Juin 2010
Avec Philippe Garandel, Denis Marc, Didier Lamandé, Jean-Luc Rault
Galerie du Dourven, Trédrez-Locquémeau

Au-delà du « caprice » architectural, il s’agit avant tout d’un défi de cinquante tonnes de béton mesurant 10 x 7 x 3,80 mètres. Laurent Tixador rejette toute recherche en poliorcétique, l’intérêt de l’œuvre résidant essentiellement dans le temps de sa construction. Chaque matin, il s’extrait de son Ausbau, éphémère logis construit en branchages de récupération pour rejoindre l’équipe avec laquelle il bâtit l’édifice.
Ce blockhaus en est bien un : la sculpture reprend les archétypes, forme et matière de l’architecture défensive de la Seconde Guerre mondiale. En termes de classification, elle appartient au type standard non-officiel (SK Regelbau).
Toutefois, la mimesis étymologique semble plus faible. Mais sachant que le bloc (der Block) n’est plus de bois depuis longtemps, on peut envisager que la maison (das Haus) soit devenue impénétrable.
En effet, ce blockhaus est sur-réfractaire : pas de fenêtres, ni caponnières de tir, ni systèmes d’aération. Pas de porte d’entrée non plus, ni de sortie de secours. En questionnant une forme de l’histoire sur sa densité, Laurent Tixador nous en donne une traduction. L’abri est devenu un solide, imperméable à la protection. Il n’accueille plus de corps.



