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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
	<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/</link>
	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<title>G&#233;ographique, domestique, entropique - &#192; propos de la sculpture de S&#233;bastien Vonier</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Geographique-domestique-entropique-A-propos-de-la-sculpture-de-Sebastien-Vonier</link>
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		<dc:date>2011-12-20T13:29:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Tillet</dc:creator>



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&lt;p&gt;Parmi les &#339;uvres de S&#233;bastien Vonier, nombreuses sont celles qui rel&#232;vent ind&#233;niablement de la sculpture, mais qui peuvent aussi &#234;tre regard&#233;es sous un angle utilitaire. Elles reposent sur la tension entre deux r&#233;gimes a priori antith&#233;tiques&#160;: elles font signe vers l'art et, simultan&#233;ment, recyclent une rh&#233;torique fonctionnelle. Il en va ainsi de Sans titre (2006), cimaise construite puis laiss&#233;e &#224; l'&#233;tat brut qui, avec ses marques d'enduit, fait songer &#224; la peinture. Dans le m&#234;me temps,&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parmi les &#339;uvres de S&#233;bastien Vonier, nombreuses sont celles qui rel&#232;vent ind&#233;niablement de la sculpture, mais qui peuvent aussi &#234;tre regard&#233;es sous un angle utilitaire. Elles reposent sur la tension entre deux r&#233;gimes a priori antith&#233;tiques&#160;: elles font signe vers l'art et, simultan&#233;ment, recyclent une rh&#233;torique fonctionnelle. Il en va ainsi de &lt;i&gt;Sans titre&lt;/i&gt; (2006), cimaise construite puis laiss&#233;e &#224; l'&#233;tat brut qui, avec ses marques d'enduit, fait songer &#224; la peinture. Dans le m&#234;me temps, elle est dot&#233;e d'une efficacit&#233; spatiale&#160;: elle barre le passage entre deux salles d'exposition. La composition des sculptures murales r&#233;alis&#233;es depuis 2005 a l'air &#224; la fois abstraite et al&#233;atoire. Pourtant, ces &#339;uvres ont pour r&#233;f&#233;rents des plans de villes. Chacune d'elles renvoie &#224; un quartier d'une ville inconnue, les &#238;lots ayant &#233;t&#233; laiss&#233;s vides, tandis que les rues apparaissent en relief. Enfin, par leur facture neutre, au moins en ce qui concerne leur fabrication et leur assemblage, elles s'apparentent &#224; des &#233;tag&#232;res ou des biblioth&#232;ques au curieux dessin&#160;: le g&#233;ographique rencontre ici le domestique. Install&#233;es dans l'espace public, les &lt;i&gt;Excroissances&lt;/i&gt; (2005) sont semblables aux structures en tubes de m&#233;tal servant &#224; prot&#233;ger des arbres ou &#224; interdire la circulation. Mais leur rapport au muret ou au lampadaire auxquels elles sont adoss&#233;es, leur forme tortueuse, voire parfois leur couleur, interdisent de les assimiler &#224; ce qu'elles miment. Elles parasitent discr&#232;tement l'&#233;quipement qu'elles imitent, minant de l'int&#233;rieur les contraintes, g&#233;n&#233;ralement non interrog&#233;es, qu'il implique. Quant aux 5 bancs publics &#224; Bordeaux (2004), ce sont des r&#233;pliques de mobilier urbain, n&#233;anmoins porteurs de curieuses inscriptions. Des rendez-vous sont grav&#233;s sur leur dossier, en grosses lettres d'une typographie faussement conviviale, sans indication de date (seuls un jour et une tranche horaire apparaissent). Cette appropriation priv&#233;e d'un espace public est contradictoire, car elle est anonyme et destin&#233;e &#224; tous, sugg&#233;rant que quelque chose pourrait se passer, sans sp&#233;cification quant &#224; sa nature. Elle rel&#232;ve d'une sorte d'esth&#233;tique relationnelle norm&#233;e, en suspens, tournant &#224; vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre mani&#232;re d'approcher la d&#233;marche de S&#233;bastien Vonier est de l'envisager &#224; partir de cat&#233;gories telles l'ambivalence ou l'hybridation. &lt;i&gt;Pontmain&lt;/i&gt; (2006) est une &#339;uvre form&#233;e de cinq &#233;l&#233;ments r&#233;guli&#232;rement espac&#233;s, qui &#233;voquent des tableaux, g&#233;n&#233;rant en quelque mani&#232;re l'illusion d'une ouverture. On pourrait m&#234;me voir dans cet ensemble une succession de variations paysag&#232;res, avec une ligne d'horizon variant de hauteur. L'ironie est que les constituants de Pontmain ont &#233;t&#233; d&#233;coup&#233;s dans un mur en brique, d&#233;notant la fermeture. &lt;i&gt;Sans titre&lt;/i&gt; (2008) repose sur une logique semblable&#160;: celle du fragment, en l'occurrence des portions d'enrob&#233;, mat&#233;riau d'un intense noir bitumineux. Dress&#233;s &#224; la verticale, ces &#233;l&#233;ments superficiels d'une route d&#233;truite, au dessin accidentel, apparaissent tels des d&#233;tritus civilis&#233;s. Ils rappellent &lt;i&gt;Asphalt Rundown&lt;/i&gt; (1969) et la r&#233;partition al&#233;atoire de ce mat&#233;riau, d&#233;vers&#233; par Robert Smithson depuis un camion sur la pente d'une carri&#232;re abandonn&#233;e, pr&#232;s de Rome. La prise au sol de l'asphalte ainsi r&#233;pandu, avec les immanquables fissures et crevasses qu'elle entra&#238;na, &#233;voque en retour une autre &#339;uvre de S&#233;bastien Vonier, &lt;i&gt;N&#233;v&#233;s&lt;/i&gt; (2009). Ces plaques de b&#233;ton lisse, &#233;lev&#233;es sur d'agressifs treillis m&#233;talliques, appellent &#224; la fois l'id&#233;e de la ruine prochaine de toute architecture et l'image de s&#233;racs chaotiques &#224; la surface d'un glacier. Le paysage est d'ailleurs une pr&#233;occupation r&#233;currente de S&#233;bastien Vonier. Ainsi, &#224; Agen (Lot-et-Garonne), il a r&#233;alis&#233; &lt;i&gt;Maladeta&lt;/i&gt; (2009), une moquette color&#233;e install&#233;e au pied du mur d'escalade d'un complexe sportif. Au sol, la composition, complexe, semble abstraite. Vue depuis le haut du mur, elle appara&#238;t dans sa totalit&#233; et prend un sens nouveau. Comme lorsqu'il d&#233;couvre un panorama naturel, une fois son ascension achev&#233;e en montagne, le grimpeur est saisi par le spectacle d'une carte &#224; grande &#233;chelle. Cette carte &#8211; la moquette color&#233;e, donc &#8211; est celle du massif de la Maladeta (Pyr&#233;n&#233;es espagnoles). C'est un paysage cod&#233;, dont l'artifice r&#233;pond &#224; celui du mur d'escalade. Maladeta est rendue plus antinaturelle encore par ses couleurs inhabituelles (proches de celles des prises d'escalade en r&#233;sine) et par le r&#233;f&#233;rent du document (une carte g&#233;ologique d&#233;lest&#233;e de ses informations textuelles). Cette &#339;uvre s'inscrit dans la continuit&#233; de &lt;i&gt;Sans titre&lt;/i&gt; (2006), marqueterie irr&#233;guli&#232;re de pi&#232;ces de linol&#233;um dont l'assemblage est semblable &#224; une vue a&#233;rienne de parcelles cultiv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces deux pi&#232;ces closes sur elles-m&#234;mes, s'opposent des travaux plus ouverts, instables. &lt;i&gt;Main courante&lt;/i&gt; (2004) est une sculpture citant un &#233;l&#233;ment d'architecture qui, priv&#233; de l'escalier auquel il est ordinairement li&#233;, ne guide plus le corps, mais seulement le regard. &lt;i&gt;&#201;l&#233;vation&lt;/i&gt; (2008) joue sur le m&#234;me registre, sauf que le volume d&#233;fini par la main courante a &#233;t&#233; bascul&#233; &#224; l'horizontale. Le basculement est fr&#233;quent dans l'&#339;uvre de S&#233;bastien Vonier&#160;: renversement spatial, basculement du fragment architectural &#224; la peinture, du plan au volume, de la sculpture &#224; l'objet ou au paysage. Cette r&#233;versibilit&#233; se manifeste aussi dans &lt;i&gt;Rel&#226;che,&lt;/i&gt; r&#233;alisation au titre du 1% artistique dont la livraison est pr&#233;vue pour 2013. Pour l'extension d'un coll&#232;ge &#224; Pont-l'Abb&#233; (Finist&#232;re), S&#233;bastien Vonier propose un ensemble de poutres de bois dispos&#233;es comme au hasard. L'&#233;tat d&#233;construit de la forme qu'elles composent renvoie &#224; l'id&#233;e de ruine. Mais comme on le sait en histoire de l'architecture, la ruine peut &#234;tre la source du chantier&#160;: elle est potentiellement une source pour une construction &#224; venir, le terreau d'une forme susceptible d'&#233;merger. Ceci est d'autant plus &#233;vident, ici, que les poutres pr&#233;sentent des entailles, laissant pr&#233;sager un assemblage possible. Outre que &lt;i&gt;Rel&#226;che&lt;/i&gt; dynamise l'espace en tirant des lignes au sol, ce projet se situe entre la construction et la d&#233;molition, l'&#233;dification positive et le no man's land. Ce qui en fait un terrain de jeux d&#233;gag&#233; des normes de l'apprentissage, la possible amorce de nouveaux modes de sociabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/IMG/media/docs/Tillet-Vonier.pdf'&gt;T&#233;l&#233;charger le texte (pdf)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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