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	<title>Documents d'Artistes Nouvelle-Aquitaine</title>
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	<description>Documents d'artistes Nouvelle-AquitaineChez Fabrique Pola10 quai de Brazza33100 Bordeauxcontact@dda-nouvelle-aquitaine.org
Notre association est soutenue par le conseil r&#233;gional et la Drac Nouvelle-Aquitaine, la ville de Bordeaux et le d&#233;partement de la Gironde.Elle b&#233;n&#233;ficie du m&#233;c&#233;nat de Cambial.</description>
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		<dc:creator>Paul Bernard</dc:creator>



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&lt;p&gt;La r&#233;p&#233;tition d'une croix compos&#233;e de quelques aplats color&#233;s soigneusement d&#233;limit&#233;s. Une abstraction l&#233;ch&#233;e, efficace, presqu'un logo. Il n'en n'est rien cependant. Un l&#233;ger plissement des yeux nous fera comprendre que la croix figure l'intersection de deux sillons, laissant entrevoir les arr&#234;tes de quatre cubes. Berlin 2006 (2007) est en r&#233;alit&#233; une vue du m&#233;morial de l'holocauste allemand con&#231;u par Peter Eisenman et compos&#233; de centaines de st&#232;les en b&#233;ton. Un monument qui s'&#233;prouve par&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;p&#233;tition d'une croix compos&#233;e de quelques aplats color&#233;s soigneusement d&#233;limit&#233;s. Une abstraction l&#233;ch&#233;e, efficace, presqu'un logo. Il n'en n'est rien cependant. Un l&#233;ger plissement des yeux nous fera comprendre que la croix figure l'intersection de deux sillons, laissant entrevoir les arr&#234;tes de quatre cubes. &lt;i&gt;Berlin 2006&lt;/i&gt; (2007) est en r&#233;alit&#233; une vue du m&#233;morial de l'holocauste allemand con&#231;u par Peter Eisenman et compos&#233; de centaines de st&#232;les en b&#233;ton. Un monument qui s'&#233;prouve par la d&#233;ambulation, une exp&#233;rience, physique plus que visuelle, que l'artiste rejoue dans l'espace circonscrit de la peinture. Abstraire, cadrer, r&#233;duire pour aboutir finalement &#224; un motif qui sera soumis aux d&#233;placements et &#224; la variation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un processus que l'on retrouve dans la s&#233;rie la plus r&#233;cente, &lt;i&gt;Disaster of the Week&lt;/i&gt; (2011)&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;R&#233;p&#233;t&#233;es sur plusieurs toiles, des feuilles de palmiers se d&#233;tachent sur un fond color&#233; fa&#231;on &lt;i&gt;Tropicalia&lt;/i&gt;. Les fragments d'un d&#233;cor susceptible d'accueillir mille fantasmes, se manifestent soudainement au premier plan. Au sein de la s&#233;rie, comme pour bousculer la variation, brouiller un peu plus les cartes, on trouve &lt;i&gt;Centrale,&lt;/i&gt; le d&#233;ploiement sur un fond verd&#226;tre de petits archipels gris dans une forme qui rappelle autant le mont Fuji que le test de Rorschach. L&#224; encore, il s'agit de la r&#233;duction d'un arri&#232;re-plan, en l'occurrence le dessin qui orne les centrales de Fukushima &#8211; et qui, pour repr&#233;senter la fission atomique prend comme image g&#233;n&#233;rique une forme d'&#233;clatement, de dissolution. Une image, un motif diffus&#233; en boucle dans les m&#233;dias pendant la catastrophe mais que l'on a sans dout&#233; pas relev&#233;, affair&#233;s que nous &#233;tions &#224; observer les affolements du compteur Geiger indexant chacune de ses apparitions. Une image vue puis refoul&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un motif profond&#233;ment, singuli&#232;rement ambivalent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; la poursuite de cette ambivalence des images que semble nous convier Johann Milh. Outre le motif, cette qu&#234;te travaille &#233;galement les objets et les exp&#233;riences du regard. Ainsi un toboggan, un p&#233;dalo ou un plongeoir rencontr&#233;s au cours de promenades apparaissent dans la s&#233;rie &lt;i&gt;D&#233;rive&lt;/i&gt; (2010). Trait&#233;s sur un mode tant&#244;t onirique, amateur ou autoritaire, les sujets, vierges d'informations, semblent tous tenir lieu d'autre chose. La d&#233;rive, cette d&#233;viation de trajectoire c&#233;l&#233;br&#233;e par les situationnistes, s'applique ici autant aux sujets choisis &#8211; dispositifs li&#233;s au jeu et au mouvement &#8211; qu'aux errements de l'esprit &#224; leur endroit&#160;: voir de la science fiction dans un toboggan, une Ferrari dans un p&#233;dalo, un monument constructiviste dans un plongeoir. Le m&#234;me principe d&#233;rivatif pourrait s'appliquer pour la s&#233;rie &lt;i&gt;Public Domain&lt;/i&gt; (2010), la seule &#224; pr&#233;senter des figures humaines. Quelques gar&#231;ons y hurlent &#224; la mort devant des architectures modernistes. De fait, les images sources sont celles de skateurs furieux, pouss&#233;s &#224; bout par les chutes et les &#233;checs end&#233;miques &#224; la r&#233;p&#233;tition de figures. Mais en l'absence d'indices &#233;l&#233;mentaires &#224; la narration (en l'occurrence les planches de skate), ces hurlements de vexation viennent prendre place dans une iconographie spinalienne du cri de l'homme moderne. Il y a l&#224; encore une volont&#233; de donner une consistance &#224; ces images pour les faire d&#233;border du cadre de la simple anecdote. En les d&#233;pouillant, le peintre les fait exc&#233;der.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi qu'elle agisse par r&#233;duction ou agrandissement, qu'elle traite du devenir motif de l'image ou du devenir clich&#233; de l'anecdote, la peinture de Johann Milh ne cesse d'osciller entre deux p&#244;les. Il ne faudrait pas voir cependant l'ex&#233;cution m&#233;thodique d'un programme. D'une peinture &#224; l'autre, Milh affirme &#233;galement un comportement, un rapport particulier avec ce qu'il peint. Si la d&#233;rive sous toutes ses formes en appelle au hasard, la peinture en elle-m&#234;me est une exp&#233;rience au r&#233;sultat contingent. La neutralit&#233; presque amateur de sa mani&#232;re, sans expressionisme, sans dogme, indique une volont&#233; de ne pas dominer son sujet mais au contraire de se mettre &#224; son service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Bernard&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Franck Eon, une peinture pragmatique</title>
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		<dc:creator>Paul Bernard</dc:creator>



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&lt;p&gt;Une table, six chaises. Lentement, la cam&#233;ra tourne autour. A y regarder de plus pr&#232;s, le mobilier est constitu&#233; par des ch&#226;ssis monochromes de m&#234;me taille mais de couleurs diff&#233;rentes. La cam&#233;ra s'&#233;carte pour r&#233;v&#233;ler une salle au mur ajour&#233;. En la contournant, on s'aper&#231;oit que celle-ci se trouve prise dans un b&#226;timent &#233;clair&#233; par de larges baies vitr&#233;es. On recule &#224; nouveau, on franchit les vitres. L'&#339;il identifie alors le b&#226;timent num&#233;ris&#233;&#160;: une sph&#232;re sur un monticule triangulaire et&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dda-nouvelle-aquitaine.org/Textes-critiques-24462" rel="directory"&gt;Textes&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une table, six chaises. Lentement, la cam&#233;ra tourne autour. A y regarder de plus pr&#232;s, le mobilier est constitu&#233; par des ch&#226;ssis monochromes de m&#234;me taille mais de couleurs diff&#233;rentes. La cam&#233;ra s'&#233;carte pour r&#233;v&#233;ler une salle au mur ajour&#233;. En la contournant, on s'aper&#231;oit que celle-ci se trouve prise dans un b&#226;timent &#233;clair&#233; par de larges baies vitr&#233;es. On recule &#224; nouveau, on franchit les vitres. L'&#339;il identifie alors le b&#226;timent num&#233;ris&#233;&#160;: une sph&#232;re sur un monticule triangulaire et voila le Futuroscope de Poitiers. La cam&#233;ra s'&#233;l&#232;ve. On se d&#233;tache progressivement du b&#226;timent pour en voir les coordonn&#233;es g&#233;ographiques&#160;: une vaste prairie encercl&#233;e par la mer. On quitte alors cette &#238;le myst&#233;rieuse. La mer est calme, le temps est splendide, tout va bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Matrice de l'exposition &lt;i&gt;Salle Blanche&lt;/i&gt; &#224; Nantes, la vid&#233;o d'animation &lt;i&gt;Sans-titre &lt;/i&gt;(2007) de Franck Eon fonctionne comme une &#233;quation &#224; une inconnue. R&#233;alis&#233;s avec un logiciel de 3D, les volumes vectoris&#233;s dans lesquels d&#233;ambule la cam&#233;ra figurent une suite de d&#233;cors en attente de fiction, de h&#233;ros. Chacun agit sur l'autre comme le facteur d'une parenth&#232;se math&#233;matique. L'information, &#224; mesure qu'elle nous parvient, se trouve sans cesse perturb&#233;e. Sommes-nous dans un vaisseau spatial&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Un laboratoire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Dans un parc d'animation&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Une &lt;i&gt;Ile des morts&lt;/i&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;x&lt;/i&gt; de l'&#233;quation, son h&#233;ros, &#231;a pourrait bien &#234;tre John, ce personnage invisible dont le narrateur nous d&#233;crit les diff&#233;rents faits et gestes. A son sujet, on ne peut faire que des suppositions. De toute &#233;vidence, il semble avoir &#233;chou&#233; dans ce d&#233;cor coup&#233; du continent avec une mission. C'est vraisemblablement lui qui calcule, traite l'information, s'assoit autour de la table. C'est peut &#234;tre lui qui filme les lieux et nous les donne &#224; voir. Il n'est &lt;i&gt;pas une&lt;/i&gt; &lt;i&gt;coquille,&lt;/i&gt; un signe visuel qu'il nous reviendrait d'investir, mais&lt;i&gt; juste un fantome &lt;/i&gt;qui hante la fiction. Et comme tout fant&#244;me, son existence elle-m&#234;me est sujette &#224; caution. Elle d&#233;pend d'observateurs en mesure d'interpr&#233;ter les signes qu'il &#233;met&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franck Eon s'inspire ici de la chambre chinoise, une exp&#233;rience virtuelle de John Searle. Le philosophe am&#233;ricain imagine un homme (en l'occurrence lui-m&#234;me) dans une pi&#232;ce ferm&#233;e avec la possibilit&#233; de recevoir et de donner des symboles. A sa disposition, des caract&#232;res chinois et un manuel d'instruction lui permettant de produire certaines suites de caract&#232;res en fonction de ceux qu'une personne ext&#233;rieure lui ferait parvenir. De fait, si on lui soumet des questions en chinois, le manuel de correspondance lui permettra d'y r&#233;pondre correctement sans y avoir compris quoi que ce soit. Il agit de la m&#234;me mani&#232;re qu'un programme informatique formulant un &#233;nonc&#233; qu'il n'est pas en mesure d'interpr&#233;ter lui-m&#234;me. Searle en d&#233;duit une distinction entre deux aspects du monde&#160;: ce qui existe ind&#233;pendamment d'un observateur et ce qui est relatif &#224; une interpr&#233;tation.En donnant vie &#224; John et en l'int&#233;grant &#224; son &#339;uvre, Franck Eon tisse des liens entre ces deux mondes, celui de l'objet et celui du signifiant. L'ordinateur occupe une place importante dans sa pratique picturale. Comme lieu de stockage bien s&#251;r, mais surtout comme lieu de calcul permanent. Chaque tableau du peintre est un fragment, une image gel&#233;e de diff&#233;rents films en cours de calcul. Ce qui semble l'int&#233;resser, c'est moins de produire un r&#233;sultat global, que d'exhiber la formule et ses solutions partielles. L'ordinateur, le programme informatique produit une image, un &#233;nonc&#233; parfaitement logique. A un fait donn&#233;, une traduction binaire simultan&#233;e. Une porte ouverte &#233;gal 0, une porte ferm&#233;e &#233;gal 1. Mais le travail d'un peintre n'est pas seulement de transporter un contenu s&#233;mantique pr&#233;alablement constitu&#233;. Il lui faut faire des objets, exister dans le monde, frapper sa propre monnaie. Il ne s'agit plus alors de savoir si une peinture est vraie ou fausse, plus ou moins en accord avec une r&#233;alit&#233; ou une intention qui la pr&#233;c&#233;derait, mais prendre acte de son existence. Olivier Mosset use d'une formule pour &#233;voquer ce passage&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;quand ce que l'on sait se transforme en ce que c'est&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.On pourrait appliquer &#224; la peinture ce que les recherches du philosophe &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;J.L.&lt;/span&gt; Austin (dont Searle &#233;tait l'&#233;l&#232;ve) ont mis &#224; jour pour le langage&#160;: son aspect performatif. A savoir que dans le fait d'une &#233;nonciation, m&#234;me descriptive, il y a toujours un engagement. En communiquant, je ne me contente pas de d&#233;crire le monde qui m'entoure, j'agis sur lui, je le fabrique. Par l'impulsion d'une marque, d'une trace, je communique une force. &lt;i&gt;Force rouge, force bleue, force jaune&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Le politique consiste &#224; reconfigurer le partage du sensible qui d&#233;finit le commun d'une communaut&#233;, &#224; y introduire des sujets et des objets nouveaux, &#224; rendre visible ce qui ne l'&#233;tait pas et &#224; faire entendre comme parleurs ceux qui n'&#233;taient per&#231;us que comme animaux bruyants&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; J. Ranci&#232;re, &lt;i&gt;Malaise dans l'esth&#233;tique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peindre un tableau, c'est faire exister une parole publiquement. Peindre une image, la r&#233;p&#233;ter, c'est lui donner voix au d&#233;bat avec toute son intelligence, sa capacit&#233; &#224; muter, &#224; changer de statut, &#224; g&#233;n&#233;rer elle m&#234;me d'autres images. Le mobilier d'art and language, cette table et ses six chaises, se retrouve quasi syst&#233;matiquement en trame de fond des expositions de Franck Eon. Imprim&#233; sur un papier peint (2001, coll. Frac Aquitaine) ou d&#233;butant la vid&#233;o de Nantes, cet espace de d&#233;bat, quelque part entre la table de repas familial et celle des n&#233;gociations, annonce que les pourparlers restent ouverts. Il faut sans cesse rediscuter de ce que l'on va peindre. Derrick ou le Futuroscope, sont des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;personnages&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; r&#233;currents de ce micro parlement. Au fil des s&#233;ries, le peintre les p&#232;se, &#233;value leurs port&#233;es, avant de les &#233;tablir eux-m&#234;mes comme unit&#233; de mesure. Si des consensus existent, ils demeurent pr&#233;caires et contingents. On est toujours dans le calcul, l'exp&#233;rimentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que d'univers, il faudrait parler de constellations &#233;onnienes, avec tout l'aspect al&#233;atoire que ce mot laisse entendre. Suivant les agencements qu'il &#233;labore, les signes manipul&#233;s prennent des postures diff&#233;rentes. Si nous avons affaire &#224; un objet connu, il demeure toujours quelque chose d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rer la performativit&#233; du langage, c'est &#233;galement admettre que le sens d'un &#233;nonc&#233;, dans le fait de son &#233;nonciation, est syst&#233;matiquement index&#233; &#224; son locuteur. C'est particuli&#232;rement vrai dans le langage pictural. M&#234;me le formalisme le plus rigide se trouve toujours contamin&#233; par une identit&#233;, d&#233;form&#233; par une fonction auteur&#160;: les cercles peints par Mosset sont autant une sorte de degr&#233; z&#233;ro de la peinture que l'initiale de son pr&#233;nom.Richard Rorty faisait remarquer qu'un artiste &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;fait avec des marques et des bruits ce que d'autres font avec leur conjoint, leurs enfants, leur coll&#232;gue ou leur outil de travail, les fonds de leur soci&#233;t&#233;, les biens qu'ils accumulent &#224; leur domicile, la musique qu'ils &#233;coutent, les sports qu'ils pratiquent ou regardent ou encore les arbres qu'ils croisent sur leur chemin en allant travailler&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. C'est rabaisser toute l'autorit&#233; de l'artiste et de son statut dans la cit&#233;. Il n'est qu'un cas particulier. Une voix non pas au-dessus, non pas en marge, mais bien parmi nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franck Eon ne pratique pas l'appropriation, pour reprendre un terme &#224; la mode. Les images qu'il nous donne &#224; voir sont d'abord les siennes, celles qui structurent sa pens&#233;e de peintre mais aussi d'individu. Il use d'un langage ordinaire, acceptant sa contingence, ses accidents voire ses contresens. Le projet pictural qu'il se donne est un projet pragmatique, n'anticipant rien au-del&#224; d'une s&#233;rie. Si les utopies modernistes y font quelques apparitions, leurs &#233;tendards flottent au m&#234;me niveau. Dans ses compositions abstraites, la modestie du rond (&#034;faire des ronds dans l'eau&#034;) vient se substituer &#224; l'autorit&#233; rationnelle du cercle.La peinture de Franck Eon tente de r&#233;concilier pop art et expressionnisme&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; comme deux identit&#233;s dont chacune prendrait, &#224; tour de r&#244;le, le pas sur l'autre pour lui faire &#233;cran. Prise individuellement, chaque oeuvre recouvre plusieurs strates. Elle n'est que la partie &#233;merg&#233;e, la derni&#232;re &#233;tape connue d'un projet en cours d'&#233;laboration. Paradigmatique, cette autre vid&#233;o du peintre, &lt;i&gt;X-Woman&lt;/i&gt; (2005, coll. Frac Limousin) o&#249; l'on voit ce professeur de sociologie emprunt&#233; &#224; John Currin dispara&#238;tre progressivement sous l'invasion d'une meute de ronds rouges. Jusqu'o&#249; tout cela nous m&#232;nera-t-il&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Nous ne sommes pas actuellement en mesure de r&#233;pondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Bernard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salle Blanche, Mus&#233;e des Beaux-Arts de Nantes, 14&#160;septembre-24&#160;octobre 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://dda-nouvelle-aquitaine.org/IMG/media/docs/Bernard1997.pdf'&gt;&gt; T&#233;l&#233;charger le texte (pdf)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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