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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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<item xml:lang="fr">
		<title>C&#233;line Domengie, artiste-organisatrice et/ou artiste-m&#233;sologue&#160;?</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Celine-Domengie-artiste-organisatrice-et-ou-artiste-mesologue</link>
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		<dc:date>2025-11-06T15:01:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Corinne Melin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Cet article d&#233;coule d'un s&#233;jour exploratoire du Danube en Hongrie (Budapest et Szeged) en avril 2025. Appel&#233; Po&#239;po&#239; foly&#243;, il avait pour objectif des rencontres et des partages de connaissances, de r&#233;cits, de d&#233;sirs notamment autour du fleuve ainsi que du Po&#239;po&#239;drome (1963-...) de Robert Filliou. Mon objectif principal ici sera de poser la figure d'artiste qu'incarne C&#233;line Domengie. En effet, nous allons montrer que la cerner offre la possibilit&#233; de comprendre le processus mis &#224; l'&#339;uvre&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-26222" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cet article d&#233;coule d'un s&#233;jour exploratoire du Danube en Hongrie (Budapest et Szeged) en avril 2025. Appel&#233; &lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Poipoidrome-flottant-e#poipoifolyo' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Po&#239;po&#239; foly&#243;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, il avait pour objectif des rencontres et des partages de connaissances, de r&#233;cits, de d&#233;sirs notamment autour du fleuve ainsi que du &lt;i&gt;Po&#239;po&#239;drome&lt;/i&gt; (1963-...) de Robert Filliou. Mon objectif principal ici sera de poser la figure d'artiste qu'incarne C&#233;line Domengie. En effet, nous allons montrer que la cerner offre la possibilit&#233; de comprendre le processus mis &#224; l'&#339;uvre dans un projet Po&#239;po&#239; ainsi que son d&#233;ploiement. Lors d'&#233;changes libres au cours du voyage hongrois, l'artiste &#233;non&#231;ait possiblement la figure d'artiste-organisatrice. Nous partirons de celle-ci puis discuterons d'une autre figure&#160;: l'artiste-m&#233;sologue. Pr&#233;cisons que mon point de vue est celui d'une th&#233;oricienne d'art contemporain et non celui d'une sociologue. Je ne vais donc pas identifier l'ensemble des crit&#232;res qui constitueraient ces figures. Je vais plut&#244;t montrer comment elles se construisent en m'appuyant sur &lt;i&gt;Po&#239;po&#239; foly&#243;&lt;/i&gt;, et du plus large programme dans lequel ce volet s'inscrit&#160;: &lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Les-Georgiques-52393' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (2021-...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_cartel'&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Ce n'est pas l'art qui change, c'est l'artiste.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;br class='manualbr' /&gt;Terry Atkinson, &lt;i&gt;From Art &amp; Language Point of View&lt;/i&gt;, 1970&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#160;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.&lt;br class='manualbr' /&gt;L'artiste officiel ou l'artiste d'institution est le mod&#232;le dominant, le mod&#232;le &#224; suivre, le mod&#232;le qui conduit &#224; la reconnaissance. Ne pas se conformer au mod&#232;le, &#224; ses normes, ses codes, ses repr&#233;sentations, ses lieux de monstration, son &#233;conomie peut g&#233;n&#233;rer de la frustration voire un certain isolement dans le champ de l'art contemporain. Paradoxalement, un bon nombre d'artistes consid&#232;rent leur mise &#224; l'&#233;cart du syst&#232;me de l'art comme une mani&#232;re de gagner la libert&#233;. Cependant, la libert&#233; ne peut reposer sur le simple fait de se reconna&#238;tre artiste. La puissance de ce dernier n'est pas dans la satisfaction de l'ego. Elle est dans la conception d'un espace de libert&#233;, dans la cr&#233;ation d'un monde, au sein d'une soci&#233;t&#233; oppressante. Actuellement, nous sommes pris dans des probl&#232;mes concernant l'environnement, le vivre ensemble, le r&#233;armement massif, l'effondrement de la classe moyenne, la mise en doute de la politique, et j'en passe. La soci&#233;t&#233; actuelle est anxiog&#232;ne voire asphyxiante. Dans ce cadre, o&#249; peut se situer l'intervention de l'artiste&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Disons d&#233;j&#224; qu'elle n'est pas dans la d&#233;couverte de solutions ou la r&#233;solution de probl&#232;mes. Ce n'est pas son r&#244;le. Pour conqu&#233;rir la libert&#233;, le travail artistique se doit de rester d'inutilit&#233; publique. N&#233;anmoins, l'intervention de l'artiste peut se situer dans sa confrontation &#224; la r&#233;alit&#233;, et telle qu'elle s'offre &#224; lui. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#192; l'heure des crises &#233;cologiques, politiques et anthropologiques que nous traversons, &#233;crit C&#233;line Domengie, il est urgent de sortir, de se confronter au monde, de se mettre &#224; son &#233;coute, et de consid&#233;rer attentivement la fa&#231;on dont nous travaillons&#160;: n'exer&#231;ons-nous pas des formes de cohabitations et de structuration r&#233;ciproque par le biais des activit&#233;s que nous engageons&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'ensemble des citations de l'artiste dans cet article est issu de cet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;Sa d&#233;marche artistique est en prise directe avec la r&#233;alit&#233; qu'elle soit culturelle, sociale, &#233;conomique, p&#233;dagogique et dans une certaine mesure politique. Par ses actions, l'artiste cherche &#224; cr&#233;er &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;un milieu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; au sens socio-anthropologique du terme. La cr&#233;ation s'immerge dans des situations concr&#232;tes g&#233;n&#233;rant &#224; la fois interactions sociales, culturelles, esth&#233;tiques, sensibles, et d&#233;veloppement d'un &#233;cosyst&#232;me partag&#233; et &#233;volutif. Pour se faire, l'artiste a choisi de construire ces interactions &#224; partir d'un milieu de vie sp&#233;cifique&#160;: la rivi&#232;re. Elle dit&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La rivi&#232;re est envisag&#233;e en fonction de la mani&#232;re dont elle est v&#233;cue et interpr&#233;t&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. L'artiste ne se met donc pas &#224; distance du sujet d'&#233;tude choisi pour &#233;laborer la cr&#233;ation. Au contraire, elle s'immerge dans celui-ci et prend en compte ce qui le constitue. La rivi&#232;re est le milieu d'o&#249; partent et reviennent les exp&#233;rimentations et actions artistiques que l'on soit au bord du Lot ou du Danube. Pour mener ces explorations, l'artiste regroupe autour d'elle des personnalit&#233;s diverses et vari&#233;es pouvant aller de l'historien d'art au p&#234;cheur en passant par techniciennes de rivi&#232;re, plasticiens, photographe subaquatique, habitant&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es. Elle se confronte ainsi &#224; d'autres subjectivit&#233;s et fait en sorte que les connaissances (sensibles, intellectuelles) de chacun&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;e prennent part au r&#233;cit qu'elle &#233;labore. Le s&#233;jour en Hongrie en avril 2025 &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce s&#233;jour avril 2025 avait &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233; par un s&#233;jour des participants (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; s'inscrit dans cette dynamique. Il avait pour objectif de formaliser des &#233;changes et des projets &#224; partir et autour du Danube qui traverse Budapest la capitale, et l'un de ses affluents la Tisza passant dans la ville de Szeged. Ainsi artistes, th&#233;oricien&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;nes, agent&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es culturel&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;les, p&#233;dagogiques, habitant&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es sont parti&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es avec C&#233;line Domengie une dizaine de jours &#224; la rencontre (entre autres) de l'eau, de la culture, de l'&#233;conomie qui s'y d&#233;ploient, des personnes qui le vivent. Ce projet est l'un des volets de la recherche &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'artiste pr&#233;f&#232;re utiliser le mot programme &#224; recherche. Je garde ici le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; que l'artiste conduit depuis 2021. Elle la pr&#233;sente comme s'int&#233;ressant &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;aux imaginaires, aux connaissances et aux pratiques rurales dans la vall&#233;e du Lot en Lot-et-Garonne (Nouvelle Aquitaine), dont l'objet d'attention est la rivi&#232;re le Lot.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Un des projets phares est le &lt;i&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Poipoidrome-flottant-e' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Po&#239;po&#239;drome flottant&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, inspir&#233; par l'artiste Robert Filliou. Un bateau est le support et le lieu de cette recherche. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Des connaissances, des gestes, des r&#233;cits, des images, des rencontres&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ainsi que la volont&#233; de les partager et de les transmettre ont d&#233;coul&#233; des actions qui y ont &#233;t&#233; men&#233;. Il s'agit de mettre en commun &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;des id&#233;es, des r&#234;ves et des d&#233;sirs. &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Opus cit. Domengie, C&#233;line &#171;&#160;Les G&#233;orgiques, vall&#233;e du Lot, vall&#233;e des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et d'imaginer des flottaisons futures en ad&#233;quation avec le milieu de vie du Lot. Au cours du s&#233;jour en Hongrie, nous avons eu la possibilit&#233; d'acc&#233;der au &lt;i&gt;Po&#239;po&#239;drome&lt;/i&gt; de Robert Filliou, &#339;uvre conserv&#233;e au Mus&#233;e des Beaux-Arts de Budapest. Nous avons &#233;galement r&#233;colt&#233; le t&#233;moignage de participants &#224; son installation publique le 18 sept 1976 et acc&#233;der aux archives sur cet &#233;v&#233;nement (entre autres), accessibles au centre d'art et de recherche Artpool. Nous avons aussi d&#233;battu sur les p&#233;dagogies performatives et le rejeu d'un &lt;i&gt;Po&#239;po&#239;drome&lt;/i&gt; via des conf&#233;rences de coll&#232;gues de l'universit&#233; de &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MOME&lt;/span&gt; de Budapest. Lors d'&#233;changes avec l'institut fran&#231;ais, il a &#233;t&#233; &#233;mis le d&#233;sir de mettre &#224; l'eau un bateau Po&#239;po&#239; sur le Danube. Le groupe, durant ses marches aux bords de l'eau, ses rencontres, ses temps de partage ont relev&#233; chacun &#224; leur mani&#232;re des traces de leur adaptation sensible aux lieux &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les participant&#183;es &#224; ce voyage France et Hongrie &#233;taient Timea Gyimesi, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Celles-ci ont &#233;t&#233; par exemple des enregistrements sonores de la faune du fleuve, des empreintes (gaufrages) de l'eau et de ses environs, l'&#233;criture de recettes de cuisine et des chansons. Des id&#233;es aussi (nombreuses) ont circul&#233; entre les divers participant&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es des deux pays. Ce s&#233;jour a donc offert aux subjectivit&#233;s en pr&#233;sence un terrain de recherche et d'exp&#233;rimentations propice &#224; une cr&#233;ation commune (&lt;i&gt;work in progress&lt;/i&gt;) &#224; partir et autour de l'eau. &lt;br class='manualbr' /&gt;J'avais h&#233;sit&#233; &#224; &#233;crire un &lt;i&gt;storytelling&lt;/i&gt; de ce que j'avais v&#233;cu, ressenti, compris aux contacts des autres, des lieux, de l'eau durant le s&#233;jour en Hongrie. Tr&#232;s vite, il m'est apparu que le storytelling de ce voyage serait bien mieux restitu&#233; si chaque participant&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;e l'&#233;crivait. Car ce qui est racont&#233; fait partie int&#233;grante de cette d&#233;marche artistique. Si chaque participant&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;e s'engage dans le storytelling de ses &#233;changes avec les contextes, l'eau, le groupe, etc., il ou elle soumet une m&#234;me situation v&#233;cue collectivement &#224; la variation. Soumettre la m&#233;moire (m&#234;me r&#233;cente) d'une exp&#233;rience &#224; la variation, c'est &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; disposer d'une mati&#232;re pouvant servir &#224; recomposer de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;nouvelles histoires&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Le r&#233;cit de chacun&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;e aurait pu en somme &#234;tre exploit&#233; non pas seulement dans ce qu'il &#233;tait cens&#233; recouvrir que de d&#233;couvrir ce qu'il &#233;tait capable d'amorcer, d'agencer, de fabriquer.&#160;Ainsi donc, camarades pilotes, faites voguer notre navire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &lt;br class='manualbr' /&gt;C&#233;line Domengie cr&#233;e des objets qui ne r&#233;pondent pas n&#233;cessairement aux crit&#232;res traditionnels de l'art &#224; savoir des objets &#224; exposer, &#224; vendre en tant qu'entit&#233; concr&#232;te, physique et sur lequel s'exerce la perception du spectateur. Elle s'inscrit dans la lign&#233;e des artistes qui depuis la fin des ann&#233;es 1950 consid&#232;rent l'exp&#233;rience ou ce qui est en train de se passer au moment o&#249; &#231;a se passe comme l'acte de cr&#233;ation m&#234;me. John Cage pr&#233;conisait &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d'accepter la fa&#231;on dont les choses arrivent &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;John Cage, &#171;&#160;Conf&#233;rence sur la musique exp&#233;rimentale&#160;&#187;, in Silence, &#233;d. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Il incitait &#224; ce que l'activit&#233; artistique &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;joigne&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; le flux de la vie, sans que le processus soit entrav&#233; au risque d'en modifier son d&#233;roulement. Cela veut dire que l'artiste est pris dans un processus dont il ne peut pr&#233;voir l'issue. L'exp&#233;rience appelle toujours au devant d'elle-m&#234;me d'autres exp&#233;riences. Elle participe du flux de la vie. &lt;br class='manualbr' /&gt;Le philosophe pragmatique am&#233;ricain John Dewey soulignait d&#233;j&#224; dans les ann&#233;es 1930 &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;John Dewey &#171;&#160;L'art comme exp&#233;rience&#160;&#187;, &#233;dition Gallimard, 2010. Trad. de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; la n&#233;cessit&#233; pour l'artiste de changer d'attitude. Il soulignait que la soci&#233;t&#233; capitaliste tendait &#224; isoler l'artiste du flux des activit&#233;s sociales. Les &#339;uvres d'art n'&#233;taient plus enracin&#233;es dans &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;la vie d'une communaut&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elles &#233;taient sorties de la situation qui les avaient cr&#233;&#233;es. Elles &#233;taient priv&#233;es de leur contexte &#233;motionnel. La perte de liaison entre l'&#339;uvre et son contexte est en partie provoqu&#233;e par l'artiste lui-m&#234;me. S'il place l'art uniquement dans l'objet ou sur un &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;support d'auto expression&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, il l'isole r&#233;solument de la r&#233;alit&#233; concr&#232;te. Les institutions et l'&#233;conomie marchande participent &#233;galement &#224; maintenir l'objet d'art dans cet isolement. Ainsi Dewey a invit&#233; l'artiste &#224; regarder au-del&#224; de l'objet, vers le champ empirique de celui-ci &#8211; vers ce qu'il nomme &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'exp&#233;rience esth&#233;tique sur le vif&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Cette derni&#232;re est rendue &#224; la conscience par les intenses moments (extra-ordinaires) v&#233;cus lors de l'exp&#233;rience artistique men&#233;e dans le cours de la vie quotidienne. Bon nombre d'artistes issus de Fluxus notamment ou pr&#244;nant un art exp&#233;rimental (Filliou, Kaprow, Higgins, Brecht, La MonteYoung, etc) ont saisi au vol l'invitation du philosophe, et de mon point de vue, C&#233;line Domengie s'inscrit dans cette lign&#233;e. De m&#234;me, les tendances de l'art conceptuel &#233;clairent aussi l'ancrage de sa pratique artistique. Dans nombre de celles-ci, l'art et le langage vont de pair. Les discours sur l'art, ses repr&#233;sentations, son syst&#232;me &#233;conomique notamment deviennent des objets d'analyse th&#233;or&#233;tique. La tradition, le fonctionnement du syst&#232;me est mis &#224; distance notamment en convoquant d'autres disciplines que l'art (la philosophie, la logique, l'anthropologie). Cette confrontation offre la possibilit&#233; de mettre &#224; l'&#233;preuve et de refondre les outils intellectuels, les formes et le r&#244;le de l'artiste. C&#233;line Domengie utilise &#224; sa fa&#231;on le langage pour construire sa pens&#233;e et pas seulement dans le cadre de son doctorat. Elle n'emploie pas simplement un langage de justification mais plut&#244;t un langage d'investigation. Ce dernier inscrit sa cr&#233;ation dans une logique de d&#233;ploiement, un &#233;l&#233;ment trouv&#233; conduit &#224; la d&#233;couverte d'un autre et ainsi de suite. &lt;br class='manualbr' /&gt;De mon point de vue encore, C&#233;line Domengie s'inscrit dans l'art contextuel expos&#233; par Paul Ardenne au tout d&#233;but de la d&#233;cennie 2000. L'historien d'art a ramass&#233; sous ce terme les d&#233;marches de l'art exp&#233;rimental et conceptuel d'hier et d'aujourd'hui en soulignant la relation entre l'artiste et le contexte&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le contexte &#233;tant le plus souvent choisi hors des institutions. Les formes d'art contextuel, dit-il &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;engagent un processus de travail en &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;situation&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, de participation directe avec le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;spectateur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou d'int&#233;gration par l'artiste de la sph&#232;re de la r&#233;alit&#233; imm&#233;diate.&#160;[&#8230;] L'&#339;uvre d'art &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;contextuelle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; se vit au pr&#233;sent, elle est en g&#233;n&#233;ral &#233;ph&#233;m&#232;re, elle n'a pas pour objet de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;rendre quelque chose de nouveau pr&#233;sent. &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171;&#160;L'art contextuel. Un entretien avec Paul Ardenne&#160;&#187; par Andr&#233;-Louis Par&#233;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Une &#339;uvre contextuelle s'inscrit dans un processus, une dynamique et il en va ainsi du programme &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt;. Il s'inscrit dans la r&#233;alit&#233; que le milieu d'&#233;tude choisi (l'eau) g&#233;n&#232;re. &lt;br class='manualbr' /&gt;Ce bref et certainement partiel ancrage dans l'histoire de l'art contemporain de l'art de C&#233;line Domengie dit que par-del&#224; les &#233;poques, la volont&#233; de l'artiste est de se lib&#233;rer des contraintes et des repr&#233;sentations fig&#233;es de l'art, de l'artiste et de l'&#339;uvre, de se d&#233;tacher de son mode de pr&#233;sentation, de questionner sa valeur marchande. Cette volont&#233; de d&#233;centrer l'art, l'artiste et sa pratique semble &#234;tre une condition centrale de l'apparition d'un art collectif, partag&#233;, questionnant. L'artiste choisit sciemment de frotter l'art aux r&#233;alit&#233;s, et par ce biais elle accepte de s'aventurer sur un terrain inconnu ou de s'y orienter avec des cartes vierges (pour reprendre une id&#233;e po&#233;tique de Lewis Carroll &#233;mise dans son po&#232;me &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;la chasse au snark&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.&lt;br class='manualbr' /&gt;Reprenons pour pr&#233;ciser. Les mouvements, tendances pr&#233;cit&#233;s tendent &#224; confronter l'art &#224; autre chose qu'&#224; lui-m&#234;me. Dans le cadre de Fluxus par exemple, l'art est confront&#233; &#224; la vie quotidienne. Dans celui des tendances conceptuelles, il est confront&#233; &#224; la philosophie, la sociologie, la logique, l'anthropologie, etc. Dans l'art contextuel, l'art se mesure aux espaces et aux temps de la ville, de la campagne, aux m&#233;dias etc. Cette confrontation de l'art &#224; un autre champ permet &#224; l'artiste de se d&#233;gager de la tradition propre &#224; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'objet stimulus&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (Kosuth) ou &#224; l'objet exposant ses composants plastiques pour livrer ses effets /r&#233;ception. Elle l'ouvre sur des questionnements li&#233;s au climat, au quotidien, &#224; l'&#233;conomie, &#224; l'&#233;ducation, etc. En somme, l'artiste &#233;prouve ce qu'une discipline permet de dire &#224; une autre. Il rend conscient les emprunts qu'il fait &#224; l'une pour conna&#238;tre ce que l'autre a &#224; lui dire, ce qui l'enrichit, l'&#233;claire sous un autre angle, la rend critique. En confrontant l'art &#224; autre chose qu'&#224; lui-m&#234;me, l'artiste a pour objectif de red&#233;finir l'art tel qu'il se pratique au moment o&#249; il cr&#233;e. De m&#234;me il red&#233;finit son m&#233;tier et ses actions. Il est courant que l'artiste se qualifie alors d'artiste-anthropologue et/ou ethnographe, d'artiste-entrepreneur, artiste-commissaire, artiste-philosophe. En pr&#233;cisant ce qualificatif, l'artiste indique bien que &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'autre discipline&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; a une influence certaine sur le cours de sa production artistique et de son engagement dans l'art. &lt;br class='manualbr' /&gt;Comme dit pr&#233;c&#233;demment l'artiste retient pour qualifier sa propre d&#233;marche, l'expression l'artiste-organisatrice. Soulignons que cette appellation diff&#232;re de celles pr&#233;cit&#233;es. En effet, le qualificatif n'indique pas que l'artiste confronte l'art &#224; une autre discipline. Il indique que l'artiste porte son attention &#224; la forme intrins&#232;que de sa pratique de l'art. Rappelons &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf note 1&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; que l'artiste emploie le terme de programme plut&#244;t que celui de recherche pour qualifier le travail entrepris. Par ce biais, elle indique que&#160;&lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; est le titre g&#233;n&#233;rique d'un vaste ensemble. Pour le conduire, il est n&#233;cessaire d'avoir un programme&#160;: un plan avec des objectifs, des &#233;tapes &#224; construire pour obtenir des r&#233;sultats &#224; moyen terme. Et dans ce programme, C&#233;line Domengie est &#224; l'origine de tout ce qui se passe. Elle regroupe des personnalit&#233;s de l'art, des Sciences Humaines et Sociales, des habitant&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es cibl&#233;&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es sur les territoires du Lot, du Danube, des agent&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es de la culture, de l'enseignement etc. Elle produit des temps de rencontres, se d&#233;place, discute, d&#233;fend ses id&#233;es, cherche et trouve des budgets, se pr&#233;sente aux &#233;lu&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es. Et m&#234;me si elle fait participer des personnes &#224; la mise en place de certains aspects du programme, elle reste au commande. Elle est, pour rependre une m&#233;taphore, la cheffe de chantier qui obtient les budgets pour, qui r&#233;unit les corps de m&#233;tier n&#233;cessaires pour, donne les instructions pour, fournit les moyens utiles pour b&#226;tir le milieu de vie qu'elle partage. Et effectivement, si on reprend la d&#233;finition du verbe transitif &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;organiser&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, force est de constater que C&#233;line Domengie est une artiste-organisatrice. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Doter (quelque chose) d'une certaine structure&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; combiner (les &#233;l&#233;ments d'un ensemble) d'une certaine mani&#232;re&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Am&#233;nager, disposer, arranger.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; En tant que verbe transitif, le compl&#233;ment d'objet direct est n&#233;cessaire et ici il renvoie &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#224; l'espace ou le volume&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et dans le langage domengien il renvoie au milieu&#160;en tant qu'espace de vie partag&#233;.&#160;Dans la d&#233;finition d'organiser, il y a aussi l'id&#233;e de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pr&#233;parer une manifestation selon un plan pr&#233;cis, en vue d'un r&#233;sultat d&#233;termin&#233;.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; est bien un programme&#160;que l'artiste structure, planifie pour atteindre un objectif pos&#233; au pr&#233;alable. Il ne faut pas entendre ici que le r&#233;sultat obtenu se veut stable. On est bien dans un processus, mieux, une heuristique. S'il y a r&#233;sultat, il est un moyen de rebondir, de le poursuivre, de l'engager vers une nouvelle direction. Le programme forme en quelque sorte un sch&#233;ma ouvert ou se pr&#233;sente comme une organisation&#160;vivante. D'ailleurs si on donne une image &#224; ce sch&#233;ma, il pourrait &#234;tre celle de la spirale plut&#244;t que du cercle. Le mouvement de la spirale fait qu'on ne revient ni d&#233;but ni en arri&#232;re&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est une avanc&#233;e vers. De plus, le r&#233;seau form&#233; par ce programme se compose &#224; la fois de formes structur&#233;es et de formes non-structur&#233;es. Les premi&#232;res souvent pr&#233;-existantes stabilisent l'ensemble tandis que les secondes en lien avec l'exp&#233;rience et les subjectivit&#233;s en pr&#233;sence sont plus instables voire impr&#233;visibles. C'est bien le va et vient entre les deux structures&#160;- formelle et informelle - qui fait que l'organisation ne peut se figer ou qu'elle se maintient dans une dynamique.&lt;br class='manualbr' /&gt;Bien que&#160;&lt;i&gt;Les G&#233;orgiques&lt;/i&gt; et ses divers volets mettent &#224; distance le syst&#232;me traditionnel de l'art, l'artiste n'est pas en rupture avec certains aspects de son fonctionnement et notamment celui de trouver des ressources financi&#232;res. Cependant, elle fait appel &#224; des ressources diversifi&#233;es et pas seulement les offres du Minist&#232;re de la Culture et de la Communication (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MCC&lt;/span&gt;) et de ses repr&#233;sentants en R&#233;gion. C&#233;line Domengie situe &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;le programme des &lt;i&gt;G&#233;orgiques&lt;/i&gt; &#224; la crois&#233;e de la recherche-action (h&#233;rit&#233;e des sciences sociales), de la recherche-cr&#233;ation (l'exp&#233;rimentation artistique comme processus de connaissance) et de la recherche contributive (participation des habitant&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;es et du milieu). Ce point d'&#233;quilibre entre diff&#233;rents h&#233;ritages m&#233;thodologiques est cultiv&#233; pour rester au plus pr&#232;s de la singularit&#233; du terrain.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Si bien que les budgets peuvent &#234;tre issus des appels &#224; projet autres que ceux propos&#233;s dans la discipline des arts plastiques. L'artiste peut solliciter un budget via un programme de recherche universitaire, d'autres programmes d'&#233;tat, de r&#233;gion et des collectivit&#233;s territoriales, de l'Europe culture &#233;galement. Ayant donn&#233; un statut juridique &#224; sa d&#233;marche sous la forme de l'association, elle peut ainsi percevoir et comptabiliser des ressources financi&#232;res vari&#233;es. Elle n'h&#233;site pas non plus &#224; multiplier les micro-budgets pour du mat&#233;riel, &#224; solliciter les habitants qui vivent sur le territoire o&#249; elle &#339;uvre par du soutien direct (nourriture, pr&#234;t d'un bateau, d'un terrain). Le m&#233;c&#233;nat de comp&#233;tence intervient largement dans ce programme. De m&#234;me les artistes, les chercheurs associ&#233;s peuvent accepter de participer sans r&#233;tribution bien que le logement, les repas et le transport soient g&#233;n&#233;ralement pris en charge. Cet &#233;cosyst&#232;me permet aux &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;g&#233;orgiques&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de se d&#233;velopper et de perdurer. Elle prend ainsi la libert&#233; d'organiser sa cr&#233;ation. Elle s'&#233;mancipe des mod&#232;les, des cadres financiers impos&#233;s au moins depuis les ann&#233;es 1980 par le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MCC&lt;/span&gt;. Alors oui, C&#233;line Domengie est bien une artiste-organisatrice. La majorit&#233; de son temps est d&#233;di&#233; &#224; l'organisation et au d&#233;ploiement de ce programme. Ce travail aurait-il tendance &#224; couvrir la cr&#233;ation m&#234;me&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Disons que non. L'artiste accorde &#224; la notion de pr&#233;sence une fonction pleine et enti&#232;re quant &#224; sa participation cr&#233;ative (si l'on peut dire) dans le programme. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La pr&#233;sence r&#233;v&#232;le une esth&#233;tique de la discr&#233;tion et de la disponibilit&#233;. Cette m&#233;thode d'exp&#233;rimentation au c&#339;ur du milieu engage une &#233;thique. En travaillant la pr&#233;sence, c'est une logique de mise en sourdine de l'ego.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Voil&#224; qui est dit, son implication rend possible le programme. Et aussi et surtout, elle intensifie en quelque sorte par sa pr&#233;sence une r&#233;alit&#233; collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.&lt;br class='manualbr' /&gt;Essayons maintenant de pr&#233;senter la figure de l'artiste-m&#233;sologue. Est-ce que cela revient &#224; mettre de c&#244;t&#233; la forme artistique intrins&#232;que de son travail que traduit &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'artiste organisatrice&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Le concept de m&#233;sologie &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La notion de m&#233;sologie date de 1848. Un disciple d'Auguste Comte, Charles (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; (la racine grecque &lt;i&gt;meso&lt;/i&gt; signifie &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;milieu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;) a &#233;t&#233; exploit&#233; (remis &#224; l'honneur) par Augustin Berque, g&#233;ographe et orientaliste, qui publie en 2014 un ouvrage &lt;i&gt;La m&#233;sologie&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Augustin Berque, &lt;i&gt;La m&#233;sologie&#160;: Pourquoi et pour quoi faire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/i&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PUF&lt;/span&gt; Nanterre, 2021.&lt;/i&gt;. Pratiquer une &#233;tude m&#233;sologique selon l'auteur, c'est pratiquer une &#233;tude en pla&#231;ant l'humain au centre &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le sujet humain, se place ici au centre de la probl&#233;matique, car c'est en fonction de lui que les choses apparaissent comme ce qu'elles sont concr&#232;tement. &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les citations suivantes sont extraites de cet entretien. &#171;&#160;Entretien avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; L'humain est pens&#233; dans sa relation &#224; son environnement imm&#233;diat. Complexe, ce dernier comprend autant le climat que la lumi&#232;re, le relief, les eaux, les min&#233;raux, les v&#233;g&#233;taux, les insectes, les animaux, ces cong&#233;n&#232;res, les objets techniques du moment. Le chercheur observe comment l'humain ressent, per&#231;oit, construit son milieu de vie en donnant autant d'importance &#224; ce qui lui ressemble et ce qui le distingue. Comment ce milieu complexe croit avec, &#224; partir et en lui. L'humain fait de chair et d'esprit est bien immerg&#233; dans ce milieu. Il interagit avec sa complexit&#233; &#224; la fois sur le plan sensible, symbolique et rationnel. &lt;br class='manualbr' /&gt;La m&#233;sologie fait appel aussi &#224; des m&#233;thodes qui &#233;branlent le mode binaire de nombreuses th&#232;ses. En pla&#231;ant le sujet au centre, elle convoque une troisi&#232;me dimension celle de la relation du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;JE&lt;/span&gt; au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NOUS&lt;/span&gt;. Le sujet part de lui de ses ressentis, de ses v&#233;cus par rapport &#224; un milieu de vie donn&#233; mais pas seulement, il prend aussi de la distance pour articuler sa chair et son esprit au collectif. L'histoire qui repr&#233;sente une m&#233;moire, le symbole qui traverse une culture, la po&#233;sie qui transcende un v&#233;cu par exemple accompagnent l'humain pour &#233;tablir une relation concr&#232;te &#224; son milieu de vie. Augustin Berque montre que nous sommes un &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;corps m&#233;dial&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;qui va au-del&#224; de la limite physique de notre corps animal, et qui est constitu&#233; de syst&#232;mes techniques et symboliques (et il ajoute &#233;cologiques), donc &#233;co-techno-symboliques.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;Le chercheur met en avant aussi la n&#233;cessit&#233; de mener la recherche en s'immergeant dans le milieu observ&#233;. Il n'y a pas a priori de distance entre l'&#233;tude, l'objet d'&#233;tude et le chercheur. En effet ce dernier n'h&#233;site pas &#224; exploiter son objet d'&#233;tude par exemple en prenant appui sur sa biographie, &#224; conserver l'&#233;criture propre de donn&#233;es sensibles qu'il a r&#233;colt&#233;, &#224; concevoir l'&#233;criture scientifique comme un r&#233;cit avec une intrigue. De m&#234;me, un m&#233;sologue s'appuie sur toutes les disciplines qui peuvent l'aider &#224; construire sa pens&#233;e ou r&#233;fl&#233;chir &#224; la complexit&#233; de son sujet&#160;: le milieu. La m&#233;thode se veut volontairement interdisciplinaire avec des emprunts &#224; la science du vivant et aux sciences humaines et sociales. Augustin Berque souligne encore que &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La m&#233;sologie peut &#234;tre une attitude qu'on applique dans toute discipline, et je l'ai personnellement mise en pratique dans la g&#233;ographie culturelle. [...] &#231;a concerne tout notre savoir&#160;: remettre l'existence humaine au c&#339;ur de la r&#233;alit&#233; &#8211; et ne plus faire de celle-ci un simple objet. (&#8230;) la m&#233;sologie concerne toutes nos mani&#232;res de penser, en particulier notre logique. &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien avec Augustin Berque r&#233;alis&#233; par Isabelle Lefort et Olivier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; En somme, la m&#233;sologie ne constitue pas une discipline mais plut&#244;t une attitude de l'esprit, un comportement vis-&#224;-vis de soi, des autres et de son milieu de vie. La m&#233;sologie engage totalement le chercheur dans son &#233;tude. Et, C&#233;line Domengie adopte cette attitude. Elle reconna&#238;t que &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La m&#233;sologie offre des outils conceptuels non seulement pour observer les relations qui nouent les existences &#224; leurs milieux de vie, mais aussi pour mener des exp&#233;rimentations en vall&#233;e du Lot en conscience de leur interd&#233;pendance avec ce milieu.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;br class='manualbr' /&gt;Pour une artiste-m&#233;sologue, il s'agit de penser un tout, ne pas s&#233;parer les &#233;l&#233;ments qui constituent son milieu d'&#233;tude&#160;: l'eau de ses habitants, des subjectivit&#233;s (chercheurs de diverses disciplines) invit&#233;es, de ses lectures, de ses propres immersions et ressentis. Elle pratique l'interdisciplinarit&#233; aussi dans le sens o&#249; cette m&#233;thode favorise l'inventivit&#233; intellectuelle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle est bien un assemblage de pens&#233;es issues de divers auteurs, de diverses disciplines. Elle favorise encore la d&#233;centralisation intellectuelle. Sa pens&#233;e ne se nourrit pas d'un seul auteur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il s'agit plut&#244;t de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;varier le menu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Les exp&#233;rimentations qu'elle entreprend tendent &#224; montrer comment le corps peut s'&#233;tendre au milieu dans lequel il croit&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cela peut passer notamment par une activit&#233; corporelle comme la marche ou le yoga, par des d&#233;bats collectifs sur l'eau, par un voyage entre autres. C&#233;line Domengie vit et travaille pr&#232;s du Lot soit dans le contexte de sa recherche. Elle &#233;tudie le milieu dans lequel elle cro&#238;t. Elle se pr&#233;sente non pas comme un &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;JE&lt;/span&gt; mais un &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NOUS&lt;/span&gt;. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Ce &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;nous&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; d&#233;signe &#224; la fois l'&#234;tre humain, la chercheuse et l'artiste exp&#233;rimentatrice et qui est engag&#233;e dans cette exp&#233;rimentation, ces diff&#233;rentes facettes de ma personne sont indissociables.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Artiste-organisatrice ou artiste-m&#233;sologue&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Tout d&#233;pend o&#249; l'on veut se placer pour parler de son &#339;uvre. Prenons la position m&#233;diane et disons les deux. Car l'un ne va pas sans l'autre. L'artiste-organisatrice renvoie &#224; la mise en place du programme avec des exp&#233;rimentations, des actions &#224; mener sur le milieu de vie choisi, des paroles, des r&#234;ves, des r&#233;cits &#224; faire &#233;merger. L'artiste-m&#233;sologue renvoie &#224; l'esprit du programme, &#224; une attitude vis &#224; vis de la r&#233;alit&#233;. L'artiste est cette pr&#233;sence qui rend possible &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;la concr&#233;tude de la r&#233;alit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Berque&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Le mot concret ne signifie-t-il pas au sens &#233;tymologique&#160;: ce qui cro&#238;t ensemble&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Proposer un langage artistique avec tout ce qui nous constitue. Ne pas abstraire les mots et les choses, pour les pratiquer et les penser ensemble.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;L'ensemble des citations de l'artiste dans cet article est issu de cet &#233;crit. Domengie, C&#233;line &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Les G&#233;orgiques, vall&#233;e du Lot, vall&#233;e des occasions. Exp&#233;rimentations sans atelier pour une approche m&#233;sologique.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; dans Az&#233;ma, Claire (dir.), &lt;i&gt;Les Arts de faire&#160;: Acte 1 - Les modes d'existence de l'atelier en Arts et en Design, Revue Design Arts Medias&lt;/i&gt;, 11/2021&#160;: &lt;a href=&#034;https://journal.dampress.org/issues/les-arts-de-faire-acte1-les-modes-dexistence-de-latelier-en-arts-et-en-design/les-georgiques-vallee-du-lot-vallee-des-occasions-experimentations-sans-atelier-pour-une-approche-mesologique.&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;lien&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Ce s&#233;jour avril 2025 avait &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233; par un s&#233;jour des participants hongrois dans le Lot en nov. 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;L'artiste pr&#233;f&#232;re utiliser le mot programme &#224; recherche. Je garde ici le terme recherche et reviendrais au cours du d&#233;veloppement sur l'usage du terme programme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Opus cit. Domengie, C&#233;line &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Les G&#233;orgiques, vall&#233;e du Lot, vall&#233;e des occasions. Exp&#233;rimentations sans atelier pour une approche m&#233;sologique.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Les participant&lt;span aria-hidden='true'&gt;&lt;span aria-hidden='true'&gt;&#183;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;es &#224; ce voyage France et Hongrie &#233;taient Timea Gyimesi, Gabriella L&#237;via Schuller, Gy&#246;rgyi Falvai, Krisztina Erdei, Mihaly Suranyi, Anna Consonni, V&#233;ronique Lamare, Christophe Clottes, Anik&#243; &#193;d&#225;m, C&#233;line Domengie, Emmanuel et moi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;John Cage, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Conf&#233;rence sur la musique exp&#233;rimentale&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, in &lt;i&gt;Silence&lt;/i&gt;, &#233;d. H&#233;ros-Limite, 2012. Trad. Vincent Barras&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;John Dewey &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;L'art comme exp&#233;rience&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#233;dition Gallimard, 2010. Trad. de l'anglais (&#201;tats-Unis) par Jean-Pierre Cometti, Christophe Domino, Fabienne Gaspari, Catherine Mari, Nancy Murzilli, Claude Pichevin, Jean Piwnica et Gilles A. Tiberghien. Postface de Stewart Buettner.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;L'art contextuel. Un entretien avec Paul Ardenne&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; par Andr&#233;-Louis Par&#233;, revue &lt;i&gt;Esse&lt;/i&gt; n&#176;&#160;49, 2003&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;cf note 1&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;La notion de m&#233;sologie date de 1848. Un disciple d'Auguste Comte, Charles Robin, m&#233;decin, la propose pour prendre en compte le vivant en g&#233;n&#233;ral, y compris l'humain.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Les citations suivantes sont extraites de cet entretien. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Entretien avec Augustin Berque&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; r&#233;alis&#233; par Isabelle Lefort et Olivier Lazzarotti le 19&#160;mars 2015, &#224; l'Institut de g&#233;ographie (Paris). Retranscrit par V&#233;ronique Fourault-Cau&#235;t et Christophe Qu&#233;va et publi&#233; in &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ANNALES&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; G&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;OGRAPHIE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, N&#176;&#160;705, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Entretien avec Augustin Berque r&#233;alis&#233; par Isabelle Lefort et Olivier Lazzarotti le 19&#160;mars 2015, &#224; l'Institut de g&#233;ographie (Paris). Retranscrit par V&#233;ronique Fourault-Cau&#235;t et Christophe Qu&#233;va et publi&#233; in &lt;i&gt;Annales de g&#233;ographie&lt;/i&gt;, N&#176;&#160;705, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;A. Berque&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'espace de la parole commune, &#224; partir d'une &#339;uvre de Jean-Paul Thibeau</title>
		<link>https://dda-nouvelle-aquitaine.org/L-espace-de-la-parole-commune-a-partir-d-une-oeuvre-de-Jean-Paul-Thibeau</link>
		<guid isPermaLink="true">https://dda-nouvelle-aquitaine.org/L-espace-de-la-parole-commune-a-partir-d-une-oeuvre-de-Jean-Paul-Thibeau</guid>
		<dc:date>2012-02-21T14:49:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Corinne Melin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Mon hypoth&#232;se de d&#233;part &#8211; en lien avec le th&#232;me de ce num&#233;ro &#8211; est que la prise de parole commune n'est pas la saisie d'un pouvoir. A partir du moment o&#249; la parole prise n'est pas gard&#233;e, elle revient l&#224; d'o&#249; elle a &#233;merg&#233; soit d'un espace incertain. Cette incertitude est-elle le signe d'une faiblesse&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pour en discuter, notre cadre sera l'objet artistique Au Bord des Protocoles m&#233;ta, &#233;labor&#233; par Jean-Paul Thibeau en 2001. I. Introduction de l'objet Jean-Paul Thibeau ne produit pas&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-24602" rel="directory"&gt;Textes &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mon hypoth&#232;se de d&#233;part &#8211; en lien avec le th&#232;me de ce num&#233;ro &#8211; est que la prise de parole commune n'est pas la saisie d'un pouvoir. A partir du moment o&#249; la parole prise n'est pas gard&#233;e, elle revient l&#224; d'o&#249; elle a &#233;merg&#233; soit d'un espace incertain. Cette incertitude est-elle le signe d'une faiblesse&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pour en discuter, notre cadre sera l'objet artistique Au Bord des Protocoles m&#233;ta, &#233;labor&#233; par Jean-Paul Thibeau en 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. Introduction de l'objet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Paul Thibeau ne produit pas d'objet d'art ou de stimulus visuel mais cr&#233;e des situations et des processus. Les artistes des mouvements et tendances du situationnisme, de Fluxus et de l'art conceptuel, successivement d&#233;velopp&#233;s de 1950 &#224; 1970, ont introduit cet art sans objet. Bien que chacun ait d&#233;velopp&#233; sa propre plastique, des traits communs se d&#233;gagent. Tout d'abord, les crit&#232;res d&#233;finissant jusque l&#224; l'art et son monde sont repens&#233;s. Ainsi, la production de l'objet d'art, le statut de l'artiste, le r&#244;le du spectateur, le lieu du discours critique, historique, sociologique, etc. sont mis &#224; l'&#233;preuve dans leurs pr&#233;suppos&#233;s. Ensuite, cet effacement de l'objet donne la possibilit&#233; d'ouvrir l'art &#224; d'autres disciplines ainsi qu'au flux de la vie quotidienne. L'art sort de son insularit&#233; pour &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;agir&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; avec la multiplicit&#233; des sujets, des savoirs, des id&#233;es, etc. Cet art sans objet n&#233;cessite aussi de revoir les m&#233;thodes d'analyse de l'art comme celle de l'histoire, en empruntant des outils intellectuels &#224; la sociologie, l'anthropologie ou encore la philosophie pragmatique. De cette p&#233;riode artistique, Jean-Paul Thibeau retient principalement les tendances et les mouvements interrogeant le rapport entre l'art et la vie &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il se r&#233;f&#232;re &#224; Allan Kaprow et Robert Filliou, artistes li&#233;s &#224; la tendance (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; Pour lui, l'art n'est pas simplement un moyen de stimuler la vie. L'art est d&#233;j&#224; le r&#233;sultat de cette vie. La vie est con&#231;ue &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;comme une mati&#232;re &#224; former&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Il propose de fonder une pratique qui &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ne ressemble ni &#224; l'art ni &#224; la vie mais est une mani&#232;re d'interroger les deux. [...] Notre &#339;uvre n'est ni avant, ni apr&#232;s - mais dans cet interstice entre le moment o&#249; le monde nous fait et celui o&#249; il nous d&#233;fait... L'art pour nous n'est plus que cela&#160;: avoir conscience de cet interstice et de notre co- responsabilit&#233; &#224; cet endroit et &#224; ce temps-l&#224;...&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'entrerons pas dans l'analyse esth&#233;tique, historique, etc. de la pratique de Jean-Paul Thibeau. Ce n'est pas notre objet. Nous allons porter notre attention sur son projet &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Au bord des protocoles m&#233;ta&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, d&#233;marr&#233; en 2001. Ce projet accorde une place singuli&#232;re &#224; chaque participant. En effet, ce dernier n'a pas de place pr&#233;d&#233;termin&#233;e. Il cherche sa relation aux autres et au projet. Il t&#226;tonne, pour reprendre une expression de Jean-Paul. En ce qui me concerne, j'organise, j'interviens, je coordonne et j'&#233;cris sur ce projet depuis 2003. Je peux pratiquer l'une de ces activit&#233;s ou l'ensemble. Quoi qu'il en soit mon adh&#233;sion correspond &#224; deux points. Ce projet me permet, d'une part d'&#233;prouver le bagage scientifique &#233;labor&#233; &#224; partir de la question de l'art sans objet et, d'autre part d'interroger ma participation au groupe. C'est ce dernier point qui sera abord&#233; ici. Au fil des s&#233;minaires, mes notes et mes descriptions se sont appuy&#233;es sur les observations &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;participante et naturelle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Expression reprise &#224; Erwin Goffman, &#171;&#160;Les cadres de l'exp&#233;rience&#160;&#187;, Minuit, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. L'int&#233;gration au groupe doit se d&#233;rouler le plus naturellement possible. Il faut &#233;viter les postures autoritaires, s'adapter auxcorps en pr&#233;sence (sourires, gestes, etc.), user de mots ordinaires etc. Le plus difficile est de se maintenir &#224; la lisi&#232;re de l'action et de l'observation et ensuite de r&#233;cup&#233;rer le sens de cette activit&#233; intellectuelle in situ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;II&lt;/span&gt;. Mise en place d'un s&#233;minaire &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;protocles m&#233;ta&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Au bord des protocoles m&#233;ta&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; est un projet de projet. Il se d&#233;ploie en fonction des rencontres, des lieux, des occasions, etc. Il peut r&#233;unir une dizaine de personnes comme en rassembler une centaine. &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le dernier s&#233;minaire a r&#233;uni une centaine de personnes au Palais de Tokyo &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; Il peut se tenir dans une institution ou au bord de l'eau. Il n'a pas de forme et de lieu pr&#233;d&#233;termin&#233;s. Sa capacit&#233; d'adaptation est garante de sa dynamique, si ce n'est de sa &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;sur-vie&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Dans chaque s&#233;minaire, les participants sont invit&#233;s &#224; exp&#233;rimenter des modes de penser et de faire &#224; l'appui de corps, de dur&#233;es, de concepts, etc. ainsi qu'&#224; r&#233;fl&#233;chir sur la construction d'une plate-forme d'&#233;changes commune. La grande difficult&#233; pour les participants est de se d&#233;faire des emprises hi&#233;rarchisantes du savoir, de la parole, du corps, etc. Chacun arrive avec un r&#244;le et/ou une fonction propre au domaine (culturel, social, scientifique ou artistique) dans lequel il op&#232;re. Comment l&#226;chez prise&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? A quel moment&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pour aller o&#249;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Des divers s&#233;minaires men&#233;s avec Jean-Paul Thibeau, j'ai retenu celui dont la parole &#233;tait le moteur. Ce s&#233;minaire s'est d&#233;roul&#233; en septembre 2005 &#224; Roubaix dans le Nord de la France. Cette ville a un contexte &#233;conomique et social singulier. Elle se remet doucement de l'effondrement de ses industries textiles. De nombreux quartiers stigmatisent le d&#233;s&#339;uvrement. Le taux de ch&#244;mage y est &#233;lev&#233;. Les communaut&#233;s africaines sont les plus importantes de la R&#233;gion. Le contexte social et &#233;conomique est ainsi marqu&#233; par la pr&#233;carit&#233; et des questions identitaires. Pour se restructurer, les politiques publiques s'appuient en partie sur les questions de la culture et du social &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette politique favorise le multi-culturalisme&#160;; elle r&#233;-ins&#233;re dans les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; . Le s&#233;minaire s'est mis en place sur plusieurs mois. Nous avons tout d'abord rencontr&#233; des personnalit&#233;s travaillant pour et dans la ville ou habitant simplement l'un de ses quartiers. Cela nous a permis de constituer un coll&#232;ge de participants h&#233;t&#233;rog&#232;nes comprenant des responsables et des usagers de structures culturelles et sociales, des repr&#233;sentants politiques, des artistes et des scientifiques de diverses disciplines. De ces rencontres, nous avons d&#233;gag&#233; les malentendus r&#233;currents tels que le rapport entre les actions d'une structure et les politiques publiques, la question de l'engagement personnel. Il est aussi ressorti une difficult&#233; &#224; valoriser, aupr&#232;s du politique, la dimension humaine. &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Non quantifiable, la dimension humaine est trop souvent per&#231;ue par les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224;, nous avons &#233;labor&#233; un s&#233;minaire de trois jours. Les interventions des responsables, des usagers de structures et autres &#233;taient ponctu&#233;es par celles d'artistes et de scientifiques de diverses disciplines. Le champ r&#233;flexif de ces derniers (sociologie du travail, urbanisme/nomadisme, immigration/documentaire) touchait les probl&#232;mes per&#231;us lors de nos visites dans la ville. Ces interventions ont ensuite &#233;t&#233; associ&#233;es &#224; des protocoles &#233;nonc&#233;s par Jean-Paul Thibeau. Les protocoles sont globalement des actes performatifs construits &#224; l'appui de corps, de dur&#233;es, de mani&#232;res d'&#234;tre, de concepts, etc. Ils ont pour objet la mise &#224; l'&#233;preuve de modes d'agir et de penser. Ils s'appuient en cela sur le v&#233;cu. Il ne s'agit en aucun cas d'apporter des solutions aux malentendus identifi&#233;s, aux crises individuelles, etc. Ce n'est pas un art th&#233;rapeutique. Il s'agit plut&#244;t d'&#233;laborer en commun, un espace dans lequel les emprises hi&#233;rarchisantes seraient temporairement suspendues&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; celles-ci &#233;tant consid&#233;r&#233;es comme impropres &#224; la cr&#233;ation d'un espace de parole commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;III&lt;/span&gt;. Protocole r&#233;cit d'exp&#233;rience&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai choisi de rendre compte uniquement du protocole r&#233;cit d'exp&#233;rience. Ce protocole est propos&#233; par l'artiste d&#232;s l'ouverture d'un s&#233;minaire. Force est de constater qu'il cr&#233;e l'espace collectif. Il permet en effet de saisir le moment o&#249; le r&#233;cit individuel devient parole commune et de penser &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;la forme&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de l'espace de la parole constitu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le s&#233;minaire de Roubaix, chaque participant &#233;tait invit&#233; &#224; exposer &#224; l'ensemble du groupe, une exp&#233;rience (constructive, d&#233;stabilisante, ennuyeuse, conflictuelle, etc.) men&#233;e dans le cadre de son travail. Il pouvait l'introduire en montrant une vid&#233;o, un livre, des photos, etc. ou simplement l'exposer oralement. Le r&#233;cit &#233;tait cens&#233; cr&#233;er un espace de parole commun. Je dis &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;cens&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; car cet espace de parole constitu&#233; est rare. Une des difficult&#233;s majeures est en effet de faire partager une exp&#233;rience que seul celui qui prend la parole a v&#233;cu. Le sociologue pascal Nicolas-le-Strat dit &#224; ce propos&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le narrateur et ses interlocuteurs se rencontrent autour de cette difficult&#233;&#160;: la n&#233;cessit&#233; de concevoir un nouveau &#034;pr&#233;sent&#034; pour une exp&#233;rience qui se fait entendre loin de son terrain de r&#233;alisation. C'est cette difficult&#233; qui les r&#233;unit, c'est cet &#233;cart qui les associe - l'&#233;cart entre ce qui a &#233;t&#233; exp&#233;riment&#233; et ce qui peut en &#234;tre dit, l'&#233;cart entre l'exp&#233;rience telle qu'elle a &#233;t&#233; v&#233;cue et l'exp&#233;rience telle qu'elle est impliqu&#233;e par le ou les r&#233;cit(s) propos&#233;(s). &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pascal Nicolas-le-Strat &#233;tait invit&#233; &#224; participer &#224; ce s&#233;minaire. Il est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) R&#233;cit d'exp&#233;rience de Mich&#232;le Sabatier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en rendre compte, je vais exposer le r&#233;cit d'exp&#233;rience de Mich&#232;le Sabatier. Elle dirige un centre social au c&#339;ur d'un quartier d'immigr&#233;s &#224; Roubaix. Elle choisit de faire le r&#233;cit d'une exp&#233;rience men&#233;e avec un collectif de femmes africaines, collectif qu'elle a initi&#233;. Elle s'engage dans une narration ponctu&#233;e de moments d'&#233;motion. Elle essaie de restituer les &#233;changes entre ses femmes et elle- m&#234;me, ses heurts, ses pleurs, ses joies. Mich&#232;le ne cesse d'amorcer de nouvelles descriptions qui compl&#232;tent (ou non) les descriptions d&#233;j&#224; &#233;bauch&#233;es. Nous sentons au fur et &#224; mesure de son r&#233;cit qu'elle cherche &#224; sortir de ces descriptions sans fin, de cette subjectivit&#233; qu'elle n'arrive pas &#224; nous communiquer. Mich&#232;le change alors de tactique&#160;: elle ouvre son exp&#233;rience aux interlocuteurs c'est-&#224;-dire qu'elle accepte d'interroger avec les autres ce que son r&#233;cit implique. De ce changement, nous avons constat&#233; qu'un espace de parole commun &#233;mergeait. Ainsi, pour que le r&#233;cit d'exp&#233;rience r&#233;sonne au sein du groupe, un d&#233;placement est n&#233;cessaire. Le sociologue Pascal Nicolas-le-Strat souligne que ce d&#233;placement s'op&#232;re sur deux plans. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;D'abord un d&#233;placement d'objet. C'est le r&#233;cit en tant que tel, et ses multiples implications de sens, qui devient objet d'&#233;change, de discussion et de confrontation, et non l'exp&#233;rience en elle-m&#234;me car, pour l'essentiel, elle demeure inaccessible au groupe. Ensuite un d&#233;placement de lieu. Les participants &#224; la discussion ne disposent pas d'autre lieu que celui inaugur&#233; par le r&#233;cit, &#224; savoir l'espace de la prise de parole, l'espace d'&#233;nonciation. Le &#034;lieu&#034; de l'exp&#233;rience (son contexte, son &#233;cosyst&#232;me, ses d&#233;terminations) leur restera &#233;tranger quoique le narrateur dise.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; En d'autres termes, le narrateur campe &#224; la lisi&#232;re de deux mondes&#160;: l'espace de l'exp&#233;rience auquel, seul, il acc&#232;de et l'espace du r&#233;cit auquel tous les participants acc&#232;dent et dans lequel ils vont d&#233;ambuler librement. La difficult&#233;, pour Mich&#232;le, a &#233;t&#233; de r&#233;ussir &#224; proportionner son r&#233;cit. Elle &#233;tait prise au pi&#232;ge, tent&#233;e qu'elle &#233;tait, de rendre authentiquement pr&#233;sent quelque chose qui ne saurait l'&#234;tre pour ses interlocuteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) De l'espace de parole commune constitu&#233; &#224; son maintien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous comprenons bien ici qu'il appartient au narrateur d'ouvrir l'acc&#232;s &#224; une exp&#233;rience qui lui est propre et d'inaugurer un espace de parole (&#224; partir de son r&#233;cit d'exp&#233;rience) qui lui &#233;chappera n&#233;cessairement d&#232;s lors que les participants vont l'investir. Dans &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;la prise de parole et autres &#233;crits politiques&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Michel de Certeau &#233;crit&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Il faut non seulement constater mais admettre que nos gestes et notre histoire peuvent nous revenir avec un sens pour nous surprenant, que nos propres mots peuvent dire une exp&#233;rience non pas contraire (car ce serait le M&#234;me), mais diff&#233;rente de la notre qu'ils deviennent l'instrument d'une contestation, le vocabulaire d'autrui. &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel de Certeau, &#171;&#160;La prise de parole et autres &#233;crits politiques&#160;&#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir du moment o&#249; le narrateur laisse libre cours aux interpr&#233;tations et explications que son r&#233;cit a suscit&#233;es, l'&#233;cart entre l'espace de l'exp&#233;rience v&#233;cue et l'espace de l'exp&#233;rience communiqu&#233;e ne peut plus &#234;tre tenu. Les participants se sont empar&#233;s de ses mots (seulement de ses mots et certainement pas de son exp&#233;rience) et les ont constitu&#233;s en exp&#233;rience commune. Ils discutent et se confrontent&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils font &#233;cho &#224; d'autres exp&#233;riences ou aborde l'exp&#233;rience expos&#233;e dans une toute autre perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir du moment o&#249; l'&#233;cart s'efface, nous pouvons dire que le r&#233;cit d'exp&#233;rience a fait son &#339;uvre. Il m&#233;nage des voies d'acc&#232;s &#224; partir desquelles chacun peut librement circuler. Le narrateur peut alors choisir de rester silencieux ou comme l'a fait Mich&#232;le s'impliquer au m&#234;me titre que les autres participants, dans cet espace de discussion qui vient d'&#233;merger. Jean-Paul Thibeau con&#231;oit un s&#233;minaire en prenant soin de cr&#233;er un coll&#232;ge de participants h&#233;t&#233;rog&#232;nes. L'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; prend son sens lorsque l'espace de parole commune &#233;merge. Car l'entrelacement des voix cr&#233;e la parole commune. Pour se faire, il est n&#233;cessaire que tous les participants puissent prendre la parole. Prenons un exemple qui va &#224; contre sens. Le s&#233;nateur Nord Yvan Renar est intervenu apr&#232;s Mich&#232;le Sabatier. Il devait aborder, avec des &#233;lus de la ville, la question art/politique. Il avait pr&#233;par&#233; son discours en fonction des &#233;lus, qui, il ne le savait pas, seraient absents &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous ne souhaitions pas le placer dans ce contexte. Les &#233;lus se sont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Son discours n'a pas pris. L'espace de parole &#233;merg&#233; du r&#233;cit de Mich&#232;le a &#233;t&#233; gomm&#233; par la parole d'Yvan. Car il a introduit une hi&#233;rarchie. En rehaussant sa parole, Yvan a d&#233;consid&#233;r&#233; celle des autres participants. En d'autres termes, pour que la parole circule, chacun doit parler en son nom propre et pas au nom d'une fonction ou d'un titre. Si le narrateur est le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;porte-parole&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; d'un groupe de pression ou d'une conviction tenue ailleurs, il sort de la parole commune. Prendre la parole dans ce groupe, c'est faire en sorte que les paroles des divers interlocuteurs s'entrelacent. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Les paroles, dit Pascal Nicolas-le-Strat, ne sont pas l'identit&#233; d'un seul mais l'identit&#233; de la d&#233;possession de l'un et de l'appropriation de l'autre.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Chacun &#233;prouve ce qu'il est dans sa diff&#233;rence avec les autres. En ce sens, le locuteur n'&#233;vite pas la diff&#233;rence. Il s'y frotte. A ce titre, le mode de la tactique semble appropri&#233; &#224; saisir la constitution d'un espace de parole commun. Selon ce mode, le locuteur montre sa capacit&#233; &#224; s'adapter aux autres, aux contextes, aux dur&#233;es, aux corps, etc. Citons Michel de Certeau &#224; ce propos. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La tactique n'a pour lieu que celui de l'autre. Elle s'y insinue, fragmentairement, sans le saisir en son entier, sans pouvoir le tenir &#224; distance. ... Du fait de son non lieu, la tactique d&#233;pend du temps, vigilante &#224; y &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;saisir au vol&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; des possibilit&#233;s de profit. Ce qu'elle gagne, elle ne le garde pas. Il lui faut constamment jouer avec les &#233;v&#233;nements pour en faire des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;occasions&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel de Certeau, &#171;&#160;L'invention du quotidien. 1. arts de faire&#160;&#187;, &#233;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; La parole cr&#233;e un espace interm&#233;diaire, &#224; la g&#233;ographie sans cesse r&#233;invent&#233;e par l'usage qu'en font les interlocuteurs. Elle s'&#233;labore au pr&#233;sent, dans le temps de l'&#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IV&lt;/span&gt;. La vis&#233;e de la parole L'espace que la parole repr&#233;sente n'est pas compos&#233; d'une seule id&#233;e mais d'une constellation d'id&#233;es. Cela participe de la difficult&#233; &#224; le cerner mais pas seulement. En effet, son apparition n'est pas pr&#233;visible et lorsqu'il &#233;merge, son maintien l'est tout autant. Est-ce que ce devenir incertain est le signe d'une faiblesse&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Si nous partons du principe que la parole est un acte, la signification premi&#232;re de son action est de dire qu'elle ne se reconna&#238;t dans aucun syst&#232;me et par cons&#233;quent qu'elle organise des possibles. L'un de ses possibles pourrait &#234;tre que les interlocuteurs se constituent un langage propre. La t&#226;che de la parole serait alors de viser un style d'&#233;changes d&#233;finis en terme de production&#160;: objets de pens&#233;es, objets d'art, actions socioculturelles, etc., de viser un langage qui ne dit pas la r&#233;alit&#233;. Selon Jacques Ranci&#232;re&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;la politique consiste &#224; reconfigurer le partage du sensible qui d&#233;finit le commun d'une communaut&#233; &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques Ranci&#232;re, &#171;&#160;Malaise dans l'esth&#233;tique&#160;&#187;, Paris, Galil&#233;e, 2004.&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Pensons &#224; ce titre au r&#233;f&#233;rendum fran&#231;ais du 25&#160;mai 2005, sur la constitution europ&#233;enne. Force a &#233;t&#233; de constater que la panique g&#233;n&#233;r&#233;e par ce vote r&#233;sidait &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;moins dans le rejet du Trait&#233; constitutionnel que dans l'irruption intempestive et ravageuse de ces voix qui avaient &#233;t&#233; ignor&#233;es, r&#233;duites au silence ou consid&#233;r&#233;es comme facultatives par les tricoteurs de constitution. &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paris-Art, Andr&#233; Rouill&#233;, &#171;&#160;Parole us&#233;e, pouvoir sans voix&#160;&#187;, &#233;ditorial, mai (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Ce vote visait un langage qui ne disait pas la r&#233;alit&#233; sociale, &#233;conomique, etc., ne tirait pas du v&#233;cu, un nouveau pr&#233;sent. Il visait une politique qui se faisait entendre loin du terrain de l'exp&#233;rience. La force essentielle de cette parole a &#233;t&#233; le surgissement, l'intempestif, l'inattendu. Car apr&#232;s le vote, la parole prise n'a pas &#233;t&#233; gard&#233;e. La parole est revenue l&#224; d'o&#249; elle avait &#233;merg&#233; soit d'un espace incertain. En ce sens, la parole peut difficilement &#234;tre la saisie d'un pouvoir. La parole n'est pas consid&#233;r&#233;e comme ayant une valeur pour elle-m&#234;me. Elle n'est pas une sorte de magie. Il ne suffit pas de parler pour que toutes les diff&#233;rences, tous les conflits disparaissent. De m&#234;me, la parole n'est pas consid&#233;r&#233;e comme &#233;tant insignifiante ou pour dire un gros mot, gratuite. Car s'il en est ainsi, ce sont les relations humaines qui perdent sens. L'action de la parole est avant tout symbolique. Elle signifie plus qu'elle n'effectue. D&#233;pendante du contexte, des personnes r&#233;unies &#224; ce moment l&#224;, de la dur&#233;e de l'action, etc., la parole est incertaine. Elle ne parvient pas &#224; se constituer en langage. Elle peut donc difficilement rivaliser avec le langage institutionnel qui lui a l'avantage d'exister dans des repr&#233;sentations stables &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Remarquons que les individus utilisant la parole pour se dire, &#224; un moment (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; . Cela dit, la parole a bien un pouvoir. Son pouvoir est de cr&#233;er, dans une collaboration d&#233;finie comme un &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;processus inventif&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. En d'autres termes, le pouvoir de la parole est de cr&#233;er des possibles. Dans les s&#233;minaires de Jean-Paul Thibeau, la parole commune est utilis&#233;e pour les possibles qu'elle offre. Elle est, selon moi, paradigmatique de la philosophie globale du projet &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Au bord des protocoles m&#233;ta&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Citons, comme en &#233;cho, Jean- Paul Thibeau. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Les participants (artiste, politique, public, commanditaire etc.) ne sont pas r&#233;unis pour produire une &#339;uvre ou un spectacle commun&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils sont ensemble pour inventer des modes d'agir, exp&#233;rimenter des productions de temps et d'actions, sans se soucier d'une forme stable. ... Les protocoles m&#233;ta sont &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;protocoles en situations&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, des protocoles qui prennent la forme d'un dispositif de r&#232;gles arbitraires et provisoires, dont tous les termes et les modes peuvent &#234;tres questionn&#233;s et rejou&#233;s par les divers protagonistes. &lt;span class='ref_note'&gt;{&lt;span class='la_note'&gt;note&lt;/span&gt;&lt;span class='insert'&gt;&lt;/span&gt;}&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Paul Thibeau, &#171;&#160;Le congr&#232;s singulier&#160;&#187; s&#233;minaire du 25&#160;mars 2006, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Ce projet se construit bien sur la base d'une collaboration d&#233;finie comme &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;processus inventif&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Il permet, d'une part de suspendre temporairement les conditionnements du corps, de la pens&#233;e, des d&#233;sirs, etc. et de donner, d'autre part, de l'importante aux forces qui sont d&#233;j&#224; l&#224; mais qui ne parviennent pas &#224; se constituer en langage. Il offre la possibilit&#233; de cr&#233;er une plate-forme d'&#233;changes commune en transformation constante. Pour se faire, il est n&#233;cessaire que cette activit&#233; artistique &#233;vite le spectaculaire et sa m&#233;diatisation. Sa discr&#233;tion fournit la base n&#233;cessaire &#224; son bon d&#233;roulement et sans doute sa principale chance de succ&#232;s. Car si cette cr&#233;ativit&#233; diffuse est plac&#233;e sous les feux de la rampe, elle perd son propre &#233;clairage. Disons enfin que cette activit&#233; artistique &#8211; tout comme la parole &#8211; existe en tant que proposition d'une politique stimulant le changement et non sur son effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; Mon hypoth&#232;se de d&#233;part est que la prise de parole n'est pas la saisie du pouvoir &#224; partir du moment o&#249; elle n'est pas gard&#233;e. Pour en discuter, notre cadre sera l'objet artistique Au Bord des Protocoles m&#233;ta, &#233;labor&#233; par Jean-Paul Thibeau en 2001. Un protocole m&#233;ta est un dispositif qui r&#233;unit, lors de s&#233;minaire, des participants h&#233;t&#233;rog&#232;nes autour d'exp&#233;riences extra-artistiques. L'une de ces exp&#233;riences a retenu mon attention. Il s'agit des espaces de discussion qui peuvent &#233;merger d'un r&#233;cit d'exp&#233;rience. Comment combler l'&#233;cart entre exp&#233;rience v&#233;cue (qui ne parle qu'&#224; soi) et exp&#233;rience communiqu&#233;e (qui parle aux autres)&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Comment constituer une parole commune&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Que dire de l'espace qu'elle forme&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CORINNE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MELIN&lt;/span&gt; Universit&#233; Marc Bloch, Strasbourg / Avril 2006&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/IMG/media/docs/MelinJPThibeau.pdf'&gt;&gt; T&#233;l&#233;charger le texte (pdf)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Il se r&#233;f&#232;re &#224; Allan Kaprow et Robert Filliou, artistes li&#233;s &#224; la tendance internationale Fluxus. D&#232;s 1958, l'artiste am&#233;ricain Allan Kaprow d&#233;veloppe un art fond&#233; sur l'exp&#233;rience. Il &#233;crit&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Les probl&#232;mes pos&#233;s par l'exp&#233;rimentateur sont philosophiques plut&#244;t qu'esth&#233;tiques. Ils parlent de questions d'existence plut&#244;t que de sujets artistiques.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; in &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;l'art et la vie confondus&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Centre George Pompidou, 1994, p. 99. D&#232;s 1965, l'artiste fran&#231;ais Robert Filliou remplace le terme art par la notion de cr&#233;ation permanente. Ce processus permet &#224; l'individu de d&#233;velopper ses propres facult&#233;s cr&#233;atrices. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;L'art, dit-il, est ce qui rend la vie plus int&#233;ressante que l'art&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;..&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Expression reprise &#224; Erwin Goffman, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Les cadres de l'exp&#233;rience&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Minuit, 1991. Voir aussi l'article &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;L'organisation sociale de l'exp&#233;rience&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Isaac Joseph, Louis Qu&#233;r&#233;, 1994. &lt;a href=&#034;http://multitudes.samizdat.net/L-organisation-sociale-de-l.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://multitudes.samizdat.net/L-organisation-sociale-de-l.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Le dernier s&#233;minaire a r&#233;uni une centaine de personnes au Palais de Tokyo &#224; Paris le 25&#160;mars 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Cette politique favorise le multi-culturalisme&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle r&#233;-ins&#233;re dans les institutions culturelles de la ville comme au mus&#233;e des beaux arts, au th&#233;&#226;tre avec la compagnie &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;L'oiseau mouche&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; compos&#233;e principalement d'acteurs handicap&#233;s mentaux, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Non quantifiable, la dimension humaine est trop souvent per&#231;ue par les politiques comme irrecevable. Selon les t&#233;moins, elle semble pourtant au c&#339;ur de nombreuses actions socioculturelles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Pascal Nicolas-le-Strat &#233;tait invit&#233; &#224; participer &#224; ce s&#233;minaire. Il est ma&#238;tre de conf&#233;rence en science politique, &#224; Montpellier. Cette citation et les suivantes sont extraites de l'article qui en a suivi. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;le r&#233;cit d'exp&#233;rience&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; d&#233;c. 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Michel de Certeau, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La prise de parole et autres &#233;crits politiques&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Editions du Seuil, 1994, p. 54.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Nous ne souhaitions pas le placer dans ce contexte. Les &#233;lus se sont d&#233;command&#233;s &#224; la derni&#232;re minute.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Michel de Certeau, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;L'invention du quotidien. 1. arts de faire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#233;ditions du seuil, 1990 in Introduction g&#233;n&#233;rale, p &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XLVI&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Jacques Ranci&#232;re, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Malaise dans l'esth&#233;tique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Paris, Galil&#233;e, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;i&gt;Paris-Art,&lt;/i&gt; Andr&#233; Rouill&#233;, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Parole us&#233;e, pouvoir sans voix&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#233;ditorial, mai 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Remarquons que les individus utilisant la parole pour se dire, &#224; un moment pr&#233;cis, tendent &#224; rejoindre le cadre socio-&#233;conomique existant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;sup class='lien_note'&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;Jean-Paul Thibeau, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le congr&#232;s singulier&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; s&#233;minaire du 25&#160;mars 2006, Palais de Tokyo, Paris&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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