
Transhumance paysagère s’inspire de trois formes de mouvement qui traversent le Cantal : géologique, énergétique et climatique. Les chaos granitiques de l’Aubrac mettent des millions d’années à sortir de terre, lentement dégagés par l’érosion et l’attraction gravitationnelle des astres. Il y a 70 ans, la mise en eau des barrages du Cantal a créé de nouveaux paysages en quelques années à peine : transferts de bassins versants, engloutissements de vallées, lacs de barrages. Aujourd’hui, face au réchauffement climatique, les arbres migrent lentement vers des zones plus fraîches.
Inspiré des transhumances animales, ce travail s’empare de ces trois temporalités pour imaginer des déplacements fictifs et symboliques d’éléments du paysage cantalien : déplacer la cascade de Giou Giou jusqu’au lavoir de Rézentières, faire migrer le gros hêtre du Chaylat dans un pré de Saint-Urcize, transporter un clapas de pierres de granite de l’Aubrac au pied des orgues basaltiques de Saint-Flour.
À travers deux performances vidéo, un film et trois photographies, Transhumance paysagère traverse les paysages du Cantal et revisite les codes des paysages bucoliques et idéalisés de Maurice Busset, peintre auvergnat du début du XXe siècle, dont des œuvres sont conservées au musée d’Art et d’Histoire Alfred-Douët à Saint-Flour. Chez lui, la montagne et la vie paysanne apparaissent comme un monde stable, presque hors du temps. Transhumance paysagère fissure cette image d’immobilité, en révélant que le paysage est en perpétuel mouvement, capable de produire d’immenses énergies, sur des temps infiniment longs ou extrêmement courts, pour s’adapter aux cycles naturels et anthropiques.
Création réalisé en résidence sur les communes de Saint-Flour, Rézentières et Saint-urcize
Commissariat : Christian Garcelon
Création boites photographiques : Bon sens design

