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David Falco ̸

Exposition collective

Contrechamps

Du 18 septembre au 16 octobre 2021
Maison de la Photographie des Landes – Labouheyre (40)
© David Falco

 

Consulter le dossier de presse

Vernissage le 18 septembre à 11h00
Ouverture les mercredis et samedis de 14h à 18h
et les jeudis et vendredis de 14h à 16h

 

Cette année, ce sont les artistes-photographes Leila Sadel et David Falco que j’ai choisi de convier à Labouheyre pour une résidence de création. En raison de la crise sanitaire, Patrick Beaulieu, artiste Québecois initialement invité, n’a malheureusement pas pu se joindre à nous.

Cette programmation s’est appliquée à construire, déconstruire et revisiter le paysage issu du territoire de Félix Arnaudin, en « Filiation » - thématique de l’année - avec son œuvre. À l’image du travail de cet aïeul qui documenta la transition du paysage de la Haute Lande sans s’interdire la mise en scène, les photographes ont questionné l’idée même de paysage, de pays envisagés, de construction de l’homme, des liens qui l’unissent à la nature et à ce territoire en constante évolution.

Présents au printemps 2021, David et Leila ont bénéficié d’une résidence à Labouheyre, pour un temps d’immersion nécessaire au développement des travaux présentés dans cette exposition intitulée Contrechamps.
Ce titre évoque la troisième image, l’objet qui se forme dans la tête du spectateur et qui est induit par les propositions qui nous sont données à voir.
Il s’agit d’évoquer le montage et de décrire le processus de travail. Leurs photographies se répondent comme un ensemble d’observations pertinentes sur les mutations passées et actuelles liées aux activités humaines, comme une interrogation constante nous invitant à nous souvenir, mais aussi à réfléchir au devenir de notre paysage. Leurs observations évoquent ce qui provoqua chez Félix une forme de révolte et qui aujourd’hui encore attire notre attention, car s’il avait à cœur de préserver son monde, aujourd’hui encore l’entreprise est grande, des changements flagrants impactent le paysage, comme de lents glissements vers d’autres modèles. Que reste-t-il de la Lande, et des pins, quel devenir ? Sur ce chemin beaucoup de littérature existe, les artistes s’y sont plongés, travaillant le texte dans un rapport d’équivalence à l’image, permettant d’aller plus loin. Regardons les traces et empreintes de nos activités passées, présentes, envisageons l’avenir d’un paysage sans cesse en mutation. De la Lande au Pin, d’une coupe rase à l’autre, d’une culture industrielle à la suivante, remarque-t-on encore que notre décor change ?

[...]

Les photographies de David Falco, intituées Les horizons supérieurs, informent tout en gardant leur caractère énigmatique. Son regard sur le territoire pointe de nombreux détails qui semblent irréels une fois passé le prisme photographique. Ici des tomates, puis un amas de tissus morphologiques, un arbre qui semble maintenu par des fils électriques et plus loin ce qui ressemble au dessin d’une silhouette au sol... On devine de quoi il s’agit, on se projette dans une compréhension partielle pour se laisser embarquer dans un univers bien réel qui continue pourtant de nous dépasser.

Intéressé par la littérature grise de la Haute Lande, David Falco s’est questionné sur celle qui façonne le territoire d’hier à aujourd’hui et qui décrit les interventions humaines modifiant le paysage. Il s’agit de documents produits entre autres par l’administration, l’industrie, l’enseignement, la recherche, les services, etc. Une littérature qui n’entre pas dans les circuits habituels d’édition et de distribution, et qui n’est généralement pas signée. Des rapports, travaux non publiés, thèses, conférences, présentations, mémoires, etc. Ces documents décrivent les décisions, les actions et modèlent les paysages que l’on habite.

C’est donc tout naturellement que son travail photographique s’accompagne de textes. Des textes qu’il rature, ne laissant apparaître que quelques termes ainsi qu’un dessin jouant d’un rapport esthétique et plastique avec l’image. Félix Arnaudin intervenait sur ces images pour effacer l’horizon et en faire disparaître les pins, l’épreuve qu’il a vécu s’apparente à ce que l’on nomme aujourd’hui « solastalgie », terme décrivant la nostalgie de l’environnement dans lequel on vit car celui-ci disparaît et/ou se dégrade. Au moyen de feutre et de tipex, outils de bureautique, David efface et rature pour ne laisser quasiment rien de cette littérature qui a modifié, construit, dessiné, tourmenté, développé, tracé, effacé elle aussi, du paysage de Félix à aujourd’hui.

Lydie Palaric

directrice artistique

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