<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
	<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/</link>
	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/spip.php?id_auteur=1441&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>A vue de nez</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/A-vue-de-nez</link>
		<guid isPermaLink="true">https://dda-nouvelle-aquitaine.org/A-vue-de-nez</guid>
		<dc:date>2012-01-12T21:26:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Suquet</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Chaque fois que l'homme ouvre les yeux, quel que soit le spectacle qui s'offre &#224; ses regards, ce qu'il voit d'abord c'est le bout de son nez. L'&#339;il droit per&#231;oit le flanc de la narine droite, le gauche de la gauche, deux nez en un seul flou inaugurent la vision. Opticiens et neurologues ont depuis longtemps montr&#233; comment la pr&#233;sence devenue inconsciente de cette double &#233;querre de chair devant le visage intervient dans l'&#233;valuation des distances et sert de point de mire &#224; une premi&#232;re&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-24610" rel="directory"&gt;Textes &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chaque fois que l'homme ouvre les yeux, quel que soit le spectacle qui s'offre &#224; ses regards, ce qu'il voit d'abord c'est le bout de son nez. L'&#339;il droit per&#231;oit le flanc de la narine droite, le gauche de la gauche, deux nez en un seul flou inaugurent la vision. Opticiens et neurologues ont depuis longtemps montr&#233; comment la pr&#233;sence devenue inconsciente de cette double &#233;querre de chair devant le visage intervient dans l'&#233;valuation des distances et sert de point de mire &#224; une premi&#232;re orientation. Au si&#232;cle dernier ceux qui jouaient avec les illusions d'optique &#8211; hommage leur soit fait du nom d'imagiciens&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; n'ont-ils pas invent&#233; le cin&#233;ma&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? &#8211; eurent l'id&#233;e de prolonger cette s&#233;paration par une lame de bois, puis de canaliser les regards par une enfilade de hublots et de lentilles, afin de partager le champ visuel en une vue de droite et une vue de gauche. C'est, raccourci &#224; la diable, le principe du st&#233;r&#233;oscope, cet appareil c&#233;libataire aussi simple que merveilleux dont le premier usage, &#244; bonheur, fut la contemplation de femmes nues photographi&#233;es sur de tr&#232;s fragiles plaques de verre aux griseries vir&#233;es en s&#233;pia ton chair. Ils eurent cette id&#233;e, les imagiciens, parce que c'est bien d'une id&#233;e et rien que d'une id&#233;e qu'il s'agit. Le relief n'est pas donn&#233; par la r&#233;tine qui per&#231;oit le monde &#224; plat, et &#224; l'envers, la terre en haut, le ciel en bas. Au seul cerveau revient de redresser l'influx des nerfs optiques, d'en interpr&#233;ter les donn&#233;es &#233;lectro-chimiques, pour que s'&#233;panouissent en une pure image mentale les rondeurs g&#233;n&#233;reuses des d&#233;esses fant&#244;mes. Revenons au nez de Cl&#233;op&#226;tre. Dans tous les proc&#233;d&#233;s d&#233;calqu&#233;s sur la vision binoculaire les images sont pr&#233;sent&#233;es perpendiculairement &#224; l'axe du regard. Je ne sache pas &#8211; mais ma science est peut-&#234;tre un peu courte &#8211; que personne avant Jean Sabrier ait d&#233;j&#224; song&#233; &#224; utiliser les faces de la plaque s&#233;paratrice comme support des deux images que le cerveau doit conjuguer. (Il a con&#231;u, me semble- t-il, une sorte de st&#233;r&#233;oscope &#224; plan bisecteur, tel celui de Pigeon, mais d'une &#233;l&#233;gance toute spirituelle puisqu'il n'a m&#234;me plus besoin d'un miroir.) Sa r&#233;alisation exige une minutieuse exactitude. Agr&#233;ment&#233;e d'un plaisir d'un plaisir d'artisan. Les images doivent &#234;tre &#233;tir&#233;es en deux longues et fuyantes perspectives afin que la convergence de proche en proche des regards ramasse l'objet repr&#233;sent&#233; en un seul volume dont le relief est si vif qu'il semble suffire de tendre la main pour s'en saisir. Pour mener ce travail &#224; la perfection Jean Sabrier a pris conseil d'Euclide, de Vinci, de Berkeley. Et pour finir de Marcel Duchamp dont il a &#233;vid&#233; dans une des largeurs de la plaque le profil grandeur nature. Comme une invite &#224; ce que nous mettions notre nez dans le nez de celui qui n'eut pas de plus folle ambition que d'&#234;tre un &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;respirateur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ensuite il a trac&#233; de chaque c&#244;t&#233; de la plaque le dessin anamorphos&#233; du moteur de la machine c&#233;libataire&#160;: la glissi&#232;re en m&#233;tal &#233;mancip&#233; porteuse du moulin &#224; eau. Mettons le nez &#224; la fen&#234;tre. Miracle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Angles vifs, droite tenue, bien carr&#233;e dans ses trois dimensions, la m&#233;canique saute aux yeux, le moulin fait le grand soleil, il &#233;clabousse le regard, il va tourner, c'est s&#251;r&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Jamais, m&#234;me debout devant le Grand Verre, je n'ai vu les aubes rayonner avec une telle nettet&#233;. Jean Sabrier ne s'est pas tenu &#224; cette mat&#233;rialisation de quelques-unes des id&#233;es que le cr&#233;ateur du Soigneur de gravit&#233; avait derri&#232;re la t&#234;te. Je le revois arrivant chez moi en compagnie d'une t&#233;l&#233;vision miniature qui tient sans peine dans le creux de la main. Sans plus de mot qu'il n'en faut mais avec un sourire entendu, il enclenche une cassette. Le frisson &#233;lectronique (fruit de combien d'heures de calculs &#224; l'ordinateur) clignote sur l'&#233;cran. Oui&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! le moulin tourne&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! la glissi&#232;re va-et-vient&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! les grands ciseaux caquettent leurs b&#233;gaiements pour rire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!... Apr&#232;s le relief, le mouvement... Jean Sabrier a bien m&#233;rit&#233; que l'alti&#232;re Mari&#233;e lui accorde de respirer ne serait-ce que l'ombre du parfum qu'elle laisse &#224; sa tra&#238;ne en fuyant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Suquet le 3 X 92&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Post-Scriptum&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un doute me vient, car je n'ai plus devant les yeux l'anamorphose (jaune cadmium&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?). Bien qu'il soit inspir&#233; de Marcel Duchamp d&#233;chiravit le profil d&#233;coup&#233; dans la plaque est peut-&#234;tre celui de Jean Sabrier lui-m&#234;me. Qu'importe, il suffit qu'il soit inspir&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/IMG/media/docs/Jean%20Suquet.pdf'&gt;T&#233;l&#233;charger le texte (pdf)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
