
Exposition Lascaux 5, Lieu Commun, Toulouse, 2026
Derrière la paroi, un temps, condensé. Des strates déposées les unes sur les autres : briques, plâtre, mortier, gravats, poussières de chantier. Des matériaux de construction comme les sédiments d’une autre époque, témoins d’une archéologie sans passé, d’une géologie à venir, d’un sol qui aurait lentement recommencé à se former à l’intérieur même de l’architecture. Les différentes couches deviennent les traces d’une histoire qui ne serait jamais complètement lisible. Elles évoquent les dépôts successifs d’un chantier, d’un bâtiment, d’un usage ou d’une occupation. Ce qui était destiné à être recouvert réapparaît alors comme une forme d’archive sauvage. Dépôt sauvage est ainsi une manière de faire affleurer ce qui se trouve habituellement derrière les surfaces : ce qui a été construit, transformé, recouvert, oublié.
Estelle Deschamp

Crédits photographiques : Estelle Deschamp
© Adagp, Paris

