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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
	<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/</link>
	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>&#171;&#160;La Dame &#224; la Licorne&#160;&#187;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Corinne Szabo</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Transformer les Glaci&#232;res de la Banlieue en un v&#233;ritable hortus conclusus m&#233;di&#233;val - ce jardin clos appara&#238;t dans le Cantique des cantiques comme identification &#224; la Vierge et comme vision du paradis&#160;-, voil&#224; le projet de l'exposition La Dame &#224; la Licorne&#160;: convertir l'espace architectural en un jardin des d&#233;lices. D&#233;tournant le principe aristot&#233;licien de la Scala Naturae - de la hi&#233;rarchie et de la place conf&#233;r&#233;es &#224; chaque esp&#232;ce dans l'&#233;chelle de la nature&#160;-, les hommes, les animaux et&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-29346" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Transformer les Glaci&#232;res de la Banlieue en un v&#233;ritable &lt;i&gt;hortus conclusus&lt;/i&gt; m&#233;di&#233;val - ce jardin clos appara&#238;t dans le &lt;i&gt;Cantique des cantiques&lt;/i&gt; comme identification &#224; la Vierge et comme vision du paradis&#160;-, voil&#224; le projet de l'exposition &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://dda-nouvelle-aquitaine.org/La-Dame-a-la-Licorne-52163&#034;&gt;La Dame &#224; la Licorne&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&#160;: convertir l'espace architectural en un jardin des d&#233;lices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;tournant le principe aristot&#233;licien de la &lt;i&gt;Scala Naturae&lt;/i&gt; - de la hi&#233;rarchie et de la place conf&#233;r&#233;es &#224;
chaque esp&#232;ce dans l'&#233;chelle de la nature&#160;-, les hommes, les animaux et les plantes y cohabitent en
paix et vivent en harmonie. Dans cette nature paradisiaque, la licorne y joue un r&#244;le ambivalent&#160;:
m&#233;taphore du divin et synonyme de puret&#233;, sa blancheur facilite l'assimilation de la l&#233;gende antique
selon laquelle il est impossible de capturer l'animal, &#224; moins de l'attirer sur les genoux d'une vierge
contre laquelle elle s'endort, mais f&#233;condant ensuite la Dame de sa corne miraculeuse, elle rev&#234;t
aussi une &#233;vidente connotation sexuelle et une allusion &#224; l'amour charnel. Devenus signes &#233;rotiques,
la faune et la flore autour de la femme sont alors investies de r&#244;les multiples&#160;: points de communion
et de fertilisation, rep&#232;res dans l'organisation cyclique de cet espace-jardin et structuration d'une
vision conciliatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel un chemin initiatique, qui entre en r&#233;sonance avec les tours et les d&#233;tours d'un v&#233;ritable
itin&#233;raire int&#233;rieur, chaque site de l'exposition doit sa r&#233;ussite au disparate, &#224; l'impr&#233;vu, &#224; la brutale
intrusion d'un &#233;l&#233;ment diff&#233;rent dans l'ordre et le d&#233;sordre de l'agence d'architecture. Quatre
artistes, quatre gestes&#160;: si Duda Moraes mat&#233;rialise l'entr&#233;e de l'exposition avec de grandes tentures
fleuries - reprise de la tente dress&#233;e de la sixi&#232;me tapisserie du mus&#233;e de Cluny portant le nom de
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;A mon seul d&#233;sir&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#160;-, Simon Rayssac occupe le syst&#232;me modulaire des poutres avec de petites
installations plantureuses, Priscille Claude projette sur la verri&#232;re les images d&#233;sirantes de notre
inconscient collectif, Tatiana Defraine peint sur les vitres du jardin de longues femmes alanguies
dans l'herbe...Dans une flore abondante (oeillets, menthe, muguet, tr&#232;fles, lys, orangers, abricotiers,
cerisiers, &#233;pis de bl&#233;, &#233;pis de ma&#239;s, houx et ch&#234;nes) peupl&#233;e d'un bestiaire paisible (chiens, lapins,
chats, chevaux, loups, perroquets, singes...), la femme symbolise un &#233;ternel f&#233;minin relevant &#224; la
fois du cycle de la terre et de la lune et d'une interpr&#233;tation des cinq.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre f&#233;minisme, nature et d&#233;sir, l'exposition La Dame &#224; la Licorne fournit l'occasion de mettre en
regard le mythe et ses id&#233;ologies avec les nombreuses possibilit&#233;s de la peinture contemporaine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171;&#160;Aux heures les plus chaudes&#160;&#187;</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Aux-heures-les-plus-chaudes-52068</link>
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		<dc:date>2025-06-26T08:29:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Corinne Szabo</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Peindre, c'est caresser&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Paul Val&#233;ry &#224; propos de la peinture de Titien La production r&#233;alis&#233;e pour l'exposition [Aux heures les plus chaudes] chez Pierre Poumet refl&#232;te le sens du d&#233;cor et de la couleur qui caract&#233;rise le travail de l'artiste et engage une &#233;rotisation des figures f&#233;minines dont la chair paresseuse va faire l'objet chez le spectateur d'un voyeurisme raffin&#233;. Alanguies, engourdies, lentes et pesantes, Tatiana Defraine propose au regard du spectateur un&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-29346" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Peindre, c'est caresser&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;br class='manualbr' /&gt;Paul Val&#233;ry &#224; propos de la peinture de Titien&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production r&#233;alis&#233;e pour l'exposition &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Aux-heures-les-plus-chaudes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;[&lt;i&gt;Aux heures les plus chaudes&lt;/i&gt;]&lt;/a&gt; chez Pierre Poumet refl&#232;te le sens du d&#233;cor et de la couleur qui caract&#233;rise le travail de l'artiste et engage une &#233;rotisation des figures f&#233;minines dont la chair paresseuse va faire l'objet chez le spectateur d'un voyeurisme raffin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alanguies, engourdies, lentes et pesantes, Tatiana Defraine propose au regard du spectateur un inventaire complet de poses f&#233;minines &#233;rotiques dont les indolences voluptueuses se livrent &#224; la paresse et &#224; la lascivit&#233;. Dans un univers d'o&#249; l'homme est exclu, mais qui s'offre comme une promesse dans la surabondance de cr&#233;atures et de potentiel de jouissance visuelle, la tradition picturale du mod&#232;le f&#233;minin est prolong&#233;e dans un v&#233;ritable hymne &#224; la volupt&#233;. &lt;br class='manualbr' /&gt;Les V&#233;nus de Titien, de Goya ou de Gauguin rejoignent les femmes indolentes de Bonnard et de Vuillard dans des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;arrangements&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; esth&#233;tiques qui provoquent le d&#233;sir. Or, le d&#233;sir ne se donne pas d'embl&#233;e dans l'image, il na&#238;t des dispositifs plastiques que l'artiste va mettre en place pour provoquer l'envie de voir, l'envie de toucher, l'envie de sentir&#160;: dans de petits formats, les corps f&#233;minins r&#233;alis&#233;s au pastel gras gisent dans des lieux intimistes - dans une chambre, sur un lit, dans un lieu r&#233;serv&#233; &#224; la toilette, au bain ou au repos - dans lesquels le spectateur-voyeur s'introduit. Saisi &#224; l'abri d'espaces clos, de cabinets de toilette ou de jardins verdoyants, le personnage f&#233;minin se repa&#238;t d'une nudit&#233; innocente parce que d&#233;voil&#233;e mais non encore offerte. Le spectateur fait donc l'effort, par l'imagination ou par l'action, de se rapprocher de ces corps, d'observer et de regarder pour le seul plaisir de voir ce qui ne doit pas &#234;tre vu. Ce nouveau format, comparable &#224; un petit objet priv&#233;, suit en l'amplifiant le corps de ces femmes qui bordent la toile. Leur pr&#233;sence n'est l&#224; que pour faire ressortir plus intens&#233;ment l'extr&#234;me enchev&#234;trement des courbes sensuelles des corps, renforc&#233;es par celles des objets (vases, tasses, soucoupes, tables, baignoires) dont les formes circulaires et sph&#233;riques en appellent au maternel et au fantasme fusionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui rend ces images int&#233;ressantes est li&#233; &#224; l'effet qu'elles produisent, plus qu'&#224; leur contenu&#160;: les sens sont sollicit&#233;s par les chairs qui en donnent le d&#233;sir et par les sensations de moiteur, de chaleur et d'abandon. La vue mais aussi le toucher sont des sens particuli&#232;rement convoqu&#233;s par l'artiste qui suscite ainsi les pulsions du spectateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;fendant alors les qualit&#233;s purement sensibles de la mati&#232;re grasse du pastel, Tatiana fait l'apologie du maquillage, des plaisirs et de la s&#233;duction f&#233;minine (largement d&#233;velopp&#233;e dans les grands formats picturaux de l'artiste). La mati&#232;re coloriste du pastel permet en effet de d&#233;velopper pleinement la dimension sensible et sensuelle de l'image qui devient alors s&#233;ductrice et s'offre au plaisir de la contemplation. L'&#233;motion soulev&#233;e par l'imitation des chairs fait vaciller la perception entre la r&#233;ception et la caresse, donnant au regard quelques hallucinations et visions sensorielles&#160;: la peau, les cheveux, les poils des animaux m&#233;taphorisent les attributs sexuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les toiles de Tatiana constitueraient ainsi des surfaces de contact, des analogons de l'&#233;nergie sexuelle&#160;: la mani&#232;re dont le spectateur entre en contact avec cette image transforme fantasmatiquement l'image en une femme r&#233;elle. La volupt&#233; dans l'art doit &#234;tre prise ici dans son sens premier car l'&#201;ros qui s'en d&#233;gage induit bien &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;un effet de pr&#233;sence active&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sophie Mouron&#160;: l'&#233;preuve visuelle de l'ordinaire</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Sophie-Mouron-l-epreuve-visuelle-de-l-ordinaire</link>
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		<dc:date>2022-06-23T14:58:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Corinne Szabo</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Ce que l'on ne note g&#233;n&#233;ralement pas, ce qui ne se remarque pas, ce qui n'a pas d'importance&#160;: ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Georges Perec, Tentative d'&#233;puisement d'un lieu parisien, 1975 Au c&#339;ur de l'h&#233;ritage des exp&#233;riences de l'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;infra-mince&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et de l' &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;infra-ordinaire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, que nous devons &#224; Marcel Duchamp et &#224; Georges Perec, Sophie Mouron est captiv&#233;e par l'&#233;piphanie du quotidien, par l'&#233;loge de la fadeur, en se&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-28458" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Ce que l'on ne note g&#233;n&#233;ralement pas, ce qui ne se remarque pas, ce qui n'a pas d'importance&#160;: ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;Georges Perec, &lt;i&gt;Tentative d'&#233;puisement d'un lieu parisien&lt;/i&gt;, 1975&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur de l'h&#233;ritage des exp&#233;riences de l'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;infra-mince&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et de l' &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;infra-ordinaire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, que nous devons &#224; Marcel Duchamp et &#224; Georges Perec, Sophie Mouron est captiv&#233;e par l'&#233;piphanie du quotidien, par l'&#233;loge de la fadeur, en se tenant aux antipodes de l'h&#233;ro&#239;sme, du romantisme et du spectaculaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La photographie de Sophie Mouron est en effet fondamentalement d&#233;ceptive. L'artiste adopte un type d'images s&#233;rielles que l'on peut rattacher &#224; la notion d'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#233;puisement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ch&#232;re &#224; Georges Perec &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Georges Perec, Tentatives d'&#233;puisement d'un lieu parisien, 1975, Christian (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. L'&#339;uvre photographique se pr&#233;sente comme un cycle de plusieurs images formant une boucle infinie sur les lieux communs de notre quotidien&#160;: les 13 photographies de Lavomaniac, prises &#224; intervalles r&#233;guliers, montrent des hublots de lave-linge en fonctionnement, les 30 photographies de &lt;i&gt;La Boucle&lt;/i&gt; (de la s&#233;rie &lt;i&gt;Variables&lt;/i&gt;) pr&#233;sentent des gouttes de pluie tomb&#233;es sur un toit de zinc, les 241 clich&#233;s de &lt;i&gt;Carrefour I&lt;/i&gt;, pris toutes les 15 secondes pendant une heure, en surplomb et &#224; l'intersection d'un carrefour parisien, sont bas&#233;s sur des motifs r&#233;p&#233;titifs&#160;: deux passages pi&#233;tons, une camionnette (qui dispara&#238;t &#224; la fin de la lecture et qui agit comme un punctum barthien &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de la s&#233;rie). &lt;br class='manualbr' /&gt;&#192; ce travail, elle associe trois objectifs comme autant de m&#233;moires &#224; saisir, trois temporalit&#233;s potentiellement pr&#233;sentes dans cet ensemble fragment&#233; et ordonn&#233; de descriptions&#160;: le temps capt&#233; d'un lieu ou d'un motif et sa transformation dans le temps (100 photographies d'une ligne trac&#233;e dans le ciel par un avion jusqu'&#224; sa disparition totale, une toiture recevant les premi&#232;res gouttes jusqu'au au recouvrement total de sa surface), le choix d'un cadrage unique et d'une vision unique, la neutralit&#233; de l'image et la juxtaposition des clich&#233;s.&lt;br class='manualbr' /&gt;Or, l'&#233;puisement, ici, est double&#160;: s'il est associ&#233; &#224; un protocole qui exclue toute subjectivit&#233;, il d&#233;signe &#233;galement une d&#233;perdition r&#233;f&#233;rentielle. Ses clich&#233;s apparaissent en effet comme la mise en s&#233;rie d'une disparition photographique. Sur certaines images, on peut &#224; peine parler de motif, dans la mesure o&#249; l'objet photographi&#233; a comme tel une existence minimale, par son aspect t&#233;nu (le hublot d'une machine &#224; laver, de simples gouttes d'eau sur une surface, une ligne d'avion dans le ciel) et par le choix d'un cadrage serr&#233; qui obstrue l'environnement de l'objet d&#233;sign&#233;. Cet &#233;videment du sujet donne &#224; voir parfois une dissolution de formes qui m&#232;ne, parfois, jusqu'&#224; l'abstraction et qui appara&#238;t comme un v&#233;ritable choix esth&#233;tique.&lt;br class='manualbr' /&gt;Renouant avec les r&#233;cits antiques de Pline l'Ancien sur la rivalit&#233; entre Protog&#232;ne et Appelles qui s'&#233;taient engag&#233;s dans une comp&#233;tition pour savoir qui serait capable de dessiner la ligne la plus fine, une ligne presque imperceptible qui prouverait pr&#233;cis&#233;ment la grandeur du g&#233;nie artistique, &lt;i&gt;360 secondes du samedi 23&#160;ao&#251;t 2014&lt;/i&gt; s'&#233;tirent jusqu'&#224; la disparition totale de la ligne. Cette d&#233;perdition r&#233;f&#233;rentielle est ici redoubl&#233;e par l'exp&#233;rience du temps &#8211; ou plut&#244;t les exp&#233;riences du temps &#8211; qui nous engage dans une lente contemplation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au concept d'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;efficacit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; li&#233; au monde du visible, voire du spectaculaire, l'artiste oppose &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'efficience&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notion emprunt&#233;e aux analyses de Fran&#231;ois Jullien sur la pens&#233;e chinoise&#160;: (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&#160;: une fa&#231;on discr&#232;te d'op&#233;rer des transformations, lentes et silencieuses, mais qui ne manquent pas de puissance pour changer la perception. En condamnant le spectateur &#224; une lenteur et &#224; un r&#233;apprentissage du regard, ces &#339;uvres presque invisibles remettent en question la logique des sens pour&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ouvrir le sensible &#224; un devenir labile et subtil par la d&#233;termination d'un seuil de perceptibilit&#233; qui est aussi un seuil possible de disparition du donn&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (Thierry Davila) &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Thierry Davila, De l'inframince&#160;: br&#232;ve histoire de l'imperceptible, de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette incertitude ontologique, cette &#233;vidence trompeuse, est donc combl&#233;e par un temps de la perception qui nous engage sur d'autres voies, celles de la peinture, celles du cin&#233;ma et des sciences de la perception. Nous gagnons ainsi un mod&#232;le d'imagerie photographique, qui va bien plus loin que le simple sujet repr&#233;sent&#233; par le m&#233;dium de la photographie. De par leur captation et leur installation, ces objets anodins gagnent alors en pr&#233;sence car aucune image ne ressemble &#224; une autre&#160;: on en prend conscience une fois embarqu&#233; dans l'exp&#233;rimentation visuelle du processus et dans l'effleurage patient de la surface de l'image. Dans &lt;i&gt;Carrefour I&lt;/i&gt;, l'apparition du public et des objets, leur disparition, la circulation des voitures, d&#233;crivent des mini-histoires dont la r&#233;v&#233;lation du potentiel fictionnel remplace la vision st&#233;r&#233;otyp&#233;e du quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diptyques photographiques &lt;i&gt;Une seconde avant&#8230; une seconde apr&#232;s&lt;/i&gt; constituent &#233;galement des images dont les diff&#233;rences sont imperceptibles au premier regard. _ Comme les vues de minute qui s'engagent sur les voies d'une photographie primitive, &#8211; de petites images jumelles qui au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ont &#233;t&#233; prises pour &#234;tre regard&#233;es &#224; travers un st&#233;r&#233;oscope &#8211; le dispositif photographique bascule d'une r&#233;p&#233;tition ostentatoire vers le jeu des erreurs. Les deux images ne pr&#233;sentent pas fondamentalement de diff&#233;rences, si ce n'est celle infime d'un d&#233;faut de la prise de vue ou un d&#233;calage du cadrage. Les travaux de l'artiste r&#233;sultent ici d'une s&#233;rie d'op&#233;rations discr&#232;tes et &#233;ph&#233;m&#232;res qui rendent compte des principaux sujets de r&#233;flexion irriguant son travail&#160;: l'&#233;l&#233;mentaire, la dur&#233;e, la transformation, la disparition mais aussi l'absence, le devenir et l'incertitude. _ Ces moments photographiques t&#233;moignent du cours des choses et nourrissent une r&#233;flexion sur le caract&#232;re impermanent de toute forme. La captation de l'instant par l'enregistrement photographique (ou vid&#233;o avec &lt;i&gt;Voilure&lt;/i&gt;) permet alors de garder une m&#233;moire visuelle, si fugace soit-elle des choses &#224; venir. Ces photographies deviennent des petites exp&#233;riences qui consistent g&#233;n&#233;ralement &#224; observer la lente transformation d'une chose, parfois &#224; la limite de l'immobile ou du perceptible. L'&#339;uvre d&#233;licate et condens&#233;e de l'artiste pourrait renvoyer ainsi &#224; la formule du ha&#239;ku, cette courte po&#233;sie japonaise tr&#232;s codifi&#233;e qui a pour objectif de partager une &#233;motion face &#224; la nature changeante tout en incitant &#224; la r&#233;flexion. Son travail vise &#224; c&#233;l&#233;brer l'impermanence des choses et &#224; aiguiser l'attention sur ce qui nous entoure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Sophie Mouron fait le choix d'une image qui op&#232;re une dissolution de formes et r&#233;alise l'exercice d'une v&#233;ritable asc&#232;se photographique en cultivant l'ostensiblement minimal, le r&#233;p&#233;titif, l'absence et la d&#233;perdition, c'est pour mettre &#224; l'&#233;preuve l'&#233;vidence du regard. C'est parce que ces images sont l'enregistrement d'une banalit&#233; ordinaire que nous avons la possibilit&#233; de nous demander ce qui se laisse voir au-del&#224; du sujet-m&#234;me de ces photographies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas le sujet lui-m&#234;me qui est vis&#233; mais notre propre regard sur le quotidien. &lt;br class='manualbr' /&gt;Pour reprendre la pens&#233;e de Georges Didi-Huberman, ce que nous regardons porte en retour un regard sur nous-m&#234;mes &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Georges Didi-Huberman, Ce que nous voyons, ce qui nous regarde, Les Editions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Ces images, qui attirent l'attention, d&#233;stabilisent nos habitudes perceptives et questionnent l'&#233;vidence de notre familiarit&#233; au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En se fixant des contraintes temporelles et spatiales&#160;: choix des lieux, choix d'une dur&#233;e de prise de vue, syst&#232;me de permutation de lieu au hasard des rencontres et des observations fl&#226;neuses (&lt;i&gt;Variables&lt;/i&gt;), l'artiste parvient ainsi &#224; cr&#233;er une relation univoque et intangible capable d'unir &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'artiste &#224; l'&#339;uvre, l'oeuvre au monde&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (G. Perec).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_mention'&gt;
&lt;p&gt;Texte publi&#233; dans la revue &lt;i&gt;Point Contemporain&lt;/i&gt; #16&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Georges Perec, &lt;i&gt;Tentatives d'&#233;puisement d'un lieu parisien&lt;/i&gt;, 1975, Christian Bourgeois, coll. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Titres&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, 2008&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Notion emprunt&#233;e aux analyses de Fran&#231;ois Jullien sur la pens&#233;e chinoise&#160;: Fran&#231;ois Jullien, &lt;i&gt;La Pens&#233;e chinoise dans le miroir de la philosophie&lt;/i&gt;, Opus Seuil, 2007&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Thierry Davila, &lt;i&gt;De l'inframince&#160;: br&#232;ve histoire de l'imperceptible, de Marcel Duchamp &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Edition du Regard, 2010, p.20&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Georges Didi-Huberman, &lt;i&gt;Ce que nous voyons, ce qui nous regarde&lt;/i&gt;, Les Editions de Minuit, 1992&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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