Newsletter

Votre adresse mail est utilisée uniquement pour vous envoyer nos lettres et messages d’information. Vous pouvez à tout moment vous désabonner en cliquant sur le lien prévu à cet effet en fin de chaque lettre et message.

Marie Sirgue ̸

Marie Sirgue, un pas de côté

Marie Sirgue, 2018

Artiste issue de l’école d’arts de Toulouse, je prépare actuellement une installation que j’ai appelée PRU (pour Plan de Rénovation Urbaine) qui sera inaugurée le à l’ENSA (Ecole d’architecture de Toulouse) en co-production avec les Abattoirs. Ce travail est nourri par mon expérience de vie dans le quartier de la Reynerie à Toulouse où je réside depuis huit ans dans un atelier logement mis à disposition par la DRAC Occitanie Toulouse. Parallèlement, une de mes créations Bleue (2e prix de la création contemporaine de la cité internationale de la tapisserie d’Aubusson) est en voie de réalisation par un lissier pour le musée National de Tapisserie d’Aubusson.
Avant cela, j’ai multiplié les résidences et les expositions en Europe, Argentine, Canada…
Mon travail s’articule autour de différents thèmes.

Réalité : 

Ne pas considérer le réel frontalement mais chercher l’angle qui pourra le mieux évoquer sa singularité est un des fondements de ma démarche.
Quand j’entreprends un projet au sein d’un territoire, je commence par l’arpenter, j’observe, je glane des images puis repars avec ma récolte pour que les choses et les pensées se relient et rentrent en collisions. Souvent, plusieurs pistes murissent en parallèle et se font écho les unes avec les autres. 

Technique :
Pendant mes années d’apprentissage j’ai privilégié le moulage comme mode d’appréhension de la réalité. Reproduire, dupliquer, déformer, assembler, changer la texture… d’objets les plus divers (membres humains, morceaux de trottoir…) m’apparait, aujourd’hui encore, comme une activité fondatrice de mon travail artistique. Quand j’utilise d’autres techniques (céramique, marqueterie, construction…) le principe du moulage (objet original/copie) reste au cœur de mes préoccupations.
Je revendique mes œuvres comme des contrefaçons du réel. Les objets que je manipule trouvent, à travers mon geste, un nouveau statut artistique et symbolique tout en gardant un écho de leur forme originelle.

Discrétion : Mes pièces sont portées dans un souci de questionnement, elles sont ouvertes à différentes interprétations. La distance est de mise ainsi que la discrétion, la poésie et parfois l’humour. Je ne vais pas jusqu’à la duperie je cherche seulement à ce que mes œuvres provoquent un léger trouble.
Ainsi : Gamelles à chiens une série de céramiques réalisées à partir d’un moulage déformé de ballon de foot. Ces pièces ont été cuites selon la technique Japonaise « Anagama ».

Territoire :
L’empreinte des hommes sur leur environnement est une des constantes de mes interrogations. La façon dont les individus façonnent ou simplement s’accommodent de leur milieu est, pour moi, source d’émerveillement autant que d’inquiétude.
Des résidences artistiques de plusieurs mois me permettent, en immersion au sein d’un territoire, de participer à la vie locale. À d’autres occasions, j’investis un lieu singulier (usine désaffectée, chapelle…) pour une création In Situ.

Ainsi, Chim, Chim, che-ree : installation de deux cheminées factices sur toute la hauteur du bâtiment dans les dégagements des anciens monte-charges d’une ancienne usine de délainage à Mazamet (81). Ces mobiles en tissu sont un clin d’œil à l’univers du cartoon : le flottant et mouvant du tissu aux motifs brique, les coutures visibles et la répétition du motif met l’accent sur l’aspect plus dessiné que sculpté des objets. La confrontation de ces cheminées jumelles avec un lieu industriel évoque le film « Qui veut la peau de Roger Rabbit ».
Cette création récente a été réalisée dans le cadre du circuit 5 du Tourisme Imaginaire entre Mazamet et Aussillon en partenariat avec Les Abattoirs Musée-FRAC Occitanie Toulouse.
Elle sera visible le 2, 9 10 16 et 17 Décembre 2017.

Références artistiques : Francis Alÿs, Marcel Duchamp, Didier Marcel, Présence Panchounette

Marie Sirgue

pour le magazine Patrimoine en région et la rubrique « L’œil de l’artiste »

Autres textes à consulter