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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>La forme de l'engagement</title>
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		<dc:creator>Damien Airault</dc:creator>



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&lt;p&gt;On d&#233;couvre par bribes, sous le microscope de C&#233;line Domengie, un environnement social et politique&#160;: ses gestes, ses prises de d&#233;cision, ses coutumes et ses mythologies. Et en particulier les engrenages qui m&#232;nent une ville &#224; la construction d'un nouveau coll&#232;ge, de sa conception &#224; son &#233;dification, les nombreux corps de m&#233;tier convoqu&#233;s, et aussi, &#224; de multiples niveaux, les &#233;l&#232;ves, leurs parents, et une grande partie des habitants d'un village, r&#233;unis sans le vouloir autour de cet&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On d&#233;couvre par bribes, sous le microscope de C&#233;line Domengie, un environnement social et politique&#160;: ses gestes, ses prises de d&#233;cision, ses coutumes et ses mythologies. Et en particulier les engrenages qui m&#232;nent une ville &#224; la construction d'un nouveau coll&#232;ge, de sa conception &#224; son &#233;dification, les nombreux corps de m&#233;tier convoqu&#233;s, et aussi, &#224; de multiples niveaux, les &#233;l&#232;ves, leurs parents, et une grande partie des habitants d'un village, r&#233;unis sans le vouloir autour de cet &#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Cit&#233; existe par une multitude d'actions cach&#233;es&#160;: d'abord celles de tous les habitants qui la composent. Ses segments collectifs, et les plus apparents, sont quadrill&#233;s de gestes de techniciens, de politiciens, d'ing&#233;nieurs, ou encore de commer&#231;ants. De fait l'espace public change et est entretenu en permanence par des forces invisibles, des successions de choix dont nous sommes conscients sans pour autant les regarder de pr&#232;s, hauts faits ou travail quotidien d'individus connus et inconnus. En outre, cet espace public, et donc ce bien public, a besoin d'images. Il engendre une part de communication, institutionnelle souvent, qui, comme toute image fabriqu&#233;e, poss&#232;de un envers, une deuxi&#232;me face, consciemment dissimul&#233;e. L'expos&#233; des intentions et des r&#233;sultats est toujours parcellaire, il s'agit d'un calcul et il est technicis&#233;. C'est la face cach&#233;e qui va int&#233;resser en priorit&#233; notre artiste. Car l'environnement de C&#233;line Domengie est aussi le n&#244;tre, il engage notre responsabilit&#233;, et, apr&#232;s les analyses et d&#233;ductions de l'artiste, il sera l'objet d'une nouvelle transmission, de nouvelles m&#233;taphores et de nouvelles repr&#233;sentations, montrant sous un nouvel angle l'envers du d&#233;cor collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteure, partant de recherches et de rencontres sur le terrain, ne tente pas la retranscription directe de ses sources, encore moins la figure de style&#160;: elle met plut&#244;t ses id&#233;es au service d'un travail critique. Son intention peut aussi sembler scientifique par sa pr&#233;cision, sa m&#233;thodologie et sa volont&#233; d'exhaustivit&#233;. Le r&#233;sultat est une production qui prend toutes les formes, ou, plus pr&#233;cis&#233;ment, s'accapare toutes les formes. La retranscription est ici un travail de choix et de cadrage, de s&#233;lection d'un m&#233;dium. Et selon ce principe, la retranscription est un travail d'auteur qui constitue un retour dans l'espace public. La donne est d'autant plus complexe que le r&#233;el et les situations qui l'animent sont subtils. Il est fait de personnes, de lieux, de gestes, d'architecture, de relations de pouvoir, de biographies, d'&#233;conomie, d'odeurs, de couleurs, de sentiments, de mat&#233;riaux, de coutumes&#8230; Chaque point d'accroche, chaque cible, doit donc trouver un support de transmission ad&#233;quat. On ne s'&#233;tonnera pas alors que les actions de C&#233;line Domengie naissent souvent de collaborations, et en cr&#233;ent de nouvelles, comme pour rejouer, re-tisser les liens qui unissent diff&#233;rents corps de m&#233;tiers, diff&#233;rents modes d'expression, sur un chantier ou dans les bureaux d'une administration. Fa&#231;on aussi de convoquer des comp&#233;tences et des sensibilit&#233;s diverses, et de pouvoir d&#233;l&#233;guer une autorit&#233; qui s'alimente d'un contexte d&#233;licat, et ne peut pas couler de source.Mais pour moi, la chose la plus int&#233;ressante est la fa&#231;on dont l'artiste se replace en parall&#232;le au coeur de ce contexte. En effet, tout comme elle interroge avec bienveillance les environnements socio-professionnels et les usages qu'elle s&#233;lectionne, elle va mettre dans la balance sa propre place de cr&#233;atrice.Le travail qui est effectu&#233; avec un ma&#231;on, un architecte, un professeur de coll&#232;ge, sera, en miroir, effectu&#233; sur sa propre position d'artiste. Il n'y a donc plus de surprise &#224; ce que des parties de son projet se d&#233;roulent dans sa propre maison (d'ailleurs en construction permanente). En joueuse fair-play, l'artiste qui s'infiltre dans les rouages des commandes publiques peut aussi ouvrir son atelier, et montrer ses secrets de fabrication &#224; tous. L'oeuvre n'appara&#238;t donc plus comme un produit fini mais au travers d'un processus long, transformable et prot&#233;iforme, qui va engager la vie quotidienne et les actions de spectateurs qui se r&#233;v&#232;lent soudainement parties prenantes. Finalement, l'artiste, comme celui ou celle qui regarde son travail, ou qui construit et pense le b&#226;timent, est d&#232;s le d&#233;but un acteur, peut-&#234;tre d&#233;responsabilis&#233; par la donne de d&#233;part, de la commande publique. Ici, la p&#233;dagogie et la transmission deviennent actes, et on s'explique, de mani&#232;re plus ou moins organis&#233;e, au travers des m&#233;taphores et des images, ce que sont l'art, la politique, le mode de vie et les savoirfaire de chacun, la responsabilit&#233;. Parce qu'ici, l'&#234;tre humain n'est plus seulement consid&#233;r&#233; comme un producteur de biens et de services. Et C&#233;line Domengie cr&#233;e bien un syst&#232;me o&#249; l'individu et le partage sont au centre de toutes les pr&#233;occupations, les moteurs de sa cr&#233;ation, et les facteurs d'une &#233;lucidation. Alors, si sa pratique est, en quelque sorte, analytique et relationnelle, c'est peut-&#234;tre aussi pour nous rappeler que c'est l&#224; l'origine et la vocation de l'art et que, plut&#244;t que d'ajouter des objets au monde, on peut travailler &#224; le rendre transparent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/article41722</link>
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		<dc:creator>Damien Airault</dc:creator>



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&lt;p&gt;Au premier abord, l'inspiration semble biographique, voire intime&#160;: Laurent Le Deunff n'aurait rien &#224; prouver et ses souvenirs personnels, une petite pile de magazines de chasseurs, alli&#233;s &#224; quelques &#233;l&#233;ments pioch&#233;s dans la nature et dans les mus&#233;es d'ethnologie, lui offriraient un r&#233;pertoire d'images cons&#233;quent. Il prendrait comme point de d&#233;part un lot de motifs atemporels. Son iconographie se rapprocherait, comme l'&#233;crit Val&#233;rie Da Costa, d'un champ de r&#233;f&#233;rences &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;populaires&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;,&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au premier abord, l'inspiration semble biographique, voire intime&#160;: Laurent Le Deunff n'aurait rien &#224; prouver et ses souvenirs personnels, une petite pile de magazines de chasseurs, alli&#233;s &#224; quelques &#233;l&#233;ments pioch&#233;s dans la nature et dans les mus&#233;es d'ethnologie, lui offriraient un r&#233;pertoire d'images cons&#233;quent. Il prendrait comme point de d&#233;part un lot de motifs atemporels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son iconographie se rapprocherait, comme l'&#233;crit Val&#233;rie Da Costa, d'un champ de r&#233;f&#233;rences &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;populaires&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, proches d'un imaginaire commun, et loin de toute anecdote, narration forc&#233;e, ou prouesse de l'imagination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait ais&#233;ment en d&#233;duire une sorte d'instinct na&#239;f, proche d'un Gauguin ou d'un S&#233;rusier, alors qu'au contraire ses productions tissent un r&#233;seau complexe de pratiques et de centres d'int&#233;r&#234;ts, parfois antagonistes. Et elles nous orientent vers une attitude d'autant plus intrigante et libre qu'elle s'exerce &#224; l'int&#233;rieur de cadres assez clairs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet le travail de Laurent Le Deunff s'articule autour de deux pratiques diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, un ensemble de sculptures, dont la plupart utilisent des mat&#233;riaux naturels (cuir, bois, os&#8230;) et reprennent des sujets tir&#233;s de la nature&#160;: s&#233;ries de t&#234;tes d'animaux d&#233;riv&#233;s en totems, chien, morse, etc., mais aussi contenants ou objets de mobilier de toutes sortes (coffre-fort, tente, aquarium, matelas). Cet inventaire cr&#233;e bien une sorte de cabinet de curiosit&#233; imaginaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coh&#233;rence de ce groupe d'&#339;uvres viendrait d'une attitude particuli&#232;re de l'artiste vis-&#224;-vis de ses mat&#233;riaux, d'une capacit&#233; &#224; contourner tout principe d'efficacit&#233; pour laisser les formes se g&#233;n&#233;rer spontan&#233;ment, comme d&#233;duites de la mati&#232;re, de respecter les mod&#232;les reproduits, et ne pas consid&#233;rer les mat&#233;riaux et les volumes comme de v&#233;ritables contraintes mais les entourer de soins. Ici tout h&#233;ro&#239;sme a disparu&#160;: l'individu n'est pas en lutte avec les &#233;l&#233;ments, l'imagination ne supplante pas un d&#233;j&#224;-l&#224;, les corps du sculpteur et du spectateur ne se heurtent pas &#224; des volumes dispers&#233;s comme &#224; des obstacles. Car si l'univers de Laurent Le Deunff est construit d'un id&#233;alisme teint&#233; d'humour, de d&#233;sinvolture r&#233;gressive, et de chausse-trappes, c'est aussi pour laisser libre cours, pacifiquement, aux hallucinations et au travail de la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'effet surprend&#160;: les sculptures semblent avoir toujours &#233;t&#233; l&#224;, pos&#233;es au milieu ou &#224; l'&#233;cart de paysages divers, abandonn&#233;es dans des expositions collectives, sans places pr&#233;d&#233;termin&#233;es. Charg&#233;s de fables, les objets de Laurent Le Deunff sont paradoxalement opaques et muets, t&#233;moins de croyances sans rituels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une facilit&#233; cependant &#224; s'arr&#234;ter aux images. Laurent Le Deunff nous rappelle que le bois, le crayon, l'os, l'alb&#226;tre, ont une vie propre, d&#233;gag&#233;e de l'auteur qui se les approprie, et qu'un nouveau propos sur la sculpture se d&#233;veloppe ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Second temps maintenant, l&#224; o&#249; tout se g&#226;te, une s&#233;rie grandissante de dessins, au crayon sur papier Moleskine, repr&#233;sentant enti&#232;rement ou partiellement des paysages naturels, des animaux pendant le co&#239;t, des chasseurs, une vari&#233;t&#233; de th&#232;mes inspir&#233;s de la botanique ou de la zoologie, c'est-&#224;-dire un champ th&#233;matique plus serr&#233; que celui des sculptures, une technique unique aussi. Finalement, ces travaux graphiques renvoient &#224; des motifs pr&#233;historiques (rep&#233;rages d'&#233;l&#233;ments bucoliques ou d'activit&#233;s de survie)&#160;: peut-&#234;tre l'origine ant&#233;diluvienne du dessin. On y constate aussi un travail m&#233;ticuleux &#224; partir d'images pr&#233;-existantes, une volont&#233; de reproduction, comme pour humaniser ce qui est &#224; la base une photographie, ou encore pour retrouver ses sujets par l'application, retrouver un &#233;tat o&#249; la main et l'outil, encore une fois, s'approprient patiemment un motif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; un premier degr&#233; romantique et b&#233;at, qui n'est autre qu'un d&#233;calquage de codes bien connus, un deuxi&#232;me degr&#233; se superpose, descente &#224; pic, principe de lucidit&#233;&#160;: Laurent Le Deunff n'est pas l'Indig&#232;ne observateur, le Bon Sauvage, l'Enfant espi&#232;gle que l'on suppose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le traitement de ces sc&#233;nettes est trop m&#233;ticuleux pour &#234;tre primitif, l'iconographie est bien trop exotique et vari&#233;e pour &#234;tre reli&#233;e &#224; un art brut, et surtout elle s'inscrit dans un cycle de repr&#233;sentations et de reproductions qui s&#232;me un doute tenace sur les intentions de l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors la pratique du dessin, aussi absorb&#233;e soit-elle, reste un exercice conscient d'appropriation et de mise &#224; distance. Appropriation et mise &#224; distance de mythes fondateurs, de paysages que nous connaissons tous, et dont on peut une fois pour toute, et avec douceur, interroger le caract&#232;re kitsch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/IMG/media/docs/Airault-LeDeunff.pdf'&gt;&gt;T&#233;l&#233;charger le texte (pdf)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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