Sortir dedans

{Sortir dedans}, 2024
Sortir dedans, 2024
Fresque, école du Vieux Bordeaux
Réalisée sur une invitation de BAP Project avec le soutien de la Mairie de Bordeaux et de la Direction des Affaires Culturelles

 

Sur une invitation de BAM Project, j’ai réalisé une fresque murale dans les escaliers de l’école du Vieux Bordeaux.

J’ai porté mon choix sur cet espace souvent délaissé dans les structures scolaires car c’est un lieu de déplacement. Dans ces zones se joue une grande partie de la vie de l’établissement : on y rit moins fort, on échange doucement, on se concentre sur son corps, sur la circulation du groupe, sur la classe qui va reprendre. C’est un lieu intermédiaire ou tampon entre le bruit et le silence, entre le jeu et le travail, entre le mouvement et l’immobilisme. C’est aussi parfois un lieu où une forme d’angoisse peut monter, une peur, une appréhension, de la tristesse, de la joie ou de l’excitation.

J’ai réalisé en collaboration avec les enseignantes des ateliers de dessins sur la représentation réaliste de la faune et de la flore sans modèle. Nous avons comparé le travail du Douanier Rousseau, de Delacroix, de Goya, d’enluminures, de Rosa Bonheur etc. afin d’essayer de définir ensemble le « réalisme », de comprendre ses différents degrés et au final de découvrir que lorsqu’on reconnait un animal ou que l’on peut différencier un animal d’un végétal peint ou dessiné c’est peut-être le principal.
Nous avons évoqué l’importance des détails, du respect des attributs physiques de chaque chose vivante, la notion d’échelle, et nous avons essayé de mélanger les sujets : une forêt en colère ? Un lion qui pousse, etc …

Afin que cette fresque soit aussi un outil pédagogique pour l’équipe enseignante, j’ai voulu ouvrir le sujet du réalisme vers l’abstraction en utilisant l’anamorphose et la distorsion.
Avec l’autorisation des enfants, j’ai collecté leurs dessins, pour constituer une bibliothèque de formes que j’ai agencé en scènettes video-projetées dans les escaliers. J’ai respecté la topographie du lieu et la mutation des formes dessinées.

Dans les escaliers, selon les points de vue, les enfants peuvent voir des formes définies qui se transforment lorsqu’ils ou elles bougent, montent ou descendent les escaliers. Ils et elles rentrent littéralement dans leur dessin, faisant des aller-retours entre la figuration et l’abstraction.

Camille Beauplan

 

 

 

 

 

 

Crédits photographiques : Camille Beauplan