#233;ants&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Maniant l'art de la tautologie, Vincent Carlier s&#233;rigraphie des images de la grotte sur des plaques de pl&#226;tre, mat&#233;riau compos&#233; de gypse, au m&#234;me titre que les cristaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vingt mille lieues sous les mers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Partie de p&#234;che &#224; la fosse des Mariannes&lt;/i&gt; sonne l'appel des profondeurs. Pour ce lieu connu comme le point le plus profond de la cro&#251;te terrestre, Vincent Carlier imagine une canne &#224; p&#234;che munie d'un enrouleur et d'une longueur de fil de pr&#232;s de 11 000 m&#232;tres adapt&#233;e &#224; cette g&#233;ographie particuli&#232;re. La m&#233;connaissance de la faune hadale favorise les projections sur les animaux qui la peuplent. Dans un tel contexte, la &lt;i&gt;Turlutte japonaise&lt;/i&gt; pourrait &#234;tre un des instruments de chasse n&#233;cessaires &#224; la capture de ces cr&#233;atures. Agrandissement d'un leurre habituellement usit&#233; pour attraper des c&#233;phalopodes, l'artiste a adapt&#233; ses dimensions pour la prise du calmar g&#233;ant ou du calmar colossal. La cr&#233;ature, bien que r&#233;elle, reste un animal fortement li&#233; &#224; la fiction et au domaine des l&#233;gendes, allant de l'&#233;vocation du Kracken scandinave au L&#233;viathan biblique, sans oublier l'&#233;pisode o&#249; une dizaine de poulpes aux dimensions d&#233;mesur&#233;es attaquent f&#233;rocement le Nautilus.Polymathe, Vincent Carlier cultive, &#224; l'image de Jules Verne, une connaissance &#233;largie dans laquelle il puise &#224; loisir. Loin d'en faire une d&#233;monstration, il s'inspire davantage de certaines curiosit&#233;s scientifiques (le formiate d'&#233;thyle pour &lt;i&gt;Sagittarius B2&lt;/i&gt;) ou de myst&#232;res non r&#233;solus (les trous noirs pour &lt;i&gt;L'Horizon des &#233;v&#233;nements,&lt;/i&gt; la physique quantique pour&lt;i&gt; Hyperespace&lt;/i&gt;), qui demeurent des indices et points de d&#233;part pour la production de ses &#339;uvres. Bien qu'il m'ait confi&#233; n'avoir jamais lu d'ouvrages de l'&#233;crivain, l'artiste partage une sensibilit&#233; commune avec Jules Verne, connu pour ses qualit&#233;s d'anticipation et son app&#233;tence pour les technologies nouvelles de son &#233;poque, parfois balbutiantes mais lui ouvrant la porte du r&#233;cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.dda-nouvelle-aquitaine.org/IMG/media/docs/VCarlier_commande_texte_DDANA.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&gt; t&#233;l&#233;charger le texte (.pdf)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'anachronisme topographique de Vincent Carlier</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/L-anachronisme-topographique-de-Vincent-Carlier</link>
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		<dc:date>2017-06-14T09:57:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karen Tanguy</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans ses oeuvres, Vincent Carlier s'attache au commun transform&#233; en extraordinaire, aux &#233;l&#233;ments ponctuant notre quotidien qui &#233;chappent &#224; notre regard, engendrant ainsi confrontations insolites et images d&#233;concertantes. En amont de chaque production, documentation et observation constituent le coeur de son processus cr&#233;atif. Pour Saint-Flour, l'artiste s'est pench&#233; sur le volcanisme en Auvergne. Ses investigations l'ont men&#233; &#224; la d&#233;couverte de la pr&#233;sence de palmiers sur le plateau du&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-26024" rel="directory"&gt;Textes &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans ses oeuvres, Vincent Carlier s'attache au commun transform&#233; en extraordinaire, aux &#233;l&#233;ments ponctuant notre quotidien qui &#233;chappent &#224; notre regard, engendrant ainsi confrontations insolites et images d&#233;concertantes. En amont de chaque production, documentation et observation constituent le coeur de son processus cr&#233;atif. Pour Saint-Flour, l'artiste s'est pench&#233; sur le volcanisme en Auvergne. Ses investigations l'ont men&#233; &#224; la d&#233;couverte de la pr&#233;sence de palmiers sur le plateau du Massif Central au cours des &#232;res secondaires et tertiaires, disparus ensuite &#224; cause du refroidissement du climat. L'arbre fut le t&#233;moin de la formation des volcans et du basalte, roche si caract&#233;ristique de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint-Flour voit donc le palmier &#224; nouveau occuper son territoire. Vincent Carlier op&#232;re n&#233;anmoins un retournement de situation en le positionnant &#224; l'horizontale, &#233;mergeant de la fen&#234;tre d'une b&#226;tisse en basalte. V&#233;hiculant aujourd'hui dans notre imagination collective une nature sauvage, des destinations ensoleill&#233;es ou encore une imagerie frisant parfois le kitsch, le palmier constituait l'un des motifs v&#233;g&#233;taux les plus repr&#233;sent&#233;s dans l'antiquit&#233;. Vincent Carlier allie le vernaculaire, pr&#233;sent par la min&#233;ralit&#233; propre &#224; la ville, et un exotisme diffus et lointain. Il synth&#233;tise un paysage, &#224; l'image de son oeuvre Paysage emprunt&#233; (2013) o&#249; il s'inspire du jardin sec du Ryoan-ji (Kyoto), les graviers &#233;tant remplac&#233;s par de la ouate de cellulose, les rochers par des morceaux de parpaings et de carreaux de pl&#226;tre. L'artiste interpr&#232;te &#224; sa fa&#231;on le mitate japonais, syst&#232;me de repr&#233;sentation imaginaire utilis&#233; entre autres dans la constitution des jardins japonais. Signifiant &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;instituer par le regard&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, le mitate attise l'imaginaire collectif, la nature n'&#233;tant pas imit&#233;e mais cr&#233;&#233;e, par allusion et &#233;vocation, par celui qui la regarde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, la synth&#232;se c&#244;toie le synth&#233;tique, le palmier &#233;tant constitu&#233; de r&#233;sine et de plastique. Le factice accentue cette esth&#233;tique paysag&#232;re standardis&#233;e et st&#233;r&#233;otyp&#233;e. Car l'oeuvre de Vincent Carlier, parce qu'elle est illusoire, abonde dans le sens du sociologue et historien Norbert Elias qui pr&#233;cisait que la notion m&#234;me de paysage s'&#233;loigne de l'id&#233;e re&#231;ue d'une nature iconique que l'on pourrait qualifier de sauvage tant le territoire a &#233;t&#233; transform&#233; par l'homme. Le paysage est en ce sens un artefact et une repr&#233;sentation, une construction culturelle et sociale, &#224; l'image de ce palmier greff&#233; sur le b&#226;timent. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le paysage, tel qu'il existe dans notre t&#234;te, est un paysage fig&#233;, immobile&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est une image.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques Leenhardt, Qu'est ce que le paysage&#160;?, Petites le&#231;ons d'urbanisme, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. La d&#233;marche de Vincent Carlier s'approche en cela d'une pratique photographique &#224; diff&#233;rents degr&#233;s. Il capture &#224; la fois un objet paysager et en produit un clich&#233; de carte postale, que notre m&#233;moire collective identifie. Il op&#232;re &#233;galement un cadrage et offre un angle de vue. Selon Gombrich, l'innocence du regard est un mythe, &#224; l'instar de Michel Butor pour qui &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;la vision n'est jamais pure vision&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Elle est dirig&#233;e par des mod&#232;les que nous projetons sur ce que nous observons. Par le simple assemblage d'un faux palmier et du basalte, Vincent Carlier convoque notre m&#233;moire paysag&#232;re, il nous invite &#224; regarder une image qui nous transporte vers un anachronisme topographique. Cet ensemble de signes forme, selon l'expression de Julien Gracq, un paysagehistoire que notre imaginaire s'approprie, car &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;on r&#234;ve avant de contempler. Avant d'&#234;tre un spectacle conscient, tout paysage est un paysage onirique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gaston Bachelard, L'eau et les r&#234;ves, Essai sur l'imagination de la mati&#232;re, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte de Karen Tanguy&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Jacques Leenhardt, Qu'est ce que le paysage&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?, Petites le&#231;ons d'urbanisme, 2012, (page consult&#233;e le 7&#160;juin 2014)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Gaston Bachelard, L'eau et les r&#234;ves, Essai sur l'imagination de la mati&#232;re, Paris&#160;: &#233;ditions Jos&#233; Corti, 1942, p 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Entretien</title>
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		<dc:date>2014-07-07T10:05:25Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karen Tanguy</dc:creator>



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&lt;p&gt;Karen Tanguy&#160;: Tu mentionnes que se d&#233;finir en tant que peintre est une question d'intention. Tu es, en effet, le seul artiste dans l'exposition &#224; se qualifier comme tel, m&#234;me si tes peintures, par exemple les Simili, peuvent aussi &#234;tre d&#233;crites comme des volumes accroch&#233;s au mur. Elles ne sont pas juste de simples surfaces mais poss&#232;dent une profondeur due &#224; leur structure. Par leur &#233;paisseur, elles s'affranchissent de la plan&#233;it&#233; que l'on pourrait attendre d'une peinture dite &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-25848" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Karen Tanguy&#160;: Tu mentionnes que se d&#233;finir en tant que peintre est une question d'intention. Tu es, en effet, le seul artiste dans l'exposition &#224; se qualifier comme tel, m&#234;me si tes peintures, par exemple les &lt;i&gt;Simili,&lt;/i&gt; peuvent aussi &#234;tre d&#233;crites comme des volumes accroch&#233;s au mur. Elles ne sont pas juste de simples surfaces mais poss&#232;dent une profondeur due &#224; leur structure. Par leur &#233;paisseur, elles s'affranchissent de la plan&#233;it&#233; que l'on pourrait attendre d'une peinture dite &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;traditionnelle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et vont au-devant de la paroi. Tu op&#232;res, en quelque sorte, une sortie du tableau et tu fr&#244;les la sph&#232;re de l'objet (entendu comme volume). Peux-tu me dire quelle fut la gen&#232;se de cr&#233;ation de ces oeuvres&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je crois que les premi&#232;res &#233;taient justement les &lt;i&gt;Simili&lt;/i&gt; en 2009&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Marie Blanchet&#160;: Il n'y a pas de date pr&#233;cise, le travail se d&#233;veloppe dans une continuit&#233;. Si l'on parle de l'&#233;paisseur des tableaux, c'est une constante dans mon travail. D&#232;s le d&#233;but, j'ai fabriqu&#233; mes ch&#226;ssis et comme pour affirmer que celui-ci &#233;tait d&#233;j&#224; un &#233;l&#233;ment constitutif de la peinture, j'ai volontairement exag&#233;r&#233; son &#233;paisseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but, faire de la peinture revenait &#224; s'interroger sur ses constituants, sur sa mat&#233;rialit&#233;, sa dimension tactile, son mode d'exposition, sa pr&#233;sence, ce qui rel&#232;ve &#233;galement de questionnements fondamentaux tels que &lt;i&gt;Comment la peinture se pose-t-elle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Comment existe-t-elle tant qu'entit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Comment peut-elle parler d'elle-m&#234;me&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/i&gt; L'utilisation du simili cuir arrive avec cette prise de conscience des mat&#233;riaux de la peinture, je cherchais un support plus souple que la toile pour r&#233;aliser des peintures sans ch&#226;ssis - ce qui donnera par la suite la s&#233;rie &lt;i&gt;Air bag&lt;/i&gt; - apr&#232;s avoir utilis&#233; la toile cir&#233;e et d'autres mat&#233;riaux enduits, je suis tomb&#233; sur le simili cuir en achetant un fond de stock &#224; une couturi&#232;re. Celui- ci m'autorisait une s&#233;rie de manipulations int&#233;ressantes - tension plus grande, d&#233;formation due &#224; la tension et en m&#234;me temps une certaine molesse. Il v&#233;hicule &#233;galement une connotation collective, car c'est le mat&#233;riau utilis&#233; pour r&#233;aliser des fauteuils, des canap&#233;s, des habitacles automobiles...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;K.T.&#160;: Tu choisi tes couleurs selon une gamme industrielle. &lt;i&gt;Staff&lt;/i&gt; avec ses plaques de pl&#226;tre moul&#233;es et peintes, dispos&#233;es sur des cales &#224; m&#234;me le sol, me semble embl&#233;matique d'un aspect de ta d&#233;marche. Cette oeuvre &#233;voque &#224; la fois un nuancier autant que des peintures en attente d'accrochage. Comment proc&#232;des-tu &#224; ces choix color&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J-M.&#160;B.&#160;: Lorsque j'ai commenc&#233; la peinture, j'ai souhait&#233; &#233;vacuer toute subjectivit&#233; et psychologie dans la pratique, comme une fa&#231;on d'&#233;vacuer le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;je&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, de chercher une certaine neutralit&#233; de la peinture pour affirmer son autonomie, d'o&#249; une r&#233;currence &#224; utiliser la g&#233;om&#233;trie, la grille, le monochrome. Mais la couleur est un probl&#232;me car poser une couleur c'est toujours faire un choix. La premi&#232;re solution &#233;tait d'acheter dans des magasins de d&#233;stockage massif des pots au hasard, des restes de l'industrie, des couleurs des autres. La s&#233;rie &lt;i&gt;Grille&lt;/i&gt; est r&#233;alis&#233;e avec cette m&#233;thode, la grille occupe toute la surface, les couleurs sont les couleurs des pots, la largeur des lignes est la largeur des pinceaux. Tr&#232;s vite, je me suis rendu compte que ces couleurs v&#233;hiculaient &#233;galement une charge collective, elles ne m'appartenaient pas mais &#233;taient les couleurs de tout le monde. Pour la s&#233;rie &lt;i&gt;Staff,&lt;/i&gt; j'ai reproduit chaque couleur &#224; partir de ces nuanciers sans aucune composition chromatique a priori, en essayant de conserver quelque chose de l'objet nuancier. &lt;i&gt;Staff&lt;/i&gt; rel&#232;ve plus de l'&#233;chantillon, c'est au regardeur de choisir, comme on choisit une couleur pour repeindre un mur ou un meuble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;K. T.&#160;: Cette couleur, d'origine industrielle, est pr&#233;sente dans notre vie quotidienne et investit aussi dor&#233;navant pleinement le champ de l'art. Ces couleurs sont &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;non naturelles&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et bien loin des pigments du peintre d'autrefois. Les gammes propos&#233;es aujourd'hui sont tr&#232;s &#233;tendues et offrent a priori un choix tr&#232;s large. On pourrait y voir une r&#233;conciliation d l'art et de la vie mais sous une forme non marchande et non utopique. La couleur demeure un objet de d&#233;sir et de s&#233;duction. Les noms attribu&#233;s &#224; ces couleurs (Tokyo, Sak&#233;, Vegas) sont vecteurs d'imaginaire et le produit se personnifie d'une certaine mani&#232;re. Crois-tu que notre subjectivit&#233; est encore op&#233;rante dans un tel syst&#232;me&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J-M.&#160;B.&#160;: C'est difficile de r&#233;pondre &#224; cela, il semble &#233;vident que les go&#251;ts et les couleurs, &#231;a se discute. Les gammes chromatiques sont mises au point par des agences et elles changent tous les dix ans. Elles se d&#233;placent dans la mode, le mobilier, l'architecture, etc. Chaque d&#233;cennie poss&#232;de en quelque sorte une gamme chromatique qui influence notre subjectivit&#233; et nos go&#251;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui m'int&#233;resse &#224; travers la couleur c'est son pouvoir suggestif, qu'elle puisse v&#233;hiculer une image. Pour cela, je refuse toute composition ou accord chromatique. D&#232;s que l'on ajoute une deuxi&#232;me couleur on est &#224; nouveau confront&#233; &#224; es questions de composition qui aurait pour objet de mettre &#224; distance la couleur, de codifier la peinture. Cela introduirait une hi&#233;rarchie entre bonne et mauvaise couleur qui ne m'int&#233;resse pas. Elle doit &#234;tre per&#231;ue pour ce qu'elle est, comme une couleur, qui appartient &#224; tous, qui existe d&#233;j&#224;. D'ailleurs, je l'utilise souvent seule, ou avec du blanc ou du noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque je r&#233;alisais la s&#233;rie &lt;i&gt;Crush,&lt;/i&gt; les vitres de l'atelier faisaient face &#224; un parking, toutes les couleurs sont issues de carrosseries que j'avais devant moi. Apr&#232;s cela, je ne sais pas si c'est perceptible par le public, mais le fait que la couleur puisse induire une relation au r&#233;el fait sens pour moi. La couleur est &#224; la fois un mat&#233;riau et un objet, elle est un &#233;l&#233;ment du quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;K. T.&#160;: Ton travail se positionne souvent dans un entre-deux. Tu uses d'un mat&#233;riau peu ordinaire, le simili cuir. Tu intitules une de tes s&#233;ries par ce nom. On entre ainsi de plain-pied dans l'univers du domestique &#224; la fois par l'usage de cette mati&#232;re mais aussi gr&#226;ce &#224; la hauteur d'accrochage, assez basse, de ces oeuvres. Elles sugg&#232;rent alors un &#233;l&#233;ment de mobilier comme un dossier de canap&#233;. Le mat&#233;riau fait office de signe. Gardes-tu toujours &#224; l'esprit cette dichotomie entre le r&#233;el, signal&#233; par le mat&#233;riau, et l'abstraction, incarn&#233;e par le monochrome&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?J-M.&#160;B.&#160;: Si le mat&#233;riau et la peinture nous semblent familiers, c'est une fa&#231;on d'introduire une ambigu&#239;t&#233; quant au statut de ce que l'on regarde. Une peinture ou autre chose&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? C'est une fa&#231;on de ramener l'art &#224; quelque chose identifiable, proche de nous. Par ailleurs, il s'agit seulement d'une ressemblance avec un &#233;l&#233;ment de mobilier, puisque tout &#224; fait fabriqu&#233;, ce n'est pas un objet trouv&#233;, c'est donc plus une image qu'un objet r&#233;el, et la dichotomie se situe plus entre une image et une abstraction. D'ailleurs est-ce qu'un monochrome est abstrait&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Il n'y a pas plus concret qu'un monochrome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'abstraction devient un outil qui permet de travailler la question de l'objet, la production (et la reproduction), le manufactur&#233;, le fait main, le factice, l'usage (la fonction), le d&#233;coratif, le f&#233;tiche, ... le r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Simili&lt;/i&gt; est une s&#233;rie qui &#233;voque &#224; la fois le mat&#233;riau, le simili cuir, et une image, celle d'un &#233;l&#233;ment de mobilier accroch&#233; au mur. Le titre joue de l'id&#233;e qu'une peinture est une image du r&#233;el, un simulacre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;K. T&lt;i&gt;.&lt;/i&gt;&#160;: D'une certaine mani&#232;re, tes oeuvres me font penser aux &lt;i&gt;Furniture Sculptures&lt;/i&gt; de John Armleder. L'artiste explique que ses peintures finissent &#224; c&#244;t&#233; d'un canap&#233; ou au-dessus d'une chemin&#233;e chez le collectionneur. Il d&#233;cide donc de lui fournir simultan&#233;ment le tableau et le canap&#233;. Armleder pr&#233;cise que l'oeuvre d'art a toujours &#233;t&#233; un objet domestique. La dimension d&#233;corative n'est jamais tr&#232;s loin d&#232;s qu'on &#233;voque l'habitat. Int&#232;gres-tu cette notion dans tes travaux d'une mani&#232;re ou d'une autre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J-M.&#160;B.&#160;: En utilisant la g&#233;om&#233;trie comme vocabulaire et le simili comme mati&#232;re - pour les raisons que j'&#233;voquais plus haut - des couleurs d&#233;j&#224; faites, on tombe vite dans quelque chose de familier. Ce n'est pas tant la notion de d&#233;coratif qui m'int&#233;resse que celle de la peinture et du tableau. Le tableau non comme un cadre qui d&#233;limite la repr&#233;sentation mais comme un objet mobile, un meuble qui a perdu son lien avec un espace. Les tableaux ne peuvent occuper un lieu qui leur est propre, d&#233;finitif, ils sont d&#233;pendant de leur propri&#233;taire ou du mus&#233;e. On les d&#233;place comme de simples meubles qu'ils sont. Ce qui me semble important c'est de faire de la peinture, et qu'elle fonctionne comme telle. Avant d'&#234;tre un objet accroch&#233; au mur, elle est un assemblage de gestes, un support que l'on recouvre de couleur. Il me faut pr&#233;ciser ici que le simili cuir fait l'objet d'un long travail de recouvrement par la peinture et qu'il est brut sur les c&#244;t&#233;s. Il n'y a que pour la s&#233;rie &lt;i&gt;Convertible&lt;/i&gt; que le simili cuir est &#224; la fois brut et recouvert de peinture sur la surface.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est plut&#244;t une tentative de fabriquer quelque chose &#224; la fois de proche et de lointain, la ressemblance au mobilier installe une relation au corps qui m'int&#233;resse, l'objet nous semble familier dans un jeu d'indistinction mais cela reste de la peinture avant tout. L'int&#233;r&#234;t que je porte &#224; la peinture en tant que pratique me semble plus important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;K. T.&#160;: Hal Foster, dans son ouvrage Design &amp; Crime, constate une p&#233;n&#233;tration du design de plus en plus significative dans notre quotidien o&#249; l'on peut observer une fusion du marketing et de la culture. On assiste &#224; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;une vulgarisation de la culture savante et &#224; une valorisation de la culture commerciale&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Le distinguo entre haute culture et culture populaire s'efface pour s'orienter davantage vers une confusion des disciplines. Cette indistinction existe dans ton travail par les mat&#233;riaux que tu utilises mais aussi par ton analyse car tu dis ne pas faire de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;la grande peinture&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J-M.&#160;B.&#160;: Il y a une forme de r&#233;cup&#233;ration des inventions du modernisme par le mercantiliste et l'industrie culturelle - on trouve chez Ik&#233;a des monochromes d&#233;j&#224; peints - l'abstraction fait partie du d&#233;cor et n'importe quelle peinture abstraite fait office de &lt;i&gt;d&#233;j&#224;-vu&lt;/i&gt;. Dans cette situation, il me semblait que partir du r&#233;el pouvait &#234;tre une solution pour sortir du propos de l'invention formelle &#224; laquelle se superpose une attention port&#233;e &#224; la peinture et au geste entendu comme moyen. C'est une fa&#231;on de rapprocher la peinture d'une certaine autonomie - regarder la peinture comme de la peinture - de faire une peinture qui se veut objective, tout en sachant que cela n'est pas possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ajout d'&#233;l&#233;ments issus de la sph&#232;re collective - mat&#233;riaux, couleur - tient plus &#224; une volont&#233; de travailler avec des mat&#233;riaux d&#233;j&#224; l&#224;, c'est en quelque sorte une forme d'approbation. C'est envisager la peinture sous un angle non-autoritaire, sortir d'une position dominante h&#233;rit&#233;e des grandes cat&#233;gories du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup&gt;&#232;me&lt;/sup&gt; si&#232;cle - sublime, transcendance ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien r&#233;alis&#233; par Karen Tanguy, commissaire de l'exposition &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Expanding colors,&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; La T&#244;lerie, Clermont-Ferrand&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Flatland</title>
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		<dc:date>2013-12-03T13:03:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karen Tanguy</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Flatland , fable m&#233;taphorique du 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &#233;crite par Edwin A. Abbott, est un monde bi-dimensionnel peupl&#233; par des figures g&#233;om&#233;triques. Le h&#233;ros, incarn&#233; par un carr&#233;, d&#233;couvre au fur et &#224; mesure de l'histoire l'existence d'univers et de dimensions multiples. Les &#339;uvres de Pierre Labat plongent le spectateur, &#224; l'image du lecteur d'Abbott, au c&#339;ur d'un voyage &#224; travers des plans. Ses productions entretiennent une relation constante &#224; l'horizontalit&#233; et la verticalit&#233;. &#192; l'image de Donald&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-28618" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Flatland &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Edwin A. Abbott, &#034;Flatland&#034;, Paris&#160;: Editions Anatolia, 1996&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, fable m&#233;taphorique du 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &#233;crite par Edwin A. Abbott, est un monde bi-dimensionnel peupl&#233; par des figures g&#233;om&#233;triques. Le h&#233;ros, incarn&#233; par un carr&#233;, d&#233;couvre au fur et &#224; mesure de l'histoire l'existence d'univers et de dimensions multiples. Les &#339;uvres de Pierre Labat plongent le spectateur, &#224; l'image du lecteur d'Abbott, au c&#339;ur d'un voyage &#224; travers des plans. Ses productions entretiennent une relation constante &#224; l'horizontalit&#233; et la verticalit&#233;. &#192; l'image de Donald Judd, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ses m&#233;thodes et ses instincts sont toujours ceux du peintre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;William C. Agee, &#171;&#160;Donald Judd et les possibilit&#233;s infinies de la couleur&#160;&#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, &lt;i&gt;Non-Align&#233;s&lt;/i&gt; sugg&#232;re une forme de notre quotidien, bien qu'elle ne soit pas imm&#233;diatement identifiable du fait de sa monumentalit&#233;. Les motifs repr&#233;sentent des symboles utilis&#233;s dans les logiciels de traitement de texte. L'&#339;uvre fait r&#233;f&#233;rence aux pays dits &#034;align&#233;s&#034; et &#034;non align&#233;s&#034; durant la Guerre froide. Cette pi&#232;ce, con&#231;ue aux proportions du lieu, cr&#233;e son propre espace. Les trois figures choisies fragmentent la salle d'exposition et induisent une certaine circulation du visiteur. De plus, le corps du spectateur brise la plan&#233;it&#233; inh&#233;rente &#224; &lt;i&gt;Non-Align&#233;s&lt;/i&gt; et devient alors la projection du motif &#224; la verticale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'une personne p&#233;n&#232;tre dans une salle de mus&#233;e, sa premi&#232;re vision des peintures ou autres objets expos&#233;s est d&#233;form&#233;e par la perspective. Sur une surface plane, cette derni&#232;re donne l'illusion du volume et de la profondeur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dans l'espace r&#233;el, elle modifie le regard. Partant de ce postulat, Pierre Labat con&#231;oit alors l'installation &lt;i&gt;The First Time I Ever Saw Your Face&lt;/i&gt;. Des panneaux de bois blancs sont dispos&#233;s sur des murs distincts et sont l&#233;g&#232;rement d&#233;coll&#233;s de la surface de ceux-ci. Leur forme centrale &#233;vid&#233;e est la repr&#233;sentation de la perspective de la salle vue de la porte d'entr&#233;e. La pi&#232;ce est alors travers&#233;e de lignes directrices convergeant vers un point de fuite invisible. Pierre Labat joue sans cesse avec ce basculement de la seconde &#224; la troisi&#232;me dimension de mani&#232;re parfois litt&#233;rale mais non moins efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'a&#233;rienne et filiforme &lt;i&gt;Hanglamp,&lt;/i&gt; en hommage &#224; l'&#339;uvre &#233;ponyme de Gerrit Rietveld, &#233;voque, par la suspension de n&#233;ons au centre d'une pi&#232;ce, les trois dimensions. Les coordonn&#233;es que mesurent les trois droites indiquent notre emplacement sur terre. La &lt;i&gt;Hanglamp&lt;/i&gt; fait donc r&#233;f&#233;rence au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;GPS&lt;/span&gt;, et par extension au satellite, ainsi qu'aux multiples outils que l'homme utilise pour se situer dans l'espace. &lt;i&gt;Hanglamp&lt;/i&gt; devient alors une m&#233;taphore d'un environnement apprivois&#233; et mesur&#233;. Par le biais de cette installation, le visiteur remet aussi en question ce qu'il per&#231;oit en tant que sujet mais &#233;galement le monde qu'il observe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le corps du visiteur reste l'unit&#233; de mesure avec laquelle se rep&#232;re l'artiste dans ses productions. En effet, la base de la ph&#233;nom&#233;nologie est le rapport du corps envers les &#233;l&#233;ments qui l'entourent. Par ses d&#233;placements ou simplement par sa pr&#233;sence, le spectateur exp&#233;rimente physiquement l'&#339;uvre qui est &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;un lieu o&#249; la stature humaine doit constamment s'&#233;prouver, nous regarder, nous inqui&#233;ter&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Georges Didi-Huberman, &#034;Ce que nous voyons, ce qui nous regarde&#034;, Paris&#160;: (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Cette dimension humaine devient omnisciente. Elle transpara&#238;t parfois en n&#233;gatif ou par le vide. La main et le regard habitent la c&#233;sure de &lt;i&gt;Space Between&lt;/i&gt; tandis que des flux de personnes envahissent, dans un espace mental, &lt;i&gt;Pinball Cyclo&lt;/i&gt; . L'artiste y sugg&#232;re &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;une humanit&#233; par d&#233;faut&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je renvoie le lecteur au chapitre portant sur &#171;&#160;l'anthropomorphisme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, Pierre Labat introduit dans son travail une quatri&#232;me dimension&#160;: celle du temps de l'exp&#233;rience. Cette derni&#232;re devient une mati&#232;re premi&#232;re. Bien qu'immat&#233;rielle, l'artiste la sculpte et la fa&#231;onne au m&#234;me titre que les autres m&#233;diums qu'il utilise. Il endosse la fonction que Bruce Nauman qualifiait de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;directeur de l'exp&#233;rience du visiteur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ses &#339;uvres provoquent plus qu'un simple trouble visuel et produisent une v&#233;ritable situation spatiale o&#249; l'observateur se trouve projet&#233;. Elles comprennent &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;le temps du voyage&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; que prend le visiteur pour &#233;prouver une pi&#232;ce et l'appr&#233;hender dans sa totalit&#233; tant physiquement que psychologiquement &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;James Attlee, &#171;&#160;Flame, Time and the Elements&#160;&#187;, in&#160;: Gordon Matta-Clark, The (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Le spectateur change de statut. Il abandonne sa passivit&#233; au profit d'une participation pleine et enti&#232;re. Les &#339;uvres de Pierre Labat ne sont pas des objets finis et statiques en soi mais int&#232;grent un temps actif dans leur fonctionnement. Le visiteur n'est cependant pas pour autant acteur, on le qualifiera plut&#244;t de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;viveur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; au sens situationniste du terme &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Guy Debord, &#171;&#160;Rapport sur la construction des situations&#160;&#187;, Paris&#160;: Mille et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Il devient &#034; co-pr&#233;sent &#034; de l'&#339;uvre dans la galerie &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Gintz, &#171;&#160;Formes unitaires et reliefs multim&#233;dia dans l'oeuvre de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Ce processus, &#224; l'image de celui de Gordon Matta-Clark, oblige le concours du visiteur par la n&#233;cessit&#233; de se mouvoir devant, &#224; l'int&#233;rieur ou sur l'&#339;uvre. Victor Burgin explique que la perception d'une &#339;uvre monumentale s'effectue en diff&#233;rentes unit&#233;s de temps. Au fur et mesure de ses d&#233;placements dans la salle, le visiteur d&#233;duit et extrapole la forme v&#233;ritable de l'&#339;uvre sans pour autant la voir dans son int&#233;gralit&#233;. Il &#233;prouve alors une exp&#233;rience dans une dur&#233;e v&#233;cue. Pierre Labat joue avec le temps et l'espace et offre ce que Robert Morris nommait une situation &#034; &#233;largie &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme originelle de &lt;i&gt;Pinball Cyclo&lt;/i&gt; rel&#232;ve autant de l'espace architectural que de la structure mol&#233;culaire. Elle &#233;merge de la rencontre imaginaire entre trois cercles, m&#233;taphore des trois atomes composant la mol&#233;cule d'eau H&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;O. Pierre Labat envisage cette gigantesque sculpture comme une composition g&#233;om&#233;trique, une peinture bien que l'&#339;uvre soit en trois dimensions. Il transpose l&#224; encore les deux dimensions en volume. Le visiteur, une fois entr&#233; dans la structure, n'a le choix qu'entre deux directions possibles. Il est alors dans l'obligation d'ex&#233;cuter le m&#234;me parcours dans l'un ou l'autre cas. L'espace triangulaire que l'on d&#233;couvre en entrant par l'une des portes &#233;voque les diff&#233;rentes architectures des espaces publics telles les zones de transit des gares ou des a&#233;roports qui influent sur nos d&#233;placements sans que nous n'en prenions r&#233;ellement conscience. Ces lieux sont con&#231;us de fa&#231;on &#224; optimiser les flux de personnes et &#224; les organiser. Chacun de nous emprunte donc des directions d&#233;finies et &#233;tudi&#233;es &#224; l'avance. En ce sens, l'artiste est proche des th&#233;ories situationnistes par son analyse du pouvoir psychique de l'architecture sur les comportements humains. Ces chemins sont donc des itin&#233;raires tout trac&#233;s qu'il nous suffit de suivre. L'artiste impose une situation dont le dispositif engendre automatiquement le comportement. Les visiteurs poss&#232;dent une libert&#233; d'action tr&#232;s restreinte. Comme dans les &#034; Corridors Pieces &#034; de Bruce Nauman, l'artiste surprend le spectateur et le &#034; met dans une situation d&#233;licate entre l'action et la non action, faire et voir &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#034; Susan Cross, &#034; Bruce Nauman&#160;: Theaters of Experience &#034;, Ostfildern&#160;: Hatje (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Pierre Labat sugg&#232;re un passage non seulement physique mais aussi temporel &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#034; L'espace et le temps sont les seules formes dans lesquelles se construit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. L'exp&#233;rience s'op&#232;re et devient effective en fonction de sa dur&#233;e. Le visiteur doit habiter l'&#339;uvre et l'investir physiquement. L'image du flipper prend ici tout son sens. Bien que l'on sache que le d&#233;part de la bille se fait d'un point A et qu'elle arrivera toujours au point B, elle peut entre temps accomplir de multiples trajectoires. Plus elle restera en action, plus elle investira l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En observant les travaux de Pierre Labat, on ne peut s'emp&#234;cher de penser qu'il partage une sensibilit&#233; commune avec des artistes tels que Donald Judd, Carl Andr&#233; ou Robert Morris. Il emploie un vocabulaire proche mais dans une syntaxe sensiblement diff&#233;rente. Ses productions allient une simplicit&#233;, par des &#233;l&#233;ments formels d&#233;pouill&#233;s, &#224; une complexit&#233;, par la relation qu'ils entretiennent avec leur contexte de monstration. Leur neutralit&#233; apparente vole en &#233;clat d&#232;s que le visiteur entre plus en avant dans les pi&#232;ces. Il y d&#233;couvre alors une dimension po&#233;tique. L'id&#233;e re&#231;ue veut que le minimal soit &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;un art en retrait&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et impose une distance entre l'objet et son observateur &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert Morris, &#034; Notes on Sculpture I &amp; II &#034;, in Artforum, f&#233;vrier et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Bien que cette notion de recul reste une composante essentielle de la vision, elle ne peut &#234;tre un crit&#232;re majeur de d&#233;finition de l'art minimal. Mel Bochner explique que le minimalisme est surtout &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;une conscience vive de la ph&#233;nom&#233;nologie des espaces&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Le visiteur et l'objet partagent le m&#234;me plan sur un pied d'&#233;galit&#233;, il n'existe pas de hi&#233;rarchie dans les &#233;l&#233;ments constitutifs de l'&#339;uvre. Elle entretient un rapport avec l'ensemble de son contexte d'exposition. Pierre Labat partage ce go&#251;t pour les g&#233;om&#233;tries &#233;pur&#233;es mais ce langage formel rigoureux n'instaure qu'une imm&#233;diatet&#233; feinte. L'unit&#233; visuelle de ses &#339;uvres se brise une fois que l'observateur les explore. En effet, elles ne sont pas autonomes dans le sens o&#249; les artistes minimaux l'entendent. Elles n'entretiennent pas qu'une relation perceptive ou formelle par rapport &#224; l'espace. Elles se dotent d'une charge &#233;motionnelle forte. En fin de compte, les &#339;uvres de Pierre Labat ne sont peut-&#234;tre ni des sculptures, ni des &#233;l&#233;ments architecturaux, mais davantage des sc&#233;nographies momentan&#233;es pr&#233;textes &#224; la cr&#233;ation de situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte de Karen Tanguy, Extrait du catalogue de l'exposition &lt;strong&gt;Pierre Duch&#234;ne - Pierre Labat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Edwin A. Abbott, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Flatland&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Paris&#160;: Editions Anatolia, 1996&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;William C. Agee, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Donald Judd et les possibilit&#233;s infinies de la couleur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, in Donald Judd Couleur , Stuttgart&#160;: Hatje Cantz Verlag, 2000&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Georges Didi-Huberman, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Ce que nous voyons, ce qui nous regarde&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Paris&#160;: Les Editions de Minuit, 1995&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Je renvoie le lecteur au chapitre portant sur &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'anthropomorphisme minimaliste&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; d&#233;velopp&#233; par Georges Didi-Huberman, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Anthropomorphisme et dissemblance&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, in Ce que nous voyons, ce qui nous regarde , Paris&#160;: Les Editions de Minuit, 1995&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;James Attlee, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Flame, Time and the Elements&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, in&#160;: Gordon Matta-Clark, The Space Between , Nazraeli Press, 2003&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Guy Debord, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Rapport sur la construction des situations&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Paris&#160;: Mille et une nuits, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Claude Gintz, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Formes unitaires et reliefs multim&#233;dia dans l'oeuvre de Robert Morris&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Artstudio , n&#176;6, automne 1987.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Susan Cross,&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Bruce Nauman&#160;: Theaters of Experience &#034;, Ostfildern&#160;: Hatje Cantz Verlag, 2003&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;L'espace et le temps sont les seules formes dans lesquelles se construit la vie et dans lesquelles par cons&#233;quent il faudrait construire l'art&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Naum Gabo &amp; Anton Pevsner, Manifeste r&#233;aliste, 1920.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Robert Morris, &#034; Notes on Sculpture I &amp; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;II&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &#034;, in Artforum, f&#233;vrier et octobre 1966 et Regards sur l'art am&#233;ricain des ann&#233;es 1960 , anthologie critique par Claude Gintz, Paris&#160;: &#233;ditions des territoires, 1979&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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