
Alors que mon travail était guidé par la volonté de produire une image peinte critique et pédagogique sur la médiocrité de nos aménagements urbains, il s’est progressivement déplacé vers un désir de peindre la substance même de mon regard critique. Il s’agit désormais de laisser les regardeureuses errer librement dans l’espace de mes peintures, sans didactisme, en faisant l’expérience de l’émotion, de la sensation et de l’atmosphère qui sous-tendent mon intuition première.
Le sujet reste le même : notre propre ambivalence. Mais celle-ci ne s’incarne plus à travers des lieux ou des objets précis ; elle passe désormais par mon expérience sensible du monde, par des morceaux, des détails sans hiérarchie. Tous les outils numériques prothétiques (vidéoprojecteur, Photoshop ou IA) sont maintenant évacués afin de réduire au maximum la distance entre la peinture et moi, et d’assumer un geste, une humanité perfectible et inadaptée.
Les sujets sont désormais intériorisés, ma culture numérique l’est également. Il s’agit maintenant de laisser la peinture glisser.
Camille Beauplan


Vue de l’exposition Here Comes the Sun, It Is All Right, Le Bel Ordinaire, Billère, 2026













Collection privée
Crédits photographiques : Camille Beauplan


