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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Entretien avec Muriel Rodolosse</title>
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		<dc:date>2014-10-09T11:31:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jeanne Queiheillard</dc:creator>



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&lt;p&gt;haaa&#8230; Dada&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Un homme masqu&#233; se tient la jambe en d&#233;ambulant sur un agneau &#224; trois pattes dans un paysage o&#249; diverses architectures sont organis&#233;es en un parc mental. Cet homme tient l'oreille de l'agneau comme si elle &#233;tait un acc&#233;l&#233;rateur de mobylette ou son attitude peut rappeler celle d'un cavalier faisant du rod&#233;o. Au premier plan les &#233;l&#233;ments, les fleurs, les architectures miniatures sont peints en vue plongeante, le regard surplombe le sujet. Vers le haut du tableau le point de vue&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;haaa&#8230; Dada&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &lt;/i&gt;Un homme masqu&#233; se tient la jambe en d&#233;ambulant sur un agneau &#224; trois pattes dans un paysage o&#249; diverses architectures sont organis&#233;es en un parc mental. Cet homme tient l'oreille de l'agneau comme si elle &#233;tait un acc&#233;l&#233;rateur de mobylette ou son attitude peut rappeler celle d'un cavalier faisant du rod&#233;o. Au premier plan les &#233;l&#233;ments, les fleurs, les architectures miniatures sont peints en vue plongeante, le regard surplombe le sujet. Vers le haut du tableau le point de vue change, les &#233;l&#233;ments sont repr&#233;sent&#233;s en contre-plong&#233;e, cela permet un rapport plus kinesth&#233;sique avec l'&#339;uvre. L'espace perspectif n'est pas coh&#233;rent, les rapports d'&#233;chelle participent du trouble et du vertige comme Dada du mouvement &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DADA&lt;/span&gt; qui se tient en &#233;quilibre sur le fil du rasoir pour refuser le spectacle s&#233;rieux et les poncifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeanne Qu&#233;heillard&lt;/strong&gt; - L'occasion t'est donn&#233;e d'un livre d'artiste. Tu souhaites en faire l'histoire de ce tableau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Muriel Rodolosse - C'est le d&#233;sir de faire &#339;uvre du travail de recherche. Ce tableau est l'aboutissement de cinq mois de travail. J'ai souhait&#233; mettre en forme les dessins et poser les questionnements de ma pratique &#224; travers ce livre d'artiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J. Q.&lt;/strong&gt; &#8211;Le titre du tableau est &lt;i&gt;haaa&#8230; Dada&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/i&gt;. D'embl&#233;e, nous sommes plac&#233;s devant des &#233;vocations multiples, qui oscillent de l'image per&#231;ue aux mots entendus. Qu'est ce qui motive cette volont&#233; d'orienter notre regard en s'appuyant sur un texte&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Faut-il y voir une volont&#233; illustrative r&#233;ciproque&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.&#160;R.&lt;/strong&gt; &#8211; &lt;i&gt;haaa&#8230; Dada&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/i&gt; est un titre sonore pour ce tableau qui a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; pour l'exposition &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Caprice des jeux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; au Frac Aquitaine. J'ai voulu ce titre comme il en serait d'une &#339;uvre. J'ai pens&#233; que le titre prononc&#233; pouvait faire &#339;uvre. Ce titre a une sonorit&#233; qui lui est propre. Si ahahaha cr&#233;e le rire, haaa sonne comme le cri d'un animal. La prononciation active du titre place le spectateur dans une situation mouvante qui corrobore le mouvement du personnage repr&#233;sent&#233; sur le tableau. Le spectateur, en lisant le titre, est invit&#233; &#224; une action performative. Ce n'est pas tant d'illustration qu'il s'agit, que d'une combinatoire de deux mouvements entre le regardeur et le regard&#233;.Le geste qui accompagne la diction se figure par une inspiration, un arr&#234;t et une expiration&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cela cr&#233;e un mouvement de la t&#234;te ou du corps de l'arri&#232;re vers l'avant qui rappelle le mouvement du trotteur sur le tableau, celui de l'homme masqu&#233; chevauchant un agneau cahotant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;J. Q.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;- La technique utilis&#233;e d'une peinture sous plexiglas renforce le caract&#232;re singulier du tableau, sa force interrogative. Peut-on parler d'une peinture, qui au-del&#224; de son sujet apparent, se rapporte essentiellement &#224; une technique. Quel est son sens en regard de ta pratique picturale&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.&#160;R.&lt;/strong&gt; &#8211;J'utilise cette technique parce qu'elle me permet d'&#234;tre au plus pr&#232;s de la question de la peinture telle que je veux l'affirmer. Le choix du Plexiglas est d&#233;terminant. Je peins &#224; l'arri&#232;re du tableau, l'image est invers&#233;e. Le processus d'&#233;laboration du tableau est renvers&#233;. Je pense en premier les d&#233;tails et la fin du tableau et je finis par le fond. Je ne suis pas dans l'exposition de la mati&#232;re, il n'y a pas de coulure, de grattage, &#231;a ne d&#233;gouline pas. Avec cette technique, j'expose une mise &#224; distance possible de la peinture. Ce qui provoque d'autres sensations. Le rapport physique qui s'instaure pour r&#233;aliser le tableau me met dans la peinture au sens litt&#233;ral du terme. Je peins en regardant ce que je fais et en m&#234;me temps, mes mains se glissent derri&#232;re le plexi. Je suis devenue ambidextre. La taille du plexi est relative &#224; mon envergure corporelle qui d&#233;termine le format du tableau. Par ailleurs, je suis limit&#233;e par l'angle de vue. N'&#233;tant pas face &#224; ce que je fais, je dois en tenir compte dans la repr&#233;sentation. Je travaille &#224; l'envers. Ce qui m'a permis de penser la mise &#224; distance du m&#233;dium.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J.Q.&lt;/strong&gt; - Cette technique sp&#233;cifique ne passe pas inaper&#231;ue par le dispositif qu'elle implique. Elle n'est pas sans &#233;voquer la technique du fix&#233; sous verre. De tels rapprochements sont-ils &#233;clairants quant &#224; l'articulation de la technique et de l'&#339;uvre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? En d'autres termes, en quoi peut-on dire que la technique fait &#339;uvre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.&#160;R.&lt;/strong&gt; - Peindre sur le plexiglas rel&#232;ve d'une technique pr&#233;cise dans laquelle je ne peux pas avoir de repentir. Il faut penser le tableau dans la totalit&#233; de sa gen&#232;se et imaginer les diff&#233;rentes phases, les anticiper car elles sont invers&#233;es. Ce que nous voyons, contrairement &#224; une peinture habituelle sur toile, est ce qui a &#233;t&#233; pos&#233; en premier. C'est par principe ineffa&#231;able. C'est en quelque sorte un compte &#224; rebours et je finis par le fond. Il est donc difficile de penser le tout. Je travaille par morceaux, ce sont des masses avec plusieurs couches successives. A contrario, mis &#224; part le support transparent, le fix&#233; sous verre rel&#232;ve d'une mise en &#339;uvre diff&#233;rente. Le travail pictural s'effectue d'abord avec les contours puis le brossage des surfaces dessin&#233;es, une sorte de coloriage. C'est s&#251;rement pour &#231;a qu'il n'existe pas de fix&#233; sous verre de grande dimension, m&#234;me s'il s'est d&#233;velopp&#233; tr&#232;s largement, comme art d&#233;coratif populaire en particulier. Depuis que je peins, mon souci majeur est d'&#234;tre le plus possible dans la peinture. D'&#233;liminer les artifices et de penser en quoi la peinture est au-del&#224; de l'objet. Ce qui m'importe, c'est que cette technique me permette de d&#233;velopper une dimension critique afin de me positionner avec ma peinture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J. Q.&lt;/strong&gt; &#8211; Est-ce &#224; dire que cette pratique tr&#232;s identifi&#233;e de la peinture sous plexi, et qui t'appartient en propre, op&#232;re sur un mode contradictoire, voire paradoxal&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.&#160;R.&lt;/strong&gt; - Initialement, je peignais sur bois. J'ai toujours peint sur des supports rigides. En 1996, quand j'&#233;tais en r&#233;sidence &#224; Chicago &#224; la Fondation John David Mooney, j'ai trouv&#233; des bo&#238;tes en plexi pour mettre des photos. J'ai eu alors l'id&#233;e de les inclure dans mon support en bois. J'&#233;tais tr&#232;s pr&#233;occup&#233;e par les questions d'opposition entre la frontalit&#233; et la profondeur dans le tableau, et le plexi me permettait d'inclure de la mati&#232;re en volume dans l'&#339;uvre. Penser le tableau non comme une surface plane mais comme un contenant. Apr&#232;s plusieurs tableaux, j'ai peint sur ces bo&#238;tes qui avaient la forme d'un tableau en plexi. Ensuite, dans le Michigan je me suis procur&#233;e des plaques en plexi. Au d&#233;but, je peignais sur, derri&#232;re, dedans avec des transparences. Depuis, j'ai radicalis&#233; ma pratique et fait le choix de ne plus peindre sur la surface externe du support. En pla&#231;ant la peinture sur la surface interne, la transparence n'op&#232;re plus. Je travaille &#224; son opacit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J. Q.&lt;/strong&gt; &#8211; Tu fais du retournement du support et de l'inversion du processus, la possibilit&#233; d'une mise &#224; distance du m&#233;dium. Cette prise de distance se pose-t-elle dans les m&#234;mes termes quand il s'agit de s'affirmer comme peintre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.&#160;R.&lt;/strong&gt; &#8211;Face &#224; mon travail, je ne pense pas que l'on soit d'embl&#233;e dans la peinture. Il me semble que notre conscience est oblig&#233;e de chercher, au-del&#224; de l'image visible, le processus d'&#233;laboration et d'&#233;mergence du tableau. On doit se poser la question de ce que l'on voit et comment cette image a &#233;t&#233; pens&#233;e et r&#233;alis&#233;e. Atteindre une confusion du m&#233;dium est une bonne chose. Par exemple, le gla&#231;age brillant donn&#233; par le plexi renvoie &#224; la photographie. Je ne cherche pas reproduire une photographie. Mais j'appr&#233;cie quand ma peinture peut s'enrichir par l'apport de la photographie, en dehors de toute volont&#233; imitative. De toute fa&#231;on tout ce qui peut venir en plus de la peinture m'int&#233;resse. En 2002, j'ai commenc&#233; des pratiques diam&#233;tralement oppos&#233;es &#224; la peinture, j'ai cr&#233;&#233; un atelier provisoire et mobile qui s'appelle &lt;i&gt;la Permissive &lt;/i&gt;et un atelier de customisation de v&#234;tements ordinaires qui s'appelle &lt;i&gt;Passe-moi ta manche, j'te file mon col&lt;/i&gt;. Je souhaitais faire l'exp&#233;rience de pratiques artistiques autres et les faire se c&#244;toyer avec la peinture.En fait, quand je pars d'un proc&#233;d&#233; ancien pour envisager la peinture aujourd'hui, je ne pratique pas une d&#233;construction critique du tableau. Je ne m'inscris pas dans la continuit&#233; des effrangements avant-gardistes tels qu'Adorno pouvait les d&#233;finir. Les effrangements ne sont pas &#224; l'ext&#233;rieur du cadre mais intrins&#232;ques. J'ai fait le choix de ne pas sortir du tableau, de rester dans l'espace imparti que je me donne. Le d&#233;passement de la limite est interne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J. Q.&lt;/strong&gt; - Nous sommes confront&#233;s &#224; un changement d'&#233;chelle permanent entre les diff&#233;rents objets peints, le personnage, les animaux, les architectures, les fleurs&#8230;Nous assistons &#224; des r&#233;ajustements incessants qui brouillent la stabilit&#233; du regard. Quel sens faut-il accorder aux rapports d'&#233;chelle que tu instaures&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.&#160;R.&lt;/strong&gt; - Le rapport d'&#233;chelle d&#233;pend de l'importance donn&#233;e &#224; chaque chose. Une miniature ou une architecture qui sort d'une fleur ont autant d'importance que l'animal bancal improbable. Il n'y a pas de sup&#233;riorit&#233; d'une chose sur l'autre. Le grand format ne pr&#233;tend pas r&#233;aliser du spectaculaire. Mais, de par son format, le tableau ne peut pas &#234;tre saisi dans son ensemble. Il ne peut pas se r&#233;duire &#224; la lecture imm&#233;diate d'une image.J'ai peint &#224; ce jour deux tableaux de tr&#232;s grand format, un qui s'appelle &lt;i&gt;Ancora&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!*&lt;/i&gt; il a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; pour l'exposition &#233;ponyme au centre d'art Chapelle Saint Jacques, et le deuxi&#232;me est celui-ci pour l'exposition &lt;i&gt;Caprice des jeux*&lt;/i&gt;. Ces deux grandes &#339;uvres sont la repr&#233;sentation d'une image mentale. Dans &lt;i&gt;Ancora&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/i&gt; cela se cristallise sur l'hybridation des sexes. Dans &lt;i&gt;haaa&#8230; Dada&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/i&gt; cela se traduit par une sorte de r&#233;gr&#233;dience, cet &#233;tat second propre &#224; l'endormissement, o&#249; des choses nous &#233;chappent qu'on ne ma&#238;trise plus tout. La repr&#233;sentation d'une image mentale d&#233;passe toute relation &#224; la taille humaine. Elle se rapporte &#224; l'expression de la force de la pens&#233;e. Et du d&#233;sir. C'est la repr&#233;sentation d'une image mentale comme force mentale qui n'est pas limit&#233;e. &#199;a peut &#234;tre gigantesque, car c'est un fantasme qui n'est pas restreint par des mesures et plus proprement dit par des mensurations. Pour saisir cette question, il est n&#233;cessaire de se rapprocher de la d&#233;mesure ou plut&#244;t du sans mesure. En fait, je ne veux pas me limiter. Si j'ai le d&#233;sir de r&#233;aliser une &#339;uvre de taille importante, je la fais. Je ne veux pas me restreindre, rien ne peut aller contre cela. L'importance est donn&#233;e &#224; la chose que l'on regarde, et d&#233;pend de la position prise par le spectateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J. Q.&lt;/strong&gt; &#8211; C'est pourtant le personnage central juch&#233; sur un agneau qui focalise et centralise le regard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.&#160;R.&lt;/strong&gt; - C'est un personnage masqu&#233; mais ce n'est pas carnaval. Quelque chose surgit comme une figure humaine qui appara&#238;t fantasm&#233;e, figure ambigu&#235;, sexu&#233;e, une image bandante. C'est une figure &#233;rotique qui n'a pas de signe de virilit&#233;. On dirait un cavalier d&#233;poss&#233;d&#233; de son cheval. Ce n'est pas un dompteur. Ce que je veux donner c'est un &#233;tat du corps. Ici, le corps est &#233;rotique mais sans sexualit&#233;. L'objet du d&#233;sir est un objet qui se d&#233;robe tout le temps. Si &#233;rotisme il y a, il est sans doute suscit&#233; par la construction tactile du tableau. Il y a une logique de la sensation. Je peins avec mes mains. Cette tactilit&#233; fait na&#238;tre le fantasme.Cependant, le d&#233;sir s'enclenche &#224; travers un &#233;cran. En l'occurrence, le plexi fait &#233;cran &#224; la peinture. Cette technique cr&#233;e une sensation particuli&#232;re. Elle contient une ironie inhabituelle. C'est l'ironie sur le concept. Comme si l'on pouvait ma&#238;triser le fantasme. C'est la faillite d'un syst&#232;me, le naufrage. Le concept est d&#233;bord&#233; par le fantasme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Edition Marguerite Waknine, 2009&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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