NEKATOENEA

Au fil de l’eau, 2020

résidence Nekatoenea (CPIE Littoral Basque), Domaine d’Abaddia, Hendaye

dans le cadre du programme de recherche et de création Art & Science Arriskua

avec Sylvie Paradis (chercheure géographe) et Jean Bonichon
exposition à la Maison de la Corniche, Asporotsttipi, HendayeEntre décembre 2019 et mars 2020, l’artiste Jean Bonichon et la chercheure Sylvie Paradis, ont développé un projet de résidence art & science en s’appuyant sur la réalité du territoire du bassin de la Bidassoa et en s’interrogeant sur les questions liées aux changements climatiques dont la montée des eaux. Cette résidence, d’une durée de trois mois, repose sur l’implication de jeunes étudiants (du lycée agricole de Saint Pée sur Nivelle) mais aussi sur le travail de création personnelle d’oeuvres et la production d’écrits. Une première période a servi à se familiariser avec l’environnement, ses spécificités et à mieux connaître les enjeux locaux. La deuxième période a été consacrée à la production des oeuvres. Un intérêt particulier a été porté à la question de la capacité de résilience de notre territoire : la capacité à relever les enjeux contemporains, faire face ou faire avec les changements climatiques, les variations de niveaux d’eau, le phénomène de la submersion marine ; aux visions et scénarios d’un futur possible où l’humain accepte, ou non, les conséquences et traces laissées.

Cette édition retrace en images les œuvres réalisées par Jean Bonichon ; œuvres performatives dont l’artiste joue lui-même le protagoniste. Avec un humour décalé, quelque fois grinçant, une certaine folie, une logistique parfois complexe et laborieuse, avec finesse dans le message, Jean Bonichon a sa manière d’interpréter le monde. Il nous embarque dans ses mises en scène absurdes voire parfois burlesques.

Dans la vidéo Boga boga, nous suivons un radeau déguisé en maison basque descendre la rivière de la Bidassoa pour se perdre dans l’Atlantique ; symbole fort du « bien » qui risque de disparaitre peut-être un jour sous et avec les eaux. Le temps de l’exposition, le radeau devient un dispositif de présentation et invite le spectateur à visionner quelques séquences embarquées.

Dans une autre performance nous voyons l’artiste avec des lunettes de chantier transformées pour simuler la montée des eaux. Entre design et objet inventé par un ingénieur un peu fou, et grâce à un système de pompe à eau, du double vitrage et beaucoup de silicone, Jean Bonichon fait monter dans ses lunettes de l’eau à une hauteur de la ligne d’horizon. En résulte une image drôle d’une réalité pourtant terrifiante ; l’inondation est juste devant nos yeux...

Une de ses vidéos réalisée au bord de la plage hendayaise simule l’arrivée d’une vague submersive grâce à un dispositif bricolé à l’aide d’un aquarium fermé et rendu complètement étanche. Une énorme pierre sanglée alourdit l’objet et permet de l’ancrer au mieux dans le sol mouvant. La box est installée dans le sable et attend l’arrivée des premières vagues. A l’intérieur, une caméra est fixée au milieu et sur une des vitres opposée un trompe l’œil ; l’imitation d’une fenêtre d’une ferme basque. La caméra filme alors l’arrivée des vagues qui tapent de plus en plus fort la vitre donnant ainsi l’illusion de l’arrivée de vagues démesurées. Les messages de Jean sont clairs et simples, les différents dispositifs souvent complexes et laborieux nécessitent de l’aide et l’implication de bénévoles et/ou de professionnels. Aucun besoin non plus d’expliquer que l’artiste expérimente ses dispositifs lui-même. Chaque performance demande un vrai engagement ainsi que des efforts physiques auxquels se rajoutent aussi des paramètres non-maitrisés, comme la force des vagues, le vent ou le courant, qui compliquent la mise en œuvre des projets et qui font que chaque action devient une petite aventure en elle-même. Texte d’introduction de l’édition, Elke Roloff, Nekatoenea, août 2020

Affiche de l’exposition et couverture de l’édition © Emma Blanchard

Boga boga, 2020

performance et dispositif vidéo

dispositif vidéo ou toit/radeau : dispositif global d’exposition, charpente bois flanquée de 6 bidons 220L sanglés et 3 bidons de 30L, plaques PVC, tuiles romanes, techniques mixtes.

performance : dimanche 8 mars 2020, 3 rameurs [Jean-Pierre Uria, Julien Meyer et Jean Bonichon], parcours de la sculpture sur la Bidassoa, la baie de Txingudi et l’Océan Atlantique, 3 heures

vidéo : 1 vidéo projetée en boucle, 1"50 et 1 vidéo sur moniteur (documentation de la performance) en boucle, 9"58

Boga boga est une performance réalisée le dimanche 8 mars 2020 sur la Bidassoa, la baie de Txingudi et l’océan Atlantique. Un « toit/radeau » descend le cours de la rivière à la force de trois rameurs. Il a fallu trois heures de travail, aidé par le reflux de la marée descendante, pour effectuer le parcours jusqu’à la pleine mer.
L’action a nécessité la réalisation de l’embarcation en amont (transportée en kit et assemblée sur les berges de la Bidassoa avec une armée de bénévoles), un repérage de la rivière et de ses courants, l’encadrement d’une équipe de tournage et la sécurisation par la SNSM.
Boga boga est le nom d’un chant marin traditionnel basque.
Hormis l’idée de la submersion par les eaux, Boga boga évoque la triste et terrible réalité des populations déplacées laissant tout derrière elles en quête d’un ailleurs viable et d’un nouveau chez-soi.

> Consulter la documentation vidéo et photographique de la performance Boga boga (2020)


En attendant, la mer monte, 2020 (extrait)

boucle sonore et vidéo couleur, 11"05, 16:9

En attendant, la mer monte est une vidéo par laquelle on voit la mer monter jusqu’à totalement submerger ce qui serait la fenêtre d’une maison.
Avec la montée des eaux, jusqu’à 200 000 personnes pourraient être déplacées des littoraux français d’ici 2030.

Même les combattants passent la serpillère, 2020

photographie numérique couleur

47 x 33 cm

Œuvre produite en collaboration avec le SDIS64 de Hendaye

Plus que les incendies, les pompiers d’Hendaye combattent les inondations. L’idée de cette image est née lors d’une entrevue initiée, en décembre, par Sylvie Paradis avec des acteurs locaux dont un élu pompier au SDIS64. Par ailleurs plusieurs gardes du littoral sont pompiers volontaires.

Lunettes pour simuler la montée des eaux, 2020

objet performatif et photographies numériques couleur de l’action

Des lunettes de chantier à double cloison Plexiglas permettent, en actionnant une poire à eau, de simuler la montée des eaux. Le porteur découvre alors son environnement totalement submergé.

Les jumeaux, 2020

moules : contreplaqué et Plexiglas, à partir de la forme des deux cathédrales géologiques situées sur la zone dite du flysch sur la corniche basque, 15 x 22 x 22 cm et 15 x 25 x 25 cm

sculptures : fromages de brebis appellation Ossau-Iraty (10 mois d’affinage) produit par le GAEC Goxoan®, h12 cm et ø15 cm env., h12 cm et ø20 cm env.

Les jumeaux sont les formations géologiques les plus connues et les plus identifiées de la corniche basque.
Le deuxième fromage a été découpé en tranche de flysch et dégusté par les visiteurs lors de la journée inaugurale ; chacun a alors participé à l’érosion du trait de côte.